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épitres rebelles ( extrait )

Ce livre ( publié sur Amazon.fr : https://www.amazon.fr/%C3%89p%C3%AEtres-Rebelles-Lettre-contre-loubli/dp/B0G46YFJ91 ) rassemble quatre…

Cannizzarochristophe · 2025-12-16 10:28 · 0 claps · 15.2 min read
#épitres-rebelles #eucharilxtonw #pamphlet-politique #utopie
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épitres rebelles ( extrait )

Ce livre ( publié sur Amazon.fr : https://www.amazon.fr/%C3%89p%C3%AEtres-Rebelles-Lettre-contre-loubli/dp/B0G46YFJ91 ) rassemble quatre lettres ouvertes, quatre épîtres brûlantes, quatre cris de vérité jetés dans la nuit numérique et désormais réunis en un seul souffle. Publiées jadis sur un blog et des réseaux sociaux, elles trouvent ici une nouvelle densité : celle d’un témoin, d’un héritage, d’une mémoire offerte à la postérité.

  • La première dénonce l’administration fiscale, ce pouvoir institutionnel qui transforme l’impôt en instrument de spoliation plutôt qu’en outil de justice.
  • La seconde interpelle les élus, rappelant que le pouvoir n’est pas un trône mais un mandat, et que ce mandat se brise lorsqu’il trahit la confiance du peuple.
  • La troisième s’élève aux côtés des Gilets jaunes, éclaireurs de la révolte citoyenne, et propose une inspiration pour bâtir une République réinventée, fidèle à ses promesses.
  • La quatrième s’adresse à l’humanité entière, proclamant qu’une alternative existe, étouffée par les artifices d’un système qui redoute la lumière, mais toujours vivante et prête à surgir.

Ces quatre lettres, anciennes ou encore brûlantes, se tiennent ici ensemble comme une armée de mots, une procession de voix. Elles sont mémoire et flambeau, offrande et défi. Car écrire, c’est lutter contre l’effacement ; publier, c’est défier le silence.

Ce livre est à la fois un acte de résistance et un appel universel : il invite chacun à entendre ces voix insoumises, à reconnaître ces éclats de vérité, et à porter plus loin la flamme d’une conscience qui refuse de s’éteindre.

Extrait — ( 1 sur 4 )

1 / LETTRE AUX VOLEURS INSTITUTIONNELS


Suite à la réception d’une lettre de créance majorée émanant du FISC, relative à un procès-verbal routier* datant de 2011 — *issu d’un radar fiscal posté sur l’autoroute littorale — je pris la plume pour adresser à l’administration une missive enflammée. Mon objectif était clair : exprimer sans détour mon indignation face aux méthodes employées dans le traitement des voies de recours et dans les procédures de recouvrement.

En effet, le dispositif actuellement en vigueur s’apparente bien davantage à une mécanique de racket institutionnalisé qu’à une véritable procédure judiciaire fiscale. Loin de toute logique préventive en matière de sécurité routière, il semble conçu pour piéger, sanctionner et pressurer les administrés, plutôt que pour les sensibiliser ou les protéger.

J’ai donc rédigé une lettre au ton volontairement acerbe, destinée à dénoncer cette dérive. Car ce procédé ne se limite plus à un cas isolé : il s’impose progressivement comme un état d’esprit, une méthodologie générale qui tend à se répandre dans les relations entre l’administration et les citoyens. Ce glissement, insidieux mais constant, transforme la relation de confiance en une confrontation permanente, où l’administré n’est plus considéré comme un partenaire responsable, mais comme une source de revenus à exploiter.


_

« … Monsieur le responsable du recouvrement des taxes routières, j’ai l’honneur de vous faire part de mes observations ainsi que de ma stupéfaction concernant un procès-verbal pour vitesse excessive dont je reçois aujourd’hui la lettre de rappel en recommandé. En effet, je reçois ce jour une amende forfaitaire majorée alors que je n’ai jamais reçu à mon adresse le PV initial m’informant de l’infraction que j’aurais commise.

