Shabath Hagadol: le sens de Shabath Hagadol (version résumée)
Shabath Hagadol: que signifie ce Shabath si particulier?
Shabath Hagadol: le sens de Shabath Hagadol (version résumée)
Le premier Pesa’h (tiré du film “Les Dix Commandements” de Cecil B. DeMille (1956))
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AVERTISSEMENT : Bien que je tente dans cet écrit de retracer l’histoire d’une coutume et que je donne mon opinion à ce propos (en me fondant sur des sources, bien sûr), ce devar Thora n’a absolument pas pour but de trancher une halakha !
Ce Shabath sera un peu spécial car il précède la fête de Pesa’h. Il est appelé Shabath Hagadol — « le grand Shabath » — et la coutume est de lire une haftara spéciale, tirée de Malachie¹. Pourquoi ce Shabath est-il appelé ainsi ?
Le ***Ba’al Hattourim*² explique que le 10 Nisan, qui tombait pendant un Shabath à cette époque, les enfants d’Israël se sont procuré l’agneau pascal, conformément aux instructions de Moïse³, et l’ont attaché au pied de leur lit. Les Egyptiens, qui déifiaient l’agneau, leur ont demandé pourquoi avoir fait cela. Les Hébreux leur ont répondu qu’ils allaient l’apporter en sacrifice à D.ieu. Le miracle qui s’est produit est que, malgré l’outrage provoqué par cette désacralisation publique d’une divinité égyptienne, les Egyptiens ne leur ont fait aucun mal**.
Toutefois, nous pouvons remarquer que le Ba’al Hattourim ne donne aucun aspect « pratique » à propos de Shabath Hagadol dans son code de loi : que faisons-nous ce Shabath ? En effet, il ne précise pas qu’il y a une lecture de haftara spéciale en ce jour⁴. Et, si ce miracle a eu lieu le 10 Nisan, pourquoi ne pas le célébrer le 10 Nisan plutôt que le Shabath précédent Pesa’h ?⁵
Enfin, la haftara qui a été choisie pour être lue ce Shabath ne fait aucunement référence à ce miracle (ni même au qorbane pesa’h ou à la sortie d’Egypte en général d’ailleurs) ! Quel est le rapport entre la haftara et cet événement ?
En réalité, il y a deux problèmes conceptuels à propos de Shabath Hagadol. Le Ba’al Hattourim fonde son raisonnement à partir d’un midrash — d’une exégèse. Or, cet événement n’est pas rapporté dans le Talmud ! Voici la définition du rabbin andalou **Samuel ibn Nagrela* à propos de l’exégèse des parties non-légales de la Thora qu’on appelle la hagada* :
« La hagada concerne toutes les explications du Talmud sur un sujet qui n’est pas lié à une miçwa — ceci est la hagada, et nous apprenons d’elle lorsqu’elle nous paraît sensée. Il t’incombe de savoir que ce qui a été établi par les Sages comme étant une halakha à propos de n’importe quelle miçwa a été reçue par Moshé Rabénou qui l’a reçu du Tout-Puissant, et nous ne devons ni en ajouter ni en retirer. Mais à propos de toutes les explications des versets de l’Ecriture — chacun des Sages l’expliquait selon l’idée qui lui est apparue et ce qu’il a vu dans son esprit. Nous ne devons apprendre de ces explications que lorsqu’elles sont sensées, et le reste nous ne devons pas s’y appuyer. »*⁶*
De plus, il y a également un problème « halakhique ». Contrairement aux quatre parashiyoth que nous lisons durant le mois de Adar, il n’y a aucune mention de Shabath Hagadol ni dans la Mishna ni dans la Guemara. D’ailleurs, le Mishné Thora du Rambam ne mentionne pas non plus de Shabath Hagadol.
