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Rosalía allume la lumière : “LUX”, un album mystique et incandescent

Après avoir dynamité la pop mondiale avec Motomami, Rosalía revient avec LUX, un album orchestral et spirituel où la foi, le cinéma et la…

Namisora · 2025-11-07 16:56 · 0 claps · 4.2 min read
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Rosalía allume la lumière : “LUX”, un album mystique et incandescent

Après avoir dynamité la pop mondiale avec Motomami, Rosalía revient avec LUX, un album orchestral et spirituel où la foi, le cinéma et la chair se mêlent dans un même éclat. Plus qu’un disque, une ascension.

Pochette de l’album LUX de Rosalía

Pochette de l’album LUX de Rosalía

Une sortie sous le signe de la lumière

22 octobre 2025. Les écrans de Times Square se couvrent d’une lueur blanche. Une silhouette voilée s’y dessine : Rosalía annonce LUX. Le mot “lumière” en latin, résume à lui seul l’ambition du projet. Après la fièvre charnelle de Motomami, l’artiste catalane revient avec un album de clarté, presque céleste. Les teasers diffusés à New York et à Madrid ont planté le décor : une esthétique dépouillée, mystique, presque religieuse. Rosalía ne cherche plus à choquer, elle cherche à illuminer. Dans un monde saturé d’images, elle choisit la blancheur. Une esthétique qui parle à tout le monde et que tout le monde comprend.

Retour aux sources : la flamme de “Malamente” rallumée

Ce retour à la lumière passe par un retour aux origines. Avec LUX, Rosalía retrouve la ferveur et la profondeur d’El Mal Querer (2018), l’album de Malamente qui avait révélé son univers entre flamenco, tragédie et transcendance. Là où Motomami jouait la fragmentation et l’explosion de l’identité, LUX cherche l’unité. On y entend de nouveau les palmas, les silences suspendus, cette voix nue qui semble venir d’un autre siècle. Mais cette fois, la douleur n’est plus dénoncée : elle est transfigurée. LUX n’efface pas Malamente, il l’illumine. C’est une réconciliation entre la chair et l’esprit, entre la jeune chanteuse de Barcelone et la femme qui contemple désormais la lumière.

Une architecture d’album comme un oratorio contemporain

Partition Berghain- morceau 6, album LUX Rosalía

Partition Berghain- morceau 6, album LUX Rosalía

LUX ne se présente pas comme une suite de titres, mais comme un oratorio moderne, une grande œuvre spirituelle découpée en quatre mouvements (MOV I à MOV IV). Chaque partie trace un itinéraire intérieur : la chute, la tentation, la prière, la révélation. L’album s’ouvre sur des pulsations profondes avant de s’élever vers les cordes du London Symphony Orchestra (Berghain - morceau 6). Des chœurs d’enfants, des percussions solennelles, des silences méditatifs : tout y évoque la liturgie. Elle fait aussi référence aux processions de la Semana Santa espagnole, à travers des instrumentaux baroques et classiques tel que dans Mundo Nuevo (morceau 8).

Mais ici, la prière n’est plus adressée à Dieu, elle s’adresse à la lumière elle-même.

“Dieu m’a tant donné, le moins que je puisse faire, c’est lui rendre un album,” confiait-elle récemment à Le Monde.

L’oratorio, autrefois destiné à exalter le divin, devient chez Rosalía un rite de transformation personnelle. Sa voix incarne à tour de rôle la pénitente, la prophétesse et la femme renaissante. LUX se dresse ainsi à la frontière de la messe et du manifeste. Une célébration sans dogme, mais avec ferveur.

Des métaphores religieuses réinventées

Depuis El Mal Querer, Rosalía n’a jamais caché son goût pour l’iconographie religieuse : croix, cierges, Madones en larmes, vêtements blancs. Mais dans LUX, ces symboles changent de sens. Ils ne servent plus à raconter la douleur, mais la purification. Les clips dévoilés, tournés entre Barcelone, Rome et Séville, montrent des processions filmées comme des chorégraphies contemporaines. On y voit Rosalía marcher dans des couloirs de lumière, les yeux clos, comme une sainte moderne. Tout y évoque la foi, mais sans prêche : une spiritualité libre, féminine, sensorielle. Chez Rosalía, la foi n’est plus verticale. Elle se danse.

Rosalía, cinéaste de sa propre mythologie

The Tree of Life — bande-annonce VF

The Tree of Life — bande-annonce VF

ROSALÍA — Berghain (Official Video) feat. Björk & Yves Tumor

ROSALÍA — Berghain (Official Video) feat. Björk & Yves Tumor

Rosalía ne se contente plus de chanter : elle met en scène sa musique. Ses clips empruntent autant à l’art religieux qu’au cinéma d’auteur. Dans LUX, les références fusent : le clair-obscur d’Almodóvar, la lumière mystique de Terrence Malick (The Tree of Life), la mélancolie apocalyptique de Lars von Trier.

Chaque plan semble pensé comme une peinture :

• La caméra se fait autel.

• La lumière devient personnage.

• La voix, prière.

L’esthétique de Rosalía n’est plus celle d’une chanteuse pop, mais celle d’une réalisatrice de l’âme. Ses vidéos se regardent comme des films miniatures : fragments de foi, de chair et de silence.

Entre tradition et futurisme

Musicalement, LUX est une alchimie. Flamenco, trip-hop, musique baroque, chant grégorien et nappes électroniques s’y fondent sans heurt. Des collaborations prestigieuses (Björk, Yves Tumor, Estrella Morente) y apportent des textures nouvelles, entre avant-garde et tradition andalouse. Rosalía chante en espagnol, catalan, anglais et latin, comme si chaque langue portait une part de lumière. En effet son album et aussi multiculturel, et le chanter en plusieurs langue c’est aussi mettre la lumière sur tout le monde, au sens propre du terme. Cette multiplicité devient sa signature : une pop totale, à la fois archaïque et futuriste, enracinée et cosmique.

Une lumière pour la pop

Avec LUX, Rosalía redéfinit ce qu’un album pop peut être aujourd’hui : un espace d’art total, un sanctuaire sonore. Elle ne cherche plus la provocation ni la performance : elle cherche la paix. Et dans cette quête, elle touche quelque chose d’universel. Après avoir traversé le feu (Motomami), Rosalía traverse la lumière (LUX). La pop devient messe, le clip devient rituel, la voix devient offrande.

Et si, dans un monde saturé de bruit, la véritable révolution consistait simplement à chercher la LUX ?

Ines Nogueron pour Namisora


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