Il me semble aberrant de recevoir en recommandé ce rappel alors que, visiblement, la lettre initiale ne comporte aucune date lui conférant une signification certaine. Comme s’il importait peu, au regard de la loi, que le justiciable reçoive l’acte fondateur lorsque peu d’argent est en jeu… mais qu’il soit impératif pour lui d’avoir en main propre l’acte au-delà duquel les poursuites deviennent rentables, puisque grâce à cet acte juridique probant, les services de recouvrement sont dès lors habilités à entrer en scène. Les fictions juridiques doivent avoir un sens et ne pas sombrer dans l’absurde : c’est actuellement le cas dans le domaine de la signification des actes judiciaires. Je ne puis faire l’objet d’un rappel avant d’avoir fait l’objet d’une mise en cause initiale, de la même façon que l’on ne peut, en matière de procédure, aller en “appel” avant de comparaître en “première instance”. Cet état de fait serait sinon en contradiction totale avec les principes fondateurs de notre droit constitutionnel ou, pardonnez ma modestie, contraire à la logique citoyenne. Cela semble pourtant ne gêner personne dans le circuit de votre administration. Les illogismes sont partout !

Rassurez-vous ! Personne n’a rien vu dans les réformes successives menant à toute une série de dérives de nos institutions, notamment dans le domaine de la procédure pénale ou des compétences et attributions juridictionnelles.

Par une série de mesures progressives et scélérates, les corrompus sont parvenus à détruire l’édifice institutionnel protecteur construit par le sang et la lutte légitime des citoyens. Le problème vaut en tous domaines. Preuve en est, notamment, dans la dérive du droit du travail, tandis que “l’inspection dite du Travail”, comme les tribunaux censés surveiller les infractions, se voient vidés de leurs compétences. Où cela s’arrêtera-t-il ? L’épuration progressive des programmes scolaires, l’actualité-spectacle et la société des loisirs à outrance — preuve en est le calendrier festif et sportif — ont eu raison de la faculté de juger des citoyens. L’armée de “moutons” ainsi préparée à la mondialisation de l’économie ne peut plus s’opposer avec bon sens à la dislocation de l’État de droit ni de la République.

Celle-ci n’est plus, je l’affirme ! … ainsi qu’en atteste la réforme bousculée et le “non” référendaire contourné par le traité dit de “Lisbonne”. Il n’est point besoin d’autres exemples au regard de la régression sociale historique programmée par la “loi patronale” de 2016, imposée sous la procédure de l’article 49–3, judicieusement nommée loi “Travail” par des technocrates qui, décidément, peuvent aujourd’hui tout se permettre dans le mépris, face à quelques syndicats épuisés, rompus sous le poids des ententes fallacieuses et diverses contraintes sans objet, très loin de leur vocation. Il est inutile de rappeler le non-respect des scrutins législatifs et les multiples revers essuyés par l’exécutif. Entre 2019 et 2022, le parti présidentiel a subi plusieurs revers électoraux : battu par le Rassemblement national aux européennes de 2019, marginalisé aux municipales de 2020, incapable de conquérir une région en 2021, puis privé de majorité absolue à l’Assemblée nationale lors des législatives de 2022. Malgré cela, a-t-on vu les acteurs changer de politique ou démissionner pour offrir une sortie de crise ? Point du tout. »

À l’opposé, il n’échappe à personne de bon sens, certes de manière inversement proportionnelle, que les stades et autres installations de sport-spectacle à grande audience, tel le football, ainsi que les salles de divertissement et autres billevesées destinées à amuser les foules, n’ont jamais connu une telle inflation numérique ni suscité une telle préoccupation de la part des autorités politiques, à l’image de la Rome antique lors de son époque décadente. Il est vrai qu’une foule occupée à la fête et aux spectacles pense moins aux affaires de la cité. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous subirons le même destin funeste que cette civilisation fameuse.

La tranquillité des notables de ce monde, s’occupant avec excellence de nos destins, s’achète à ce moindre prix. Les bénéfices immédiats semblent primer sur le long terme. Mais je dois me tromper ! Si nos cadres avaient d’autres priorités que l’intérêt général, nous en aurions sûrement des signes extérieurs, visibles par l’écho des médias, et j’en ferais l’écho.

