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L’évolution des services financiers numériques dans l’UEMOA, à l’encontre du buzz-word “inclusion…

Le terme est défini comme “ l’accès pour tout individu et entreprise à des produits et services financiers abordables et adaptés à leurs…

Makhtar Diouf · 2025-01-04 08:52 · 14 claps · 3.3 min read
#uemoa #inclusion-financière #services-financiers #mobile-banking #senegal
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L’évolution des services financiers numériques dans l’UEMOA, à l’encontre du buzz-word “inclusion financière”

Le terme est défini comme “ l’accès pour tout individu et entreprise à des produits et services financiers abordables et adaptés à leurs besoins, tel qu’un compte bancaire, le crédit, l’épargne, l’assurance ou les paiements ”. Elle vise à réduire les inégalités économiques et sociales en permettant à chacun de participer à l’économie de manière active.

*English version*

Les taux de pénétration de la téléphonie mobile ont été estimés comme suit :

Ref (1) à (3)

Ref (1) à (3)

Ces taux élevés impliquent un accès à la demande quasi généralisé à un porte-monnaie électronique (209 millions de wallets, dont 80 millions actifs), même en l’absence de connexion internet. En effet, dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, tout individu disposant d’une carte SIM peut ouvrir un wallet chez l’opérateur de son choix, ou un compte digital dans certaines banques, sans se déplacer vers un point de service ou agence.

Ceci lui permet d’effectuer des dépôts, retraits, transferts P2P et des paiements marchands, entre autres.

Source: BCEAO

Source: BCEAO

L’argument en faveur de l’inclusion financière repose souvent sur l’analyse des taux de bancarisation et de l’offre de produits et services bancaires:

  • taux de bancarisation stricte (25,6%) et élargi (47,7%) encore modestes (2).
  • procédures d’ouverture de compte restrictives (réglementation)
  • frais de tenue de compte, mensuel
  • frais de carte bancaire
  • nombre d’agences disponibles et horaires d’ouverture
  • uptime et disponibilité géographique des GABs
  • présence limitée hors des villes.

Pour répondre à cela, les banques ont mis en place diverses initiatives au fil des années:

  • Services de transfert d’argent : progressivement externalisés vers les points multi-services, pour plus de proximité.
  • Réseau d’agents bancaires : facilitent les dépôts et les retraits dans les quartiers et zones moins désservies.
  • Digitalisation: applications mobiles et banque en ligne

Fast-forward à aujourd’hui, le comportement des clients a profondément évolué : le mobile money est le canal privilégié par la majorité des particuliers. L’USSD a été détronné par les applications. Ajoutez-y les intégrations Bank-to-Wallet, le pont est fait entre Banques, Telcos et FinTechs: 14.7 millions de transactions annuelles (2), sans se déplacer dans un point de service. Par ailleurs la démocratisation du QR-code enlève la nécéssité d’etre instruit pour utiliser ces produits digitaux.

Les acteurs financiers sont complémentaires et leurs différentes offres couvrent la plupart des besoins du marché et des consommateurs. Certes, l’arrivée de nouveaux players, à permis de faire bouger les lignes. Mais il y a toujours matière à amélioration, dit-on.

Un indicateur que je trouve plus pertinent est le Taux global d’utilisation des services financiers non-corrigé, qui est de 82,2% ! (2) Il consiste au nombre de personnes physiques titulaires de comptes de dépôt ou de crédit dans les banques, les services postaux, les caisses d’épargne, le Trésor, les SFD (microfinance) et les établissements de monnaie électronique.

Le taux est probablement plus élevé, au vue du reporting manuel souvent éffectué entre les acteurs et les régulateurs en Afrique; ainsi que l’inexhaustivité des données indiquées dans les rapports officiels.

Il reste l’équation de l’accès au crédit, qui mérite un article à part entière :)

Toutes fois, si plus de 82% des personnes ont accès à un service financier dans l’UEMOA, y a t-il des populations laissées en rade ? la question de l’inclusion financière se pose t’elle alors en 2025 ?

Cet état des lieux est le résultat des innovations dans le digital (une marche forcée), l’accéssibilité des réseaux mobiles, les investissements des Etats, régulateurs et acteurs financiers.

Au vu de ce qui précède, le terme “inclusion financière” n’est aujourd’hui qu’un buzz-word pour le marketing, parce qu’en réalité les populations Ouest-Africaines sont déjà financièrement incluses. Puisse chacun y trouver son compte!

Mes meilleurs voeux pour cette année…

Références:


메타데이터
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