Albums // Albums de la semaine dernière (Semaine 45)
Cette semaine, nous avons été gâtés en (très) grosses sorties, et ce n’est pas peu dire.
Albums // Albums de la semaine dernière (semaine 45)
La semaine dernière, nous avons été gâtés en (très) grosses sorties, et ce n’est pas peu dire.

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La Dispute — Somewhere At The Bottom Of The River Between Vega and Altair (10 years)
La Dispute fêtait les 10 ans de son bijou qu’est Somewhere At The Bottom Of The River Between Vega and Altair. Et pour l’occasion, nos emos préférés ont ressorti cette merveille, pour notre plus grand plaisir. Une occasion de redécouvrir leur univers si particulier, bouleversant, qui vous prend par les tripes. La détresse de cet opus n’a pas de comparaison, et la première claque condensée d’une minute et trente cinq secondes, que nous colle la splendide “Such Small Hands”, ouvrant l’effort, n’est qu’un petit aperçu de l’étendue de leur talent. 13 titres de rage, de colère, hurlées, alliées à des compositions ultra musicales, riches et complexes, fait de cet album un chef-d’oeuvre sans pareil. Les morceaux sont meilleurs les uns que les autres, et dix ans après n’ont pas pris une ride. “Said the King to the River”, “Damaged Goods”, “Fall Down, Never Get Back Up Again”, “Bury Your Flames”, “The Castle Builders”, “Andria”… Tant de morceaux à en perdre haleine, d’une fragilité déconcertante, et pourtant si puissantes, qui ont influencé cet univers musical, et qui somme toute ont gardé leur originalité, et n’auraient rien à voir avec quoi que ce soit d’autre s’ils ressortaient aujourd’hui. La Dispute, c’est une urgence des sentiments, qui brûlent à en faire mal, qui collent la chair de poule encore longtemps après la fin de l’écoute, et malheureusement, personne n’en sort indemne.

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Architects — Holy Hell
S’il y a une sortie qu’attendait l’équipe de Spread Their Sound, c’est sans doute celle de Holy Hell de Architects. Huitième opus, mais premier sans le créateur et l’âme de la formation, Tom Searle, cette sortie se révèle être bien plus que de la musique : c’est un hommage, et un pied-de-nez à la vie. Deux ans après la perte tragique de Tom, le groupe décide de regarder la mort en face, et l’artwork, faisant étonnement penser à un oeil, nous prévient de cela. Cette perte tragique a pourtant chamboulé cette petite famille, et notamment Dan, son frère jumeau. Laissant derrière lui un très fort héritage musical, et surtout une oeuvre inachevée, il incombait à ses confrères de perpétuer son esprit, et continuer de faire vivre son fantôme à travers de nouveaux morceaux. Et pour cause, ce sont d’ailleurs des brouillons de ce dernier qui ont servi de base et d’inspiration à cet album, notamment “Doomsday” dont il avait commencé l’écriture. Il n’est donc pas difficile de comprendre pourquoi, sans être fondamentalement identique, Holy Hell ne diffère pas beaucoup de leurs précédents travaux (surtout Lost Forever // Lost Together, très fortement présent dans ces nouveaux titres, mais aussi All Our Gods Have Abandoned Us) : il a pour vocation de finir un chantier, et de cristalliser la pensée, le souvenir, et surtout la mémoire de Tom. Cette sortie est une étape nécessaire au deuil d’Architects pour pouvoir par la suite donner naissance à de nouveaux projets, portés par la nouveauté qu’apporte Josh Middleton à la guitare. L’ancien chanteur et guitariste de Sylosis n’a pas tardé à mettre la main à la pâte sur cet ouvrage, en offrant une touche plus lourde aux chansons, comme par exemple sur “The Seventh Circle” ou encore “Death In Not Defeat”… Ou de grandes envolées, comme dans “Mortal After All”. Holy Hell est un album infiniment violent, mais pas forcément dans le sens qui nous vient en premier à l’esprit. Les screams à fleur de peau, écorché, de Sam, ses paroles d’une force et d’une émotion telle que nous ne pouvons pas nous sentir bousculés intérieurement et être poussé dans les retranchements de notre sensibilité. C’est un effort éminemment personnel et poétique dans ses choix, tant dans sa composition (qui comprend pas mal de violons et de piano), que dans ses textes, que dans son intention. Cette expression de leur douleur, de la complexité du deuil et des émotions que cela engendre, qu’ils mettent à nu, pour s’en libérer, est cathartique, et pour cette seule raison, HH est un trésor à chérir, tant pour eux, que pour nous.

