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La Traversée des Eaux. Une exploration collective du grand Lyon à travers son fleuve et sa rivière.

1/ Démarche

École Urbaine de Lyon in Anthropocene 2050 · 2022-01-18 07:18 · 2 claps · 15.7 min read
#anthropocène #eau #lyon #rhône #fleuve
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Wiki topics: FT · Fine-tuning & Adaptation

La Traversée des Eaux. Une exploration collective du grand Lyon à travers son fleuve et sa rivière.

1/ Démarche

Nous sommes neuf étudiants issus de parcours différents : architecture, urbanisme, recherche sur les modes de vie urbains, statistiques ou encore écologie urbaine.

Nous avons passé cinq jours ensemble en arpentage de transects à pied ou à vélo pour réfléchir à la ressource en eau de la métropole de Lyon, traversée à la fois par une rivière — la Saône — et un fleuve — le Rhône — .

Ce workshop a exploré la ressource en eau depuis l’amont représenté par Miribel Jonage, en passant les transects très urbains du Vieux Lyon, pour finalement regarder en aval, à Givors.

Notre démarche assume son utopisme. Nous n’avons pas voulu nous limiter et nous avons jugé qu’il fallait rêver afin de repenser le rapport d’une métropole à un élément naturel. Nos procédés sont prospectifs, réflexifs, imaginatifs pour suggérer plutôt que conseiller ou démontrer. Nous avons construit cette restitution avec des outils tels que la photo, le dessin, les mots clés, les échanges avec les acteurs, nos souvenirs, pour retranscrire au mieux l’approche sensible et expérientielle qu’à été la nôtre. Nous nous sommes appuyés sur des cartes anciennes et contemporaines pour donner de la profondeur historique.

La rencontre de plusieurs typologies d’acteurs, de paysages et de projets nous a permis de penser des comparaisons en développant une approche systémique et imbriquée dans des jeux de pouvoirs et des imaginaires citadins différents.

2/Représentation trans-échelle

Cette collecte de données et d’information issue de nos rencontres nous a permis d’identifier des typologies de nature à partir de nos transects.

Dans le quartier du Vieux Lyon, on remarque à la fois une nature très domestiquée mais aussi une nature qui tente de reprendre possession de micro-espaces. Le quartier montre également une nature apprivoisée qui agit comme du greenwashing : planter un arbre goudronné donne l’illusion d’un verdissement mais il n’y a aucun intérêt écologique. Il n’en demeure pas moins qu’il y a des tentatives de prise en compte des enjeux du développement durable au sein du Vieux Lyon comme le montre le parc Malraux.

A Givors, le transect que nous avons effectué a été beaucoup plus marqué par la notion de transition. La végétation présente nous a davantage interrogé question quant à sa dimension “artificielle” à travers le parc. Au niveau du quartier des Minguettes, par exemple, la nature relève d’une planification urbaine et cela la rend par conséquent trop réfléchie et figée. La traversée de l’autoroute et de Pierre-Bénite rappelle, quant à elle, une nature qui s’auto-gère, avec peu d’intervention humaine. On pourrait la qualifier d’anarchique et d’uniforme au sens où elle ne traduit aucune variation dans le paysage.

Le transect de Miribel est riche d’une nature artificielle, soumise à sa vocation esthétique de paysage. Une nature à vocation de loisirs et donc soumise à des contraintes. Une nature qui doit rester très pure et saine pour l’eau potable.

3/ Schéma directeur

Le schéma directeur issu de nos réflexions a pour idée maîtresse de renverser la tendance à l’étalement urbain afin que la nature reconquiert ses droits, sa continuité en trames et reprend un mouvement de colonisation naturelle des espaces. Il s’agit de donner à voir comment la nature peut recoloniser de l’espace dans un contexte anthropisé.

