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Pensées désobligeantes ( extrait )

« PENSÉES DÉSOBLIGEANTES »

Cannizzarochristophe · 2025-11-14 06:59 · 0 claps · 38.2 min read
#pensees #critique #philosophie #marseille #utopie
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Pensées désobligeantes ( extrait )

« PENSÉES DÉSOBLIGEANTES »

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Par le philosophe Marseillais Eucharilxtonw

_( Extrait : Livre complet sur Amazon.fr )

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Créer une grande œuvre prend énormément de temps — Une vie suffit à peine.

Nous n’en avons plus et n’en prenons plus car tout va trop vite dans notre société de consommation. Notre vie se résume souvent à notre pouvoir d’achat -

Les « pensées désobligeantes », tout comme le second volet « pensées impertinentes », ne sont pas de simples provocations : Elles constituent les prémices d’une réflexion citoyenne plus vaste, une tentative de réconciliation entre l’individu et la chose politique, mais aussi un effort pour renouer avec la dimension spirituelle de l’existence, en esquissant les contours d’un dogme philosophique global — non pas figé dans des croyances révélées, mais fondé sur une quête de sens partagée, une exploration rationnelle et intuitive des fondements du vivant, du cosmos et de notre place en leur sein.

Ce travail critique s’inscrit dans une volonté de réexaminer nos institutions démocratiques, aujourd’hui largement décriées, parfois même désertées. Car à l’heure où l’information circule à grande vitesse, où le niveau intellectuel moyen se heurte à la complexité croissante des enjeux, l’adhésion du citoyen s’effrite. Nos dogmes, nos récits fondateurs, nos fictions collectives ne suffisent plus à faire vibrer le cœur de notre démocratie. Ils semblent désuets, inadaptés à l’élan nécessaire pour faire vivre un régime fondé sur la participation et le sens commun. C’est pourquoi, avec humilité, j’ai souhaité apporter ma modeste pierre à l’édifice de l’entendement — non pour imposer une vérité, mais pour ouvrir une brèche, un espace de pensée où l’esprit critique puisse à nouveau dialoguer avec l’idéal politique.

Certes, dans un siècle où tout s’accélère, au moment où l’économie dicte son rythme effréné dans tous les domaines de la vie, y compris dans le domaine de la création artistique, de la pensée, de l’écriture, au risque de la pervertir, et au moment où nous ne prenons plus le temps de passer des moments avec les personnes qui partagent notre vie, combien d’entre vous prendrons quelques instants pour se pencher sur ces pages critiques et insolites ?

Dans le cas où vous vous risqueriez à cet exercice, merci à vous pour ces quelques minutes de votre précieux temps et mes plus plates excuses par avance à tous les bien-pensants qui pourraient être offusqués. Sur cette page se trouve quelques réflexions philosophiques générales sur des problématiques de notre temps — Ce n’est pas tout, sur un ton humoristique, parfois sarcastique, j’observe et critique les aberrations et les contre-sens de notre société moderne.

À partir de ces écrits analytiques et critiques, parfois surprenants et souvent provocateurs, je me propose également de vous faire partager les grands axes de mes principes philosophiques, exprimés à travers quelques idées directrices. Du point de vue de l’inspiration ou de la création artistique, ce contenu émane d’un ensemble d’idées spontanées, surgies pêle-mêle. Ce sont des réflexions matinales, des réminiscences fugaces, des pensées évanescentes au moment du réveil — que je considère comme pertinentes et dignes d’intérêt, notamment au regard des enjeux contemporains en ce début de millénaire.

Je les développe puis j’effectue quelques recherches afin de répondre à mes questions. On voit bien la couleur de la manipulation ou de la désinformation en filigrane …. ici ou ailleurs; La traque feutrée des intellectuels et de l’opposition partout où un pouvoir illégitime cherche à se faire la place au soleil. Bientôt partout dans le monde siégeront des micro-empires, vassaux serviles commandés par des géants de la finance. J’exagère pour vous mettre en appétit. Je tente d’en tirer quelques leçons générales. Ces vérités n’en demeurent pas moins éternelles -

Vous en jugerez la pertinence et le bien fondé au regard de votre expérience personnelle . Mes conclusions n’engagent évidemment que moi et demeurent donc critiquables. Je ne prétends détenir aucune vérité au dessus des autres . Je suis un individu ordinaire, donc faillible, mais j’ai seulement cette volonté pugnace de vous informer sous un angle critique strictement personnel et particulièrement sous un angle citoyen : Il vous faut, ici comme ailleurs, vérifier les informations et peaufiner votre jugement par une analyse personnelle contradictoire. La possibilité d’inscrire des commentaires sont là pour exprimer vos opinions divergents !…. C’est votre droit de réponse. Vous me taxerez sûrement au sortir de cette lecture d’être un individu fielleux et aigri mais je prends le risque de cette qualification si cela peut permettre de sauver quelques âmes du bouillon de culture corrompu formaté par les structures médiatiques dominantes.

En attendant, voici le contenu de ces pensées impertinentes que je consacre à l’égard de notre microcosme politique. Chaque sujet est abordé par un titre évocateur, parfois humoristique, plus souvent critique, sarcastique, suivi d’une présentation sommaire, puis d’un développement et se finit ( pas toujours ! ) par une petite réflexion ou maxime personnelle qui résume son contenu …

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Avant de plonger tête la première dans les eaux troubles de la politique, de l’économie et des injustices bien huilées, permettez-moi une petite escapade sentimentale — une parenthèse ensoleillée, parfois piquante, souvent poétique, consacrée à ma ville natale. Car oui, même les esprits les plus critiques ont besoin d’un peu de mistral dans les cheveux et de sardines dans les idées.

Ici, les murs parlent, les trottoirs râlent, et les balcons jugent. On y croise des philosophes en claquettes, des poètes en scooter, et des pigeons plus lucides que certains ministres. C’est une ville qui sent bon le café brûlé, les embrouilles de voisinage et les rêves en short. Une ville qui vous serre le cœur autant qu’elle vous le pince.

Alors, avant de dérouler le tapis rouge aux constats amers, laissons place à quelques vers libres, quelques images tendres ou grinçantes, comme un clin d’œil à ce décor qui m’a vu grandir — et qui, malgré ses défauts, reste mon théâtre préféré.


1- Marseille l’éternelle

Ville des paradoxes


Le fait d’être Marseillais n’est pas anodin pour un écrivain car cette ville véhicule beaucoup de préjugés et autant de clichés caricaturaux.

Normal lorsqu’on peut s’enorgueillir de deux-mille-six-cents ans d’histoire et que l’on se positionne au carrefour de la méditerranée. Notre cité traverse une période dramatique dans bien des domaines mais les gens qui me lisent doivent savoir que cette ville à été abandonnée par des politiques qui ont mieux à faire que de s’occuper des Marseillais ! La situation est le résultat du clientélisme, des affaires, des suites d’une politique nationale minable créant misère, division des populations et isolement des citoyens. Ce n’est pas l’objet de cette œuvre mais il me semble important de situer la problématique de fond.

Peu importe, je ne pouvais vraiment pas faire l’économie en guise d’introduction d’un travail préliminaire sur ma belle métropole où je serai taxé d’antipatriotisme.

Comme tout le monde nous sommes chauvin. Je n’y vais pas non plus avec le dos de la cuillère. Il me fallait décliner d’une manière ou d’une autre mon amour pour cette terre natale et expliquer pourquoi elle semble si marquante aux yeux de tous et les raisons qui font que nous y sommes tant attachés malgré les difficultés quotidiennes. Je voulais encore et plus simplement décrire d’une manière artistique une ville carrefour du monde pleine de contraste, vous faire envier notre Provence natale avec les yeux critiques et contemplateurs d’un homme averti …

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Voici donc le texte de cette ballade sur le littoral Marseillais

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<< … Marseille est une ville extraordinaire à tout point de vue….

