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Et si Singa était le “code-source” qui nous libère du Corona des esprits ?

Et si, aux côtés des réfugiés que nous sommes tous en passe de devenir, Singa était le “code-source” qui nous libère du Corona des esprits…

Guillaume Capelle in SINGA Blog · 2020-04-27 19:29 · 4 claps · 5.6 min read
#coronavirus #singa #renaissance #la-peste #en-français
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Wiki topics: MIC · Microbiology & Immunology HIS · History

Et si Singa était le “code-source” qui nous libère du Corona des esprits ?

Par Thanh Nghiem

Le déconfinement sera progressif, avec son cortège d’inégalités et d’incompréhensions, sources de frustrations et de peurs. Qui sera habilité à circuler librement, quand d’autres devront continuer à vivre sous cloche, comme des pestiférés ? Allons-nous, comme en Chine, assister à des dénonciations, avec des “tondus” du Corona, ou à un flicage à la Big Brother ?**

Il faudra bien sûr respecter les contraintes de sécurité lors du déconfinement. Mais il importe de se préparer mentalement pour ne pas nous cloisonner humainement. Recréer du lien dès maintenant, venir au soutien des plus défavorisés, ouvrir les yeux sur la fragilité humaine. Il faudra aussi, voire d’abord, commencer par nous-mêmes et nos proches. “Je plains ceux qui n’ont pas de vie intérieure”, écrit Sylvain Tesson. Dès le début du confinement, les violences domestiques ont explosé, au point que les psys et les addictologues ont dû tirer la sonnette d’alarme.

Alors, quelle sortie de crise espérer ?

En chinois, le mot “crise” est l’addition de “danger” et “opportunité”.

Il est utile aussi de regarder du côté de la Renaissance. Impressionné par la peste qui ravage Milan en 1484–1485, Léonard de Vinci élabore des solutions d’avant-garde pour construire une “cité idéale” et éviter les épidémies. Dotée de nombreux ouvrages d’art (écluses, vannes, moulins, canaux), la cité sur trois niveaux reliés par des escaliers permet d’assainir la circulation des hommes, des biens, et des “humeurs”. Une hygiène urbanistique avant l’heure… Si elles n’ont pas été mises en œuvre de son temps, les solutions géniales de Léonard participaient de l’esprit de la Renaissance.

Suivant De Vinci et Camus, on pourrait dire que les épisodes de peste ont engendré la Renaissance ou le fascisme. Tout repose sur les choix des citoyens, et dans un deuxième temps, sur notre capacité à nous coordonner pour nous extraire de la matrice. Comment faire pour que, post-Corona, nous empruntions la voie de la Renaissance, et non celle de la fermeture et de la violence sociales ?

Nous ne devons pas gâcher cette crise

Crise écologique, gilets jaunes, grèves des enseignants, des cheminots, des hôpitaux, retraites… Ils nous avaient dit que rien ne pouvait changer. Et pourtant… En une dizaine de jours, face au Corona, les pouvoirs publics ont agi. Quatre milliards de gens confinés, des milliards d’euros débloqués pour sauver une économie en chute libre, des dettes et déficits budgétaires colossaux. Tout cela “parce qu’on est en guerre”.

Mais de quelle “guerre” parlent-ils ?

On sait que le Corona est là pour de bon. Nous devrons apprendre à vivre avec lui, puisqu’il vivra en nous. Et il y en aura d’autres, des virus…

Le Corona n’est sûrement qu’une répétition générale de crises qui se multiplieront. En termes de nombre de morts, le séisme qu’il a provoqué sera très peu de choses, comparé aux tsunamis que nous réservent le dérèglement climatique et la destruction effrénée de la planète.

De nombreuses voix appellent à “profiter” de cette crise pour faire advenir un après plus écologique, plus solidaire, plus juste, plus … ceci cela. Chacun espère l’arrivée du Grand Soir à l’aune de sa seule cause. Mais une chose est sûre : nous ressentons tous l’ardente nécessité d’inventer quelque chose d’autre, pour ne pas repartir comme avant.

Le Corona n’est que le résultat de notre mode de vie insensé. Certains disent que la coupe est pleine et que la Planète en a marre de son plus gros parasite : l’homo economicus ; qu’elle ne fait que réagir pour se défendre face aux destructions massives qu’il provoque, au point d’avoir suscité l’entrée dans cette nouvelle ère géologique qu’on appelle l’anthropocène.