Transect 1 : Vieux Lyon 25.10.21

Pour la réalisation du premier transect, nous nous sommes retrouvés lundi 25 octobre 2021 sur l’esplanade de la basilique de Fourvière. Cette première rencontre entre les membres du groupe fut l’occasion de présenter les objectifs de la semaine d’immersion, puis de se répartir en groupe d’exploration. L’objectif donné était de se retrouver, deux heures plus tard dans le Vieux Lyon, en empruntant des chemins différents. Pour apporter une cohérence globale dans cette exploration groupée, le sujet de la présence du végétal nous a été proposé.

Cet angle d’attaque nous a permis de partir à l’exploration du quartier, en orientant notre attention à la fois sur la présence du végétal, mais également des différents niveaux de traitement de celle-ci. Le choix du végétal apparaît comme une entrée pour questionner la présence de l’eau dans ce quartier en pente. L’enjeux principal de cette exploration était donc d’identifier, par la méthode du transect, les enjeux de revégétalisation du quartier, vis-à-vis de la problématique du réchauffement climatique. Le fait même que nous soyons dans un site classé au patrimoine mondial réduit nécessairement le champ des possibles en matière de mutation des espaces. Nous nous sommes retrouvés dans des espaces à la fois extrêmement anthropisés, avec une présence forte du matériau pierre que ce soit pour le traitement des sols, comme des immeubles d’habitation. Toutefois, la présence du végétal n’est négligeable. Outre quelques tentatives d’appropriation de plantes folles entre les pavés, nous avons pu identifier de grands noyaux de biodiversité, comme des parcs, des jardins privés, ou encore des espaces préservés au niveaux des pentes. Cette dichotomie entre un environnement extrêmement anthropique et des espaces végétalisés localement identifiés a permis dans un second temps de formuler la problématique suivante, comment penser la préservation d’un écrin de patrimoine urbain minéral face aux enjeux du réchauffement climatique ?

A l’issue de cette première matinée, nous nous sommes retrouvés pour déjeuner dans les locaux de l’association Renaissance du Vieux Lyon. Cette rencontre avec des acteurs, également habitants du quartier, a été l’occasion de revenir sur l’histoire du quartier. D’une approche historique, nous avons basculé sur des questions d’usages, liées à la typo-morphologie du quartier. En effet, la structuration architecturale des bâtiments et des voies de circulation réduit fortement les possibilités de projets de végétalisation. La forte affluence de touristes est une problématique supplémentaire à laquelle les habitants doivent faire face. Cette rencontre avec l’association nous a donc permis de reconsidérer les transects précédemment réalisés pendant la matinée, en adoptant un point de vue interne.

La suite et fin de la journée s’est marquée par la rencontre avec une seconde association, cette fois-ci totalement participative. Le jardin partagé est un modèle qui se développe énormément aujourd’hui dans les milieux urbains. Ce sont généralement des espaces à la marge de tout projet immobilier, qui ont donc énormément à nous apprendre dans la compréhension du territoire, et notamment ici sur le terrain. Nous avons donc pris la direction du jardin partagé “Les Terrasses” sur les pentes de la colline de Fourvière, pour profiter aussi bien de la vue panoramique que de la présence d’une nature dont on ne pouvait soupçonner l’existence. Cette rencontre fut également l’occasion de comprendre les différents modes de gestion de l’eau dans ce terrain en pente, et plus généralement de l’impact de sa présence sur son caractère mouvant.

Cette première journée de transect, forte en découvertes, a donc été l’occasion de redécouvrir un territoire que nous étions nombreux à penser connaître. Cependant, et en y regardant de plus près, nous avons pu nous rendre compte que la présence de l’eau, et donc du végétal, étaient une entrée majeure pour comprendre l’histoire du site. Une histoire à la fois tragique, mais également porteuse de potentiel pour des projets contemporains. De prime abord, le caractère figé de cet environnement nous est apparu comme un réel site à projet. C’est pour cela que nous avons décidé, à l’issue des trois journées de terrain, de travailler sur des pistes d’amélioration. En prenant appui sur nos dessins et photographies, nous avons donc dressé le plan directeur suivant.

