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Le vieil homme et les cinq rivières

Il était une fois

Nelly Writer · 2026-03-14 23:03 · 0 claps · 4.0 min read
#conte #mort #démence #vieux #légende
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Le vieil homme et les cinq rivières

Il était une fois

LE VIEIL HOMME ET LES CINQ RIVIÈRES

Il était une fois un vieil homme vivant en campagne. Il était seul, recevant la visite seulement de la fille de l’épicier. Celle-ci lui apportant ses courses pour la semaine. Le vieil homme n’avait plus toute sa tête et pourtant, ce samedi-là, quand la jeune Elizabeth ne vint pas lui apporter ces repas, l’homme prit son chapeau et sa canne, prêt à traverser le champ jusqu’au village. Il sortit de chez lui et marcha, suivant la route qui mène au village du Clocher. Après plusieurs longues minutes de marche, il arriva à une bifurcation. L’homme s’arrêta, n’ayant pas fait la route depuis une bonne décennie, il ignorait quel chemin prendre. Il hocha les épaules, confiant, et prit la gauche en se disant : « tous les chemins mènent à Rome après tout. » Le vieillard continua sa route, bientôt celle-ci se transforma en petit chemin de terre. La canne de l’homme s’enfonçait dans le sol à chaque pas. Tandis qu’il avançait, l’homme ne se doutait de rien, malgré le fait qu’il s’enfonçait de plus en plus dans une forêt aux trajets sinueux et aux arbres plus haut qu’une maison. Pourtant, le petit personnage souriait en murmurant : « quels beaux arbres, cela enchante le trajet jusqu’à Rome ». Il continua sa route pendant près d’une heure. Son dos était douloureux, ses mains tremblantes tout comme ses jambes. Pourtant, il continuait d’avancer, et la forêt continuait de se refermer. Après trop longtemps, le vieux arriva au-dessus d’un trou. Un long trou de plusieurs mètres. À l’intérieur, cinq rivières s’écoulaient telles des chutes. Elles s’écoulaient de la gauche, en traversant la grosse crevasse jusqu’à son autre extrémité. D’ailleurs à cette extrémité, les rivières rentraient dans le mur de terre, comme elles le feraient sous un pont. Les cinq rivières s’enchaînaient l’une après l’autre, avec un peu de terre, environ cinq mètres de longueur, entre elles. À l’intérieur des eaux, cinq cailloux lisses s’enchaînaient, placer là, prêts à faire traverser quiconque le désirait. L’homme regarda devant la première rivière, se penchant légèrement du bord de la falaise formé par le trou. Là, se trouvaient 4 figurines en argile de la taille d’un enfant de 8 ans. C’était étonnant de les voir là, mais comme toute personne rationnelle, le vieux supposa que les jeunes enfants voulaient traverser. Alors, qu’il allait leur indiquer le moyen de traverser, les yeux du vieux se fermèrent. N’étant pas habitués au gros soleil d’après-midi, ils ne pouvaient plus fonctionner. Attristé, le vieux imagina les jeunes traverser et comme par magie, les 4 petites figurines s’avancèrent, yeux fermés vers la rivière. Un après l’autre, ils sautèrent sur les grosses roches plates. Celles-ci étant légèrement glissantes dû à l’eau qui parfois glissait sur leur surface, les jeunes enfants durent étendre les bras afin de garder l’équilibre. Après avoir traversé cette première rivière, les jeunes statuettes s’exclamèrent, crachant des bouts d’argile dans leur excitation. Le vieil homme ignorait la raison de cet éclat de bonheur, mais créatif comme il était, il imagina que pars la pensée, il avait réussi à les faire traverser la première rivière. Pour s’amuser, il décida d’essayer de les faire traverser le deuxième cours d’eau. Alors qu’il s’apprêta à imaginer la prochaine traverse, la canne de l’homme tomba, la prise qu’il avait sur sa canne réduite à néant. Comme si ses bras avaient lâché. Pourtant, alors que l’équilibre lui manquait, il s’acharnait pour faire traverser ses bonshommes d’argile jusqu’au bout. Alors, il imagina la situation ignorant que pendant la perte de ces bras, une des figurines s’était effondrée sur elle-même, réduite à un petit tas d’argile. Malgré tout, pour la seconde fois, les enfants s’activèrent, toujours à l’aveuglette, mais cette fois, les bras collés le long du corps. Avec un peu plus de temps, ils réussirent à traverser, malgré le manque d’équilibre. Cette fois, ils sautèrent d’énervement, perdant des bouts d’eux-mêmes à la même occasion. Quoi qu’il en soit, l’homme entendait les petits sauts et se dit qu’il ne restait que trois rivières. L’homme se concentra, mais alors qu’il faisait ça, une douleur intense lui prit la poitrine. Il tomba au sol, sur ses genoux, souffrant le martyre. Pourtant, il refusait de partir sans avoir fait traverser ses jeunes, maintenant seulement deux, car encore une fois, à la perte de son cœur, une autre figurine s’était effondrée, elle aussi, devenue que tas d’argile. Alors qu’il se sentait partir, l’homme dont seul le cerveau semblait fonctionner imagina les jeunes se construisant un radeau avec les débris qu’ils pouvaient trouver. Ils se mirent dessus et traversèrent en un temps record. Arrivé à destination, ils tournèrent en rond, joyeux, leur corps mincissait à vue d’œil après cet effort. Construire un radeau sans bras, ce n’est point facile et le trajet qui restait ne serait pas donné. « Il n’en reste que deux, se dit le vieil homme, je peux le faire » alors qu’il finissait sa phrase, le cerveau lâcha, aucune pensée, aucune imagination. Aussitôt, l’avant-dernier bonhomme d’argile fondu, un petit tas d’argile comme cendres. Laisser seul, le dernier jeune se jeta dans l’eau, à la nage, oubliant qu’il risquait de fondre. Sans les bras, ce n’était pas facile, pourtant l’enfant réussit à traverser en quelques minutes. Arriver devant la dernière rivière, le cœur du vieux se réactiva. Tous les petits tas d’argile se mirent à flotter au-dessus des rivières, traversant les eaux, ne s’arrêtant qu’à côté de leur camarade. Dans les airs, les tas se transformèrent pour redevenir de forme humanoïde, comme avant. Ravis de s’être retrouvés, ils dansèrent tous ensemble, ne perdant aucune partie de leur corps cette fois. Tout en gambadant, ils se dirigèrent vers la rivière, cette fois-ci, ils prirent le pont pour traverser. Sain et sauf, alors que le cœur du vieux était rempli de satisfaction. Malheureusement, celui-ci s’arrêta quelques secondes après, dans son lit, la jeune Elizabeth à ces côtés.

Fin.

Nelly


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