Par ailleurs, comble de l’ironie, on demande aujourd’hui de payer ou de consigner une amende avant d’avoir droit à une procédure de recours. Cet état de fait porte gravement atteinte au droit du justiciable, et je refuse de subir les rigueurs de ce système outrancier et dissuasif, conçu pour éviter les contestations ou réclamations. En l’espèce, cette opération, issue d’une fiction juridique supplémentaire de notre droit, me contraint à débourser plus du triple de l’amende réelle encourue pour mon infraction, alors que le fait majorateur incombe en réalité à un manquement des services postaux dans la remise à mon adresse du pli initial. De surcroît, le déblocage d’une telle somme met financièrement en péril les foyers les moins aisés, dont je fais modestement partie.

Je refuse de payer cette cascade de dysfonctionnements du système judiciaire, quand bien même cela mettrait en péril la bonne conscience répressive électoraliste ou, surtout, l’appétit fiscal de notre gouvernement. Je sais que notre Nation, endettée à l’excès depuis le sacrifice d’une loi scélérate des années 1970 obligeant l’État à recourir aux banques privées, a un besoin impérieux d’argent pour rembourser les intérêts absurdes d’une dette sans fondement, si ce n’est celui de créer une monarchie industrielle et bancaire à l’échelle planétaire. Tant et si bien que cette absurdité nous conduit à verser aux banques l’équivalent de la totalité de l’impôt sur le revenu pour les seuls intérêts de la dette, dette qui ne sera jamais remboursée, quelles que soient les mesures d’austérité entreprises.

Or, l’histoire nous enseigne que les sociétés anciennes avaient déjà compris le danger d’un endettement perpétuel. Dans la Mésopotamie antique, le Code d’Hammourabi prévoyait des remises périodiques de dettes afin d’éviter que les citoyens ne tombent dans l’esclavage pour dettes. De même, dans la tradition biblique, le jubilé était célébré tous les cinquante ans : les terres confisquées devaient être restituées, les esclaves libérés et les dettes annulées. Ce mécanisme n’était pas une utopie mais une nécessité sociale, visant à préserver l’équilibre de la communauté et à empêcher l’accaparement des richesses par une minorité. Jésus lui-même fait allusion à cette remise des dettes dans le Notre Père : « Remets-nous nos dettes, comme nous les remettons à nos débiteurs ».

Les Français savent-ils que jadis, tous les cinquante ans, la société s’octroyait le droit d’annuler toutes les dettes, car il était reconnu que les marchands du temple et autres usuriers abusaient inexorablement de leur pouvoir bancaire ? Ces pratiques, loin d’être marginales, étaient au cœur de la survie des civilisations : elles évitaient les crises sociales et les révoltes paysannes, comme celles qui éclatèrent en Europe au Moyen Âge et à la Renaissance, souvent liées à un endettement insoutenable. Les citoyens sont-ils convenablement avertis de cet état de fait ? Et qu’aucune loi ni aucune démocratie moderne ne peut défaire, si ce n’est par la révolte, cette construction politique forcée, tandis que ces pouvoirs dictent leur volonté au-dessus de celle des parlements ? Preuve en est des traités conclus en sous-main, comme de cette hypocrisie consistant à chercher partout quelques milliards au milieu de ces horizons bancaires mirifiques qui nous entourent en Europe, et qu’il suffirait simplement d’observer.

Si besoin était, il s’agirait alors plus sérieusement et efficacement de s’attaquer aux cadeaux fiscaux généreusement concédés aux grandes entreprises de l’économie de service, du “net”, industrielles, financières ou pétrolières internationales œuvrant sur le territoire national sans payer le moindre denier — scandale ! Ou encore de réclamer le montant des infractions de la grande distribution non perçues par l’État entre 2000 et 2008, s’élevant à près de 418 milliards d’euros — scandale ! Ou bien de s’attaquer au pactole de 10 000 milliards d’euros échappant au FISC, fortune à peine dissimulée dans les 65 paradis fiscaux habilement répartis dans le monde, dont une dizaine se cachent scandaleusement à nos frontières, avec la connivence implicite de l’ensemble des composantes politiques européennes. Comment les condamner, alors que nos propres banques françaises y font leurs bénéfices et y détiennent des filiales par dizaines ? Où est l’égalité ? Voyez ! Quand on cherche, on trouve. Mais il faudrait s’attaquer aux maîtres de ce monde, pour lesquels beaucoup œuvrent en secret.

