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Pauvres : entreprenez !

Attention, ce qui suit est long et compliqué, mais tout est véridique !

Thierry · 2019-10-15 09:12 · 0 claps · 16.4 min read
#fca #bouches-du-rhône #entrepreneur #rsa #prime-activité
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Pauvres : entreprenez !

Attention, ce qui suit est long et, peut-être, compliqué, mais tout est véridique !

Il y a presque 4 ans de cela, j’ai pris la décision de me lancer dans l’aventure entrepreneuriale après moult contrats de travail salariés dans lesquels je ne me retrouvais plus.

J’étais alors au chômage, en fin de droits (à l’ASS, doux acronyme pour Allocation de Solidarité Spécifique. En gros, c’est le RSA — Revenu de Solidarité Active- pour ceux qui ont travaillé, eu des alloc’ chez Pôle Emploi, mais qui ont tout “consommé”.) mais plein de projets d’indépendance.

J’avais pris en compte de ne pas me verser de salaire durant les trois premières années afin de pouvoir développer mon affaire correctement (je savais ne pas pouvoir générer un chiffre d’affaire — que j’abrègerais “CA” pour la suite- de dingue non plus, n’étant pas dans une zone de salaires élevés). Évidemment, je comptais sur l’aide temporaire de l’État pour y parvenir via le versement d’allocations !

Je n’ai jamais imaginé voler qui que ce soit ou profiter du système en bénéficiant des minimas sociaux (ASS, donc, puis RSA, prime d’activité et alloc’ logement) puisque je n’ai jamais passé mes journées dans mon canap’, avec une console (que je n’ai pas, soit dit en passant) à glander devant ma téloche.

Non : je travaille. Et comme tout entrepreneur, je suis également à la tête du département commercial et marketing de ma boite, mais également en charge du digital, responsable des achats, gestionnaire du stock, conseiller-vendeur (mais un vrai hein, qui connait son affaire à force de boulot et d’expérience, pas un p’tit jeune sorti d’école de commerce qui peut vendre de la brosse à dent comme du frigo), responsable médias, “Community Manager”, chef de l’atelier (et également l’ouvrier). Avant l’ouverture du “business” (comme je peux détester ce mot !!), j’ai également dû être une agence de comm’ en créant mon logo, ma stratégie de comm’, mon site web et mes espaces sociaux.

Tout ça pour vous parler de cette fameuse “aide de l’État”.

Pour ce qui est du chapitre de mes revenus, n’ayant pas escompté sur un CA de plus de 30.000€ HT/an et un bénéfice de moins de 6000€/an (soit 500€/mois) lors des 3 premières années, j’ai naïvement pensé pouvoir bénéficier d’un complément RSA et/ou de la Prime d’Activité, comme n’importe quel salarié… Eh bien ce fût le cas, mais pas longtemps !

Ce qu’il faut savoir à propos du RSA, c’est qu’en bénéficier est lié à une déclaration trimestrielle de revenus (ce qui est un non-sens pour un entrepreneur, qui plus est dans une ville comme Arles qui a une économie saisonnière) ainsi que, spécialement pour les entrepreneurs, l’envoi du bilan chaque année (mais c’est à vous de le deviner car on ne vous demande rien, on vous suspend simplement les versements d’allocation s’il n’est pas envoyé sans vous expliquer pourquoi) tout en ayant des rendez-vous OBLIGATOIRES et aux dates imposées, non déplaçable, sans vous consulter (donc, que ça vous arrange ou pas, que vous ayez des rendez-vous pros ou pas, il faut y aller à l’heure et à la date indiqués sinon vous êtes radiés). Ces rendez-vous ont lieu tous les trimestres, mais, à la demande (et il faut savoir que l’on peut le demander car là aussi on ne vous le dit pas… la simplicité de l’administratif français), ça peut être tous les semestres. Ces rendez-vous se déclinent en 2 : un auprès d’une assistante sociale et l’autre auprès d’un conseiller formation (oui oui, même si vous êtes entrepreneur… “c’est comme ça” me dit-on).