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Imagine Dragons — Origins
Quoi de mieux qu’un album s’appelant “Origins” pour un travail qui constitue un retour aux sources ? Imagine Dragons a pris une bonne résolution avant l’heure en faisant ce choix. Leur précédent effort, Evolve, était peut-être une évolution qui n’était pas forcément adéquate à leur aspirations, et le groupe s’en est corrigé avec cette nouvelle sortie. Si les premières notes de “Natural” nous promettent un opus calme, la tempête retenti sur le refrain. Les garçons n’ont pas perdu de leur entrain et de leur énergie, et c’est tant mieux ! On y retrouve des univers multiples, dans des ambiances différentes, et cela en fait un opus très intéressant. En 16 titres, la formation nous fait osciller entre le pop-rock “Natural”, la plus délicate “Boomerang”, l’acoustique-folk de “West Coast”, la fédératrice “Bad Liar” plutôt rock, la presque psychédélique “Bullet In a Gun”, sans parler de l’électrique “Digital”, sans oublier la très jolie ballade “Stuck”. On y trouvera même un featuring avec le DJ Kygo sur leur titre “Born to be Yours”, ainsi que leur titre ultra punchy “Zero” écrit pour le film Ralph 2.0 qui sortira pour la licence Disney. Chaque titre a son propre univers, sa propre identité, ainsi chacun peut y trouver son compte, et il n’y a pas de place pour l’ennui. Et pour couronner le tout, le quatuor n’oublie pas de nous gratifier de textes profonds et intelligents comme à leur habitude, sur le monde qui nous entoure, sur la société déshumanisante, ou encore sur les difficultés de la vie, notamment la leur, avec le rapport à la célébrité, la dépression, ce qui ajoute une grande qualité à leur travail en plus du simple plaisir des oreilles. En somme, Imagine Dragons a fait un choix brillant en décidant de faire un pas en arrière, afin d’en faire un plus grand en avant. Ainsi, Origins est un superbe retour aux origines, tout en étant une porte ouverte aux nouvelles possibilités et expérimentations du groupe.

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Muse — Simulation Theory
Muse est un groupe qui, depuis quelques albums déjà, divise ses fans, un peu plus à chaque fois. Et Simulation Theory est la suite logique de cette dégringolade : surfait, titres surproduits, insipide, sans âme… Les morceaux sont bien produits, bien construits, parfaitement exécutés, mais c’est ce côté “trop parfait” qui lui enlève toute saveur, et c’est dommage. L’album défile et nous n’en retenons que peu de choses, aucun titre ne ressort vraiment, ni ne reste en tête. Pour autant, prendre le temps de s’attarder sur les détails permet malgré tout de sauver quelques meubles (le plus évident étant la voix incomparable de Bellamy, mais il serait difficile de faire sans). En effet, l‘album se constitue de deux parties, dont la seconde est estampillée “réalité virtuelle”, qui reprend les titres de la première partie, en les associant à de l’électro. Il y a réellement deux mondes dans cet opus, et si l’on se détache du passé musical de Muse et que l’on se focalise sur la prise de risque que cela représente pour eux, on peut facilement se laisser prendre au jeu. Le groupe nous propose la bande son d’un film imaginaire, entre Tron et Stranger Things. Par ailleurs, les paroles sont intéressantes, traitant de la société, des soucis qui subsistent en son sein, de ce monde qui va mal, ce qui aide à comprendre la dualité qui existe dans cet effort, entre réalité, et réalité alternative. Pour autant, il faut admettre que Simulation Theory n’est pas album de l’année, ni même l’album de la carrière de Muse, et c’est dommage.
메타데이터
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- 2026-07-14 20:05:20