Il existe un lien d’amour passionnel, presque sensuel, qui lie les habitants de ce haut lieu à leur terre natale.

Une ville éternelle, bouleversante, attachante, carrefour du monde et des civilisations avec ses deux-mille-six-cents ans d’histoire. L’épopée formidable de Gyptis et Protis incarne le mythe fondateur légendaire qui raconte l’origine de Marseille vers six-cent av. J.-C. par des colons grecs venus de la cité de Phocée en lonie. L’histoire de cette future ville portuaire commence donc par l’attrait irrésistible ainsi que l’exceptionnelle disposition que confère une calanque pittoresque à des explorateurs venus de très loin il y a des milliers d’années.

<< Une ville qui date de l’an pèbre >> …

Voilà ce que prétendent bruyamment nos anciens, à l’unisson partout dans les villages à l’heure de l’apéritif autour d’une table de bar, sous un soleil de plomb en claquant leurs verres de pastis glacés sur un traditionnel “Tchin”. Y compris en ce début de vingt-et-unième siècle, il ne viendrait à personne l’idée de rater ce rendez-vous journalier incontournable où se mêlent jeux de cartes, amuse-gueules, outrages plein d’affection et railleries scabreuses ! L’histoire, comme les ragots ou les comtes des origines se transmettent oralement de père en fils, entre camarades de comptoir, bien qu’ il n’en manque jamais le moindre détail, … voire même plus si l’on tient compte de la tendance locale à l’exagération. L’information, les rumeurs se diffusent ainsi de proche en proche au sein des nombreux espaces conviviaux, du plus classique au plus insolite.

Les gens qui vivent ici ont bien de la chance. J’en suis depuis ma plus tendre enfance et puis vous le confirmer sans l’ombre d’un doute : Il n’est pas de plus grand bonheur que de vivre dans le sud de la France en ce lieu admirable.

( … Extrait / cut )… et d’ajouter que cette courageuse descendance provient d’une multitude de vagues d’immigration successives faisant la richesse de ce peuple.

Je serai caricatural mais ce bref argumentaire serait déjà riche et varié dans son contenu. Seule la patience nécessaire pour me lire pourrait faire défaut si je venais à trop m’épancher sur le sujet. Oserai-je me lancer dans ce plaisant exercice descriptif sans nous faire perdre un temps précieux ? … .

Il est facile de deviner vos yeux pétillants et vibrants du désir de connaissance. Prenons donc ensemble le temps de cette promenade provençale sur notre terre d’accueil …

La prestigieuse cité phocéenne présente en premier lieu une topographie très riche et variée, en partant de la plage sablonneuse aux calanques calcaires, du plateau fertile aux alléchantes collines arides et escarpées. Elle bénéficie de surcroît d’une situation géographique idéale sur le bassin méditerranéen au carrefour de deux continents.

Logée au sein d’une véritable cuvette naturelle dont l’épicentre géométrique peut être situé dans le quartier de la pomme, notre métropole semble en effet s’être engouffrée dans les bras rassurants d’un pli tectonique, dicté par un caprice antédiluvien de dame nature. Son bassin versant s’enrichit d’une hétérogénéité caractéristique mêlant en chaque chose beauté et harmonie.

Cette diversité en tout domaine en fait un excellent laboratoire pour qui sait observer.

Je ne pouvais commencer cette discussion sans évoquer la protection spirituelle séculaire que nous confère la bienveillante “Bonne mère”. De quoi parle-t-on ? C’est par ce doux sobriquet que nous désignons le monument phare de la ville, construit sur une colline dominant le sud du Vieux-Port.

Ces deux mots expriment le diminutif populaire d’un intitulé plus complexe : On dit en fait la “Basilique de notre dame de la garde”. L’histoire de ce monument emblématique débute il y a près de huit-cent ans, en mille-deux-cent-quatorze lorsqu’un premier oratoire dédié à Marie est élevée sur ce lieu, à l’initiative d’un prêtre. Cet édifice est ensuite inséré par François 1er dans un ensemble militaire fortifié. La chapelle de style romano-byzantin, que nous connaissons aujourd’hui, date du XIXe siècle. Elle est constituée d’une crypte et de l’église surmontée par la gigantesque statue de la Vierge à l’enfant, haute de plus de onze mètres.

La beauté de nos espaces urbains se retrouve partout et notamment en contrebas de ce domaine cultuel le long du port bimillénaire, aujourd’hui qualifié de “vieux” par opposition aux extensions ouvertes au XIX° siècle le long de la Joliette, et de sa célèbre ainsi que formidable artère de circulation routière remontant du port vers l’église des “Réformés”:

La Canebière ! … aujourd’hui en partie devenue piétonne incarne à elle seule un mythe incontournable pour chacun mais surtout pour les nombreux touristes de passage. La célèbre avenue, anciennement orthographiée “Cannebière”, porte ce titre depuis 1927. Ce nom, qui se dit “Canabiera” en occitan provençal, possède une origine incertaine. Il viendrait du provençal “canébé” qui signifie “chanvre”, car le commerce du chanvre, destiné au cordage des navires, s’effectuait à cet endroit depuis le Moyen-Age. Sa renommée a franchi les frontières marseillaises dès le XIXe siècle, avec le développement de l’activité économique sur le Vieux-Port, au moment où le commerce en provenance de l’extrême Orient et du Levant a connu une énorme croissance.

C’est au moment de cet âge d’or économique, alors que le centre incarne non seulement le poumon économique de la ville mais aussi un lieu culturel et commercial très vivant qu’un brillant ingénieur, Ferdinand Arnodin, conscient des difficultés de circulation le long des quais du Vieux-Port, propose le projet d’un “pont transbordeur” permettant aux hommes et marchandises de relier l’extrémité des rives sans en faire le tour.

L’ouvrage fut inauguré en 1905 avec une concession de soixante-quinze ans accordée au constructeur en contrepartie de la prise en charge des frais de construction. L’édifice métallique, bien plus qu’utile et sans pour autant faire l’unanimité, devient une curiosité touristique et s’inscrit progressivement dans la mémoire collective en tant qu’emblème de la ville. Il fut détruit en Août 1944 par une armée Allemande en déroute et soucieuse de ralentir l’avancée des troupes alliées en obstruant l’entrée du port. Un ferry boat se charge aujourd’hui symboliquement d’assurer le lien entre les deux rives, de la mairie à la place aux huiles.

L’activité du port commence à décroître après la Première Guerre mondiale car les nécessités économiques imposèrent de revoir le schéma structurel de la ville. Il est aujourd’hui bien loin ce temps du commerce frénétique où se croisaient sans interruption le long du chenal d’entrée du vieux port les immenses navires marchands arborant fièrement les voiles de leurs trois mâts gonflées par le vent ! Qui se souvient encore du va-et-vient interminable des chalands du transport fluvial ? … du brouhaha lors de la sortie des colonnes de Tartanes rythmée par le chants des marins ?… du cliquetis occasionné par les cordes, filets et matériels entassés sur les nombreuses barquettes de pêche quittant le port et se partageant les ressources halieutiques du grand large ? Les siècles ont passé, cette époque est révolue.

Avec un milliard d’Euros de retombées, l’activité du port ne représente plus aujourd’hui que sept pourcent de l’économie locale. Il n’incarne certainement plus le centre névralgique de la ville, mais demeure encore une adresse de rencontre, un espace animé par son port de plaisance, de nombreux lieux culturels, des commerces, divers points de restauration ou cafés. Le panel économique de notre mégapole s’est donc progressivement diversifié et élargi, en partant du tourisme, des services à la personne, en passant par les commerces spécifiques régionaux, de proximité comme du luxe, jusqu’au ‘’E-commerce’’ en devenant attractive pour l’installation d’entreprises de haute technologie.