Auprès de l’assistante sociale, vous devez définir un “objectif” (et, jusqu’à présent, “démarrer ma boite, être rentable, pouvoir me payer un salaire et me passer de vos rdv” n’a pas été un argument retenu, étrangement…) et remplir un contrat d’engagement qui passera en commission (on en a une rien que pour nous lorsque l’on est entrepreneur, une qui met plus de temps que l’autre pour se décider… normal, salauds de patrons, z’avez pas besoin d’argent pour vivre vous !) pour décider si, oui ou non, on vous accorde le droit de rester pauvre, enfin, de toucher le RSA pendant encore 3 ou 6 mois, et ainsi de suite...

Auprès du conseiller formation, on détermine si vous avez besoin de formations pour accomplir votre engagement signé auprès de l’assistante sociale (mais évidemment, en tant qu’entrepreneur, si vous aviez des velléités de formation, on vous invitera à vous rapprocher de l’organisme dont vous dépendez : Chambre des Métiers ou Chambre du Commerce et de l’Industrie)

Deux rendez-vous, donc, qui se soldent quasi-systématiquement par une poignée de main, merci et à la prochaine (dans 6 mois donc, pour mon cas).

Maintenant, le RSA possède aussi un volet financier (c’est un peu le but, après s’être déplacé aux rendez-vous inutiles, d’avoir un peu de pognon !). Et ce volet est géré par la CAF (Caisse d’Allocation Familiale pour les plus riche d’entre vous qui ne connaissez pas cet acronyme, ou Centre des Affres Financières pour moi). Alors cet organisme, en soit, c’est déjà un peu “la fête” à chaque fois :

  • imaginez un service gouvernemental, pour les pauvres, le seul à avoir un service téléphonique payant à 0.06 €/mn, en sachant qu’il est rare d’y passer moins de 10mn (et après avoir tapé 1, puis 3, puis 2*, en hésitant à chaque fois car votre demande n’entre jamais totalement dans les choix proposés, puis votre numéro d’allocataire suivi de dièse, puis 2 pour enfin peut-être avoir quelqu’un au bout de 10mn d’attente… qui va vous demander votre numéro d’allocataire en préambule sans jamais se présenter…), * chiffres fictifs car ils sont différents selon ce que vous allez demander
  • où tomber sur un conseiller qui ne vous traite pas comme un dossier est rare,
  • où la réponse “c’est comme ça, désolé” est chose habituelle (même si vous expliquez que vous n’avez plus rien pour vivre depuis des mois et que c’est lié à leur délai de traitement ou une erreur de chez eux)
  • où avoir une info fiable nécessite 3 ou 4 appels et autant de conseillers (et une demi-journée à y consacrer minimum),
  • où il est impératif de conserver une copie de tous courriers que vous pourriez leur envoyer (car ils se perdent étrangement souvent, il m’est même arrivé que l’on me dise qu’il y ai un document manquant dans un dossier constitué d’un seul fichier PDF contenant plusieurs pages d’un courrier papier scanné en série…)
  • où envoyer un courrier sans utiliser le dispositif “lettre en recommandé avec accusé de réception” est l’assurance de ne jamais avoir de réponse (et même avec, si vous ne relancez pas par téléphone, votre courrier est surement dans une corbeille quelque part sur un bureau d’une personne ayant de forte chance d’être en arrêt maladie prolongé ou en congé maternité…).
  • où faire valoir/reconnaître ses droits face à une ou des erreurs est un vrai parcours du combattant, seul, à l’assaut d’une cité fortifiée aux ruelles labyrinthiques
  • etc. (lisez cet article récent pour vous convaincre de ce que je dis : https://www.humanite.fr/minima-sociaux-la-caf-lese-des-beneficiaires-du-rsa-678557 )

En plus de ce portrait, imaginez maintenant le département des Bouches-du-Rhône… Marseille… Le département où la CAF est au bout du rouleau. Où la CAF accuse un retard hallucinant dans le traitement des dossiers par rapport à tous les autres départements de France, où un dossier RSA (donc l’unique revenu d’une personne dont la simple survie dépend) peut mettre jusqu’à 2 mois pour être traité (et c’est sans compter les délais supplémentaires s’il venait à manquer des documents ou si une erreur se glissait dans l’équation)...

