Quand le savon mousse ailleurs, l’Afrique s’en lave les mains
Depuis le mois de décembre, avec l’arrivée de la Covid-19, partout dans le monde, les experts de la santé ainsi que les médias n’ont cessé…
Quand le savon mousse ailleurs, l’Afrique s’en lave les mains

Depuis le mois de décembre, avec l’arrivée de la Covid-19, partout dans le monde, les experts de la santé ainsi que les médias n’ont cessé de nous rappeler l’importance de se laver les mains au savon. À Abidjan par exemple, impossible d’accéder aux commerces ou autres lieux publics sans s’être préalablement lavé les mains au savon. D’ailleurs, il existe même des tutos pour adopter de bonnes techniques.
Aujourd’hui, le lavage des mains au savon est devenu un geste à adopter autant de fois que possible au cours de la journée. Pourquoi ce geste pratiqué d’habitude de manière anodine est devenu si important ? Parce que le savon, ce produit «insignifiant» qui nous a toujours accompagné, détruit les virus qui se seraient poser sur nos mains. Ainsi, nous sommes protéger et nous protégeons notre entourage.
Maintenant, si je vous demandais où a été crée le savon que vous tenez entre vos mains, que me répondriez-vous ? Si vous pensez à l’Afrique, laissez-moi vous arrêter tout de suite.
Comme l’explique Pierre de la marque artisanale ***Les savons de Pierre***, le savon a été créé au Moyen-Orient il y a plus de 4000 ans avant JC. par les Sumériens, un peuple qui a disparu depuis. Ce détergent avait une forme pâteuse et n’avait pas l’utilité qu’on lui attribue aujourd’hui. Le savon servait à soigner les maladies de la peau.
Au fil des siècles, le savon va passer entre les mains d’autres peuples qui vont le faire évoluer. La majeure partie de ces peuples viennent d’Europe. Ce sont notamment les Romains, puis les Espagnols, les Italiens et les Français. D’ailleurs, c’est à ces derniers que l’on doit l’appellation «Savon de Marseille». En effet, le port de Marseille, une ville au sud de la France, a été la plaque tournante du transit du savon ainsi que ses intrants dans le monde. Cela a commencé à partir du VIIe siècle et a continué longtemps après.
Aujourd’hui, s’il est vrai que l’industrie du savon de Marseille continue de se développer, sa production quant à elle a été est délocalisée vers des pays où la main d’œuvre est moins coûteuse. Oui vous l’avez bien compris, c’est en Asie. Comme quoi, on ne peut pas se laver les mains à tous les coûts.
À l’instar du savon de Marseille, nous avons en Afrique des savons qui ont bercé notre enfance et qui continuent d’accompagner notre vie d’adulte. C’est notamment le cas du savon noir. Malheureusement, son expansion n’est pas aussi mondiale que celle du savon de Marseille. L’une des raisons est le prix d’achat. Car avant tout, le savon noir est fabriqué de manière artisanale. Cela implique donc des coûts de fabrication en local moins compétitifs que ceux pratiqués par l’Asie. Le Maroc essaie tant bien que mal de proposer ce savon à la consommation quotidienne mais le prix reste toujours plus élevé que le pain de savon de Marseille.
Alors pendant les 30 prochaines secondes (durée définie par l’OMS pour que le geste ait un effet sur les virus) où vous vous laverez les mains, et si vous commenciez à réfléchir à une manière de développer nos savons locaux afin de les rendre plus compétitifs sur le marché international ?
En vous lavant les mains
메타데이터
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