Marseille veut entreprendre et réussir son passage au vingt-et-unième siècle.

Il me serait loisible de passer des heures à vous dépeindre la magnificence des paysages méditerranéens. Ses panoramas représentent une foule d’enseignements et d’émerveillements, plus particulièrement de sensations pour les extralucides qui cherchent invariablement à capter l’indicible autour d’eux. En effet, chacun de vos sens y sera sollicité de mille manières tout au long de l’année.

D’un point de vue climatique, il y en a pour tous les goûts et l’on prétend que notre climat méditerranéen se caractérise par des étés chauds et secs, des hivers doux et relativement humides. Je prétends au contraire que tout passe ici par des extrêmes qui cohabitent à quelques kilomètres les uns des autres en fonction du relief. Les médisants rétorqueront que j’exagère. Probablement, mais les experts qui font les définitions sont bien à l’abri dans des bureaux climatisés tandis que nous vivons ces circonstances au quotidien dans les rues périphériques … ou mieux encore, dans les divers massifs qui encerclent l’agglomération, en partant de la Nerthe, de l’Etoile, du Garlaban, allant jusqu’à Saint Cyr-Carpiagne et finissant à Marseilleveyre !

J’en dis donc avec moins de pondération que son accablant “cagnard” estival pourrait guérir les mélancolies les plus sévères, tandis qu’en saison hivernale, son implacable mistral glacé serait susceptible de calmer les ardeurs les plus féroces.

Ce contraste météorologique n’empêche pas le développement d’une flore remarquable, étonnante par son adaptation et spécifique à nos contrées, dont les plus illustres auteurs comme les artistes peintres surent s’inspirer depuis l’antiquité.

L’exploration de ce milieu commencera évidemment par la découverte de l’inaccueillante ainsi qu’impénétrable formation végétale discontinue et buissonneuse, caractéristique de notre région, dite garrigue. Vous poursuivrez cette sympathique baguenaude en digressant le long des routes bordées d’interminables champs symétriques d’oliviers, de lavande ou de vignes. Un tel spectacle vaut bien de flâner consécutivement sur les sentiers de nos somptueuses forêts : Soyez à l’écoute et profitez en marchant de l’écho infini des chants de cigales peuplant nos pinèdes enchantées. Vibrez à l’unisson de cette nature extraordinaire où se mélangent à perte de vue pins, hêtres, cèdres, genévriers, cyprès et chênes verts.

Cet étonnant décor ne peut manquer d’interpeller le promeneur averti par la noblesse du combat pacifique que se livrent arbustes, buissons, herbacées, fougères, mousses, lichens, champignons, une multitude d’animaux surprenants ainsi qu’une infinitude d’insectes discrets dans une lutte acharnée pour la survie.

Arrêtez-vous un instant et tendez l’oreille — Remarquez-vous les signes à peine perceptibles de ce conflit intemporel du vivant qui se joue sous vos yeux ? Pourtant, chacune des composantes végétales de la forêt, en marée civilisatrice, tente désespérément de prendre d’assaut les lignes organiques jalousement gardées par son voisin afin de conquérir les sommets où se gagne le regard amoureux mais surtout nourricier du dieu soleil.

Impitoyable croisade d’une nature si belle et pourtant si cruelle.

Voyez la haut ! Cette bourrasque de vent, telle une déflagration, est une gifle à peine dissimulée contre une armée de feuillages disposés en formation défensive face aux éléments !

Là encore ! Observez ce fruit trop mûr qui chute soudainement de son hôte situé à plusieurs dizaines de mètres de hauteur est un obus sifflant dans les airs dont l’assaut formidable viendra perforer la cuirasse du plancher végétal. Prenez garde, le bombardement se poursuivra sans fin jusqu’à l’épuisement des ressources, néanmoins sans causer la moindre blessure grave aux contemplateurs profitant de ce spectacle automnal. La pénétration du germe dans l’humus forestier signera la victoire partagée des belligérants vers une descendance triomphante dans ce sol maudit par les millions de générations sacrifiées au cours des luttes passées.

Approchez-vous du sol, contemplez les cohortes de fourmis invincibles rampant sans un bruit sous vos pieds pour conquérir territoires et butins magnifiques ! Voyez en haut traverser les courageuses escadres ailées ! Tout ce monde, armées minuscules, animaux de tout poil, comme ces oiseaux rasant les arbres à toute vitesse, soldats inconnus et furtifs, transportent vaillamment des graines et opèrent sans le savoir pour le compte de leur émetteur une offensive vers de nouveaux bastions.

Je vous le dis, il se joue ici une guerre totale de position pour vaincre les pièges tendus par la sélection naturelle ! D’un point de vue tactique, certains optent pour la furtivité ou le camouflage, d’autres préfèrent la force physique ou s’enkyster sur de solides positions de manière à imposer la symbiose à leurs adversaires. Sur le long terme, la stratégie se fonde strictement sur l’adaptation et l’évolution des génomes pour fournir les meilleures dispositions anatomiques. Les approvisionnements sont peu nombreux. Chacun doit s’économiser et tenir bon jusqu’au prochain ravitaillement en breuvage miraculeux que le ciel dispense avec parcimonie en ces latitudes arides, bien que tempérées.

Parler d’adaptation n’est pas un vain mot.

Tiraillée par la soif, la feuille des ligneux n’a eu ici d’autre choix que de réduire la surface du limbe pour n’en laisser que sa plus simple expression, symbole d’une formidable adaptation du règne végétal : L’aiguille. Cette absence de matière n’est cependant pas un obstacle au camouflage parfait de l’arthropode typique de nos régions, qui sait instinctivement et parfaitement depuis toujours se confondre avec l’écorce de son hôte. Ce mimétisme est subtile au point, pour un citadin encatané “badant” en forêt, de confondre le craquettement de la cigale avec une quelconque faculté d’expression mélodique à l’origine de l’arbre.

Mais il n’en est rien. Est-il concevable, même pour une oreille profane, de demeurer insensible devant une telle osmose entre le règne animal et végétal ? Cette rengaine assourdissante, véritable cri d’amour strident de l’insecte homoptère, raisonne contre les versants abruptes des coteaux comme les pulsations frénétiques d’une biosphère déchirée par le désir de vie.

Ne nous égarons pas plus longtemps dans les campagnes entourant la ville. Je ne voudrai pas vous gâcher cette belle balade en me limitant à ce romanesque tour d’horizon paysager.

J’aurai aussi tant à dire à propos de notre belle population.

On dit parfois des Marseillais qu’ils sont familiers, arrogants ou sans éducation et qu’ils ne parlent que de leur équipe de football : l’OM. Cela est faux ! Encore une caricature destinée à réduire notre prestige. Ils sont tout le temps en train de déconner ces “Parigots” pour nous faire une mauvaise réputation. Décidément, il n’est pas que les provençaux pour exagérer à tout bout de champ !

Ouais … J’avoue ! Nos plus fervents supporters se chamaillent parfois avec leurs concurrents de la capitale après une rencontre footballistique décevante. … Et alors ?

Une rivalité séculaire entre les premières villes de France; entre deux extrêmes dont le football n’est que le sujet prétexte de crispation mais il en va plus sérieusement d’une lutte entre la capitale et la province. On craint “dégun” à Marseille car il n’est pas de comparaison possible pour tout Méditerranéen qui se respecte : La capitale semble si grise, dense, superficielle et la citée phocéenne si ensoleillée, ouverte, authentique. Personne ne peut rivaliser avec l’ambiance des jours de fête sur le vieux port. Quel que soit le domaine, la compétition ne nous fait pas peur … mais nous avons néanmoins et plus que quiconque conscience d’une communauté d’intérêt, d’un destin partagé sous l’égide du drapeau national.

