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El Mourabet, pépite strasbourgeoise

La trêve internationale est une traversée du désert. Elle fait du bien pendant un temps, par exemple quand tu souhaites savourer un carton…

Antoine · 2025-11-20 08:57 · 0 claps · 3.9 min read
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El Mourabet, pépite strasbourgeoise

La trêve internationale est une traversée du désert. Elle fait du bien pendant un temps, par exemple quand tu souhaites savourer un carton Princier. Mais très vite, le manque se fait ressentir. À l’instar de cet espresso commandé trop tôt dans le rade en bas de chez moi, c’est d’une double dose de Racing dont je vais avoir besoin au moment de retrouver la Ligue 1 ce week-end.

Samir El Mourabet, l’enfant de la Meinau — Photo 360 Sport

Samir El Mourabet, l’enfant de la Meinau — Photo 360 Sport

Le choc des Racing n’aura que rarement eu cette saveur. Fruité et corsé. Puissant à en accélérer le rythme du palpitant. En Ligue 2, les deux clubs avaient l’habitude de se toiser dans la course pour la montée dans l’Élite. Désormais, on retrouve les deux entités Racing en haut de la Ligue 1, portant des projets très différents mais qui produisent des résultats qui troublent la fête dans les hauteurs du classement. Avec BlueCo, le RC Strasbourg n’a plus grand-chose à voir avec le petit poucet d’antan, disposant de moyens l’obligeant à produire des résultats. Quand le RC Lens n’était quant à lui pas attendu si haut par les suiveurs généralistes. Chuchote : alors que localement, on s’en doutait quand même un tout petit peu.

Prénom : Samir. Nom de famille : El Mourabet. Naissance : 6 octobre 2005, à Strasbourg. Profession : Joueur de football professionnel au Racing Club de Strasbourg, son club formateur. Nombre de matchs disputés cette saison : 14. Fin de contrat : juin 2030. *Athor *aka Maxime est venu me parler de celui qui, à l’instar de Robin Risser, représente malgré lui l’antithèse du projet BlueCo.

« Samir El Mourabet, c’est d’abord une histoire de résilience, celle d’un gamin d’un quartier de Strasbourg jouant au Racing mais qui est contraint de le quitter en U13 », démarre notre convive alsacien. « Après avoir rebondi dans un autre club de la ville (ndlr : AS Pierrots Vauban Strasbourg) et être passé par le futsal, il revient au Racing à l’été 2022 pour saisir sa deuxième chance. » Une histoire comme on les aime. Des itinéraires bis, énième preuve que la formation d’un footballeur n’a rien d’un procédé industriel. Qu’il s’agit aussi et peut-être surtout d’un parcours de vie, durant lesquels un homme apprend. La courbe d’apprentissage, mais je t’en ai déjà parlé tellement de fois.

Samir El Mourabet au futsal — Photo DNA

Samir El Mourabet au futsal — Photo DNA

Retour au bercail en 2022, donc. Maxime enchaîne : « À ce moment-là, Samir intègre le groupe des U19, au milieu d’une génération 2004–2005–2006 qui a eu pas mal de bons résultats en championnat et en coupe. Il gagne rapidement du temps de jeu, évoluant d’abord au poste d’ailier, où sa technique et son pied gauche lui permettent de faire pas mal de différences. » Et c’est un autre facteur exogène, tout aussi décisif dans une carrière de joueur, qui permet au jeune Samir de prendre son envol. On parle alors de chance, voire d’opportunité. Celle qui fait qu’une destinée peut être bouleversée.

« Son coach Régis Arnould l’essaie au poste de relayeur, au cœur du jeu, à l’occasion d’un match de championnat. Et c’est une vraie révélation. » Samir excelle dans ce rôle, qui magnifie ses qualités de maîtrise du ballon sous pression héritée de son passage au futsal, discipline qu’il a pratiquée dans le club du Neuhof, dans la banlieue sud de Strasbourg. « Samir est très à l’aise dans la relance et le jeu dans les petits espaces. Même défensivement, il prend progressivement goût aux duels. En fin de saison, on le voit même déjà pointer sa queue de cheval, un choix capillaire qui renforce son charisme, avec l’équipe réserve. » complète Maxime. Aujourd’hui, le jeune El Mourabet fait partie intégrante du groupe de Liam Rosenior, ayant participé à 14 matchs dont 8 dans la peau d’un titulaire.

Robin Risser lors de sa prolongation — Photo RCSA

Robin Risser lors de sa prolongation — Photo RCSA

Alors que Willsem Boussaïd, autre ancien du centre de formation strasbourgeois et depuis plusieurs mois ardemment désiré par Jean-Louis Leca, lie les deux Racing et cette fois pour de bien obscures raisons, il semble bien que la formation strasbourgeoise tourne à plein régime, ayant de beaux atouts à faire valoir. On n’oubliera pas de mentionner l’ancien capitaine Habib Diarra. « Cette saison, le recrutement a une nouvelle fois confirmé la syllogomanie de BlueCo, avec une accumulation déraisonnée de joueurs, dont certains sont repartis à peine quelques semaines après leur arrivée comme Demba Diop, Samuels-Smith ou encore Coulibaly. Au milieu de ce hall de gare, on n’aurait pas parié grand-chose sur l’intégration des jeunes formés localement, comme El Mourabet, Ouattara et, dans une moindre mesure, Nzingoula. »

Un RC Strasbourg qui performe, mais dont on a du mal à réellement connaître l’effectif. C’est souvent au printemps que l’on réussit à mémoriser le onze alsacien. « Si le club n’était pas devenu un outil au service de la politique sportive de Chelsea, il aurait pu s’appuyer sur une ossature de joueurs formés au club, issus des générations 2003–2004–2005 et suivantes, premiers fruits du centre de formation qui a retrouvé son agrément fédéral en 2017, encadrés par des cadres plus expérimentés », termine Maxime. Et je vous garantis que mon compère strasbourgeois vient souvent prendre des nouvelles de Robin Risser, qu’il a vu partir la larme à l’œil l’été dernier.

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