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Brésil

épisode 13 du podcast Croissant Croissant

Manuel Doré · 2025-01-22 19:13 · 0 claps · 5.6 min read
#brésil #berne #podcast
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Brésil

épisode 13 du podcast Croissant Croissant

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Dans ce nouvel épisode on va au Zentrum Paul Klee à Berne, C’est un musée situé à la lisière de la ville, et il a été dessiné par Renzo Piano. Il a la forme de 3 vagues ou 3 ondes d’acier qui se fondent dans la colline ou il a été construit. Ici, sont rassemblées beaucoup d’œuvres de Paul Klee, mais c’est aussi un centre multiculturel, ou on peut assister à des événements mais aussi participer à des activités créatives.

Aujourd’hui, on vient voir une exposition consacrée à la naissance de l’art moderniste au Brésil.

Je dois avouer que je n’étais pas super enthousiaste d’aller visiter cette expo. Et j’ai été agréablement surpris. Car même si on y parle beaucoup de peinture, c’est aussi, souvent mis en relation avec le contexte social du Brésil. Et c’est ça qui m’a le plus intéressé. Ce n’est pas juste une exposition d’art moderniste.

Les tableaux d’une dizaine d’artistes sont exposés. Avec pour chacun soit une courte biographie de l’artiste soit une analyse de la toile.

On peut voir quelques œuvres de Tarsila do Amaral. Elle est né à la fin du 19eme siècle dans une riche famille de producteur de café. Une de ses peintures qui nous est proposée, met en scène une favela vue par le prisme de l’artiste. Le tableau est édulcoré, très coloré, et la vie ici semble douce et joyeuse. Le guide nous explique que les 1eres favelas construites à la fin du 19eme siècle sont en fait des habitations de fortune, assez éloigné de la vision qu’en avait Amaral. Elles sont habitées par d’anciens esclaves, hommes et femmes qui ne sont plus asservis depuis l’abolition de l’esclavage en 1888. Ils n’étaient toutefois pas intégrés à la société, et ils vivent ici, après avoir rejoints les villes à la recherche de travail et d’un logement.

Certains anciens esclaves, dans les années 30, soit plus de 40 ans après l’abolition travaillent toujours dans les plantations où ils étaient asservis. Un tableau de Candido Portinari qui date de 1936 nous présente un travailleur dans une plantation de café. On peut facilement avec cette représentation s’imaginer à quel point ce travail devait être dur physiquement.

À ce moment là au Brésil, le café est toujours le 1er produit d’importation.

Un peu plus loin, toujours un tableau de Candido Portinari, mais cette fois il met en peinture la migration. On y apprend que suite à la crise économique de 1929, et plusieurs périodes de sécheresse, il y a des vagues de migration et un exode rural à l’intérieur même du pays. Et ce tableau montre une famille, sur la route, avec le peu de bien qu’ils ont sur leurs épaules. Ils sont maigres et pales dans un environnement désertique.

Le peintre qui était engagé socialement a dit que :

« Les artistes doivent quitter leur tour d’ivoire et exercer une forte action sociale en s’intéressant à l’éducation du peuple brésilien. »

Dans cette exposition il y a beaucoup de peinture, mais il y a aussi une section dédiée à la création de la capitale Brasilia. C’est une ville crée de toutes pièces à partir de 1955, et inaugurée en 1960. Elle est devenue la nouvelle capitale du Brésil en remplacement de Rio de Janeiro.

La volonté était de recentré le pays dans les terres, afin de rééquilibrer les régions entre elles et de valoriser les régions enclavées. L’architecte Oscar Niemeyer, le paysagiste Roberto Burle Marx, et l’urbaniste Lucio Costa ont dessiné cette nouvelle ville dans un style futuriste.

C’est un projet un peu fou d’une nouvelle capitale construite dans le désert.

Les quartiers d’habitations ont été pensé pour être auto-suffisant, avec des écoles et des commerces à proximité. Il y a des parcs, et un grand lac a même été créé.

Les grands bâtiments sont de véritables œuvres d’art architecturales. Comme la cour de justice, le congrès national, ou la cathédrale en forme d’hyperbole.

Par contre le plan urbain de la ville, a été pensé pour la voiture. C’était futuriste dans les années 50, mais aujourd’hui ça a clairement montré ses limites.

La ville est très étendue et avec une densité de population faible, et ça n’empêche pas les congestions de trafic. Car il y a aujourd’hui beaucoup plus de voitures individuelles qu’on ne l’avait imaginé.