Nous avons aussi un vocabulaire locale … et un parler cru : “On parle gras”. Comme tous les méditerranéens, nous sommes plutôt francs, spontanés et impulsifs. C’est vrai que nous avons le sang chaud, de manière inversement proportionnelle à l’âge. Une discussion anodine peut rapidement passer des rires à l’altercation verbale pour une simple réplique mal interprétée ou à la moindre galéjade, puis soudainement dégénérer en rixe au moindre geste décalé ou méprisant.

Le Méridional s’emboucane pour “un rien” et on a le baston facile comme disent les jeunes. Par ailleurs, il faut bien reconnaître que le football cristallise les vertus du sport et de la compétition que nous érigeons en mode de vie et c’est pourquoi nous lui accordons une place qui semble démesurée. Ce comportement est ici considéré comme la norme pour l’individu lambda.

Néanmoins, nous avons aussi des intellectuels et des célébrités dont la liste exhaustive semble impossible, comme le célèbre écrivain Marcel Pagnol ( aubagne ),Patrick Bosso, Aiguier Auguste, Maurice Béjart, Bonnefoy Henri, Crémieux Edouard, Honoré Daumier, Eric Cantona, Daniel russo, Fernandel, Patrick Fiori, Jul, Louis Jourdan, Ricard Paul, Soprano, Scotto Serge, Rostand Edmond, Franck Leboeuf, Muselier Emile, Zizou … tant d’autres, dans tous les domaines artistiques pourrai-je affirmer sans la moindre modestie ! … et j’espère bientôt entrer dans ce florilège grâce à vous … .

Mais vous croyez vraiment qu’on dort dans le Sud ? Sachez que chez nous, …

<<… On a pas le temps ! …>>

Ce n’est pas tout, le Marseillais est reconnu comme un individu entier et accueillant. Son amitié, sincère, fidèle et durable, s’avère facile à conquérir pour ceux qui partagent un tant soit peu nos valeurs ainsi que nos nombreux loisirs estivaux. Une liste exhaustive de ces activités semble difficile mais je puis vous citer celles faisant unanimité comme les balades, nautiques ou dans les calanques, les soirées endiablées au centre ville, la pétanque, le pastaga siroté sur une terrasse de bar les doigts de pied en éventail, le beach volley ou la bronzette sur l’une de nos merveilleuses plages de sable fin.

On possède toujours les défauts qui sont les revers de nos qualités :

Toute trahison se paie chère ! …

T’as rien compris “fatche de con” ! N’allez pas croire que nous avons la détente “facile” pour la moindre peccadille comme le sous-entend la rumeur ! Cela ne vaut que dans les mauvaises caricatures ou dans les films de série B, mais la parole ôtée fait de vous un étranger, parfois pour la vie.

Bien sûr, beaucoup de nos jeunes sont des “fadas”, autrement appelés “destrussis”, qui ne font que des conneries mais ce n’est en aucun cas méchant. C’est pour des adolescents en détresse le moyen de faire les beaux devant les copains et copines ou pour attirer l’attention des adultes ! Ils font les petits caïds mais cela ne va jamais très loin pour la plupart d’entre eux. Évidemment qu’il existe des réseaux de produits stupéfiants, du clientélisme politique, des magouilles à tour de bras dans tous les coins de rue, des mafias et des guerres de clans … mais je ne dénonce pas tant celles bien visibles de la drogue qui paralysent les zones dites “de non droit”. Il est surtout question de mettre l’accent sur les plus gourmandes qui, bien que moins visibles et à l’origine des cadres de la nation, au sein même des institutions officielles, dévorent sans scrupule et sans que personne ne s’en soucis une fraction significative des budgets de la ville.

On en parle évidemment moins dans les grands médias alors qu’il s’agit de l’intermédiaire expliquant tout le phénomène des dérives de notre société.

Le sujet de la corruption que permettent certaines institutions légales mérite donc un détour.

D’autant plus que le scandale incommensurable fait à peine secret dans les milieux décisionnaires régionaux tant la pratique est entrée dans les mœurs, mêlant connivence groupusculaire, clientélisme électoral et détournement de subventions publiques, marchés publics truqués, dessous de table et évasion fiscale. Les grandes gueules médiatiques ou politiques locales s’indignent inlassablement devant le petit écran, main sur le cœur, pour dénoncer publiquement ces pratiques jugées immorales. Mais ce langage hypocrite ne les empêchent jamais pour nombre d’entre eux de se livrer à ces jeux sordides et discrètement glisser quelques billets en direction des centres financiers offshore. Je ne généralise pas le manque de probité des élus locaux ou nationaux mais ce sujet central mérite bien de comprendre un processus qui est loin d’être l’exception.

Mais de quoi parle-t-on ?…

Probablement selon moi de la principale menace à l’encontre des principes moraux et fondamentaux sous-jacents de l’état de droit.

Le “paradis fiscal” est un tendre euphémisme pour désigner une escroquerie de grande échelle, l’institution de droit dérogatoire internationale pouvant être qualifier de pierre angulaire du système capitaliste. Dès le début de l’ère chrétienne, par exemple, Marseille est elle-même une république indépendante disposant d’un port franc qui attire navires et produits de toute la Méditerranée. Le temps n’a rien changé à cette méthode qui consiste pour un prince à créer l’attrait sur son domaine par des mesures fiscales d’exception. Normal et efficace au moyen-âge, lorsque l’humanité se développait en groupe restreint et isolé, mais que dire de cette mascarade à l’apogée d’une civilisation interconnectée, guidée par la norme juridique et la morale religieuse ?

La société peut-elle créer sous couvert du droit supranational, à l’insu, par désinformation ou contre la volonté des foules, en contradiction des règles officielles un échappatoire légal pour tous les types de fraudes économiques ou financières interdites et sévèrement réprimées sur son sol ? Cette aberration institutionnelle pourrait faire sourire si elle n’était avant tout scandaleuse au regard du principe d’égalité et révélatrice d’un mensonge politique coordonné de dimension planétaire. Ainsi, l’histoire atteste bien qu’en dépit de l’esprit et des nombreux textes de droit régissant l’ère moderne, chaque grand empire, comme chaque superpuissance capitaliste, se dote discrètement à ses frontières de ce rocambolesque et artificiel partenaire financier.

Plus grave, le secret des titulaires de compte ainsi que celui concernant les transactions ou fortunes qui y transitent fait une étrange unanimité dans absolument toute la classe dirigeante.

Aucun parti de pouvoir, aucune démocratie n’est jamais venue sérieusement mettre en cause l’existence ni le fonctionnement de ces ahurissantes entités confiscatoires.

Peut-être est-ce en ces termes que l’on peut parler d’une loi du “milieu”. J’en viens à me poser une étrange question qui ne manquera pas de vous interpeller : Nous votons pour tous et n’importe quoi dans le cadre de la vie politique, en réalité pour des futilités … mais jamais pour décider des sujets stratégiques que sont par exemple les mécanismes du système économique ni concernant les détenteurs des institutions bancaires et financières ! Étrange.

La démocratie est-elle réelle dans de telles conditions ? Il ne peut y avoir de demi mesure sur la question du pacte social.

Tout cela pour dire que la situation Marseillaise, qui ressemble beaucoup à celle de toutes les grandes métropoles Françaises et Européennes, est la résultante d’un paramétrage institutionnel orchestré d’en haut, par les détenteurs du pouvoir économico-politique.

Je préfère en rire, mais nous ne sommes pas dupes sur ces mensonges du quotidien qui génère la pauvreté et le moins que l’on puisse dire … par dérision, c’est que nos élus ont un sacré bagou.

<<… Ca tchatche beaucoup … mais ça fait que dal ! >> … comme on dit chez nous .

D’autres chuchotent sur le même principe que l’on ne crache jamais sur un gâteau dont on va manger les plus grosses parts.

