Être pauvre en Suisse. Chapitre premier
Être pauvre en Suisse ça a un coût. Un coût moral, psychologique, physique. Un coût de temps aussi. En Suisse, il faut mériter d’être…
Être pauvre en Suisse. Chapitre premier
Être pauvre en Suisse ça a un coût. Un coût moral, psychologique, physique. Un coût de temps aussi. En Suisse, il faut mériter d’être pauvre. Il faut être un.e “bon.ne pauvre”. C’est très chronophage. C’est une activité à temps complet. Passer par la reconnaissance officielle, étatique, de pauvreté, c’est passer par tout un tas de micro-pouvoirs plus avilissants les uns que les autres. Ici le récit ubuesque d’une de ces déclinaisons du micro-pouvoir subi. Le but était d’obtenir une aide financière pour pouvoir payer les cotisations d’assurance maladie.
Prologue
Petit contexte pour bien comprendre : en Suisse le système de santé est ultra-libéralisé, la santé est un business comme un autre. Particularité: le système est géré par des assurances privées auxquelles il est légalement obligatoire d’être affilié.e. Un montage privé-public complexe qui en dit long sur le libéralisme à la Suisse, où devenir malade enrichit les privés. Où la machinerie politico-légale assure aux entreprises privées de s’enrichir toujours plus, en assurant l’annuel storytelling du fameux: “les coûts de la santé explosent”, permettant ainsi de justifier les augmentations répétées des cotisations auprès de ces assurances privées avides de profits. Il existe en Suisse une quarantaine de caisses maladies, toutes des sociétés privées. Le salaire des quelques-uns de leur PDG pose le décor.

Salaire annuel de quelques PDG d’assurances-maladies privées suisses, auxquelles il est légalement obligatoire de s’affilier (assurance obligatoire LamaL)
Une vraie poule aux oeufs d’or, que la droite bourgeoise et l’extrême-droite (UDC-PLR) arrivent encore à dépeindre comme “sociale”, sans rire ni sourciller. Ce n’est pas tout: quand les personnes ne parviennent plus à payer les factures des primes mensuelles dues aux assurances privées, chaque Canton peut venir en aide, en accordant ces dits “subsides” aux personnes en difficulté. En 2025, ce n’est pas moins d’un.e habitant.e du Canton de Vaud sur six, qui reçoit ledit subside, de quoi couvrir en partie ou entièrement le montant mensuel qui doit être payé à l’assurance privée. Cela dit, il faut montrer patte blanche, on ne l’obtient pas sans effort. Pour ma part, cela m’a pris 18 mois pour obtenir ce subside. Attention, le récit qui suit n’est pas une fiction. Ce que vous allez lire est réalisé par des professionnel.le.s, il est préférable de ne pas le reproduire chez vous.
Au guichet
“Qu’est-ce qui est considéré comme lamentable si tu es pauvre, et tellement la classe si tu es riche ? Réponse : Recevoir de l’argent de l’État”.
Hahah c’est tellement vrai ça, me dis-je. Les exécutants suivent une logique de cerbères des plus riches. Je continue de scroller sur Instagram. Rien de folichon aujourd’hui. Le bip des tickets de la salle d’attente se fait entendre régulièrement. Bip. Numéro 345. Guichet A. Biiip. Numéro 346. Guichet D. Je relève la tête pour voir quand ce sera mon tour. Je suis seul dans la salle d’attente. Je suffoque, plein mois d’août. Les numéros continuent de défiler. Peut-être pour d’autres personnes, pour d’autres guichets que je ne vois pas. Pas clair tout ça. Ah là un post qui semble intéressant. Je lis sous la photo du post de BananaBread1312:
“Il faut rappeler que le Canton de Vaud et la Ville de Lausanne sont les champions suisses (avec le Canton du Valais) de ce qu’il est d’usage d’appeler des forfaits fiscaux aux ultra-riches et autres allègements fiscaux dits “temporaires” aux multinationales (après x années les multinationales renégocient leur contribution fiscale, généralement en menaçant de quitter le territoire vaudois, ça marche plutôt bien semble-t-il). On parle donc de 53 conventions d’allègements fiscaux aux entreprises (statistique 2021) et de 892 (statistique 2020) forfaits fiscaux accordés aux ultra-riches, calculés sur leurs dépenses dans le canton et non pas sur leurs revenus ou fortune ptdr. Sachant que ces fortunes sont le plus souvent étrangères et qu’elles ne résident pas vraiment dans le Canton, elles ne doivent pas dépenser grand chose donc pas payer bcp d’impôts lolilol. Tout ça pour dire que ces petits cadeaux faits par l’État se chiffrent entre 60 et 80 millions de CHF par an pour le Canton de Vaud au bas mot”.
