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FADH : Au cœur de la santé publique et de la formation médicale

Au Ministère de la Défense, avec une pensée particulière pour l’ensemble du personnel de son Service de Santé, gardien d’une noble…

quaidesorfevres · 2026-05-20 15:15 · 0 claps · 6.7 min read
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FADH : Au cœur de la santé publique et de la formation médicale

Le Commandant en chef et le Ministre de la Défense en concertation

Le Commandant en chef et le Ministre de la Défense en concertation

Au Ministère de la Défense, avec une pensée particulière pour l’ensemble du personnel de son Service de Santé, gardien d’une noble tradition de soin.

L’histoire d’Haïti recèle de ces trajectoires singulières où le destin national se mêle aux ambitions de l’esprit. Elle met en lumière le parcours d’officiers des Forces Armées d’Haïti qui surent, avec un éclat certain, mener de front la carrière des armes et celle des hautes études académiques. Ces portraits d’hommes doubles, rompus à la discipline du Quartier Général comme à celle des amphithéâtres, dessinent en creux les contours d’une époque aujourd’hui lointaine. Un temps où la gestion de nos institutions universitaires de santé, loin des tumultes partisans, reposait sur une élite militaire dont la rigueur morale, l’intégrité républicaine et la haute qualification technique constituaient les piliers de l’État.

Il est vrai que l’évocation de ces grandes structures — qu’il s’agisse des Forces Armées d’Haïti, de l’Académie Militaire ou du Grand Quartier général — impose d’emblée une forme de déférence sacrée. Pourtant, ces nobles institutions se heurtent bien vite, dans notre conscience commune, à la dure et douloureuse réalité de notre devenir historique. Ma propre « résidence » de dix années au sein de la Faculté de Médecine et de Pharmacie, de 2012 à 2022, m’avait rendu familiers les noms de ceux qui tinrent ces murs. Mais le temps, ce grand effaceur, fait son œuvre : tandis que certains patronymes demeuraient gravés dans le marbre de ma mémoire, d’autres commençaient déjà à s’estomper sous le poids de l’oubli.

C’est précisément mû par ce sentiment d’obligation morale, par ce devoir de piété filiale envers notre histoire intellectuelle, que j’ai tenté de retrouver sur les réseaux universels la trace des Colonels-Docteurs Alix Trévent et Maurice Duré. Cette démarche, initiée avec l’espoir du chercheur, n’a malheureusement fait que mettre en exergue le drame permanent de la recherche mémorielle en Haïti. Nous faisons face à un écueil majeur : l’absence presque totale, sinon la séquestration factuelle, de fonds d’archives militaires accessibles au citoyen. Évoluer dans ce désert documentaire, avancer à tâtons dans cette nuit de l’information administrative, exige du chercheur un effort disproportionné, une obstination qui confine parfois à l’héroïsme dérisoire.

Dans cette pénombre, les témoignages humains demeurent nos seules lucioles. Récemment, Monsieur Lionel Jean-Baptiste est venu éclairer mes recherches en ranimant des figures que l’on croyait perdues. Il évoquait pour moi, non sans une pointe de nostalgie partagée, le souvenir du Major-Docteur Martial Day, figure tutélaire des Laboratoires Day (rue du Centre), dont le fameux sirop accompagna les maladies et les guérisons de tous les enfants de notre génération. À ses côtés surgissait à nouveau une autre silhouette marquante de cette élite oubliée : l’ophtalmologue et ORL, le Colonel-Docteur André Jean Gilles. Autant de noms qui attendent encore que l’on écrive leur juste place dans le grand livre de la patrie.

J’adresse mes plus cordiaux remerciements au Dr Louis André Fritz Michel. Il a su dresser avec la justesse propre aux jeunes officiers formés à l’Académie Militaire le profil du Dr Duré; tout en y mêlant la sagesse et la finesse du Colonel-Docteur Maurice Duré, ce médecin inclassable de l’Académie et de l’Hôpital militaires.

Les figures de la médecine et de la pharmacie

Parmi ces destins d’exception figure le Major Martial Day, un remarquable officier du Service de Santé des FADH. Pharmacien diplômé de l’Université d’État d’Haïti (UEH) et spécialisé aux États-Unis (voir Le Nouvelliste du 20 août 1948, page 3), il partageait son temps entre son rôle de professeur à la Faculté de Médecine, la direction des Laboratoires Day et l’écriture théâtrale. Malgré l’immensité de nos turpitudes, l’Armée d’Haïti compta en 1957 dans ses rangs le lieutenant Martial Day, un officier spécialement désigné pour exposer les décisions, expliquer et répondre aux questions de la presse nationale et internationale (Voir annexe : Clément Célestin, tome 3, page 33).

Le Colonel-Docteur Sylvio Célestin incarne l’archétype même de l’officier-intellectuel haïtien, ayant marqué la transition de l’Académie Militaire au Décanat de la Faculté de Médecine. En tant que doyen de la Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP), le Colonel Célestin a profondément marqué l’institution par sa droiture, son sens de l’organisation et une rigueur de gestion directement héritée de sa formation militaire.

Dans cette même lignée, le Colonel-Docteur Jean Verly illustre parfaitement cette harmonie entre service public et enseignement. Il a su conjuguer avec brio la direction de l’Hôpital Militaire et ses fonctions de professeur à la FMP.

Les maîtres de l’odontologie

La Faculté d’Odontologie de l’UEH a elle aussi été profondément marquée par ces officiers d’élite. C’est le cas du Major-Docteur Roland Louis-Charles, figure historique de l’institution, qui y a exercé de hautes fonctions académiques et administratives comme vice-doyen et directeur des cliniques.