Noter bien par ailleurs que je ne cherche aucun prétexte pour justifier la dérive des uns ou des autres car cette conjoncture n’explique pas tout. Il ne faut pas confondre les trafics crapuleux et impunis d’une minorité, mafieuse et hors la loi ou institutionnelle, avec la misère qui frappe des milliers de victimes innocentes. “Peuchère”, il y a des quartiers de Marseille qui comptent parmi les plus pauvres de France. Non loin de là, d’autres marchent sans mauvaise conscience les poches pleines de “pognon” avec un regard méprisant. La misère est certainement moins pénible au soleil, mais ce privilège climatique n’empêche pas de réfléchir intelligemment à sa condition sociale.

A certains endroits, les gosses jouent dans les caniveaux à moitié nus à côté des tas d’ordures. Dans certains quartiers, Marseille meurt de faim. Alors les grands frères ont parfois la haine de voir au loin sur le port des yachts de luxe. Nous, on dit qu’ils ont les “boules” parce que la richesse est à portée de main sans pouvoir l’atteindre. C’est l’habile illusion d’un système qui dissimule habilement sa réalité … mais ceux qui ne vont pas ou peu à l’école n’ont pas le voile des constructions mentales qui obscurcissent le regard : Seuls les petiots, les innocents ou les aliénés percevraient encore les réalités premières selon les textes sacrés.

Je le crois sans encombre.

Voilà d’où vient la mauvaise réputation du jeune banlieusard Marseillais.

Tout le monde s’accordera pour dire que les difficultés n’excusent en rien de faire le mal car les mauvais comportements ne font que perpétuer la spirale infernale. Mais il nous faut cependant comprendre l’origine d’une détresse affectant des pans entiers de la population. Cette fraction significative se sent abandonnée, se considère paupérisée, rejetée en périphérie de la ville et se voit entassée dans des quartiers sordides ! L’espoir y meurt chaque jour un peu plus. Un certain fatalisme s’est installé. Avec le temps, comme rien de sérieux n’a été fait, le désespoir s’est changé en repli sur soi, puis finalement en haine. Il y a au moins de la colère qui se lit dans le regard méfiant des déçus de la République.

Certes, la misère est un malheur que l’on peut voir proliférer en tout lieu, un peu comme une plaie qui ne cicatrise jamais et qui s’infecte à la moindre faiblesse du corps.

Certes, c’est partout pareil à en croire les invectives des marâtres qui, sur le chemin quotidien des courses au centre commercial du quartier, tentent désespérément de calmer les bandes bruyantes attroupées en bas des immeubles.

Certes, ils ont la rage ces jeunes, abandonnés à la rue un peu partout dans la ville, tandis qu’une opulence provocante et sans complexe s’affiche à la télévision ou sur les réseaux sociaux. Et pourquoi pas pour eux ? La colère gronde dans les quartiers et menace d’exploser.

Ici tout ne va pas bien !

Même s’il ne faut pas exagérer, car je ne voudrai pas vous donner l’image selon laquelle tous nos quartiers sont minés par les trafics. Deux mondes vivent simplement en parallèle dans le déni le plus total l’un de l’autre.

Ne comptez pas sur moi non plus pour vous dire que notre municipalité est gangrenée par une corruption systémique.

NON ! … Jamais de la vie.

Ici, on s’arrange, …. c’est tout ! L’égoïsme de la compétition économique, insufflé partout, s’est infiltré dans tous les domaines de la vie sociale pour ne laisser place qu’à deux catégories de citoyens : Les prédateurs et les proies. La victime qui parle n’est pas la bienvenue et chacun préfère donner l’illusion d’être quelqu’un, même au prix de la vie dans les commerces les plus abjects. Le monde se rétrécie alors progressivement pour se réduire aux frontières protectrices de la cité. Chacun s’efforce malgré les difficultés et la misère sous jacente de donner le change par les apparences. Même les gamins de douze ans doivent bomber le torses pour se protéger des grands.

<< Et alors ? Qu’est ce que tu veux à me regarder ? … T’es pas un peu fada ? Fais pas ton nervi ou je vais te bouffer ! >>

Mieux vaut filer avant la baston. On déambule nonchalamment dans les rues du quartier, le visage grave, cigarette ou joint à la main, le bras ostensiblement ballant au volant d’une bagnole « réné », déclassée bien que grossièrement customisée, la musique à fond, au milieu des immondices et des barres d’immeubles insalubres.

<<…Ca le fait “tarpin” ! … On se croit trop sur la côte d’azur à Monaco !…>>

Le trompe-l’oeil devient la règle. Pourtant le portrait du jeune zonard ne serait pas non plus exhaustif sans le petit sac bandoulière de marque à l’épaule et les pompes à deux cents Euros pour faire comme les autres. A l’image des grands de ce monde dont l’exemple médiatique fallacieux fait croire au mythe d’une réussite rapide et facile en omettant volontairement de préciser la réalité groupusculaire et les soutiens à l’origine de ces ascensions fulgurantes. La méthode consiste donc à entretenir une confusion sur la question de l’égalité des chances en nourrissant le phantasme idéologique d’une “saine compétition”. Celle-ci s’affiche en théorie comme le mal vitale et nécessaire pour la survie du système, solution miracle à la création de richesse ainsi qu’au confort social, mais serait dans les faits une chimère intellectuelle :

Un concept vide dans la pratique. L’égalité dans l’exercice de cette compétition économique n’a jamais existé.

Le citoyen mal informé par de nombreux médias conninvents en perd la raison ainsi que tout sens de la morale. Nous ne devrions pourtant jamais oublier que chaque source d’information possède son revers de manipulation à la solde du pouvoir : L’objectivité n’est pas de ce monde et encore moins concevable dans une guerre intemporelle des empires se poursuivant en ce début de troisième millénaire. Triste réalité, comme en atteste la résurgence des tensions entre les grands groupes ethnoculturels, dont le plus symbolique affecte les frontières Est / Ouest. Cette nouvelle ère, qui voulait être celle du changement et de la modernité, peine aujourd’hui à dissimuler sa réalité de fond rétrograde derrière de faux semblant sémantiques, idéologiques ou de progrès technologiques.

La doxa s’affiche dans tous les lieux communs : Dans les livres scolaires, sur les frontons des bâtiments comme sur les plateaux de télévision : Partout, les beaux principes fondamentaux s’écrivent ou se scandent bruyamment mais ne se pratiquent en réalité nul part. J’en veux pour preuve cette pauvreté ordinaire, … les nombreuses institutions élitistes artificielles ou de façade permettant les ecroqueries de grande échelle commises avec la complicité des pouvoirs publics, la fuite de fortunes indues … et des écarts de richesse démentiels se pratiquant dans toutes les grandes métropoles dont marseille ne fait pas exception.

Ici, la rumeur prétend avec assurance qu’il vaut mieux avoir une bonne adresse, un bon contact, qu’un diplôme inutile. C’est en effet bien beau d’avoir des “bagages” … encore faut-il savoir où les poser quand tu ne bénéficies pas d’un ‘’piston’’ ni de soutien dans un secteur professionnel pour t’insérer ?! Le travail ne court pas les rues si tu n’es pas débrouillard et personne ne trouve du boulot en ‘’changeant de trottoir’’ comme le prétendent arrogamment certains technocrates Parisiens.

Ils osent évidemment affirmer le contraire : Ceux-là même qui, de naissance, du fait de leur appartenance groupusculaire, par “piston” ou par connivence avec les puissants, n’ont jamais manqué de rien et profitent de salaires indécents, souvent au frais du contribuable. Les privilégiés s’offusquent devant ces gueux qui rechignent aux durs labeurs inhumains et sous payés. << Les temps sont durs ! Le peuple doit faire des sacrifices >> Disent-ils lors des discours officiels. Ils ont du bagou. Ceux là même qui, en dehors de l’apparence tronquée par des médias complices ou de l’effet d’annonce d’une grande bouche qui ne manque jamais de culot, n’ont jamais fait le moindre effort, physique ou de quelque nature que ce soit.