Cette réinterprétation d’un existant a donc été traité à la fois en identifiant des points d’intérêts, à haut potentiel de réversibilité, et grâce à une mise en réseau de l’ensemble, par le végétal. Les points d’intérêts identifiés ont été les suivants : L’esplanade de Fourvière / le jardin privé André Malraux / l’esplanade Saint Pothin / la montée des Chazeaux / la place Saint-Jean / la place du Petit Collège et enfin les quais de Saône depuis Saint Georges jusqu’à Saint-Paul. Cette analyse du site, prospective, nous a permis de proposer des projets de réaménagement qui faisaient écho à la fois aux points forts identifiés dans nos transects, mais également aux rencontres avec les habitants.

Durant l’exploitation du Vieux Lyon, nous avons rencontré Frédéric Auria, président de Renaissance du Vieux Lyon. Cette association, ayant aujourd’hui plus de 300 adhérents, a été créée en 1946 avec pour objectif de sauvegarder le patrimoine culturel du Vieux Lyon, qui était menacé de destruction. Son engagement contribue à la mise en valeur du quartier du Vieux Lyon à l’échelle nationale voire mondiale : ce quartier devient le premier secteur sauvegardé de France en 1964, puis il est inscrit au patrimoine mondial en 1998. Mais leur action ne se limite pas à la gestion de la protection du patrimoine. L’association s’engage également à maintenir la mixité sociale du quartier en partenariat avec tous les types d’acteurs comme les architectes, les collectivités et les habitants. Cette intervention très variée visant à la protection du bien historique et l’aménagement du quartier est aujourd’hui une des activités indispensables pour le Vieux Lyon, qui lui permet de devenir un modèle pour l’urbanisme des centres historiques.

Lors de la présentation publique de nos travaux le vendredi 29 octobre, Frédéric Auria est venu apporter à la fois une expertise en tant que directeur de l’association, mais également son point de vue d’habitant. Nous avons présenté des interventions qui ciblaient des lieux stratégiques, à notre sens à haut potentiel. Il se trouve que ceux-ci avaient justement été repérés par l’association pour des projets à venir. La principale remarque qui nous a été faite était l’absence de la prise en compte des crues dans les principes d’aménagements. Cette rencontre avec Frédéric Auria nous aura donc montré l’importance de travailler en collaboration avec des experts habitants, pourquoi pas de manière participative. La pluralité des points de vue nous aura donc permis de construire, lors de la restitution, une certaine expertise sur le territoire abordé.

Transect 2 : Givors 26.10.21

Pour ce second transect, qui a été fait à vélo cette fois, nous sommes partis du sixième arrondissement de Lyon, là où nous avons récupéré nos vélos afin de réaliser l’arpentage sur la journée jusqu’à la gare de Givors. Le but de cette journée était de longer les bords de l’eau pour aller “de confluence à confluence”. Tout au long de cette journée nous avons été accompagnés par Florian Borg, qui travaille pour le Grand Lyon et qui nous a apporté beaucoup d’informations clés afin de comprendre les tenants et les aboutissants du paysage urbain lyonnais.

Nous avons donc commencé par suivre les quais du Rhône, où nous avons pu observer les aménagements qui y ont été faits et nous rendre compte de la minéralité exacerbée de ces derniers. Nous avons également pu observer des dispositifs aidant au maintien de la faune du Rhône (oiseaux, castors, etc.). En avançant vers notre rendez-vous aux bains douches, nous avons traversé plusieurs espaces verts/parcs, comme le parc Gerland, et nous avons pu discuter avec Florian Borg de l’impact de ces espaces et de la façon dont ils avaient été mis en oeuvre, leurs buts et de leur efficacité en termes de contribution au maintien de la faune et de la flore sur les bords de Rhône. Ces discussions nous ont permis de prendre du recul sur la façon dont on traite en projet et en aménagement la question de la végétation dans la ville et de l’aspect de conservation de ces faunes et flores essentielles au fonctionnement de notre éco-système.