Certes, il est sûrement politiquement moins périlleux de faire politique de façade et de dresser contraventions à quelques innocents mal informés sur le fonctionnement de leur microcosme politique. Par ailleurs, nous devons, par intérêt, faire confiance à nos élus besognant dans le strict intérêt de la collectivité, chez qui les gens malhonnêtes sont exception, ainsi que le révèle l’affaire d’un certain ministre Cahuzac en cette année 2013. Et c’est une honte de la part de ce malheureux qui, étant donné les facilités du système institutionnel à ces niveaux de l’État, où connivence et “secret d’État” font règle, doit sûrement être un cas isolé. J’en suis sûr ! Jamais personne dans ces milieux affairistes, << croix de bois, croix de fer >>, n’a dû songer à posséder un ou plusieurs comptes cachés ou à faire transaction en sous-main, ainsi que le laissent supposer certains faits historiques et bibliographiques, certaines actualités au travers des affaires pénales en instruction. Le doute persiste, puisque le secret, les procédures dilatoires, les menaces de révélation (affaire Pasqua) pour faire taire les poursuites, et les transactions souterraines demeurent la règle au sommet de l’État. Pourtant, les exemples dans l’histoire contemporaine foisonnent, et ces coïncidences répétées troublent mon esprit critique maladif.

« Angolagate » ou l’affaire Mitterrand–Charles Pasqua… ou celle, non moins scandaleuse, des frégates de Taïwan, liée à un contrat d’armement signé en août 1991, prévoyant la vente par des industries françaises de six frégates destinées à la marine taïwanaise. À cette occasion, plus de 500 millions de dollars furent versés sous forme de commissions aux autorités chinoises et taïwanaises. Une partie de ces sommes serait revenue en France sous forme de rétrocommissions. Je ne parle pas de ces États bancaires siégeant à nos frontières, courtisant les fortunes occidentales ou venues d’ailleurs par une surenchère de privilèges. Que d’exemples de probité ! On ne voit guère, en ces matières, se manifester la même fougue vengeresse des autorités répressives que celle déployée contre les petits individus lambdas.

Évoquons encore les scandales du financement de Nicolas Sarkozy et les soupçons de corruption lors de la campagne d’Emmanuel Macron, où furent promis des retours à certains soutiens par le biais de privatisations et de cabinets privés. En 2017, la campagne de Macron fit l’objet de soupçons de financement illégal liés au recours massif à des cabinets de conseil, notamment McKinsey, dont les contrats publics explosèrent ensuite (près de 500 millions d’euros), alors que cette société n’avait pas payé d’impôt sur les sociétés en France pendant plusieurs années. Un rapport du Sénat en 2022 mit en lumière ces pratiques et le Parquet national financier ouvrit une enquête préliminaire pour favoritisme et financement illicite. Mais à ce jour, aucune preuve judiciaire n’a confirmé des contreparties ou une vente au privé en faveur des soutiens, et l’affaire reste au stade d’investigations. Olivier Marleix, disparu dans d’étranges conditions, joua un rôle dans ces affaires : il ne mena pas l’enquête judiciaire lui-même, mais contribua à lancer des alertes et à saisir la justice sur des soupçons de financement illégal liés à la campagne de 2017 et aux liens avec certains acteurs industriels, notamment lors du rachat du pôle industriel Alstom.

Je suis cependant sûr que les nombreux scélérats, ayant pignon sur rue, donnant conférences et publiant leurs plumes en librairie, paieront très cher leurs forfaits après procès en bonne et due forme, et que de promptes réformes institutionnelles et législatives pertinentes interdiront à l’avenir de telles cabales. Les biens ainsi acquis de manière malhonnête seront confisqués rétroactivement pour rendre les fortunes au peuple. J’en suis sûr ! Les citoyens en seront bientôt témoins… sinon, notre belle Nation signerait sa connivence incontestable avec de telles pratiques honteuses. La démocratie ne serait plus, dans le cas contraire, qu’un vain mot. Les citoyens, et moi-même, vous y attendons bulletin à la main. La révolte gronderait sinon, en remerciement de ces tromperies.

Nous serons donc témoins du travail législatif obligatoire en la matière. Par ailleurs, s’il restait le moindre doute, les statistiques sur le nombre d’exilés fiscaux et le volume réel des transactions internationales en font foi, de la même manière que l’étonnante présence de ces micro-États spécialisés dans la finance ou les transactions discrètes, tous placés exactement aux frontières de nos grandes démocraties pour digérer ces volumes financiers gargantuesques. Les loups et les lions ne font pas mieux pour préparer la curée à l’orée des bois. Ces indices matériels ne trompent pas sur la volonté réelle de nos contrées. Peut-être nous ment-on !