Je relève la tête. Toujours pas mon tour. Purée le post est bien renseigné, il envoie du lourd! Ils doivent bien avoir dépassé les 900 petits arrangements fiscaux entre copains me dis-je, c’est hallucinant. Bande de petits salopards en col blanc! Je souris tout seul.
Clique sur la story de “BadaBing666” que je suis depuis peu. Yes, un peu de lecture:
“La lutte contre les pauvres se fait par l’entremise d’un effacement de la dimension morale de l’action sociale. L’administration, les formulaires, deviennent l’incarnation même de la “banalité du mal” (Arendt) : plus personne n’est responsable de l’invisibilisation des pauvres, ce sont les ‘procédures’, les ‘budgets’ qui discriminent, trient, résolvent des problèmes. Réside aussi en creux le plaisir des micro-violences, maltraiter, humilier, faire souffrir (cf. les oeuvres de Soljenitsyne sur les goulags!)”.
Ça donne à réfléchir c’est intéressant ! je me dis, en pensant comment plus tôt au téléphone une jeune recrue du Système d’avilissement des pauvres (SAP) m’explique : “Monsieur, c’est l’État qui vous donne de l’argent ça nécessite que vous passiez par là, c’est la procédure”. Ouiii bien sûr ! À savoir les étapes de 12 mois de refus, de dossiers bloqués sans savoir pourquoi, de petites chicaneries toujours renouvelées. “On ne sait pas pourquoi votre dossier est resté chez mes collègues de l’agence lausannoise, vous comprenez ?” articulait ce matin la réceptionniste de l’office qui se situe au bien nommé lieu-dit des Casernes. On s’adresse aux candidats bénéficiaires comme à du bétail qu’on porte à l’abattoir : un peu de commisération mais une sorte de précipitation nerveuse à vite faire le boulot, pour abréger la souffrance d’une bête qu’on dit savoir apprécier à sa juste valeur, et qui était “si gentille!”. Une condescendance mêlée d’empressement et de remise au pas des bêtes qui sortent du rang, les récalcitrantes (ça me fait penser aux cours de Mondher Kilani sur la raison sacrificielle que j’avais suivi en anthropologie sociale et culturelle y a bien longtemps). Parfois l’exécutant des ordres met du zèle dans son activité: “On n’est pas là pour profiter du système Monsieur! on ne peut pas donner de l’argent de l’Etat à tout le monde !”. Merci ça j’avais bien compris. Comme dit l’adage, on ne prête qu’aux riches ! Pardon, on ne DONNE qu’aux riches. L’exécutant dans un rouage bureaucratique devient incarnation des valeurs capitalistes : la propriété ! La justesse du don, le mérite! Mériter c’est montrer patte blanche, c’est montrer qu’on ne triche pas. L’exécutant devient comme le Picsou assis sur sa fortune : ‘il n’y aura rien pour vous !”, vocifère-t-il aux pauvres jugés trop avides d’aides. En oubliant que les plus assistés et les plus grands profiteurs de l’État sont les plus riches. L’exécutant devient juge et gardien des plus nantis. Il devient ventriloque du récit qui doit être maintenu toujours en éveil : les pauvres sont le problème ! Les riches sont la solution! Le système est entretenu par l’absence voulue de réflexion au niveau des exécutants. L’automatisme du message est uploadé dans leur cervelle : “les places sont limitées!”, “rétention de l’argent avant tout!”, “il n’y a pas d’argent magique Monsieur!”. Un.e pauvre est pauvre parce qu’il ou elle n’a pas su se serrer suffisamment la ceinture. Poussé.e dans le siphon de la paupérisation, le ou la pauvre n’est toléré.e pauvre que s’il ou elle s’approche de la misère la plus totale. Mais la bonne misère, pas celle faite de mendicité ou de vie “au crochet de la société”. Le ou la pauvre doit encore être en mesure d’exhiber toute sa vie sur des formulaires : montrer qu’il vit en pauvre méritant.e.