Nous avons ensuite fait étape aux bains douches publics se situant dans la rue Benjamin Delessert, à quelques pas du stade de Gerland. Là-bas, nous avons rencontré l’architecte (Florian) chargé de la réhabilitation des bains douches. Ces derniers ayant été mis en service à la fin des années soixante, tombant en désuétude, ont fait l’objet d’une remise aux normes qui a par ailleurs, soulevé des questions liées aux problématiques de notre temps sur l’élément eau, à savoir des questions de durabilité et de sauvegarde de ce bien commun nécessaire à tous. L’architecte que nous avons rencontré a également évoqué, au-delà de l’élément eau, ce que l’eau et les bains douches pouvaient représenter pour leurs utilisateurs. L’eau, à travers les bains douches, devient un élément moteur de sociabilité, d’intimité, de sécurité et de bien-être aussi bien physique que mental. D’autres démarches allant dans le sens de celle de la préservation de cette ressource se sont ajoutées à la réhabilitation. Ainsi, une gamme de savons solides créée par le Laboratoire de Recherches et de Créations sur la Ville et l’Habiter a été mise à disposition des usagers des bains douches afin d’éviter la circulation de déchets supplémentaires.

En reprenant notre route en direction de Givors, nous avons longé les grands sites industriels et portuaires de la ville de Lyon — le port Edouard Herriot — , pour nous rendre dans la fameuse Vallée de la chimie. Mais avant d’arriver à notre point d’observation de cette célèbre Vallée, qui est aussi crainte, nous avons traversé des zones inhospitalières, des endroits où déchets et encombrants s’entassent, des lieux volontairement rendus inhospitaliers par le Grand Lyon. Nous avons donc circulé dans des zones qui sont très contrastées par rapport à ce que nous avions pu voir la vieille dans le Vieux Lyon qui est un quartier avec un fort attrait touristique dans lequel tout est rendu accueillant. Ici, on parle de zones de ruptures. Arrivés sur le belvédère près du quartier des Minguettes, nous avons pu voir l’étendue de la Vallée de la chimie mais aussi le barrage de Pierre-Bénite et la ville d’Oullins. En ayant ce paysage face à nous, nous avons pu prendre du recul sur l’impact de la vallée de la chimie sur l’eau, et vis versa. Nous avons pu discuter avec Florian Borg des risques que ces industries chimiques pouvaient faire courir à l’eau et notamment pour les usagers de l’eau en aval.

Par la suite, après avoir traversé l’autoroute pour nous rendre au barrage de Pierre-Bénite, nous nous sommes éloignés du tumulte de la ville et de ses activités, pour rejoindre la périphérie lyonnaise. Nous y avons rejoint un autre intervenant sur cette journée, Clément Cognet du Syndicat Mixte du Rhône des Îles et Lônes (SMIRIL) qui a fait un travail de sensibilisation sur le rôle qu’entretenait le syndicat sur la prévention, la conservation et la sensibilisation aux questions de préservation de l’eau, de la végétation et de la biodiversité sur les lônes de Vernaison. Ainsi, nous avons pu tout au long de notre périple dans les sous-bois qui longent les voies ferrées, observer des lieux d’intérêts, à visées pédagogiques, comme des marres (présentées à des groupes scolaires) et des friches végétales qui sont de véritables réservoirs de biodiversité. Clément Cognet nous a également sensibilisé sur la prise de position du SMIRIL en ce qui concerne l’élagage du chemin des lônes de Vernaison, à savoir, le fait de laisser le plus possible la nature à l’état sauvage, et n’intervenir qu’en cas de danger pour les visiteurs qui empruntent ce parcours.

