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Gaza : L’assassinat silencieux de la santé mentale — Réflexions & Solutions

Pendant que les bombes s’abattent, que les immeubles s’effondrent, que les enfants perdent leurs parents, un autre massacre, invisible…

Othman Abou Fayez · 2025-04-28 22:50 · 0 claps · 3.7 min read
#santé-mentale #mental-health #gaza-genocide #palestine-solidarity #palestine
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Wiki topics: PSY · Mental Health & Psychiatry

Gaza : L’assassinat silencieux de la santé mentale — Réflexions & Solutions

Pendant que les bombes s’abattent, que les immeubles s’effondrent, que les enfants perdent leurs parents, un autre massacre, invisible celui-là, s’opère sous nos yeux : l’effondrement systématique de la santé mentale de toute une population.

Gaza n’est pas seulement détruite physiquement.

Gaza est détruite psychologiquement.

Chaque frappe aérienne, chaque journée de siège, chaque nuit sans sommeil est une lame de plus sur l’esprit des Gazaouis.

Aujourd’hui, 71 % des adultes de Gaza sont cliniquement dépressifs, contre une moyenne mondiale d’à peine 5 %.

Chez les enfants, la situation est pire encore : 80 % vivent dans un état de détresse émotionnelle permanente, 55 % pensent régulièrement à mourir, 59 % se mutilent pour échapper à l’angoisse.

Un million d’enfants. Un million d’esprits brisés.

Et pourtant, il a fallu attendre 2022 pour qu’une enquête nationale soit réalisée sur la santé mentale palestinienne — comme si le monde avait besoin d’une étude de plus pour croire ce que chaque regard d’enfant terrorisé crie depuis des décennies.

Comme si les larmes et les cauchemars, les crises d’angoisse et les convulsions, les silences et les regards vides n’étaient pas des preuves suffisantes.

Depuis seize ans, Gaza est enfermée sous blocus.

Depuis seize ans, Gaza est bombardée à répétition.

Depuis seize ans, le monde regarde ailleurs.

Ce que vivent les Gazaouis ne s’appelle plus du stress post-traumatique. Il n’y a pas de « post » quand le traumatisme est quotidien, perpétuel, institutionnalisé.

Il n’y a pas de “guérison” possible quand l’enfance même est arrachée aux enfants.

Quand la peur de mourir devient leur premier souvenir.

Le génocide psychologique de Gaza est une arme de destruction massive aussi létale que les bombes et les blocus. Détruire l’esprit, c’est empêcher toute reconstruction. C’est anéantir la capacité d’aimer, de rêver, de croire en demain.

Chaque jour, de plus en plus d’enfants de cinq ans connaissent la dépression. Chaque jour, des adolescents, qui n’ont connu que le siège et la guerre, souhaitent mourir plutôt que vivre.

Chaque jour, des mères ne peuvent plus protéger leurs enfants, des pères sont écrasés par l’impuissance, des soignants craquent sous le poids de tant de souffrances sans issue.

Aujourd’hui, 485 000 Gazaouis souffrent de troubles mentaux sans accès aux soins.

1,2 million d’enfants nécessitent un soutien psychologique immédiat.

Et pendant ce temps, le monde débat.

Le monde tergiverse.

Le monde compte les morts, mais oublie les vivants brisés.

Il ne s’agit pas seulement de reconstruire des hôpitaux et des maisons. Il faut reconstruire des âmes.

Il ne s’agit pas seulement d’envoyer de l’aide humanitaire. Il faut envoyer de l’espoir.

La création d’un Institut National de la Santé Mentale à Gaza n’est pas une option.

C’est une obligation morale.

C’est une dette envers un peuple qui continue, malgré tout, de chercher la lumière au milieu des ruines.

Tant que nous permettrons ce massacre psychologique, nous serons tous complices du plus grand crime silencieux de notre temps.

Gaza crie.

Gaza saigne.

Gaza souffre en silence.

Nous n’avons plus le droit de détourner les yeux.

Parler de la santé mentale à Gaza, c’est parler d’un crime qui ne laisse pas de traces visibles, mais qui assassine l’âme d’un peuple entier. Ce n’est pas un dommage collatéral. C’est une arme de guerre.

Depuis des décennies, les Gazaouis sont piégés dans une prison à ciel ouvert, sous le feu constant des bombardements, sous le poids insoutenable du blocus, sous l’humiliation quotidienne des privations. Aujourd’hui, ce ne sont pas seulement leurs maisons qui sont réduites en miettes. Ce sont leurs esprits, leur capacité à survivre mentalement, leur dignité humaine même qui sont méthodiquement détruits.

71 % des adultes à Gaza souffrent de dépression clinique. 55 % des enfants avouent souhaiter mourir. 59 % des enfants se mutilent pour exister dans un monde qui ne leur offre plus aucun refuge, ni physique, ni émotionnel. 485 000 personnes souffrent de troubles psychologiques sans aucun soin disponible. 1,2 million d’enfants ont besoin d’un soutien mental d’urgence. Chaque chiffre est un cri. Chaque pourcentage est une condamnation.

Et pendant ce temps, la communauté internationale continue à parler de « processus de paix », de « solutions à deux États », de « cessez-le-feu ». Pendant ce temps, les enfants de Gaza apprennent à compter non pas des bonheurs, mais des morts.

Le « post-trauma » n’existe pas ici, car le trauma est permanent. Le monde médical parle de « stress post-traumatique » ; à Gaza, il faudrait inventer un nouveau terme : le stress intra-traumatique. Il n’y a pas de rémission possible quand la violence est systémique, quand la peur est quotidienne, quand l’avenir est une blague cruelle.

La destruction psychologique de Gaza est une stratégie politique. Car un peuple brisé, traumatisé, vidé de toute capacité de résilience, est plus facile à dominer, à expulser, à réduire au silence.

Briser les esprits, c’est briser la résistance. Briser les enfants, c’est tuer l’avenir d’un peuple.

Cela s’appelle : crime contre l’humanité. Cela s’appelle : génocide psychologique.

Les quelques projets de soutien psychologique — comme l’initiative de l’OMS en 2016, achevée en 2019 — ne sont que des pansements sur des blessures béantes. Comment prétendre « renforcer la résilience » d’une population qu’on prive de base vitale : l’eau, la nourriture, la sécurité, la dignité ? Comment croire à la guérison sans la justice ?

Créer un Institut National de la Santé Mentale à Gaza n’est pas une œuvre caritative. C’est un acte de résistance. C’est un devoir moral. C’est un geste politique.

Car reconstruire les esprits, c’est reconstruire l’espoir.

Parce qu’un peuple qui guérit est un peuple qui lutte encore pour sa dignité.

Il est temps d’arrêter de pleurer les morts tout en abandonnant les vivants. Il est temps d’arrêter d’excuser l’horreur sous des mots diplomatiques.

Le siège psychologique de Gaza doit être dénoncé comme ce qu’il est : une guerre contre l’esprit humain.


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