C’est mon tour. Guichet E. Je réfléchis trop peut-être, je sais pas. Une voix me tire de ma rêverie. “Les comptes ne sont pas bon Monsieur, comment pouvez-vous vivre avec si peu d’argent c’est pas possible!” me lâche le n-ième exécutant en se gratant la tête, dans l’isoloir E, de l’étage 2. Place du Chaudron 7, et moi qui le regarde comme désolé de parvenir à vivre de RIEN, mon ticket numéro 352 à la main. “Je ne sais pas quoi vous dire Monsieur, je me serre la ceinture quoi”. Je montre que j’ai bien appris la phrase de sa collègue des Casernes. Celle du parloir 8. Ou 7, je ne me souviens plus. L’exécutante que j’écoutais plus tôt en pliant mon ticket numéro M14 serré entre mes doigts. “Se serrer la ceinture. C’est comme ça”. L’exécutant du Guichet E me fixe derrière sa vitre en plexi, incrédule, je suis, semble-t-il, hors des cases du bon pauvre méritant, quelque chose semble clocher, comment puis-je vivre avec si peu?! Je deviens le potentiel bénéficiaire dont il faut investiguer plus à fond les ressorts de sa pauvreté. Étrange. Un cas étrange. Pas un étranger (le sort des étrangers c’est beaucoup plus facile à gérer). Juste étrange. Un Suisse étrange. Déjà je semble à peu près comprendre leur jargon. Je pose des questions. Je réponds. Hors cases. Un hors cases. “Un instant” me dit l’exécutant, avant de sortir de l’isoloir, se glisser dans celui de sa collègue. Il marmonne, “dans quelle rubrique?…je le passe en niveau 2? c’est bon pour la demande 123.3A ou je le passe en 124.4B?….Ok je vais voir. Merci”. Il revient et me tend une nouvelle feuille. “J’avais oublié ce formulaire. Ah et celui-ci aussi”. Moi, l’air hagard: “ah mais celui-ci je l’avais déjà rempli y a 6 mois”.