D’après le **Rav Mosheh Lichtenstein — rosh yeshiva à Har Etzion — les communautés ashkénazes médiévales, notamment celles d’origine allemande, seraient à l’origine de la coutume de lire la haftara de Shabath Hagadol lorsque Shabath précède la fête de Pesa’h. Il cite une responsa du ***Or Zaroua’*⁷, qui explique que, au départ, on instituait la lecture de cette haftara en tant que haftara alternative à celle habituellement lue quand la parasha de Çaw est lue, et le nom de ce Shabbath est tiré du dernier verset que l’assemblée lit :
« Or, je vous enverrai Elie, le prophète, avant qu’arrive le jour de l’Éternel, jour grand [hagadol] et redoutable ! »*⁸*
Ceci nous rappelle ce que disait **Fontenelle à propos de la dent d’or : **« Assurons-nous bien du fait avant de nous inquiéter de la cause. »⁹ Force est de constater que les origines de Shabath Hagadol sont obscurs. Nous pourrions alors penser qu’il est désormais vain de trouver un sens à ce Shabath particulier. En réalité, il n’en n’est pas ainsi, car, après tout, le Ba’al Hattourim met en évidence que le Shabath qui a précédé Pesa’h marque le début de la libération des Hébreux d’Egypte. Nous essaierons alors de comprendre le message de la fête de Pesa’h à la lumière de quelques passages de la haftara lue durant Shabath Hagadol.
Évidemment, l’idée qui nous traverse l’esprit lorsque nous lisons cette haftara est celle de la Rédemption : Malachie parle du Jugement Dernier, le « jour grand et redoutable ». Et la sortie d’Egypte est très souvent comparée à la rédemption finale, vu qu’on enseigne :
« En Nisan [le peuple juif] a été libéré [d’Egypte] ; et en Nisan dans le futur [le peuple juif] sera libéré. »¹⁰
Il y a une autre idée qui apparaît dans le dernier verset de Malachie :
« Lui ramènera le cœur des pères à leurs enfants, et le cœur des enfants à leurs pères, de peur que Je n’intervienne et ne frappe ce pays d’anathème. »¹¹
L’idée qui apparaît ici est celle de faire teshouva avant que la Délivrance Finale n’ait lieu, moment où il sera trop tard pour se repentir. Nous retrouvons d’ailleurs cette idée dans Amos, où le prophète avertit le peuple qu’attendre ce jour, « le jour de l’Eternel », sans qu’il ne fasse teshouva sera cause de destruction et non d’une libération !
*« Malheur à qui désire voir le jour de l’Eternel ! Que peut être pour vous le jour de l’Eternel ? Ce sera un jour de ténèbres, non de lumière. »¹²*
Ce message peut-il être appliqué aussi à propos de Pesa’h ? Nous avons vu, d’après ce que le Ba’al Hattourim a rapporté, que la Thora a ordonné aux Hébreux de se procurer l’agneau pascal le 10, et l’ont sacrifié le 14. Pourquoi attendre 4 jours ? Dans la Hagada, nous lisons cet étrange passage tiré de Ezéchiel :
« Je t’ai multipliée comme la végétation des champs, tu as augmenté, grandi, tu as revêtu la plus belle des parures, tes seins se sont affermis, ta chevelure a poussé, mais tu étais nue et dénudée. »¹³
Dans la Mekhilta déRabbi Yishma’el¹⁴, l’expression « mais tu étais nue et dénudée » fait allusion au fait que les enfants d’Israël étaient dépourvus de miçwoth. Nous pouvons même ajouter : pas seulement dépourvus de miçwoth, mais également éloignés spirituellement de D.ieu. En effet, dans la Hagada, nous lisons ce passage tiré de Josué, où Josué rappelle au peuple que nos ancêtres étaient idolâtres :
« Et Josué dit à tout le peuple : “Ainsi a parlé l’Éternel, Dieu d’Israël : ‘Vos ancêtres habitaient jadis au-delà du Fleuve, jusqu’à Tharé, père d’Abraham et de Nahor, et ils servaient des dieux étrangers. »¹⁵
A première vue, le passage semble évoquer uniquement les ancêtres d’Abraham. En réalité, lorsque nous lisons l’entièreté du discours, nous trouvons un passage exhortant le peuple à abandonner les idoles adorées par les ancêtres d’Abraham …et par nos pères en Egypte !
