Les illusions du progrès #3: le rasage
Voilà l’archétype du progrès illusoire: le rasoir moderne avec ses X lames, qui couperait plus ras, respecterait la peau, redresserait le…
Les illusions du progrès #3: le rasage

Voilà l’archétype du progrès illusoire: le rasoir moderne avec ses X lames, qui couperait plus ras, respecterait la peau, redresserait le poil avant de le trancher, hydraterait la pauvre petite peau irritée… Les pros du marketing se sont efforcés de rendre obsolètes les modèles des années précédentes, d’abord avec la compétition sur le nombre de lames, puis grâce à des gadgets toujours plus risibles (manche vibreur, lames avec gel…).
Le problème dans tout ça, c’est le coût: si les petits manches de chaque marque sont quasiment donnés, les lames jetables sont hors de prix, et elles s’usent en quelques utilisations. C’est la même magouille que les imprimantes à jet d’encre, les consommables produits à bas coût sont vendus très cher à l’utilisateur captif, qui ne peut plus choisir car seul le modèle de la marque est compatible.
Et la solution c’est…
Le bon vieux rasoir de sûreté
Il y a bien 15 ans de cela, je tranchais ma pilosité à l’aide d’un rasoir à lame double, d’une marque française vantée sur toutes les télévisions. Et puis je trouvais que l’efficacité n’était pas au rendez-vous au délà de deux ou trois utilisation de la lame…
Quel gâchis de matière et d’argent!
Alors j’ai examiné les autres solutions: rasoir électrique tout aussi technologique et onéreux, coupe-chou à l’ancienne… et je me suis souvenu de la salle de bain de mon grand-père, sur le bord du lavabo, il y avait un rasoir en inox brilliant.
Après quelques recherches j’ai retrouvé le type de modèle en question, ça s’appelle un “rasoir de sûreté”. Pourquoi “de sûreté”? Et bien parce que ce furent les premiers rasoirs dont la lame ne dépassait que d’un petit millimètre, à l’inverse des anciens coupe-chou qui méritaient bien leur surnom.
On les trouve pour quelques dizaines d’euros dans tout une série de boutiques. C’est donc plus cher que le manche d’un rasoir mécanique moderne, mais on échappe à la grande arnaque car les lames sont ultra simples et bon marché (de l’ordre de 20 centimes la lame): ce sont les lames classiques flexibles à deux tranchants, et elles sont toujours disponibles dans tous les magasins.
J’ai donc tenté le coup: aux premiers rasages, on a l’impression qu’on se coupera plus qu’avec les lames modernes, mais il n’en est rien, c’est juste un geste à prendre. Et la grande surprise, c’est l’efficacité: la lame tranche aussi bien que mon rasoir moderne, et le tranchant garde son efficacité pendant une dizaine de rasages. Vu qu’il y a deux tranchants sur une seule lame, la lame sert une vingtaine de fois (mais bon ça peut dépendre du type de poil…).
Et pour couronner le tout, j’ai aussi abandonné les mousses à raser à la même époque, pour m’acheter un blaireau: je refond même mes vieux savons pour remplir mon bol à raser… Economie maximum!
Conclusion: le progrès technique est dans ce cas complètement illusoire, il a surtout servi à vendre plus de gadgets aux moutons crédules que nous sommes!
Si vous voulez voir un de mes “bidules”, ou me contacter pour toute autre raison, vous pouvez passer par la page contact de mon site professionnel : www.pachama.eu
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