Rapport de l’exposition “Banlieues Chéries”
Rapport de l’exposition “Banlieues Chéries”

Paris. La banlieue est un endroit réunissant des artistes des quatre coins du monde. Cependant, la société ne la valorise pas. Cette exposition reflète les différents aspects de la banlieue, sa pauvreté, ses combats, mais aussi sa richesse culturelle et sa générosité. Comme le refrain de la musique “Grand Paris” dit : “la banlieue influence Paname. Paname influence le monde.”
Il ne faut cependant pas oublié qu’aujourd’hui encore, les banlieues restent des milieux défavorisés. Les habitations, les parcs, les magasins, ne sont pas adaptés à une vie saine. Les bidonvilles, les premiers lieux de vie pour certains, le montre bien. Comme l’a dit Mehdi Charef, écrivain et réalisateur lui aussi issu des bidonvilles de Nanterre : “Une cité de transit, c’est un ensemble de baraques en préfabriqué, provisoire, censé nous habituer à vivre en France en attendant.” Aujourd’hui, les jeunes combattent cela pour de meilleurs conditions de logement et autres.
Les banlieues regorgent de personnes qui se battent contre des idéologies : le racisme, le fascisme, l’islamophobie, le génocide palestinien. Des combats qu’ils ont hérité de leurs parents et qu’ils défendent aujourd’hui pour un monde meilleur.

Figure 1, série “15 octobre — 3 décembre 1983”, Broderie, tissu de lin, fils de coton, henné réalisé par Cindy Bannani entre 2023 et 2024, @Palaisportedorée, Photographie Nora
On retrouve au sein de l’exposition des podcasts, des photographies, des interviews. Des personnes qui représentent, valorisent et défendent la banlieue y sont montrées. Des jeunes, des moins jeunes, des femmes, des hommes.
La salle principale a été décorée à l’image des maisons des familles. Les meubles, les couleurs, nous replongent dans des souvenirs communs mais aussi unique en fonction des histoires personnelles.

Figure 2, reconstitution d’une maison familiale en banlieue réalisé par les commissaires de l’exposition, @palaisportedorée, Photographie Nora
La banlieue rime avec le rap mais surtout avec la musique. Une playlist créée par les commissaires de l’exposition expose une pluralité musicale qui ne peut se réduire qu’au rap. On retrouve dans celle-ci Booba, Aya Nakamura, mais aussi Edith Piaf et Daniel Balavoine.
Cette exposition permet de faire rayonner la culture de la banlieue qui est aujourd’hui associée uniquement à un lieu de vie pour les personnes pauvres issues de l’immigration. Cependant, cela n’est pas le cas. C’est aussi un lieu d’inspiration pour beaucoup d’artistes. Emile Zola ou Claude Monet la mentionnait déjà. Ce milieu était autrefois une accumulation de bidonvilles mais qui a très vite été perçu comme le “Grand Paris” par certains architectes. Les banlieues sont donc une inspiration artistique intergénérationnelle.

Figure 3, “Le bassin d’Argenteuil”, huile sur toile réalisée par Claude Monet en 1872, @palaisportedorée, Photographie Nora
Le sport est aussi évoqué en particulier l’athlétisme et le football : les deux sports les plus accessibles pour des personnes précaires. Il ne faut pas oublier que l’égalité des chances n’existe pas et que souvent les jeunes de banlieues n’ont pas accès à d’importantes infrastructures ou n’ont pas le temps d’exercer une activité sportive ou autre.
La particularité des banlieues, qui est mentionnée durant l’exposition, est l’importance des transports en commun. Ils permettent pour beaucoup de personnes de se rendre au travail, d’aller à l’école, ou de tout simplement venir à Paris.

Figure 4, “Banlievsard povr tovjovrs”, tapisserie murale tisée réalisé par Shlag Lab en 2024, @palaisportedorée, Photographie Nora
La dernière salle de l’exposition est un endroit où les visiteurs grands ou petits peuvent interagir avec des activités et même laisser leur trace, leur souhait de la banlieue idéale. Les messages sont touchants et montrent que les banlieusards ne sont pas uniquement des personnes pleines de rage et de colère. Ce sont surtout et avant tout de humains remplis de rêves, d’espoir, et de joie.

Figure 5, “Dans ma banlieue rêvée, je peux…”, mur collaboratif, @palaisportedorée, Photographie Nora

Figure 6, exemple de réponse à la phrase suivante : Dans ma banlieue rêvée, je peux…”, @palaisportedorée, Photographie Nora
Banlieues Chéries
Du 11 avril au 17 août 2025
Palais de la Porte Dorée
293, Avenue de Daumesnil 75012 Paris
Tout le Palais | Palais de la Porte Dorée
Nora.
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