Vous voyez, donc, dans quel nid de frelons j’ai, par obligation, mis les pieds… Je vous refait l’histoire quand même.

Attention, c’est à partir de maintenant que ça se complique VRAIMENT !

Tout allait bien jusqu’en avril 2019, mois où, comme chaque trimestre, j’ai télédéclaré mes revenus (en tant qu’entrepreneur, mon CA mensuel pour janvier, février et mars).

(montant de ma Prime d’Activité perçue jusqu’en Mars 2019)

(montant de ma Prime d’Activité perçue jusqu’en Mars 2019)

S’en est suivi une coupure quasi-immédiate des versements d’allocation RSA + Prime d’activité (sachant que j’avais déménagé en février de la même année et déclaré ma nouvelle adresse à la CAF en début de mois, j’avais déjà expérimenté une coupure des versements de l’allocation logement durant 2 mois, “le temps que l’on traite votre dossier” m’a t’on répondu… car il est évident qu’après avoir payé le dépôt de garantie + 1 mois de loyer, je roulais sur l’or et n’avais pas besoin de cette allocation pendant 2 mois… Mais ceci est une autre histoire ! Je sais, je cherche les embrouilles…).

J’ai donc appelé. Réponse : “nous sommes à la bourre dans les dossiers”. Puis fait appel à l’assistante sociale qui me suit, toujours en avril, pour essayer de comprendre le pourquoi du comment (imaginant bêtement que ces travailleurs sociaux avaient une relation plus privilégiée avec la CAF que moi), mais après avoir téléphoné (elle a quand même un numéro d’appel privilégié, mais voilà son seul avantage…) devant moi (sur haut parleur) : “nous accusons un gros retard sur nos dossiers, mais ne vous en faites pas, nous verserons ce qui est dû, cette personne doit patienter !”.

Ok. Pas plus d’infos quoi… Merci, au revoir.

Avril passe… début Mai passe… Toujours pas de courrier, toujours pas d’argent… Je rappelle la CAF au téléphone (0.06 €/mn) : “Effectivement monsieur, votre dossier est dans la corbeille des dossiers urgents, comme vous nous appelez, je le repasse en haut de la pile, vous devriez avoir une réponse d’ici 8 jours maximum”… Ah bah j’ai bien fait d’appeler ! Je raccroche plein d’espoir.

Mai se termine, Juin commence, toujours pas de nouvelles. Je rappelle (0.06 €/mn) : “Ah mais monsieur, il nous manque votre bilan !” — bilan que je possède depuis le mois d’avril hein… bilan que j’aurais pu donner dès le début et m’éviter 2 ½ mois d’attente si on nous l’avait dit lorsque nous avons appelé moi et l’assistante sociale !!

J’envoie donc mon bilan (par la poste puisqu’il est impossible de leur envoyer des documents via le web… Vive la modernité… Par contre eux envoient tout par le web, et via l’espace web, même pas par courriel !) puis patiente…

Juin passe, toujours pas de nouvelle (ni courrier, ni courriel, ni SMS, rien). Je commence à être certain de ne rien toucher avant septembre (car oui, les vacances estivales sont lààààààà !).

Et puis finalement, mi-juillet, en consultant mon compte bancaire puis mon espace personnel CAF, je me rend compte que des sous ont été débloqués !

(soit 227.02 €/mois… Pourquoi ce montant différent par rapport à Mars 2019, ça… ?)

(soit 227.02 €/mois… Pourquoi ce montant différent par rapport à Mars 2019, ça… ?)

Par contre, le RSA s’est envolé, et, en consultant mes droits, je constate que le montant de la prime d’activité à encore changé (à la baisse) pour les mois à venir (par rapport à ce qui vient juste de m’être versé… Voir ci-dessous) !