L’exécutant : “oui justement c’était y a 6 mois” Moi: “et alors ?” L’exécutant: “Ben justement c’est trop vieux, il faut refaire” Moi: “Mais pourquoi ?” L’exécutant: “C’est comme ça Monsieur, maintenant stop, si vous voulez pas d’aide remplissez-le pas” Moi: “Mais ces infos vous les avez déjà”, je pointe du doigt le formulaire. L’exécutant: “Non mais c’est que vous aviez demandé un déplafonnement de l’aide”. Moi: “Oui mais c’était lié à ma demande de Revenu d’Insertion (le RSA en France) que je n’ai pas eu, donc je vais pas redemander un déplafonnement, ou bien je devrais ?” L’exécutant: “Ok donc c’est pour ça que je vous donne ce formulaire” Moi: “Mais j’ai le droit au déplafonnement même si je suis pas au RI?” L’exécutant : “Ça n’a rien à voir” Moi: “Comment ça?” L’exécutant: “Monsieur vous voulez faire ce déplafonnement ou pas ?” Moi: “Je peux légalement?” L’exécutant : “C’est à vous de voir” Moi: “Donc c’est pas seulement lié au RI?” L’exécutant: “Non et ça ne l’a jamais été” Moi: “Mais moi je veux juste demander une aide financière pour mon assurance maladie en fait” L’exécutant: “Alors complétez ce formulaire” Moi: “Celui-ci vous l’avez déjà” L’exécutant: “C’était y a 6 mois. Écoutez c’est pas moi qui me suis occupé de votre dossier, aucun dossier n’est attribué nominativement, on voit tout sur notre écran sur notre système, vous aurez chaque fois quelqu’un d’autre” Moi: “Mais à la réception du 1er étage on m’a demandé qui j’avais vu hier au 2ème étage” L’exécutant: “Vous ne pouvez pas savoir. On ne le sait pas” Moi: “C’est ce que je lui ai dit à la réceptionniste. Mais c’est bien vous que j’ai eu hier” L’exécutant: “Ok donc il y a ce formulaire vous pouvez nous l’envoyer en cyber ou vous l’envoyez par courrier postal” Moi: “Mais vous l’avez déjà sur votre écran je l’avais déjà complété” L’exécutant regarde son écran: “Non là je vois rien. Et c’était y a 6 mois. C’est pas moi qui gérait votre dossier, c’était mon collègue. Et là je vois rien. Il me faut une autorisation. Je l’ai pas. Enfin c’est mon supérieur, mais il n’est pas là aujourd’hui” Moi: “Je vais devoir attendre encore 6 mois pour une décision? Ça fait déjà 11 mois que j’attends”
L’exécutant: “Les dossiers pour l’attribution du subside ont 7 mois de retard Monsieur, vous n’êtes pas le seul à demander” Moi: “Ça je m’en doute bien puisque 1 Vaudois.e sur 6 dans le Canton bénéficie d’un subside. Donc pourquoi pas moi !” L’exécutant: “Ça ne fonctionne pas comme ça Monsieur. Il nous faut les pièces justificatives. Vous comprenez ? Là on ne peut rien faire sans” Moi: “Oui mais y a une loi qui dit que les primes ne peuvent pas dépasser 10% du revenu dans le Canton de Vaud, moi j’ai gagné 2'000 francs cette année et je paie 600 francs par mois de primes d’assurance, ça fait 7'200 par année, donc c’est facile de voir que j’y ai droit non ?” L’exécutant: ‘C’est pour ça qu’on doit avoir les pièces justificatives. Vous savez c’est l’État qui vous donne de l’argent, c’est normal de décider à qui on donne et à qui on ne donne pas” Moi : “bah c’est de l’argent public, c’est l’argent de mes impôts, des impôts que paient ma mère, mon père, bref tous les gens du Canton, l’argent n’est pas à vous”. J’esquisse un sourire. L’exécutant: “On doit juste s’assurer qu’il n’y a pas de profiteur, là je ne peux rien pour vous si vous ne remplissez pas ce formulaire” Moi: “J’aimerais juste comprendre pourquoi il y a 11 mois vous n’aviez pas directement expliqué toute la démarche, maintenant il y a des demandes de nouvelles pièces, vous auriez pu me les demander directement il y a 11 mois. Ça ralentit toute la procédure” L’exécutant : “C’était il y a 11 mois, on veut tout savoir en continu c’est pour ça. Ça continue” Moi: “Ok donc c’est pas parce que vous avez 7 mois de retard, parce que trop de demandes, c’est parce que vous voulez contrôler en continu mes dépenses