Les postures guerrières sont souvent inefficaces face aux forces de la nature. Les virus sont des êtres puissants, capables de modifier notre génome, traitons-les, sinon avec respect, du moins avec modestie. Apprenons à survivre parmi eux, à nous en protéger en faisant vivre l’espèce humaine dans des conditions sanitaires optimales qui renforcent son immunité et lui donnent le pouvoir d’affronter sans dommage les microbes et virus dont nous sommes de toute façon entourés massivement. La guerre contre les virus sera toujours perdue, mais l’équilibre entre nos vies et la leur peut être gagné si nous renforçons notre système immunitaire par un mode de vie non mortifère.

Ne nous trompons pas d’ennemi. Le virus est en nous. S’il y a une leçon à tirer du Corona, c’est que nous devons apprendre à vivre en équilibre avec nous-même et avec l’Autre, en respectant la planète et le monde qui nous entoure.

Heureux le pays qui n’a pas besoin de héros

Toute crise a besoin d’un héros — et d’un bouc émissaire. Un héros doit rallier, incarner un idéal commun, réunir, réconforter. Mais le héros d’aujourd’hui est peut-être l’ostracisé de demain. En tout, on nous demande de prendre position, de juger, de dire oui ou non, pour ou contre, au mépris de la nuance. Alors que l’urgence est d’agir, de trouver des solutions, non de condamner ou d’encenser. Notre époque se remplit, non de vide, mais de bruit. Chacun porte en lui une cacophonie.

Et si, en plus d’applaudir les soignants du haut de nos fenêtres, nous agissions à l’avenir à leurs côtés, chacun avec nos spécificités, nos talents, nos faiblesses ?

Singa nous apprend qu’il est possible de déconstruire les barricades mentales qui séparent les groupes humains, et de réveiller le “héros” ordinaire qui sommeille en chacun de nous.

Pendant que les frontières se ferment physiquement, celles du web nous permettent de les traverser chaque jour. Se parler, créer ensemble, construire le futur est indispensable, surtout en ce moment. Le retour à la normale n’arrivera pas, et la distanciation sociale nous sera létale. L’antidote est le lien, la solidarité sociale et la coopération.

Le savoir-faire Singa est particulièrement utile en temps de confinement. Singa sait aider les gens qui ont du mal à créer du lien. Ce savoir est d’autant plus utile aujourd’hui, avec tous ces gens fragilisés. La méthodologie Singa peut aussi s’appliquer post-confinement. Nous voulons créer une chaîne qui dépasse toutes les frontières, stimuler les générations de tous âges pour identifier ce qu’on a en commun. Le Corona a créé des blocs nationalistes. Singa, c’est du P2P pour créer du commun. Il ne s’agit pas d’avoir raison, mais de trouver des solutions ensemble. On est une seule génération. A l’heure de la distanciation sociale, Singa peut créer du lien social authentique, malgré, voire peut-être encore plus, dans un contexte contraint où le numérique devient une base pour tous.

Le Singa Code : tous De Vinci !

Le danger, c’est bien l’hyper-information, les fausses informations, la solitude, la méfiance, la défiance, les stratégies de repli et de distanciation — les jeunes versus les vieux, les Africains contre les Européens, les hommes plus exposés que les femmes, etc. Nous rentrons dans une décennie de mutations qui va laisser énormément de personnes sur le carreau. Le seul moyen de prévenir les conflits, c’est d’allier, de fusionner, de lier par des choses simples et des projets communs, des tas de personnes différentes ou différenciées dans les débats publics. Dans ce contexte, il faudra garder la boussole de Singa qui n’est pas de venir en aide aux plus démunis, mais de révéler les talents. A l’époque de la peste à Milan, Vinci dessine des solutions incroyables, mais il n’ose pas ou ne sait pas où les présenter pour qu’elles soient prises en compte. C’est finalement d’autres architectes qui créeront le Milan d’après.

Et si Singa était plus largement le “code-source” qui nous libère du Corona des esprits ?

Combien de Vinci n’osent pas, sont aujourd’hui bloqués par des obstacles administratifs et culturels ? Nous avons besoin d’eux, et paradoxalement, le meilleur moyen de les repérer, c’est de s’adresser à chaque personne comme si c’était potentiellement elle. Alors il faut traiter chacun comme un pair. Il faut se montrer solidaire. Il faut être inclusif. C’est ainsi qu’on crée une société résiliente, capable de s’adapter. Nous allons avoir pas mal de pain sur la planche. Mais c’est aussi pour cette raison que nous avons créé Singa il y a 8 ans. Nous savions que cette décennie arrivait et que les trois suivantes en seront le reflet.”

Et si, aux côtés des réfugiés que nous sommes tous en passe de devenir, interdits de circulation ou retranchés derrière nos frontières, Singa était plus largement le “code-source” qui nous libère du Corona des esprits ? Aujourd’hui… et demain.


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