(donc la prime d’activité est passée de 227.02 €/mois à 180.06 €/mois… Chaud à comprendre !!)

(donc la prime d’activité est passée de 227.02 €/mois à 180.06 €/mois… Chaud à comprendre !!)

Je fais donc 2 simulations, sur mes-aides.gouv.fr ainsi que sur le site de la CAF, à l’aide de mes chiffres annuels (puisque mes CA mensuels changent constamment), et constate que je pourrais prétendre à autre chose. Puis j’écris un courrier de contestation que j’envoie fin juillet par voie postale en recommandé avec accusé de réception (courrier reçu le 31/07/2019 par la CAF):

(une partie du courrier que j’envoie fin juillet, basé sur des éléments constatés sur mon espace en ligne de la CAF puisque je n’ai reçu aucun courrier, ni courriel, ni SMS, concernant le changement de mes droits…)

(une partie du courrier que j’envoie fin juillet, basé sur des éléments constatés sur mon espace en ligne de la CAF puisque je n’ai reçu aucun courrier, ni courriel, ni SMS, concernant le changement de mes droits…)

(résultats de simulation 10/07/2019 joint au courrier pré-cité)

(résultats de simulation 10/07/2019 joint au courrier pré-cité)

L’été passe, je reste sans nouvelles (ni de mon courrier, ni de ma situation). Aucun courrier, aucun courriel, aucun SMS…

Nous sommes maintenant en octobre 2019, donc je dois télédéclarer mes revenus trimestriels (donc mes CA de Juillet/Août/Septembre 2019) :

(on parle Chiffre d’Affaire là, PAS bénéfices…!! Soit une moyenne de 3583 € de CA TTC/mois)

(on parle Chiffre d’Affaire là, PAS bénéfices…!! Soit une moyenne de 3583 € de CA TTC/mois)

Puis il y a quelques jours (le 11/10/2019), je reçoit une alerte par courriel me signalant un nouveau document disponible sur mon espace CAF en ligne :

(le courrier de réponse de la CAF… Notez la date du courrier censé me répondre… Plus de 2 mois plus tard donc… Et notez le respect de la langue française “vous nous pouvez pas prétendre à compter de”… oui, bon, ok, je pinaille…)

(le courrier de réponse de la CAF… Notez la date du courrier censé me répondre… Plus de 2 mois plus tard donc… Et notez le respect de la langue française “vous nous pouvez pas prétendre à compter de”… oui, bon, ok, je pinaille…)

Tel que vous pouvez le constater, dans mon courrier je conteste légitimement la décision prise (en joignant les résultats de mes simulations pour argument) et, vous n’avez pas l’aperçu de la fin de mon courrier (contenant un discours de détresse plus humain), mais à aucun moment je ne demande “de plus amples renseignements”. On m’explique donc que le RSA ça sera niet, et ça botte en touche sur la prime d’activité (dont voici la définition :)

(je me sent très soutenu pour le coup…)

(je me sent très soutenu pour le coup…)

Et surtout, quelle ne fût pas ma surprise de constater que la CAF inclus la dotation aux amortissements dans ce qu’ils considèrent être des revenus !!!!

(définition de “Dotation aux amortissements”)

(définition de “Dotation aux amortissements”)

Ainsi donc, l’organisme gouvernemental d’aide à ceux qui ont du mal à finir les 30 derniers jours du mois considère qu’un (très) petit entrepreneur tel que moi fait des petites cachotteries (légales) en amortissant ses machines et en déduisant ce montant comptable de mon bénéfice. Ils le rajoutent donc dans la balance en me disant en substance :

Monsieur, vous gagnez 569 €/mois, donc on ne voit pas pourquoi on vous donnerait un bout de RSA pour vous aider !