et comment je vis en fait?” L’exécutant: “Disons qu’on veut savoir comment vous faites pour vivre avec si peu d’argent” Moi: “Mais quel rapport avec le fait de m’attribuer ou non une aide financière ? Je vous ai dit je suis aux poursuites je ne paie plus rien, je ne peux plus rien payer” L’exécutant : “On doit savoir comment vous vivez avec si peu de moyens” Moi: “Mais je vous le dis, je ne paie rien!” L’exécutant: “Et pourquoi donc ?” Moi: “Je ne peux plus rien payer!” L’exécutant: “Remplissez ces formulaires vous nous les renvoyez et une décision suivra”. Il s’arrête un instant. Regarde son écran. “Vous travaillez Monsieur?” Moi: “Bah j’essaie oui’ L’exécutant: “Ok mais vous avez un revenu?” Moi: “Rien de fixe, c’est très aléatoire” L’exécutant: “Vous pouvez donc travailler à 100%? Vous n’avez pas de certificat médical c’est ça?” Moi: “Non j’en n’ai pas, c’est que…”. Il me coupe: “Ok parce que ça vous serait utile je pense, si vous en avez pas, vous devez trouver un travail, nous envoyer plus de preuves de recherches d’emploi, là on en a que 5 c’est pas assez Monsieur” Moi: “Mais vous n’êtes pas la caisse de chômage pourquoi je dois faire ça aussi pour demander un subside?” L’exécutant: “C’est le règlement Monsieur, c’est comme ca. La procédure, vous comprenez? Il nous faut des preuves. Sinon vous avez un certificat médical et ça…bah c’est plus simple disons” Moi: “Y a un nombre exigé de demandes d’emploi à faire par mois?” L’exécutant: “C’est le plus possible, Monsieur, pour qu’on puisse prendre une décision pour votre subside” Moi: “Je vais reparler à mon médecin” L’exécutant: “Oui faites ça, c’est bien pour votre dossier d’avoir un certificat médical vous voyez. Et attendez, j’ai oublié de vous donner ce formulaire aussi, vous nous le retournerez par cyber” Moi: “D’accord. J’espère que ca ne prendra pas encore 6 mois, je suis aux poursuites moi” L’exécutant: “Non non ça devrait aller vite” Moi: “Ça c’est ce que disait votre collègue l’été dernier”, je lâche en souriant, “je connais la chanson” L’exécutant: “Non mais là je priorise votre dossier’ Moi: “Ah OK merci. Et si je devais avoir besoin de vous revoir, je peux savoir qui vous êtes ?”. L’exécutant : “Oui bien sûr moi c’est Kevin, Kevin Duchêne”.
La pauvreté éteint
Je remets mon casque sur les oreilles. Je continue ce podcast sur Martin Bormann, zélé secrétaire personnel de Hitler. En sortant, excédé par cet échange venu de nulle part, je suis colère, ma colère se transforme en action, subite, irréfléchie. J’appuie sur six interrupteurs au hasard, la lumière de l’Office s’éteint. Je sors. Bus numéro 10. Place du Chaudron. Je rentre chez moi. Atterré par le monde. Éteint par la pauvreté Made in Switzerland.
Dix-huit mois pour obtenir 500 CHF par mois. Et ce n’est que le premier chapitre. Le second aborde mes demandes de Revenu d’insertion (RI). Cent millions de cadeaux fiscaux aux plus riches du Canton. Et 500 CHF par mois de subside pour moi. Le plus cocasse peut-être: en 2024, l’Etat de Vaud a aidé pour 5 millions de CHF, à fonds perdus, le milliardaire Britannique Bernie Ecclestone (en plus d’une avance de 5 autres millions de prêt sans intérêt) pour racheter un hôtel dans les Alpes vaudoises. No shit. Quand on dit qu’on ne donne qu’aux riches. Et tout cet argent gaspillé pour payer les cerbères du SAP, alors que nos droits les plus basiques pourraient être activés automatiquement. Cela n’étonne personne de savoir que plus du tiers des personnes ayant droits à des prestations sociales dans le Canton de Vaud ne les demandent pas. Le système décourage, broie, avilit. Le contrôle par les tracasseries, en continu. Du pain béni pour les droitardés qui suent à l’idée de perdre leurs privilèges de nantis en cas d’automaticité des prestations, comme c’est déjà le cas dans d’autres Cantons suisses.
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