Le coussin (1)
Bouclier insolite mais indestructible
Le coussin (1)
Bouclier insolite mais indestructible

Photo by Justin Aikin on Unsplash
C’est facile d’avoir la foi quand tout va bien. Mais quand tu te retrouves balloté de tous côtés par une tempête de la vie, que ta barque prend l’eau et commence à s’enfoncer, que le vent gronde et les ténèbres s’épaississent, tu perds tes moyens et tes émotions se déchaînent.
C’est ce qui est arrivé aux disciples de Jésus, pourtant pêcheurs aguerris pour certains, lors d’une traversée… ordonnée par leur Maître, précisons-le. Les narrateurs décrivent leur réaction sobrement : « Ils le réveillèrent et lui dirent : Maître, ne t’inquiètes-tu pas de ce que nous périssons ? » Mais ce réveil n’a dû être ni courtois ni posé, LOL. Déjà, quand Papa te réveillait, enfant, plutôt que Maman, tu sentais la différence, non ? Imaginons donc 12 gaillards, d’une époque où l’on vivait à la dure, en panique, interpellant Jésus qui, lui, dort tranquillement dans la barque qui se remplit.
J’ai prêché sur « la tempête apaisée » il y a quelques temps à l’église. Aussitôt, j’ai su qu’il fallait diffuser ce message à plus large échelle… Et aujourd’hui, en cette période particulière de l’année où la dynamique des vacances s’achève pour céder la place aux préoccupations de la rentrée, aux relances plus intenses côté boulot et aux plans, inquiétudes ou aspirations pour le dernier tiers de 2025, j’aborde avec vous un sujet qui nous concerne tous mais dont on n’aime pas forcément parler, surtout lorsque l’on affirme être un croyant convaincu et engagé : LA PEUR.
La tempête apaisée est racontée dans Matthieu 8 :23–27, Luc 8 :22–25 et Marc 4 :35–41. J’avais utilisé la version de Marc (à relire, je vous prie) qui contient un détail troublant et magnifique à la fois, sur lequel on s’attardera dans la seconde partie de cet article. Mais commençons par le commencement.
Une expérience fort instructive
J’ai récemment vécu une expérience qui m’a donné une meilleure perspective sur ce récit : j’ai vogué pendant des heures sur le Nkam et le Wouri, dans une pirogue (à moteur quand même) ! Nous n’avons pas essuyé de tempête sur ces fleuves camerounais, grâce à Dieu, mais nous étions bien… concentrés, loin de « La croisière s’amuse ». Car la puissance et l’immensité des eaux affrontées par ton frêle esquif te rappellent sans équivoque que tu n’es qu’un grain de poussière — peut-être souffrant en plus du mal de mer — dans une création gigantesque. Point de salut, ni à gauche, ni à droite, si les choses dégénèrent !
Comment ne pas, dans de telles conditions, crier à l’Éternel et prier dans toutes les langues des hommes et des anges que tu connais ?
Psaume 11 :1 :** **C’est en l’Éternel que je cherche un refuge.
Proverbes 18 :10 : Le nom du Seigneur est une tour forte/forteresse ; le juste y court/s’y réfugie, et se trouve en sécurité/y sera en haute retraite/est hors d’atteinte.
Ces vérités deviennent réalité pour celui qui les applique. Oui, si je décide de rechercher la présence du Dieu de mon salut quand les bourrasques du quotidien menacent de me faire chavirer, je peux y trouver refuge, sécurité et paix. Cette solution fonctionne aussi bien face aux circonstances défavorables, au deuil, à la maladie, que face aux tentations, aux blessures ou au stress.
Mais sans le refuge divin, l’anxiété monte, les pensées s’affolent, la peur paralyse ou déboussole. Alors nous avons tendance à faire n’importe quoi, à réagir précipitamment, à oublier ce qu’on sait de Dieu, et même à l’accuser (ouvertement ou non)… exactement comme l’ont fait ses disciples du premier siècle durant cette traversée périlleuse.
Si Dieu est au contrôle de tout, n’avons-nous pas raison de lui reprocher de permettre ces difficultés dans nos vies ainsi que leur forme ou leur durée ?
Un petit mot, devant l’adversité, en a terrassé plus d’un. Question taboue pour certains, revendication prétentieuse pour d’autres, abîme de détresse pour elle, tourbillon de confusion pour lui, ce mot interrogateur reste bien souvent sans réponse précise : Pourquoi ???
La peur, infaillible révélateur
Le Dieu omniscient et omnipotent, maître du temps et des circonstances, n’a pas laissé la situation entre les mains du hasard ! Non, Jésus a conduit les disciples dans la tempête. Hum ! Des raisons bien précises, un motif utile et nécessaire, le guidaient, même si André, Thomas et les autres n’en savaient rien.
Le Seigneur s’est aussi assuré d’être tout près d’eux, prêt à agir, à la distance d’une simple prière… même empreinte de frustration et de doute sur Ses intentions, Son attention et Son affection. Pour toi et moi également, le bon Berger sait intervenir juste au bon moment.
« S’étant réveillé, il menaça le vent, et dit à la mer : Silence ! Tais-toi ! Et le vent cessa, et il y eut un grand calme. » (v.39)
Wow ! Gloire à Dieu !
Fin de la tempête ! Fin de l’histoire ? Oh, que non ! Le problème de fond n’était pas réglé ! Jésus s’y attaque aussitôt par une double question (v.40) : Pourquoi avez-vous peur comme ça ? Où est votre foi ?
Le Seigneur interroge ainsi chacun de Ses enfants en lien avec ses défis. Il nous invite à examiner nos cœurs et scruter nos pensées. Dans une génération stressée, en perte de repères et sans certitude, comment réagir en tant que croyants ? Y a-t-il moyen de surmonter les inquiétudes qui nous assaillent, comme tout le monde ?
Instabilité politique, conflits sociaux, tensions mondiales, valeurs érodées, familles éclatées, identités confuses, absolus contestés, déviances glorifiées, menaces de pandémies, ressources naturelles disputées, avenir incertain, tout cela déstabilise une humanité qui a rejeté Dieu. Décidés à se débrouiller sans leur Créateur, les uns dépriment ou s’isolent, les autres vivent dans l’instant présent (cf. frénésie du divertissement post-COVID), d’autres encore font les autruches et beaucoup redoublent d’ardeur pour tenter de se bâtir des sécurités qui n’en sont pas.
Les chrétiens ne sont pas immunisés contre ces montagnes russes émotionnelles. Nous sommes humains.
Mais les questions de Jésus à ceux qui professaient croire en lui semblent indiquer que s’ils avaient eu la foi, ils n’auraient pas eu peur de la sorte…
OK ! Avoir ou garder la foi dans les tempêtes de la vie ? Je veux bien, mais… La foi en quoi, en qui, comment, combien de temps ?
Éléments de réponse dans les déclarations suivantes de ce même Jésus à ses disciples au moment de les quitter, sachant ce qui les attendait (ainsi que tous ceux qui viendraient après eux).
**Jean 14:27 : **Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s’alarme point.
Jean 16:33 : Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde.
Réconcilier ce qu’il lit et ce qu’il vit est le plus grand défi du chrétien. Un jour à la fois, une épreuve après l’autre, avec l’assistance de l’Esprit Saint, c’est certainement possible. Voilà septembre. Essayons encore.
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