(ah bah oui, effectivement, selon la CAF je suis au seuil de pauvreté d’un Portuguais en 2016 et 2x en dessous de celui d’un français… Pas besoin d’aide donc)

(ah bah oui, effectivement, selon la CAF je suis au seuil de pauvreté d’un Portuguais en 2016 et 2x en dessous de celui d’un français… Pas besoin d’aide donc)

Sauf que le bénéfice réalisé en 2018 n’est pas allé du tout dans ma poche (je met à la disposition de qui veut mes relevés de compte et mes bilans, et même si c’était le cas, 5558 € sur l’année, soit 463.17 €/mois c’est sûr que c’est la fête !)! Et la dotation aux amortissement encore moins (ce n’est qu’un chiffre comptable, je le rappelle, et qui ne me fait même pas “gagner” d’argent au niveau fiscal puisque je ne génère pas assez de bénéfices pour payer des impôts… Ce n’est donc pas de l’argent qui apparaît sur mon compte en banque et il n’est pas non plus déduis de mes impôts puisqu’on ne peut rien déduire de zéro…)!

Par contre, étonnement, dans le même temps, question “dotation”, les députés, eux, déjà dotés de 900€/mois pour leur logement, voient cette aide monter à 1200€/mois : “pour faire des économie”… Eh bien, je suis tout prêt à accepter un RSA à 800€/mois pour faire également des économie !! (https://www.lexpress.fr/actualite/politique/la-dotation-d-hebergement-des-deputes-passe-de-900-a-1200-euros-par-mois_2103633.html)

Mais bon, qu’à cela ne tienne, je suis patient et avec ces nouveaux éléments, je suis retourné sur les sites de simulation en ligne (mes-aides.gouv.fr donc) et en prenant le chiffre que me sort la CAF dans sa réponse (6835 €)j’obtiens ce résultat :

(tient… Avec un CA saisi d’un montant de 6835 € — 5558€ de CA + 1227 € de dotation aux amortissements- je n’ai certes pas droit à un complément RSA, mais je devrais avoir 325 € de Prime d’activité / mois… Aujourd’hui j’ai 0 €)

(tient… Avec un CA saisi d’un montant de 6835 € — 5558€ de CA + 1227 € de dotation aux amortissements- je n’ai certes pas droit à un complément RSA, mais je devrais avoir 325 € de Prime d’activité / mois… Aujourd’hui j’ai 0 €)

Et au final, pendant que je suis sur mon espace en ligne de la CAF, je regarde où en sont mes droits, et BIM, voilà ce que je vois :

(Oh, plus de prime d’activité…)

(Oh, plus de prime d’activité…)

Ma déclaration de revenu à été vite traitée pour le coup (plus vite que mon courrier !!). Donc étrangement la CAF se base chaque trimestre sur le CA TTC (eux disent “brut”, mais en attendant ils se basent sur un CA qui inclue la TVA que je reverse à l’État chaque mois puisque je ne suis qu’un collecteur de cet impôt !!) pour calculer et verser ses allocations, mais se base sur le bénéfice (et la dotation aux amortissements) annuel de l’année n-1 pour tout recalculer en début d’année suivante… (au lieu de tout calculer pour l’année à venir directement avec un bilan et des chiffres corrects, tout pour que l’on comprenne facilement, plus facile pour entuber quelque part…). Donc, comme en octobre je déclare le CA des mois d’été (mes CA les plus forts donc), eh bien la CAF estime que je n’ai plus droit à rien pour les 3 prochains mois (excepté pour mon aide au logement), sachant que l’année précédente j’ai eu droit à de la prime d’activité pour la même période, avec un CA trimestriel plus important… Il y a de quoi devenir maboul à essayer de comprendre…

Pourtant, en tant qu’entrepreneur, j’ai plusieurs crédits (professionnels) sur le dos. Un premier (10.000 € + 7000 € de prêts d’honneur à taux zéro payés dans 2 ans) pour l’ouverture de mon commerce (et je vous assure que ce fut un vrai défi financier d’ouvrir seul une boutique partant de zéro, électricité à refaire, machines, fournitures et stock à acheter, travaux à faire, avec 17.000 € !!), et un 2ème récent (en mars 2019) pour rendre mon activité mobile et étendre ma clientèle et mes activités (18.000 €, payé dans 4 ans). Lorsque j’ai contracté le 2ème, je pensais, bien évidemment, que je continuerais de percevoir le RSA et/ou la Prime d’Activité le temps d’augmenter les chiffres (bah oui, ça paraît idiot, mais ça ne se fait pas en 3 mois hein)… Loupé… “Même joueur joue encore”… Il va me falloir attendre l’année prochaine que tout cela soit pris en compte (si je survis d’ici là)…

Maintenant je râloche encore un peu, ne vous déconcentrez pas !