Voilà cinquante ans que l’on nous ment, que c’est la faute d’une crise qui à bon dos, … que l’on y peut rien … que plane la rumeur selon laquelle cette situation ne va pas durer car nos élus font le stricte nécessaire pour construire un avenir meilleur ! … Eh oui ! Ils argumentent avec aplomb : Affabuler devient un métier et la rhétorique mensongère visant à temporiser ainsi qu’à contenir les foules s’apprend désormais dans les grandes écoles préparant à la vie publique.

Mais il n’est qu’à observer les livres d’histoire … lorsqu’un tel marasme dure si longtemps, de manière répétitive depuis plusieurs siècles … ce n’est plus une crise, un accident, ni de la faute à la conjoncture …

… C’est un système !

Qui ment ? A qui profite le crime ? Les questions elles-mêmes deviennent un tabou.

Ici comme ailleurs, quand l’économie est malade, les pauvres souffrent tandis que les riches s’épanouissent en convalescence démonstrative : C’est ainsi que fonctionne la société des hommes depuis les premières civilisations et mis à part les mots pour qualifier les choses ou les situations, rien n’a changé. Les rois, empereurs et maintenant des représentants complices se succèdent en mandatures indifférentes mais rien ne s’améliore vraiment.

La population acquiesce sans mot dire et c’est son tort principal car il n’est pas de pouvoir concevable sans le consentement implicite ou explicite des foules. Je rêve de ce jour prometteur, encore utopique, où les peuples du monde se léveront pour imposer la supériorité politique d’une véritable institution civile de contre pouvoir gérée directement par les citoyens lambdas:

Seule une démocratie directe d’échelle mondiale peut être synonyme de transparence, d’harmonie entre les peuples et une véritable garantie contre la corruption.

Bref ! Il n’est pas utile d’aller plus loin. Voilà que je radote comme un vieil homme aigri par le temps.

Ici, heureusement, il y en a pour toutes les bourses et les gens savent d’instinct où se loger, s’amuser et où se nourrir en fonction de leur condition sociale :

<< T’es pauvre, tu manges pour deux Euros à Noailles, … tandis que si t’es riche, il t’en faut cent sur la Corniche ! Il en va de même concernant toutes les activités du quotidien. L’illusion est parfaite … Mais en bout de course, t’inquiète pas, les deux iront “caguer” pareil ! >>

Le bonheur tient finalement à peu de chose quand on a le cœur sur la main. De surcroît, je ne voudrai pas m’arrêter à ces tristes constats qui laissent un goût amer.

Nous avons malgré cette dichotomie sociale plein d’atout et un territoire avec un potentiel énorme. Il y a immanquablement une solution, petite ou grandiose, pour qui veut s’en sortir car il se trouve toujours une main tendue qui vous viendra en aide. La générosité et le partage sont des valeurs fondamentales qui caractérisent le comportement Marseillais.

La vie impose son rythme et les rayons ardents du soleil provençal pointent comme chaque jour sur l’horizon des plages du Prado. Un petit vent frais chahute les cordes et drapeaux fièrement érigés sur les mâts des bateaux. Ce jour nouveau est une bénédiction pour les sportifs courageux ainsi que pour les couples en devenir qui osent braver les éléments afin de profiter du soleil levant sur les îles du Frioul.

Pouvais-je les passer plus longtemps sous silence ?

Notre domaine s’étend en effet jusque dans la mer, sur quatre îlots rocailleux, Pomègues, Ratonneau, If et l’îlot Tiboulen, considérés pendant des siècles, soit comme des postes avancés de défense, d’où les fortifications encore visibles de nos jours, soit en tant que zone de quarantaine ou de tri sanitaire. Le temps passant, l’archipel s’est progressivement transformée en une destination touristique incontournable où se raconte les aspects les plus rocambolesques de notre histoire. A en juger par la fréquentation estivale, il faut croire que l’aventure partiellement inspirée de faits réels d’Edmond Dantès hantera encore pour longtemps les murs de cette ancienne prison.

Traversons en sens inverse les deux kilomètres et demi qui nous sépare de la côte pour revenir sur le littoral dans le quartier d’endoume. Soyez les bienvenus sur nos meilleures tables. Les grands restaurants installés sur la Corniche attendent les clients pour les régaler des spécialités marseillaises : Bouillabaisse, aïoli, soupe au pistou, supions, pieds paquets, pizza, couscous, pâtes aux crevettes et autres mets succulents qui feront vibrer les papilles des gourmets.

Ne badinons pas plus que de raison derrière ces copieuses assiettes car l’indigestion nous guette. Il nous faut reprendre la visite en prenant de la hauteur mais sans oublier que ces plats hétéroclites, marqués de contraste, incarnent parfaitement l’esprit de diversité que l’on retrouve en chaque élément constitutif de ce pays. Comme un signe inconscient d’intégration, chaque vague culturelle arrivée sur nos terres à une époque donnée laisse sa petite trace dans le menu, dans la langue, dans les mœurs, … dans les cœurs.

Racistes nous ? Venez donc passer quelques jours ici et vous comprendrez que ce peuple fier ne manque pourtant jamais à son devoir d’accueil.

Cette ville somptueuse, intrinsèquement cosmopolite, premier port de France, quatrième de méditerranée, dix-septième au niveau mondial, peut être considérée à mes yeux, en dépit de problèmes de société qui se retrouvent partout dans le “païs”, comme un modèle prouvant la possibilité de vivre ensemble, malgré les différences. Je ne voudrai pas à l’opposé passer pour un rêveur impénitent car il faut bien reconnaître que nombreux commentateurs, taxés tantôt de pessimisme ou de réalisme selon l’époque, y voient justement la limite de ce que peut faire notre modèle d’intégration. Ces dernières décennies nous mettent effectivement face à de terribles difficultés, inédites en apparence mais redondantes au regard des civilisations passées, que l’immigration seule ne peut expliquer.

Ainsi l’histoire menant les grands empires à l’effondrement se répètera t-elle encore : Les superpuissances impérialistes ne voulant se remettre en question, il semble depuis toujours plus facile pour des oligarques prêts à tout d’aiguiser les pires instincts vengeurs du peuple que de chercher les erreurs systémiques afin de les corriger. Faisant courir le risque apocalyptique d’un énième conflit mondial: Il faut croire que dans leur esprit, les massacres valent mieux que la menace de perdre le pouvoir. Mais les innocents qui fuient la guerre, les cataclysmes climatiques ou la misère pour construire ici un avenir plus radieux n’ont rien à voir avec ces tambouilles politiciennes.

Notre population actuelle s’est en effet construite sur des vagues migratoires successives d’importance variable :

Italiens dès le moyen-âge et venant en masse lors de la révolution industrielle, exilés d’Arménie ou de Russie, Juifs issus de la diaspora, rapatriès des anciennes colonies, plus récemment … Algériens, Comoriens, Indiens, Asiatiques, noirs Africains cherchant un avenir meilleur, exclus ou miséreux des anciens pays de l’Est vivent, s’amusent et commercent en bonne harmonie depuis des temps immémoriaux. Mais de plus, ce peuple composite ne vit jamais en autarcie en raison de l’attrait touristique de la région qui nous vaut d’accueillir des millions d’âmes supplémentaires en toute saison, particulièrement celles venues chercher le soleil pendant la période estivale.

Tous différents, mais unis par le savoir vivre, l’aura culturelle et historique exceptionnelle de ce lieu magique, quasiment auto-suffisant. Nous sommes d’abord et avant tout Phocéens !

C’est ce sentiment et l’honneur d’appartenir au clan “Marseillais” qui fait notre fierté.