« A votre tour, révérez et servez l’Éternel avec droiture, avec sincérité ; repoussez les dieux que vos pères ont adorés au-delà du Fleuve et en Égypte, et n’adorez que l’Éternel. »¹⁶
Effectivement, Ezéchiel rappelle au peuple que D.ieu les a exhorté à abandonner les idoles égyptiennes, mais que le peuple n’avait pas voulu y renoncer !
« Et Je leur ai dit : “Que chacun de vous rejette au loin les abominations qui sont sous ses yeux ! Ne vous souillez pas avec les idoles infâmes de l’Egypte, Je suis l’Eternel votre D.ieu.” Mais ils se sont mutinés contre Moi, ils n’ont pas consenti à M’écouter ; ils n’ont pas rejeté les abjections dont ils étaient témoins, ils n’ont pas abandonné les idoles de l’Egypte, et Je songeais à épancher Mon Courroux sur eux, à assouvir sur eux Ma Colère au milieu du pays d’Egypte. »*¹⁷*
Nous voyons d’ailleurs que D.ieu avait pour dessein de châtier le peuple pour être tombé dans l’idolâtrie. Sans compter que, selon le **Rambam¹⁸, les enfants d’Israël (à l’exception de la tribu de Lévi), en plus de s’être adonnés à l’idolâtrie, n’ont pas accompli la **berith mila, comme le sous-entend ce verset à propos du qorbane pesa’h : « nul incirconcis n’en mangera »¹⁹. Ezéchiel affirme alors que si les Hébreux ont été sauvés, c’est uniquement parce que D.ieu n’a pas voulu déshonorer Son Nom²⁰.
Pourtant, dans la Hagada, nous rappelons la promesse que D.ieu a faite à Abraham lors de l’alliance entre les morceaux²¹ — nous le louons même pour cela ! D.ieu aurait-Il, en réalité, libéré le peuple sans que ce ne soit lié avec la promesse d’Abraham ? Peut-être, faudrait-il comprendre de ce passage que la promesse d’une délivrance d’Israël (et non la date de la délivrance) n’est pas liée au niveau spirituel de la nation juive, et que cette délivrance devait avoir lieu de toute manière. Après tout, Amos et Malachie ne mentionnent pas le fait qu’il faille qu’Israël atteigne un certain niveau spirituel pour que le « jour du Seigneur » arrive : ce jour arrivera, quoiqu’il arrive.
Cependant, que signifie l’annonce que D.ieu fait à Abraham si on considère le passage de Ezéchiel que nous avons évoqué ? Probablement de la même façon que, dans parashath Niçavim, lorsque Moïse annonce au peuple que leurs descendants seront exilés de la Terre d’Israël, car ils auront brisé l’Alliance établie avec D.ieu : pour montrer à Abraham que tous ces événements viennent de D.ieu, car Il est un D.ieu qui « donne une récompense à celui qui accomplit les commandements de la Torah et sanctionne celui qui transgresse les interdits »²². En effet, d’après certains commentateurs — **Rashi²³, [Radaq](https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Kimhi)**[²⁴](#8c9b), le **Ralbag²⁵ et le [Seforno](https://fr.wikipedia.org/wiki/Ovadia_ben_Jacob_Sforno)**[²⁶](#3fb7) — les Hébreux sont devenus esclaves à cause de l’idolâtrie. D.ieu enseigne aussi à Abraham que, même pour les Hébreux qui se sont adonnés à l’idolâtrie, Il châtiera les Egyptiens. La promesse tient du fait qu’Il viendra en aide à ses descendants lorsqu’ils se repentiront sincèrement.