Tel que vous le constatez, la CAF est l’organisme sensé aider les gens dans le besoin, mais qui en réalité est le roi de l’embrouille !! Être pauvre et être aidé comme ça devrait l’être (c’est un peu le but et le boulot de cet organisme) est devenu une activité à part entière, nécessitant du temps, des moyens et un moral à toute épreuve face à la mauvaise foi et à l’incompétence de cette structure et ses employés (je généralise, cependant heureusement, quelques uns sortent du lot… Mais il faut les débusquer) !!

Comment survivre plusieurs mois sans un seul centime ??? Comment payer son loyer, ses factures, ses courses, etc ? Comment comprendre, après DES MOIS sans aucun versement, à vous faire lanterner, que finalement vous n’aurez rien… (alors qu’il y a manifestement une erreur de calcul).

En tant qu’entrepreneur, comment comprendre qu’avec tout ce que je paye à l’État je ne puisse pas être aidé (et compris) un minimum ?? Rien que sur l’année 2018 j’ai collecté quasiment 4500 € de TVA pour lui. Pour l’URSSAF je dois verser près de 3700 € de charges (eh oui, c’est ma 3ème année, la fameuse… donc rattrapage de charges des années 1 + 2 et paiement des charges de l’année à venir) en plus de ce que j’ai déjà versé depuis 2017.

Et je n’ai même plus droit à 1€ d’aide ? Je n’ai même plus droit à un peu de reconnaissance ? Je n’ai même pas droit à avoir un dossier traité en toute confiance, sans erreur (puisque JE dois le vérifier en plus !!) par des gens payés avec mes deniers ? Je n’ai même pas droit à un courrier postal en réponse au miens (et à un courrier qui réponde à ce que je dis, pas qui botte en touche en m’expliquant une chose que je n’ai pas demandé) m’obligeant à refaire un énième courrier, mais cette fois au médiateur administratif ? Eh bien ça donne envie de s’investir dans ce pays !!

Je suis stupéfait de voir que des gens et une structure financés avec l’argent des français ne soient pas capable de traiter convenablement les allocataires, leur dossier, leur situation, comme des humains (et pas comme de la paperasse emmerdante, un vieux chewing-gum qui colle à la semelle) alors qu’eux-même menacent de poursuites judiciaires si vous avez le malheur de vous énerver (régulièrement à juste titre) au guichet. On parle pourtant de public sensible, souvent en période critique (personnelle, professionnelle, voir les 2).

Je suis stupéfait de voir que des entrepreneurs soient traités comme des allocataires RSA “classiques” (car notre situation, par essence, ne l’est pas, nous ne cherchons pas un boulot ni une formation, nous avons besoin d’aide pour vivre le temps de générer assez de chiffre pour nous rémunérer !!). Stupéfait de constater que les entrepreneurs soient souvent les oubliés du système social français.

Donc, pourquoi continuer sur cette lancée ? Pourquoi continuer de me faire ch alors que j’en vois d’autres, tranquille peinards, jamais emmerdés (puisque leur situation est stable : ils ne bossent pas donc leurs revenus ne changent pas, et la CAF aime le non changement) mieux gagner leur vie que moi avec beaucoup plus de temps libre et moins d’emmerdes ! Car on oublie un peu trop souvent la charge mentale* que tout ceci ajoute alors que la tête est déjà bien farcie… Se demander quelle (mauvaise) surprise de leur part nous attends (encore) demain, se demander comment payer sa survie*, se poser beaucoup de questions sur ce que l’on pourra offrir à notre enfant (car je suis un père séparé, et même si j’ai été jugé “trop pauvre” — dans l’impécuniosité plus exactement- pour payer une pension alimentaire, je dois quand même payer le loyer d’un appartement avec 2 chambres, l’essence des trajets aller/retour, lui payer à manger, des vêtements, des activités, des jouets puisque sa maman ne me confie mon enfant qu’avec les vêtements qu’elle a sur le dos et c’est tout… Mais ceci est également une autre histoire — scandaleuse, celle du traitement des hommes en tant que pères dans les décisions de justice familiale et de ce que cette dernière tolère aux mères, que j’espère vous conter un jour).