Ce parcours représentait aussi l’occasion pour notre intervenant de nous montrer à quel degré nous avions domestiqué l’eau au cours des siècles et la façon dont la nature avait repris ses droits. En faisant par exemple, dévier le parcours originel de cours d’eau comme ceux du Rhône et de la Saône afin d’éviter la domestication en question. La création de bras et de lônes est alors apparue, dont les traces sont encore visibles aujourd’hui et qui contribuent à maintenir des réservoirs de biodiversité importants. Ensuite, nous nous sommes brièvement arrêtés avant Grigny le Sablon, sur un espace d’éco-pâturage, dans lequel plusieurs vaches ont été installées afin d’entretenir les prairies en bord de Rhône, permettant par la même occasion de fertiliser le sol et limitant l’utilisation d’outils agricoles. Dans les derniers kilomètres de notre transect, Clément Cognet a évoqué avec nous le principe “Eviter, Réduire, Compenser” qui est mis en place en général lorsque des entreprises interviennent de manière importante sur des espaces considérés comme réservoirs de biodiversité. L’idée de ce principe est d’éviter l’implantation d’un dispositif nuisible à ces espaces, si cela n’est pas possible, de réduire l’impact de ce dispositif sur les espaces protégés et enfin, de compenser les dégâts engendrés par ce dispositif. L’illustration de l’application de ce principe est par exemple celle d’un gazoduc à Irigny, au niveau du départ/arrivée du sentier les Selettes.

Transect 3: Miribel

Du Grand Parc de Miribel-Jonage au parc urbain de la Feyssine : l’eau comme bien commun. Pour comprendre la gestion de l’eau potable dans la métropole de Lyon, il faut aller en aval, au Grand Parc de Miribel-Jonage, espace qui cristallise la complexité de la ressource. Sur notre route, Richard Trillat nous rejoint et nous détaille les paysages, leurs enjeux. A la fois parc périurbain, réservoir d’eau potable, gestionnaire des crues, espace d’accueil du public et de préservation de la biodiversité.

Dans ce parc, la renaturation d’espaces jadis exploités pour ses ressources minérales, la domestication de l’eau dans des logiques de développement métropolitain et de satisfaction des besoins des urbains, soulève plusieurs questions. Ce territoire aux multiples vocations est au centre d’enjeux cruciaux pour le respect des modes de vie urbains et de leurs injonctions. C’est pourquoi les concepteurs du parc sont aussi obligés d’élaborer une stratégie visant à circonscrire l’impact des désirs et pressions des urbains dans une logique de préservation d’espaces naturels et renaturés.

Se pose alors la question, comment rendre compatible la vocation de préservation/gestion de l’eau et de la biodiversité avec la pression des urbains ? Ces dernières entretiennent des relations ambiguës avec leur désir de nature dans la mesure où ils requièrent l’aménagement de l’espace paysagé, une offre de services mais aussi l’accès à une nature sauvage. Concilier ces différentes logiques au sein d’un même espace supposerait une hiérarchie dans la prise en compte des besoins essentiels des urbains à long terme.

D’un point de vue prospectif, plusieurs pistes de réflexion ont émergé. Tout d’abord la végétalisation du pont d’Herbens pour permettre la continuité de la trame d’une rive à l’autre. D’un point de vue plus global, la renaturation des anciennes carrières que nous avons observé devrait permettre le retour spontané de la nature en certains lieux afin de limiter l’intervention humaine et d’accroître leurs capacités de ré-ensauvagement. Cette logique s’inscrit dans une optique à plus long terme, moins esthétisante mais précieuse pour la qualité des sols et des écosystèmes du parc.