En effet, nous lisons dans la Hagada ces passages montrant que les enfants d’Israël ont imploré D.ieu :
*« Il arriva, dans ce long intervalle, que le roi d’Égypte mourut. Les enfants d’Israël gémirent du sein de l’esclavage et se lamentèrent ; leur plainte monta vers D.ieu du sein de l’esclavage. » (Exode 2 : 23)*
*« Nous implorâmes l’Éternel, Dieu de nos pères ; et l’Éternel entendit notre plainte, il considéra notre misère, notre labeur et notre détresse. » (Deutéronome 26 : 7)*
Et nous lisons aussi que D.ieu nous a pris en pitié :
« Le Seigneur entendit leurs soupirs et il se ressouvint de son alliance avec Abraham, avec Isaac, avec Jacob. Puis, le Seigneur considéra les enfants d’Israël et il avisa. »²⁷
Et le Radaq²⁸ note que le peuple croyait réellement en D.ieu, ce qui montre que la nation d’Israël s’est repentie, comme il est écrit :
« Et le peuple y eut foi ; ils comprirent que l’Éternel s’était souvenu des enfants d’Israël, qu’il avait considéré leur misère et ils courbèrent la tête et se prosternèrent. »²⁹
Ceci illustre ce qui est dit dans la haftara : « Revenez à moi, et je reviendrai à vous »³⁰. Et, nous voyons une preuve de Ses propos dans Ezéchiel :
*« Et je passai près de toi et vis que tu étais arrivée à l’âge des amours ; j’étendis mon vêtement sur toi et couvris ta nudité ; je m’engageai à toi par serment et fis alliance avec toi, dit le Seigneur D.ieu, et tu fus à moi. »³¹*
Ce passage montre que D.ieu leur a donné des miçwoth pour pouvoir mériter leur libération. Ces paroles complètent ce qu’Ezéchiel a dit quelques versets auparavant :
« Mais je passai auprès de toi, je te vis t’agiter dans ton sang, et je te dis : “Vis dans ton sang !” »³²
Notons la répétition de l’expression « dans ton sang ». La traduction de ce verset dans le Targoum Yonathan ben ‘Ouziel — la traduction traditionnelle en araméen des Prophètes — nous permet de comprendre ce que D.ieu leur a demandé d’accomplir : la berith mila et le qorbane pesa’h.
« … Je vous ai dit : par le sang de la circoncision, je vous ferai miséricorde ; par le sang de l’agneau de la Pâque, je vous rachèterai. »³³
Nous déduisons de la répétition de l’expression « dans ton sang » que les Hébreux ont pu être sauvés grâce au mérite de ces deux miçwoth. Alors, nous pouvons expliquer l’attente de quatre jours entre l’acquisition de l’agneau pascal et son sacrifice ainsi : tout d’abord, nous pouvons penser que l’attente avait un but de convalescence, car la tradition associe souvent le troisième jour après la circoncision et une grande douleur. Ils pouvaient alors consommer l’agneau pascal sans se soucier de la douleur associée à la circoncision.
Ensuite, cela correspondait au temps nécessaire pour faire prendre conscience aux Hébreux de la vanité des idoles égyptiennes. Le Rambam, pour qui les sacrifices sont une concession faite à l’Homme pour l’éloigner des pratiques idolâtres, suit également cette opinion³⁴. Certes, les Israélites risquaient de subir le courroux des Egyptiens, mais, par le mérite de cette miçwa, D.ieu les a épargné. C’est d’ailleurs le sens que les targoumim sur la Thora donnent au mot « Pesa’h » : « épargner »³⁵.
Si nous suivons ce qui est écrit dans Ezéchiel, Pesa’h ne raconte pas simplement l’Histoire d’un peuple asservi par une grande puissance étrangère qui retrouve sa liberté : c’est l’Histoire d’un peuple qui renoue sa relation avec son D.ieu. Comme nous l’avons évoqué, c’est ce qu’illustre le verset : « Revenez à Moi, et Je reviendrai à vous »³⁶. Effectivement, l’accomplissement des miçwoth nous permet de garder ce lien fort avec HaShem, comme il est dit dans la haftara :
« Souvenez-vous de la Loi de Moïse, mon serviteur, à qui j’ai signifié, sur le Horeb, des statuts et des ordonnances pour tout Israël. »³⁷
C’est justement dans ce but que D.ieu nous a fait sortir d’Egypte, comme il est écrit : « C’est dans cette vue que l’Éternel a agi en ma faveur, quand je sortis de l’Égypte. »³⁸ Selon Rashi : dans le but d’accomplir les miçwoth³⁹.