Par ailleurs, je ne pense pas que l’on ait jamais demandé à une compagnie pétrolière, dont les bateaux dégazent régulièrement leur cargaison putride d’hydrocarbures en mer — et parfois sur les côtes, par accident dit-on, lorsqu’ils sont pris d’indigestion ou de crampes intestinales — ni à aucun parti politique, expression de la seule volonté des masses selon mon naïf dictionnaire, notamment lors des affaires relatives au financement occulte des campagnes électorales (et j’en passe, au vu de la scandaleuse actualité concernant nos élus et ministres), de verser le sixième de leurs revenus au titre préventif de sanction pénale, comme il m’est demandé ! Ces organes se voient-ils officieusement dotés de fonctions dissimulées ? Une loi d’amnistie, élaborée à l’unanimité, ferait table rase de cette disgrâce s’étalant sur plusieurs décennies et faisant honte à l’ensemble de la classe politique.

C’est peut-être finalement dans ces moments « difficiles », mettant en péril l’ensemble de l’édifice commun, que nos cadres peuvent établir un véritable consensus, certes intéressé, qui donnera bonne allure de façade au débat républicain. Tout le monde sera sauvé… sauf les comptes du citoyen. La République des partis politiques avait-elle vraiment besoin de ces mécanismes souterrains pour fonctionner ? Cache-t-on quelque chose aux citoyens sur la réalité des rouages décisionnels ? Cela ne fait pas de doute.

Mon inquiétude va plus loin : la rigueur pénale doit s’exprimer dans le respect des principes fondamentaux, dont le premier est l’égalité entre les citoyens. À quand donc la proportionnalité directe en tous domaines et pour tous, notamment des sanctions comme des amendes calculées en fonction des revenus ? Oups ! Pardon… Je comprends bien : cela n’arrangerait pas les grands de ce monde qui, décidément, savent mieux que les modestes orienter les débats et convaincre les parlementaires, censés défendre la cause du faible.

Il semble, dans un tel contexte de mensonge généralisé, préférable d’appliquer une certaine fougue vengeresse sur les gens modestes, en mal de défense. Ceux-là n’ont en définitive à proposer que leur vil bulletin de vote, dans un système que l’on sait étroitement encadré par les grands médias, au gré d’une agitation pseudo innocente. Ainsi se crée une inertie irrésistible, où se mêlent frénésie de consommation et doux parfum de vedettariat. On amuse les foules en même temps qu’on les accable, pour les empêcher de réfléchir ou de résister. La mécanique est bien rodée, connue depuis l’Antiquité : les temps et les formes ont changé, mais la réalité des mécanismes sociétaires demeure la même. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois, et c’est arrogance de la part d’un simple utilisateur du bitume en rogne, comme moi, d’avoir l’honneur de vous servir cette modeste vérité vue d’en bas.

Rien ne changera : la guerre des domaines et des rois s’étendra jusqu’à la fin des temps. Le modeste vise moins loin que le notable et se contente de nourriture. Je suis pour une stricte application de la loi et vous demande d’appliquer le principe d’égalité entre les citoyens, sans aller jusqu’à la loi d’amnistie pour m’épargner, comme ce fut le cas pour sauver lesdits organes démocratiques, ni de réunir un tribunal « arbitral » en ma faveur, comme dans l’affaire opposant les banques à M. Bernard Tapie. Non ! Si je suis coupable, je tiens expressément à racheter ma faute. Oui, monsieur ! Les « petites gens » aiment expier leurs fautes : on leur fait croire, médias et moralistes connivents à l’appui, que l’éternité est à ce prix. Chacun doit porter sa croix. Je porterai la mienne.