D’Est en Ouest, du Nord au Sud, d’un bout à l’autre, cette localité invraisemblable vous surprendra au point de vous couper le souffle …

Du pôle universitaire de “Luminy”, porte d’entrée des interminables calanques du même nom, en passant par les Goudes où nos “minots” s’aguerrissent périlleusement au plongeon du sommet des “baous”, … en flânant dans le pittoresque centre historique du Port, duquel vous accéderez par de vétustes escaliers en pierre au vieux quartier du Panier, refuge pour artistes et voyous, détruit lors de la seconde guerre mondiale mais aussitôt reconstruit, … au détour de la notoire Plaine festive ou de Belsunce, arrondissement populaire abritant les grands commerces, … en digressant frénétiquement par les faubourgs cosmopolites situés dans le Nord où se déroulent notamment les joutes nautiques de l’Estaque au cours desquelles les badauds bouffent goulûment “chichis et panisses”, … jusqu’à la périphérie traditionnelle provençale de la ville incarnée par les Camoins, Eoures ou la Treille, rendue célèbre par les films et romans de Marcel Pagnol, … il n’est finalement pas un seul endroit qui puisse vous laisser indifférent ni qui ne suscite l’éclosion d’un souvenir impérissable.

En fait, ce petit monde unique, rebelle à l’autorité depuis la nuit des temps, est une source d’inspiration infinie parce qu’il contient tout ce dont à besoin l’imagination,… comme un condensé de tout ce qui s’y fait et ce n’est donc pas un hasard si cette terre est un lieu de prédilection pour l’éclosion de l’esprit artistique.

C’est pourquoi nous, Marseillais de naissance ou de cœur, pouvons affirmer avec certitude que cette ville, carrefour éternelle de la méditerranée, ne sera jamais un lieu comme les autres !… >>


Trêve de galéjades : Revenons à des considérations plus générales, élevons notre regard critique et penchons-nous désormais sur les grands enjeux de notre époque — l’actualité brûlante, les turbulences politiques, et ce quotidien oppressant, tiraillé entre les affres de la guerre, les abominations humaines et les mécanismes insidieux de la manipulation médiatique. Dans ce tumulte, il devient essentiel de démêler le vrai du faux, de questionner les récits dominants et de retrouver, au cœur du chaos, les repères d’une pensée lucide et engagée.


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2 — Régimes différents, rouages & pratiques identiques :

L’illusion du changement

Triste réalité, en effet : l’évaluation d’un système politique ne saurait se contenter des apparences, des slogans gravés dans la pierre ou des formules incantatoires prononcées dans les hémicycles. Comme le soulignait Rousseau dans Du contrat social, « le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir ». Mais encore faut-il que ce droit soit réel, et non simulé. Les régimes politiques, même ceux qui se parent des atours de la démocratie, peuvent dissimuler derrière leurs façades institutionnelles une mécanique de contrôle, de confiscation du pouvoir, voire de neutralisation du citoyen. Hannah Arendt, dans La crise de la culture, nous mettait en garde contre la confusion entre pouvoir et autorité, entre légitimité et domination. Ce n’est pas le vocabulaire du pouvoir qui fait la démocratie, mais la capacité du peuple à agir, à délibérer, à contester.

Les faits, toujours les faits, doivent primer. C’est là une exigence que partageait Karl Popper dans sa défense d’une société ouverte : Seule la confrontation aux réalités empiriques permet de juger la valeur d’un système. Or, les années 2018 et 2019 en France ont révélé un décalage profond entre les principes affichés et les pratiques observées. Le surgissement du mouvement des Gilets jaunes, loin d’être un simple épisode de grogne sociale, a mis en lumière une fracture démocratique, une crise de représentation, une défiance radicale envers les institutions. Ce moment insurrectionnel, aussi chaotique qu’il fut, a agi comme un révélateur : celui d’un pacte républicain affaibli, d’une démocratie formelle qui peine à incarner une démocratie réelle.

Il ne s’agit pas ici de nier les acquis institutionnels, mais de les interroger à la lumière de leur efficacité concrète. Michel Foucault nous a appris à nous méfier des discours de pouvoir, à traquer les dispositifs invisibles qui organisent la soumission sous couvert de rationalité. De même, Pierre Bourdieu a montré comment les structures sociales reproduisent les dominations sous des formes symboliques, souvent imperceptibles. Le citoyen, dans ce contexte, ne peut se contenter d’une lecture passive : il doit devenir lecteur actif, analyste des signes, interprète des récits dominants.

C’est pourquoi cette réflexion se veut une synthèse critique, une tentative de rupture avec les qualificatifs officiels trop souvent éloignés de la réalité vécue. Elle ne prétend ni à l’exhaustivité ni à une neutralité feinte, car la neutralité, dans un monde structuré par des rapports de force, est souvent une posture complice. Elle appelle à la confrontation des idées, à la mise en débat des représentations, à une réappropriation du politique par ceux qui en sont trop souvent les spectateurs désabusés. Car comme le disait Cornelius Castoriadis, « la démocratie n’est pas un régime, c’est une activité ». Encore faut-il que cette activité soit rendue possible, et non étouffée sous les oripeaux d’une légitimité de façade.

<<… A l’instar de nombreux régimes politiques contemporains qui associent un parlementarisme de façade à une économie libérale mondialisée — et comme en témoigne l’inégalité matérielle croissante entre les populations — la Cinquième République française, malgré les titres qu’elle revendique, peut être qualifiée de fiction représentative dissimulant une oligarchie capitaliste….>>

3 — EFFET BOOMERANG :

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“… Lorsque la pauvreté et l’indigence s’installent durablement, il n’est guère surprenant que les détenteurs du pouvoir économique — les possédants et les élites sociales juchées au sommet de la pyramide — deviennent les cibles de violences répétées. Ces actes, souvent issus des classes laborieuses, traduisent une colère spontanée, parfois mal orientée, qui s’exprime par le vol, la provocation maladroite ou une haine diffuse. Ce sont là les symptômes d’un besoin de revanche, né d’un sentiment d’injustice profond….>>

Dans cette perspective, la petite délinquance de droit commun apparaît moins comme le fruit d’un échec éducatif individuel — sans pour autant en nier la part de responsabilité — que comme la conséquence directe d’un déséquilibre politique et économique. Elle reflète avant tout une répartition inéquitable des richesses et une marginalisation croissante de certaines franges de la population.

Les atteintes à la tranquillité publique peuvent être regroupées en trois grandes catégories, selon le nombre de personnes impliquées, le degré de préméditation et la gravité des actes commis. Le premier niveau, souvent qualifié d’« incivilités » ou de « petite délinquance », concerne des gestes isolés, spontanés, causant des préjudices mineurs. Ces actes sont fréquemment le fait d’une jeunesse en errance ou d’adultes relégués aux marges de la société, sacrifiés sur l’autel de la compétition et du rendement.

  • Ce premier échelon constitue un indicateur précieux du niveau de détresse sociale, culturelle et politique d’un pays. Il révèle les failles d’un système qui peine à offrir à chacun une place digne et équitable, et témoigne du malaise profond qui traverse la nation.

  • Le second niveau fait intervenir la notion “troubles ou phénomènes sociaux” lorsqu’il s’agit de faits collectifs planifiés par des structures opposantes intégrées à l’édifice institutionnel . Ce second niveau inclut la lutte des composantes sociales ou politiques organisées : Source de conflits graves et meurtriers tout au long de l’histoire et plus particulièrement lors de la période industrielle du XVIII° siècle, ce niveau fut progressivement rationalisé, codifié, créant l’armature juridique constitutionnelle moderne ainsi que celle du droit du travail. Le retour en force de cette source de conflit signifie la rupture de l’équilibre et des consensus inclus dans cette armature juridique et menace, à l’instar du défaut de règlement des problèmes de fond relatif à toute source de déviance, de donner des forces à la source supérieure de conflit .