Seulement, il y a un autre point que notre haftara évoque et qui est lié à Pesa’h : D.ieu évoque le non-respect du ma’aser (la dîme) et la terouma (la contribution) :
« L’homme peut-il frauder D.ieu ? Et cependant vous me fraudez ; puis vous dites : “Sur quoi t’avons-nous fraudé ?” Sur la dîme et sur les taxes de prélèvement. »⁴⁰
Quel est le rapport avec la fête ? La Mishna nous enseigne que, avant le dernier jour de Pesa’h, lors de la quatrième et de la septième année de la shemitta, nous avions l’obligation de nous débarrasser de la terouma et du ma’aser, et les donner à qui de droit : les Leviim, les Kohanim et les pauvres⁴¹. Cependant, quel est le lien avec la fête de nos jours, sachant que nous ne pouvons plus accomplir cette miçwa à cause de l’absence de notre Temple — puisse-t-il être reconstruit rapidement de nos jours. Amen. — ? Il est important de prendre conscience que l’esclavage des Hébreux en Egypte est le terreau de naissance d’un peuple.
Cependant, il ne possède pas de terre. La sortie d’Egypte constitue une étape importante pour Israël pour qu’elle puisse retourner sur sa terre, conformément à la promesse que D.ieu a fait a Abraham lors de l’Alliance entre les morceaux. Israël deviendra un peuple accompli quarante-ans plus tard, le 10 Nisan, après de la traversée du Jourdain⁴². La première miçwa qu’ils ont accompli est la berith mila⁴³, avant d’accomplir, le 14 Nisan, leur premier Pesa’h « cananéen » (Pesa’h au sens biblique du terme, qui concerne le sacrifice de l’agneau pascal, la fête des azymes du 15 Nisan étant appelé dans la Bible ‘Hagh Hamaçoth), sachant qu’il est précisé que la manne cessa de tomber le lendemain de leur offrande, nous laissant profiter des produits de la Terre d’Israël :
« Et le lendemain de la Pâque, ce même jour, ils mangèrent du blé du pays, en pains azymes et en grains torréfiés. La manne cessa de tomber le lendemain, parce qu’ils avaient à manger du blé du pays, et les enfants d’Israël n’eurent plus de manne, mais ils se nourrirent, dès cette année, des produits du pays de Canaan. »*⁴⁴*
Le 15 Nisan, nous sommes devenu une nation accomplie. Or, si la Terre d’Israël nous a été donnée, c’est parce que D.ieu nous a chargé « un royaume de prêtres et un peuple saint »⁴⁵. Nous devons être exemplaires d’un point de vue moral. Et cette exemplarité ne doit pas seulement concerner notre relation avec D.ieu, mais aussi avec tous les hommes. Et tel est le message des miçwoth agricoles comme la terouma et le ma’aser, qui ne peuvent être accomplies que lorsque le peuple d’Israël est souverain sur sa terre.
D’après le Rambam, les miçwoth de la Thora ont pour but d’améliorer nos traits de caractères. Les miçwoth liées à la terre constitue un très bon exemple de perfectionnement de notre être, car elles nous permettent d’acquérir le trait de la générosité. Pesa’h est la fête par excellence où nous devons faire attention à notre prochain, surtout le plus démuni, puisque nous disons dans la Hagada : « Quiconque a faim, qu’il vienne et mange ! Quiconque est dans le besoin, qu’il vienne fêter Pesa’h avec nous ! ». Si nous prenons conscience de nos devoir envers notre prochain, les Nations nous loueront, comme il est dit :
« Et tous les peuples vous féliciteront, car vous serez, vous, une terre de délices, dit l’Éternel-Cebaot. »⁴⁶
Et si nous accomplissons la volonté de D.ieu, alors le prophète affirme :
« Alors l’Éternel prendra plaisir aux offrandes de Juda et de Jérusalem, comme il faisait aux jours antiques, dans les années d’autrefois. »⁴⁷
Références et notes additionnelles
[1] Malachie 3 : 4–24.