Le Colonel-Docteur Max d’Haïti s’inscrit dans cette même tradition. Il a dirigé la Faculté d’Odontologie avec un prestige et une rigueur qui font de lui un exemple marquant de cette double vocation.

Le Colonel-Docteur Albert Chapusette, bien connu pour avoir fondé la célèbre Pharmacie Lavoisier à Lalue, demeure une icône de la médecine militaire en Haïti. Homme de science et d’institution, il a profondément marqué son époque en transmettant son savoir comme enseignant, avant de guider des générations de praticiens en tant que doyen de la Faculté de médecine dentaire. Le Capitaine-Dr Audémar François enseigna également à la Faculté d’Odontologie.

Mes souvenirs se tournent aussi vers le Docteur Benoit, autre dentiste émérite qui tenait son cabinet à Lalue. S’il reste à confirmer qu’il faisait officiellement partie du personnel de l’Hôpital Militaire, l’atmosphère de sa résidence ne trompait pas : il n’était pas rare de croiser et de saluer de hautes personnalités en uniforme, venues lui rendre visite ou se détendre sous sa galerie.

Figures urbaines et hautes fonctions politiques

Au-delà des facultés, ces hommes ont marqué la société haïtienne et la topographie de la capitale au XXe siècle. Ainsi, la demeure du Colonel-Docteur Panestecker Laroche à Port-au-Prince est restée un repère géographique et social incontournable de l’élite médicale et militaire.

Enfin, cette élite médicale militaire s’est parfois vu confier les plus hautes responsabilités de l’État lors de transitions politiques. C’est le cas du Colonel-Dr Gérard Boyer, issu du Service de Santé des FADH, à qui fut confiée la charge immense et stratégique de diriger simultanément deux ministères clés : la Santé Publique et l’Éducation Nationale.

La mémoire historique retient le nom du Colonel-Docteur Adolphe Azulphar comme une figure d’élite du Service de Santé des Forces Armées d’Haïti. Au-delà de son grade de haut officier, le Dr Azulphar est profondément reconnu dans le pays comme l’un des grands, marquant ainsi l’histoire de la médecine haïtienne par son dévouement et son avant-gardisme.

Le Colonel-Dr Smith Médor incarne l’un des liens les plus étroits entre l’institution militaire et l’enseignement universitaire. Son parcours exemplaire est indissociable de l’Hôpital Militaire de Port-au-Prince. À l’époque, cette institution stratégique servait de terrain d’application clinique d’excellence pour les étudiants et les professeurs de la Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP), unissant ainsi rigueur militaire et savoir académique.

Le Colonel-Dr Charles Pierre : l’ophtalmologue des dirigeants d’Haïti

Le Dr Charles Pierre, souvent cité sous son nom complet de Dr Maurice Charles Pierre, a marqué l’histoire militaire et médicale d’Haïti. Médecin militaire et ophtalmologue de premier plan, il a examiné plusieurs promotions d’officiers des Forces Armées d’Haïti.

L’impact de ce praticien s’avère historique. En auscultant la vue de dizaines de jeunes candidats, il a vu défiler ceux qui, des décennies plus tard, allaient occuper les plus hautes fonctions politiques et militaires du pays.

Ces cadets devenus chefs de l’armée, et pour l’un d’eux, chef de l’État.

Pierre Merceron, d’abord, occupe le poste de Chef d’État-Major Général des FAD’H de 1958 à 1961. Lui succèdent ensuite Jean-René Boucicaut de 1961 à 1962, puis Gérard Constant de 1962 à 1970. Après eux, Jean-Baptiste Hilaire prend la relève du 11 août 1973 au 6 septembre 1978, avant de céder sa place à Roger Saint-Albin de 1978 à 1984. Enfin, cette lignée mène à Henri Namphy, qui s’illustre en 1986 comme Général en chef de l’Armée et Président du Conseil National de Gouvernement.

Le Dr Charles Pierre a longtemps vécu à l’Impasse Gentil, dans le quartier du Bois-Verna à Port-au-Prince.

Le Colonel-Docteur Ulrick Lafontant est une figure médicale et militaire emblématique de l’histoire d’Haïti au XXe siècle. Brillant spécialiste en médecine interne, il a mis ses compétences globales au service de la gestion de la santé publique et de la structuration de la médecine militaire dans le pays. Durant la décennie 1950, il a assuré avec rigueur la direction de l’Hôpital Militaire de Port-au-Prince. Sur le plan personnel, il a marqué la vie de la capitale en résidant d’abord sur l’avenue Charles Sumner, avant de s’installer dans le quartier résidentiel de Babiole. Son parcours incarne un modèle d’excellence et de double dévouement, sous le drapeau et sous la blouse blanche, pour les générations de praticiens haïtiens.

Le Colonel Baker Bastien demeure une figure incontournable de l’histoire militaire, médicale et de la santé publique en Haïti. Médecin militaire d’élite, il a marqué de son empreinte les chroniques du service de santé des Forces Armées d’Haïti, dont il a gravi tous les échelons après son intégration en février 1975.

Au sommet de sa carrière, cet officier supérieur a occupé la fonction hautement stratégique de Directeur du Service de Santé de l’institution. Représentant d’une élite intellectuelle en uniforme, il a veillé sur des structures clés comme l’Hôpital Militaire, mettant sa rigueur scientifique au service de la nation. Ce grand serviteur de l’État s’est éteint en juin 2021 à l’âge de 75 ans, laissant derrière lui le souvenir d’un engagement indéfectible.

Les défis de mémoire ignorés du public : la délicate histoire des FADH

https://gilbertmervilus.medium.com/les-défis-de-mémoire-ignorés-du-public-la-délicate-histoire-des-fadh-dd4e253b22f1

Gilbert Mervilus, 20/5/26


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