En effet, les pauvres estiment avoir mauvaise conscience ou être éternellement redevables, au moins d’une contravention routière, et l’on leur fait assidûment, par voie médiatique, jour après jour, la morale sur des futilités… pendant que d’autres se délectent, dans un combat sans pitié, des fruits inégaux d’une croissance manipulée. Par ailleurs, des gangs assoiffés de sang se partagent impunément — ou peut-être avec la complicité au moins passive de certains hauts dignitaires feignant diverses politiques répressives — les cités pour des marchés de drogues. Car stopper le marché de la drogue impliquerait une action conjointe internationale : éradiquer les sites de production et les réseaux de connivence, surveiller le milieu bancaire et fiscal pour déceler les mouvements suspects et les richesses injustifiées, enfin contrôler les frontières pour empêcher le transit facile des marchandises. Mais de telles actions mettraient à jour les illogismes parallèles qui servent d’autres systèmes d’intérêts. Personne ne le souhaite. Alors nos gouvernements font semblant d’agir, organisant quelques opérations coup de poing ponctuelles et médiatiques.

Plus loin, à l’abri des obus et des baïonnettes, les violences les plus terribles vont bon train sans la moindre effusion de sang : des affairistes cravatés et sans scrupules escroquent, à l’abri de leurs bureaux, des milliers de gens sans être inquiétés, sinon par des procès tronqués les privant seulement de l’équivalent d’un argent de poche. Non loin de là encore, des hommes d’État, dont les fiers portraits enorgueillissent les murs des mairies partout sur la planisphère, se font offrir, selon les plus sceptiques, en sous-main des millions d’euros au passage de diverses transactions financières plus ou moins officielles. Et ici comme ailleurs, aujourd’hui comme depuis toujours, des millions de pauvres crédules, agités par une haine organisée pour créer désordre et faire plier l’adversaire sous le poids des masses ignorantes, sont jetés sans pitié dans la mêlée, au combat armes à la main, pour des guerres de partage de richesses ou d’empires qui ne les concernent pas et dont ils ne tireront aucun intérêt.

Ainsi en est-il d’une méchanceté, d’un mépris et d’une hypocrisie ordinaire chez les gens dits civilisés. Certes, tout le monde sait bien que les absents et les faibles ont toujours tort. Voilà donc ouvert le bal des hypocrites, destiné à masquer une bien triste réalité : l’égalité des droits promise par la République, ici comme ailleurs, n’est encore qu’une chimère inaccessible à l’aube du XXIᵉ siècle, en violation des principes fondateurs élémentaires gravés sur le fronton de notre société politique.

Tant pis pour ceux qui croient les discours de menteurs patentés, et malheur à ces éducateurs qui les enseignent dans les écoles aux innocents comme un vulgaire bourrage de crâne.

En conséquence, je demande officiellement et simplement à l’administration fiscale de me signifier à l’avenir l’original non majoré de mon infraction, afin de le payer en bonne et due forme. Je reconnais cette faute honteuse d’avoir dérangé votre robot-fiscal en plein sommeil. Je plaide, mais je sais bien la cause perdue d’avance, car il faut compenser l’érosion des budgets locaux par ces recettes scélérates. J’admets encore que cette lettre n’est qu’un exutoire citoyen fielleux, voué à finir dans les poubelles.

Je sais par ailleurs que vous êtes motivés et uniquement guidés par un souci d’efficacité, de justice et de pédagogie. C’est pourquoi je vous transmets ci-après une petite série non exhaustive de pistes, au cas où vous souhaiteriez réellement réduire le nombre de décès sur les routes, comme le laisse supposer cette vague de répression fiscale :

Limiter la puissance des moteurs à la construction / Créer des infrastructures routières et des schémas urbains plus adaptés à la circulation ( moins de croisements et des voies spécifiques à chaque moyen de transport ) / Compléter le tout par un système de transport public collectif efficace ( Gratuit et sans interruption de service ) Mais le commerce des biens ne pourrait survivre à une telle politique, et j’oublie que votre idéal suit cet impératif premier. Il faudrait plus de sincérité. Cela ne semble pas être le cas ! À croire, pour finir, que l’on cherche à faire payer aux citoyens, sur différents tableaux, le prix des mauvais choix de nos politiques. Bref, comprenez mon indignation, puisque je ne suis pas dupe.

Certain de votre compréhension, persuadé d’avoir fait de vous un citoyen informé, voire révolté par ces quelques paragraphes dithyrambiques exagérés, sur un ton humoristique et sarcastique mais plein d’une vérité troublante, je vous prie d’agréer, monsieur le percepteur des taxes routières, l’expression de mes sincères et amères salutations. …. »


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