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Quatre siècles de savoir-faire : l’héritage des régions enneigées de Toyama face aux défis modernes…

Les caractéristiques du washi d’Etchū

Industrial Resilience & Innovation Institute · 2026-06-07 07:28 · 0 claps · 2.6 min read
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Wiki topics: CUL · Culture & Media

Quatre siècles de savoir-faire : l’héritage des régions enneigées de Toyama face aux défis modernes ―L’avenir des sugegasa d’Etchū-Fukuoka, du washi d’Etchū et des bois tournés de Shōgawa(2/3)

Les caractéristiques du washi d’Etchū

Source : Village du washi de Gokayama

Source : Village du washi de Gokayama

Le terme « washi d’Etchū » désigne les papiers japonais traditionnels fabriqués dans la préfecture de Toyama. J’ai eu l’occasion de me rendre à Gokayama au début du mois de janvier 2026. Située près de la frontière avec la préfecture de Gifu, cette région montagneuse est connue pour ses villages aux maisons traditionnelles de style gasshō-zukuri, devenus célèbres notamment grâce à Shirakawa-go. Gokayama est également une région où les chutes de neige sont abondantes. Lors de ma visite, la neige atteignait déjà 50 à 60 centimètres d’épaisseur — et on m’a pourtant expliqué que l’hiver avait été relativement clément cette année-là. Pour quelqu’un habitué à des climats plus doux, conduire sur ces routes de montagne semblait presque impossible.

Le washi d’Etchū a une histoire très ancienne. On en trouve déjà des traces dans l’Engishiki, un recueil administratif datant du milieu de l’époque Heian, où le washi apparaît comme un produit versé en tribut. Plus tard, à l’époque Edo, le washi de Gokayama, utilisé comme goryōshi pour le domaine de Kaga, était déjà reconnu pour sa qualité exceptionnelle.

Le washi de Gokayama est fabriqué à partir de fibres de kōzo (mûrier à papier japonais), cultivées grâce aux abondantes eaux issues de la fonte des neiges, dans un environnement marqué par des hivers particulièrement rigoureux. L’ensemble du processus de fabrication est encore réalisé selon les méthodes traditionnelles transmises depuis des générations à Gokayama. Doté de fibres extrêmement résistantes, ce papier robuste est utilisé depuis longtemps pour les shōji (portes et cloisons japonaises en papier) ainsi que pour la restauration de biens culturels.

On peut apercevoir la beauté des paysages de Gokayama en se rendant au « Michi-no-Eki Taira », appelé le village du washi de Gokayama. Les eaux cristallines du cours supérieur de la rivière Shōgawa et le froid pénétrant de cette région donnent naissance à ce papier unique. Derrière chaque feuille de washi se cachent des étapes de fabrication particulièrement éprouvantes : travailler longuement dans une eau glaciale ou faire bouillir de lourdes écorces dans de grands chaudrons. C’est précisément de cet environnement rude que naît la force du washi de Gokayama.

Source : Village du washi de Gokayama

Source : Village du washi de Gokayama

La diversité des créations réalisées à partir du washi de Gokayama est véritablement impressionnante. Au-delà des différences de texture, d’épaisseur ou de finesse des fibres, on trouve aussi des techniques décoratives comme le sekka-zome : le papier, plié puis imprégné de teinture, révèle de délicats dégradés aux motifs d’une élégance rare. Certains papiers peints intègrent même de la paille de riz dans le washi, créant des jeux de lumière selon la façon dont celle-ci s’y reflète.

Gokayama accueille aujourd’hui de nombreux visiteurs étrangers, et les ateliers de fabrication de washi proposés au Michi-no-Eki Taira ou dans les maisons traditionnelles gasshō-zukuri rencontrent un grand succès. Pourtant, la population de la région de Gokayama (correspondant aux anciens villages de Taira, Kamitaira et Toga dans la ville de Nanto) est désormais passée sous la barre des 2 000 habitants. Le vieillissement de la population progresse également, rendant la transmission des savoir-faire de plus en plus difficile. Je pense sincèrement qu’une seule visite suffit pour comprendre que le washi de Gokayama ne doit pas devenir un artisanat voué à disparaître. J’espère que beaucoup prendront le temps de prolonger leur voyage depuis Toyama, Takaoka, Kanazawa ou encore Shirakawa-go jusqu’à Gokayama.


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