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Les fourmis sauteuses indiennes ont la capacité de rétrécir le cerveau et de le faire repousser

Auteur : Natalie Grover

Opresse in Opresse · 2021-04-16 10:32 · 0 claps · 2.8 min read
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Les fourmis sauteuses indiennes ont la capacité de rétrécir le cerveau et de le faire repousser

Auteur : Natalie Grover

La colonie ne périt pas à la mort de la reine car les ouvrières “choisissent” de réduire leur cerveau et développent leurs ovaires.

Image représentative. Source : Getty image

Image représentative. Source : Getty image

Peu d’espèces du règne animal peuvent modifier la taille de leur cerveau. Plus rares encore sont celles qui peuvent le faire revenir à sa taille initiale. Des chercheurs ont découvert la première espèce d’insecte dotée de cette capacité : le saltator d’Harpegnathos, aussi appelé fourmi sauteuse indienne.

Elles sont comme une herbe à chat pour les chercheurs sur le terrain. Contrairement à leurs cousines, les colonies de fourmis sauteuses indiennes ne périssent pas à la mort de leur reine. Au lieu de cela, des ouvrières “choisissent” de prendre sa place, avec les ovaires dilatés et le cerveau rétrécit, pour produire une progéniture.

En général, c’est au stade larvaire qu’une fourmi décide si elle sera une ouvrière ou une reine. Si elle est nourrie généreusement et reçoit les bonnes hormones, la fourmi a la possibilité de devenir une grande reine. Si ce n’est pas le cas, elle est condamnée à une carrière d’ouvrière stérile, sans possibilité de changement, sauf si elle fait partie d’une espèce comme la fourmi sauteuse indienne.

“Les fourmis sauteuses ont la capacité de se transformer complètement à l’âge adulte, ce qui les rend intéressantes à comprendre”, selon l’auteur principal, le Dr Clint Penick, de la Kennesaw State University (États-Unis).

Les insectes sociaux tels que les fourmis vivent généralement dans une communauté fondée sur une caste ou la reine règne en tant qu’unique reproductrice en sécrétant des phéromones qui empêchent les fourmis ouvrières femelles de pondre des œufs. Les autres fourmis travaillent dur, elles recherchent et chassent la nourriture, nettoient, s’occupent des jeunes et défendent le nid.

Mais contrairement aux colonies typiques qui dépérissent à la mort de leur reine, les colonies de fourmis sauteuses indiennes sont fonctionnellement immortelles.

Quelques heures après la mort de la reine, un “combat rituel” frénétique commence, au cours duquel les ouvrières se livrent à des duels féroces qui consistent à s’envoyer des antennes à la figure. Ce tournoi peut durer jusqu’à un mois, les ouvrières choisies sont “les multitâches” qui peuvent se battre en duel et activer leurs ovaires. Ces pseudo-reines, généralement cinq à dix dans une colonie d’une centaine de fourmis, produisent alors la phéromone qui oblige les autres à les traiter comme des souveraines. Finalement, ces ouvrières reproductrices s’accouplent avec leurs frères et prolongent la vie de la colonie.

Les pseudo-reines officiellement appelées “gamergates”, (aucuns rapport avec la campagne de hashtag de 2014) voient leur espérance de vie passer d’environ six mois à cinq ans. Leurs ovaires gonflent jusqu’à atteindre une taille cinq fois plus importante, remplissant tout l’abdomen, et leur cerveau rétrécit de 20 à 25 %, ce que les chercheurs soupçonnent être un processus destiné à détourner des ressources limitées vers la production d’œufs.

Dans cette étude, Penick et son équipe ont expérimentalement induit le retour des gamergates à leur statut d’ouvrières normales, pour évaluer si les changements physiologiques et comportementaux étaient réversibles, écrivent-ils dans la revue Proceedings B de la Royal Society.

À partir d’un échantillon de 30 colonies, les chercheurs ont marqué deux ouvrières reproductrices matures de chaque colonie. L’une de chaque paire a été laissée en isolement pendant trois à quatre semaines dans une boîte en plastique et nourrie périodiquement, tandis que l’autre est restée dans son nid.

Les chercheurs ont émis l’hypothèse que l’absence d’interaction sociale et de soins ramènerait l’insecte isolé au statut d’ouvrier lorsqu’il serait réintroduit dans son ancien nid. En effet, en l’espace d’un jour ou deux, ces gamergates ne produisaient plus d’œufs et, au cours de plusieurs semaines, ils ont commencé à adopter un comportement normal d’ouvrière, a expliqué Penick.

Six à huit semaines plus tard, Penick a eu la tâche peu enviable de disséquer les petits insectes pour vérifier si leurs organes internes avaient retrouvé les proportions normales d’une ouvrière, ce qui a été le cas.

“Cela ouvre des possibilités d’étudier les mécanismes qui déterminent la croissance ou la réduction de la taille d’une région du cerveau”, a-t-il déclaré.

***Source Opresse***


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