Ah, et il faut également savoir que, n’ayant pas droit au RSA, je n’ai pas non plus droit aux réductions et aides que ce dernier offre au quotidien (piscine, transports, activités diverses, etc). Je dois donc tout payer plein pot.

Concernant mon enfant, puisque je ne suis pas le parent gardien (ce qui n’est pas une volonté de ma part), je ne peux pas non plus bénéficier de la CMU pour elle… Je dois donc payer ses frais de santé plein pot également (ou lui prendre une mutuelle… mais si j’avais les moyens de payer une mutuelle, je ne serai pas à la CMU !). Je suis également considéré comme un parent célibataire sans enfant aux yeux de l’Etat et des organismes sociaux (je n’ai donc pas accès à certains logements sociaux)…

Tout ceci provoque donc beaucoup de réflexion sur ce qui doit être fait à l’avenir.

Et plus personnellement…

Sans compter que c’est la 2ème fois en 3 mois que je reçois un courrier (plutôt menaçant) de la part de la CAF m’expliquant que “je suis tenu à l’obligation alimentaire en faveur de mon enfant” et qu’ils doivent vérifier ma situation (avec justificatif et tout) sous peine d’avoir, je cite, “une action engagée auprès du juge pour faire fixer le montant d’une pension”. Et j’ai un délai de 2 mois pour répondre à ce courrier… Le hic étant qu’ils ont déjà TOUS les éléments en leur possession pour répondre à leur propre courrier (mon bilan, mes déclarations de revenu trimestrielle, la décision jugement JAF — Juge aux Affaire Familiales, etc.). Mais évidemment, ce n’est pas la “même” CAF, celle qui m’envoie ce courrier est la CAF du Vaucluse… Les différentes entités de cet organisme ne doivent donc pas être connectées entre elles et ne chercherons surtout pas à communiquer, à nous de jouer les facteurs (avec le risque d’erreur que ça implique).

Donc 2 envois postaux hostiles (et c’est pareil tous les ans) pour me demander des informations qu’ils possèdent déjà tout en étant incapable d’expédier un courrier pour me répondre sur ma survie financière!!!

Me voilà à la fin de ce long billet d’humeur, merci encore de m’avoir lu jusqu’au bout pour celles et ceux qui l’ont fait.

N’hésitez pas à partager ce texte, si le cœur vous en dit, le plus possible, mon cas n’est pas isolé (mais tout le monde n’est pas armé de manière égale pour lutter et survivre contre la CAF) !

Et si vous voulez me soutenir, un don peut être fait ici : http://www.paypal.me/pools/c/8g81MHYTL0

A bientôt !

PS: la preuve que rien n’est nouveau : https://www.streetpress.com/sujet/1488363558-galeres-caf-lettre-ouverte ou encore https://www.expressions-venissieux.fr/2019-03-04-a-la-caf-la-grogne-des-usagers/ (lisez le seul commentaire…) et là, c’est édifiant https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/la-caf-des-bouches-du-rhone-des-tickets-dans-la-file-d-attente-se-revendent-4-euros-selon-la-cgt-1479808070 et ici, ça date de 2016 https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/metropole-aix-marseille/marseille/agents-accueil-caf-se-mettent-greve-marseille-939708.html

Et pour aller plus loin, sur un sujet proche, une excellente série Arte : https://www.arte.tv/fr/videos/RC-018077/travail-salaire-profit/


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