Pour comprendre l’enjeu hydrique à Lyon, il faut ensuite longer le Rhône et observer les champs de captage de l’Usine des Eaux de Crépieux. L’espace est hautement surveillé, il protège l’eau dont plus d’un million de Grands Lyonnais dépendent. La privatisation de cette gestion permet d’ériger la ressource au rang de bien commun. Espace stratégique pour la préservation de la qualité et de la quantité d’eau disponible, ce lieu est strictement interdit au public. Nous nous sommes alors demandé : serait-il envisageable de donner à ce vaste espace fonctionnel un intérêt écologique plus fort en intégrant une mise en culture de certains espaces? Mais aussi : ne faudrait-il pas davantage communiquer publiquement sur la préciosité de ce bien commun afin de faire émerger, chez les lyonnais, une responsabilité commune vis-à-vis de la ressource locale ?

Penser l’eau dans une logique de privatisation de l’intérêt collectif nous a également fait réfléchir aux modalités d’un retour à la privatisation naturelle des espaces par la simple présence de l’eau. Ici nous nous sommes mis à rêver aux anciens Brotteaux, aux précédentes lônes qui façonnaient le paysage aujourd’hui bétonné et asséché alors que nous arrivons au parc de la Feyssine. Dans quelles mesures pourrait-on imaginer que la Métropole puisse abriter de nouvelles zones humides, propices au retour du sauvage en ville ? Si hypothétique que soit la réflexion, elle permet simplement de ré-interroger la légitimité de l’urbain vis à vis de la négation des pré-existences biotopiques et de la géomorphologie lyonnaise préalable.

Rencontre avec Richard Trillat responsable d’études et développement SYMALIM. (Syndicat mixte pour l’aménagement et la gestion de l’île de Miribel Jonage Propriétaire du Grand Parc)

Pour le transect réalisé au Grand Parc de Miribel Jonage, nous avons rencontré le Responsable études et pôle technique au SYMALIM — Syndicat mixte de l’île de Miribel Jonage, Richard Trillat. Il nous a guidé le long du grand réservoir d’eau de miribel puis conduit à une réunion à L’Îloz, un espace-laboratoire au coeur du Grand Parc à proximité du Canal de Jonage. Cet espace invite le public à découvrir l’île dans une autre perspective grâce à des expositions permanentes, jardins, animations dans un but ludique, sensibilisateur, informatif et pédagogique pour tous les publics du parc.

Sa présentation commence avec une brève description du parc, comment il était peu urbanisé vers 1960, la création de SYMALIM en 1968. Il évoque aussi le projet du Grand Parc 2030 et ses axes stratégiques, et donne la description des points clés sur lesquels sont basés les enjeux principaux à confronter, Le socle 4 vocations:

● Préserver la ressource en eau potable

● Préserver, valoriser, sensibiliser au patrimoine naturel

● Maintenir le champ d’expansion des crues du Rhône

● Garantir l’accès de tous les publics pour des activités physiques, de loisirs et

culturelles.

Entre 2005 et 2015, ces points ont déjà permis la création de L’Îloz, la gestion de l’eau, la gestion des milieux naturels et agricoles, le développement d’équipements d’accueil du public. Aujourd’hui il semble que la question de l’accessibilité soit un point en cours de perfectionnement de la part des équipes du syndicat: avec la voie verte, Via Rhôna, et pourtant la prédominance de l’automobilité. La préservation et la valorisation de la biodiversité existante a été un sujet important remarqué par Richard Trillat, dans différents points de repère, il est possible d’ observer les variétés d’espèces présentes autour du Grand Parc.

Pour le projet du Grand Parc 2030, il a énoncé les axes à travailler sur lesquels sont fondées les quatre vocations, le développement de l’offre culturelle, l’éducation et la formation à l’environnement, la valorisation de l’offre de tourisme et de loisirs, promouvoir les activités physiques.

Un texte écrit par Sarah Afif, Thomas Boutreux, Augustine Derly, Nicolas Dulac, Isabel Gardeazabal (@isabel8826), Lou Gargadennec, Clara Gazet, Célia Laloge, Rena Yamaguchi.

Encadrement: Adriàn Torres-Astaburuaga

Programme: Workshop Master Ville et Environnements Urbains — Université de Lyon


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