[2] Tour, Ora’h ‘Hayyim, chapitre 430.
[3] Exode 12 : 3.
[4] Le Shoul’hane ‘Aroukh (Ora’h ‘Hayyim, 430) n’est pas plus explicite à ce sujet. Le Rama (sur Ora’h ‘Hayyim, 430), indique qu’il y a une coutume de lire une partie de la Hagada de Pesa’h le Shabath après-midi, mais ne parle pas de lecture de haftara.
[5] A cette question, le Maghen Avraham (sur Ora’h ‘Hayyim, 430) explique que le 10 Nisan est l’anniversaire de décès de Myriam la prophétesse. Il n’était donc pas approprié, selon lui, d’établir un jour de fête à cette date.
[6] Mevo haTalmud.
[7] Or Zaroua’ II, no. 393, rapporté par le Rav Mosheh Lichtenstein dans cet article “Tzav — Shabbat Hagadol: “The Great and Dreadful Day of the Lord”” (en anglais): https://www.etzion.org.il/en/tzav-shabbat-hagadol-great-and-dreadful-day-lord
[8] Malachie 3 : 23. En réalité, c’est l’avant-dernier verset du livre de Malachie. Cependant, étant donné que le dernier verset se termine sur des paroles assez dures, la coutume est de répéter une nouvelle fois l’avant-dernier verset pour terminer la haftara sur des paroles de consolation.
[9] Histoire des oracles, Première dissertation, IV.
[10] Talmud Bavli, traité Rosh Hashana, 11a.
[11] Malachie 3 : 24.
[12] Amos 5 : 18.
[13] Ezéchiel 16 : 7.
[14] Mekhiltha deRabbi Yishma’el, chapitre 12, §6.
[15] Josué 24 : 2.
[16] Ibid., 14.
[17] Ezéchiel 20 : 7–8.
[18] Iguéreth Hashemad.
[19] Exode 12 : 48.
[20] Ezéchiel 20 : 9.
[21] Genèse 15 : 13–14.
[22] Introduction au Pereq ‘Heleq.
[23] Rashi sur Exode 2 : 14.
[24] Radaq sur Genèse 15 : 14.
[25] Ralbag sur Shemoth, Tho’aloth 2 : 8 ; et sur Nombres 15 : 41.
[26] Seforno sur Genèse 15 : 13–14, et sur Exode 1 : 14.
[27] Exode 2 : 24–25.
[28] Radaq sur Genèse 15 : 14.
[29] Exode 4 : 31.
[30] Malachie 3 : 7.
[31] Ezéchiel 16 : 8.
[32] Ezéchiel 16 : 6.
[33] Targoum Yonathan ben ‘Ouziel sur Ezéchiel 16 : 6. Traduction par Claude Tassin dans « Vous avez dit “Targoum” ? » in. Transversalités 2008/2 (N° 106), p. 133–163. L’auteur de cette traduction nous renvoie d’ailleurs à une traduction du Targoum Yonathan d’un autre verset, qui nous dit (Targoum Yonathan sur Zacharie 9 : 11) : « Vous aussi, pour qui une alliance fut conclue par le sang, je vous ai sauvés du joug des Égyptiens. »
[34] Guide des Egarés, volume III, chapitre 46.
[35] Targoum Onqelos sur Exode 12 : 13, 23, 27 ; Targoum Pseudo-Jonathan sur Exode 12 : 13, 23, 27 ; et Targoum Neofiti sur Exode 12 : 13, 23, 27.
[36] Malachie 3 : 7.
[37] Ibid., 22.
[38] Exode 13 : 8.
[39] Rashi sur Exode 13 : 8.
[40] Malachie 3 : 11.
[41] Traité Ma’aser Sheni, chapitre 5, mishna 6
[42] Josué 4 : 19.
[43] Josué 5 : 4–7.
[44] Josué 5 : 11–12.
[45] Exode 19 : 6.
[46] Malachie 3 : 12.
[47] Malachie 3 : 12.
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