Sur le site internet de Usbek&Rica, les journalistes Blaise Mao et Max Manz disent carrément que Brasilia est un chef d’œuvre d’architecture moderniste, aussi audacieuse que ratée.

On arrive à la fin de cette exposition, malheureusement elle n’est plus visible à Berne depuis le 5 janvier. Par contre à partir du 28 janvier elle sera exposée à La Royal Academy of Arts in London, si jamais il y a des Londoniens ou Londoniennes qui écoutent cet épisode.

Mais je n’ai même pas parler de Paul Klee. Dans ce musée il y a des expositions temporaires dont celle dont je viens de parler. Mais il y a aussi dans une autre partie du musée, une exposition permanente dédié à Paul Klee.

On ne va pas la visiter aujourd’hui, mais j’aimerais juste rappeler qui était cet artiste. Paul Klee est né à Münchenbuchsee dans les environs de Berne, en 1879. Bien qu’il soit né en Suisse, ses parents sont de nationalité allemande. Son enfance se passe à Berne, mais à l’age de 19 ans il part étudier à Munich. Il devient alors peintre mais aussi enseignant. Il a notamment donné des cours à l’académie des Beaux arts de Düsseldorf et au Bauhaus de Weimar en Allemagne. Mais en 1934, les nazis n’apprécie pas vraiment son style. Il est préférable pour lui de s’exiler. Alors il revient en Suisse, et tombe malade dès 1935, et il meurt en 1940 à Locarno.

Il a quelques personnalités artistiques, sportives ou politique qui ont des origines Bernoises.

Par exemple l’actrice Ursula Andress. Elle a joué dans beaucoup de film à partir des années 50, mais elle est très connue pour avoir jouer le rôle de Honey Rider au coté de Sean Connery dans le film James Bond contre Dr No. Et elle est née à Ostermundigen, c’est juste à coté de Berne.

Une autre personnalité qui m’a surpris quand j’ai découvert qu’elle venait de la région de Berne, c’est Stephan Eicher, en France on dit Stephan Eicher, mais ici en Suisse alémanique on prononce bien Stephan Eicher. Et il est originaire de Münchenbuchsee comme Paul Klee. En fait je savais qu’il était suisse, mais je ne connaissais pas assez sa carrière pour savoir qu’il ne chantait pas seulement en français. Certaines de ses chansons, sont en allemand, en italien, en anglais, et même en suisse allemand.

Et sinon sur un sujet qui me tient à cœur, il y a 2 cyclistes de renommée mondiale dont les carrières sont en cours et qui viennent de Berne.

Le 1er dont je vais parler c’est Marc Hirschi. C’est un cycliste sur route professionnel qui est né à Berne en 1998. Il a roulé pendant 4 saisons avec l’équipe UAE. Mais cette année il change d’équipe et il va rouler pour l’équipe Tudor. Il a gagné notamment une étape sur le Tour de France 2020. Il est champion de suisse en 2023. Et en 2024, il réalise sa meilleur saison avec 24 victoires, dont 5 consécutives au mois de septembre.

Et la seconde cycliste dont je veux parler c’est Marlen Reusser. Qui est née en 1991 à Jegenstorf, tout proche de Berne. Son palmarès est incroyable, elle a été 4 fois championne de Suisse du contre la montre, 3 fois championne de Suisse sur route. 3 fois championne d’Europe du contre la montre. Et en 2023 elle remporte la classique Flandrienne Gand-Wevelgen, une étape sur le tour de France, et le classement général sur Le Tour de Suisse, entre autres. Cette année là en 2023, elle courrait dans l’équipe SD-Worx, une des meilleurs équipe du monde à l’époque.

Elle a passé 3 saisons avec cette formation, jusqu’en 2024 qui a été une année difficile pour Marlen Reusser. Sur une chute en mars, elle s’est fracturé la mâchoire, et les 2 conduits auditifs. Elle a pu reprendre la compétition au mois de mai, mais malheureusement elle est tombée malade en juin, et n’a pas pu participer ni aux jeux olympique ni aux championnats du monde. On sait aujourd’hui qu’elle a souffert d’un syndrome post covid qui l’a beaucoup diminuée. Pour l’année 2025, c’est l’équipe Movistar qui va accueillir Marlen Reusser. Je lui souhaite de retrouver la forme, et de revenir animer le peloton comme en 2023.

Cette liste de personnalité Bernoise n’est biensur pas exhaustive. C’est une sélection très personnelle.


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