  • Le dernier échelon s’apparente à la notion de “criminalité organisée” ou “subversives” lorsque divers groupements plus ou moins restreints planifient méticuleusement leurs actes et s’engagent dans la voie d’idéologies dites “extrémistes” aussi bien que dans celles de commerces interdits, sur un niveau au moins national mais souvent international, soumis à répression par l’entité oligarchique au pouvoir . Finalement, il peut se considérer que la délinquance soit le résultat d’une subjectivité définissant des actes, qui ne sont d’ailleurs pas forcément violents ni dénués de toute logique, qui contreviennent à l’ordre établi et aux règles de continuité édictées par un pouvoir politique disposant de la direction sur la communauté. C’est alors la logique même du pouvoir, sa nature et de ses sources qui sont contestées. L’entrée en lice de ce niveau de contestation signifie le début d’une période de chaos ( politique & civil ) qui se soldera par la recherche d’un nouvel équilibre institutionnel.

Revenons dans le vif de notre sujet en concentrant l’examen de ce jour sur le niveau principal et individuel à l’origine des comportements déviants — Outre ce problème de subjectivité relevant des plus hautes sphères philosophiques dont on ne peut faire le raccourci dans ce paragraphe et les problèmes complexes inhérents au domaine psychologique motivant la dérive et le passage à l’acte, il est concevable de soulever l’hypothèse d’un point commun expliquant l’origine de ce phénomène :

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<<… Le délinquant est soit un être instinctif qui, constatant un besoin ou une pulsion égoïste, s’engage à obtenir satisfaction par tous les moyens jugés nécessaires à sa réalisation, soit un être réfléchi qui choisit volontairement et en connaissance de cause de nier les règles établies parce qu’il en constate l’iniquité et la corruption au regard de principes, égoïstes ou universels, jugés supérieurs …>>

Ce portrait ne doit cependant pas exclure une dimension collective, donc politique, puisque la société à théoriquement pour mission d’assurer l’épanouissement de l’individu et la satisfaction des besoins vitaux de chacun ainsi que l’assistance à ceux qui se trouve en difficulté devant cette réalisation. Les déviances révèlent donc un indice et la trace d’une défaillance de la société dans son ensemble. Cette définition initiale peut ainsi inclure un ensemble d’actes qui correspondent en réalité à des besoins légitimes et (ou) vitaux si l’organe édictant les normes tombent lui même dans divers travers dont notamment celui de la ségrégation, d’extrémisme ou du despotisme. En effet, on imagine assez mal, par exemple à Paris dans les quartiers huppés, un enfant issu de la petite bourgeoisie se livrer à divers larcins de survie / il peut en commettre d’autres, souvent bien pires, mais pas ceux préoccupant notre récit : La petite délinquance de droit commun se nourrit essentiellement du terreau de la misère. Certains protagonistes de mauvaise foi répliquent en indiquant que la plupart des gens modestes ne sont point délinquants. Non ! Ils acceptent leur condition, résignés, et se morfondent en réalité. Mais la réalité oblige à dire le fond du problème : La misère ne doit plus avoir cours dans une société équilibrée et avancée ou les biens et les richesses sont abondantes. Preuve que la République, le système de répartition des richesses sont quelque part en échec. Voilà la vrais question que personne veut soulever car elle met en évidence un défaut rédhibitoire de notre société.

Le problème politique, sociétal dirai-je, réside alors dans le fait que les lieux de détention propres aux régimes iniques sont bien souvent — et même majoritairement — peuplés d’individus dont le seul tort est d’avoir tenté de pallier leur dénuement ou de s’extraire du carcan d’une prison intellectuelle imposée. Il ne saurait exister d’harmonie durable, d’équilibre véritable ni de paix authentique au sein de l’humanité tant que les hommes persisteront à se regrouper en cercles fermés, constituant des élites exclusives — qu’elles soient culturelles, matérielles, confessionnelles ou ethniques.

En l’absence d’un système sincère de partage, d’évolution collective et d’intégration équitable, les entités ainsi formées, tout comme les groupuscules qui en découlent, seront inévitablement exposés à une traque acharnée, sanglante et impitoyable de la part des groupes extérieurs. Ce constat, énoncé en ces termes, offre aux citoyens un repère clair : il leur permet non seulement d’évaluer la justice réelle de leur pays, mais aussi de comprendre l’origine profonde des malheurs qui frappent nombre de communautés humaines depuis la nuit des temps.

Dans une telle hypothèse de dérive, les agressions — qu’elles soient perçues comme un retour légitime de l’iniquité ou comme la conséquence directe d’un défaut d’intégration — traduisent avant tout une sclérose intellectuelle et culturelle. Celle-ci s’exprime notamment à travers un système défaillant de création et de répartition des richesses, l’application de structures politiques organiquement viciées, ou encore une gestion calamiteuse des affaires publiques, gangrenée par la corruption et l’opacité.

Ces divers facteurs pouvant se cumuler.

4- Maladie psychique du pouvoir

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Qu’untel s’attaque à un enfant ou à une dame et tout le monde s’accordera lors d’un procès convenu de qualifier cet individu de malade mental . Personne n’en doutera et c’est bonne chose. Cette certitude vacille sur des sujets adjacents quand bien même l’état de dangerosité ne fait pas moins défaut. Je me pose cette question de savoir pourquoi l’opinion public, souffrant depuis la nuit des temps des méfaits de quelques pervers arrivistes et avides de pouvoir à l’origine des plus grands malheurs ou carnages de l’humanité, ne peut convenir d’inclure dans ce panel des portraits pathologiques les personnages en quête des sommets de pouvoir, que cette quête passe par la finance, le matériel ou par le politique ? Peut-on parler seulement de lâcheté? Ne pourrait-on “dépister” ainsi que prendre en charge dans les écoles et autres institutions ces comportements outranciers menant au pire et pouvant être assimilés à une déviance passant par l’excès de la même façon que l’on propose, dans l’hémicycle parlementaire, de traiter ceux d’entre nous qui montre dès leur jeune âge excès de violence ?

Ces derniers sont-ils, socialement parlant, plus condamnables ou beaucoup plus mauvais que ces premiers ? Ne peut-on convenir une fois pour toute que l’être humain est intrinsèquement “fragile” ainsi que “corruptible” ? Ainsi, pour cette raison suffisante, justifiée par deux mille années d’une histoire semée de chaos comme de déviances politiques, la totalité des mandats ou mécanismes institutionnels ne devraient-ils pas être construits en tenant compte de cette donnée fondamentale qui aura pour conséquence de limiter les pouvoirs de chacun et de doter chaque vecteur institutionnel d’un contre pouvoir citoyen, réel et efficace ? Pourquoi n’est-ce pas le cas malgré nos dispositifs dits démocratiques ? Vous commencez à comprendre qu’il existe un problème d’efficacité et de pertinence des contre-pouvoirs — Paroxysme et délire mégalomane à l’origine d’une grande partie du malheur terrestre pouvant hélas s’observer chez nombreux personnages de premier plan qui formulent un rapport étrange à l’égard de la possession ou du lien avec autrui -

Cette négligence fait démonstration d’un choix politique coupable à l’origine de bien des maux … . A moins que notre élite pensante médicale considère que ces penchants criminels soient un bienfait social, ce dont je doute … ou bien ce dépistage mettrait à jour la mauvaise santé psychique généralisée du genre humain ? … ou peut-être encore que les braves gens qui déterminent les orientations ou prescriptions en ce domaine ne veulent faire le procès des personnes qui les nourrissent ? J’ en conclus la proposition suivante …..

<< …. Dans une société humaine complexe, hiérarchique et spécialisée, le verdict de justice ne correspond jamais à la décision d’une instance indépendante appréciant des faits contrevenants à la norme sociale par rapport à des principes généraux supérieurs mais plutôt à l’expression du rapport de force et des clivages culturels & catégoriels qui la fracture ….. . >>


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