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Quatre siècles de savoir-faire : l’héritage des régions enneigées de Toyama face aux défis modernes…

Les caractéristiques des bois tournés de Shōgawa

Industrial Resilience & Innovation Institute · 2026-06-07 07:31 · 0 claps · 2.7 min read
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Quatre siècles de savoir-faire : l’héritage des régions enneigées de Toyama face aux défis modernes ―L’avenir des sugegasa d’Etchū-Fukuoka, du washi d’Etchū et des bois tournés de Shōgawa(3/3)

Les caractéristiques des bois tournés de Shōgawa

Source : Association des tourneurs sur bois de Shōgawa

Source : Association des tourneurs sur bois de Shōgawa

Pour conclure cette présentation des artisanats traditionnels de Toyama, j’aimerais évoquer les bois tournés de Shōgawa, principalement fabriqués dans les villes de Takaoka et Tonami, le long de la rivière Shōgawa. Leur principal charme réside sans doute dans les motifs naturels du bois, appelés mokume. Chaque pièce possède un veinage unique, si bien qu’un objet aperçu en ligne peut donner une impression totalement différente une fois vu en réalité. Chaque motif a sa propre expression, et c’est précisément pour cette raison que je recommande de choisir ces objets directement en magasin, au contact du matériau réel.

Les bois tournés de Shōgawa sont fabriqués à partir de planches séchées naturellement pendant une période de six mois à un an. Ce processus seul permet déjà de mesurer le temps et le travail considérables nécessaires à leur fabrication. S’y ajoute la maîtrise de techniques exigeantes, utilisant un tour horizontal spécifique.

Malgré ce travail extrêmement minutieux, certaines pièces sont étonnamment légères selon l’essence de bois utilisée — au point que l’on pourrait parfois les confondre avec du plastique. Cette légèreté, ainsi que leur format particulièrement adapté à un usage quotidien, témoigne du savoir-faire des artisans. Ces pièces de bois tourné deviennent ensuite des objets laqués, comme les laques de Yamanaka, révélant ainsi une toute autre texture et esthétique.

J’ai également eu l’occasion de visiter l’atelier Tada Kiji Kobo en novembre 2025. L’intérieur, rempli de pièces en bois brut et de machines, était véritablement impressionnant. Au-delà de l’accueil chaleureux de M.Tada, ce qui m’a marqué c’est l’ingéniosité présente dans chaque objet : non seulement des assiettes ou des plateaux, mais aussi des pièces aux formes plus complexes, comme des tasses à café.

Accueillir pleinement les démarches des artisans et intégrer leurs créations dans notre quotidien, voilà ce que nous pouvons faire en tant que consommateurs.

Relier tradition et innovation à Toyama

Les artisanats traditionnels de la préfecture de Toyama, que j’ai présentés dans les deux derniers articles, partagent une caractéristique commune : ils allient une forme de « force » et de « souplesse », forgées par un environnement naturel rigoureux, mais aussi une profonde attention portée à ceux qui les utilisent.

Une remarque formulée lors de mes échanges avec Nakayama Kōun résume parfaitement le cœur du problème auquel nous sommes aujourd’hui confrontés : « Les artisanats traditionnels japonais possèdent à l’origine une qualité exceptionnelle, mais leur valeur de marque n’est pas encore véritablement établie. » Même lorsqu’un savoir-faire remarquable et une qualité exceptionnelle existent, il est impossible de transmettre cet héritage à la génération suivante si cette valeur n’est pas reconnue à sa juste mesure par le marché contemporain.

Accueillir pleinement les intentions des artisans et continuer à utiliser leurs créations dans notre quotidien, mais aussi mettre en place des mécanismes capables de transmettre correctement leur valeur et de leur assurer une reconnaissance à la hauteur de leur qualité : telle est, j’en suis convaincu, la mission de l’Industrial Resilience & Innovation Institute.

Aujourd’hui, en collaboration avec M. Nakayama Kōun ainsi qu’avec de nombreux acteurs de l’artisanat traditionnel, nous travaillons à redéfinir la valeur des artisanats japonais et à construire des modèles économiques durables.

J’espère pouvoir présenter plus en détail ces initiatives dans un prochain article. Et si vous en avez l’occasion, je vous encourage sincèrement à découvrir non seulement Toyama, mais aussi Takaoka ou encore Gokayama. En visitant ces lieux, en vivant ces expériences sur place, en échangeant avec les artisans et en observant leur travail, je pense que vous pourrez ressentir la véritable valeur de l’artisanat traditionnel japonais.

Dans le prochain article, j’aimerais me pencher sur l’entreprise Nousaku. Beaucoup connaissent déjà cette entreprise, mais elle me semble incontournable lorsqu’on parle des artisanats traditionnels de Toyama. Merci encore sincèrement d’avoir pris le temps de lire cet article jusqu’au bout.


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