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Sale temps pour les États-Unis en Afrique

Alors que le voyage de J-M Bockel a surtout démontré que le logiciel français en Afrique n’a pas changé, les États-Unis, qui ne semblent…

Mathieu Gotteland · 2024-04-29 09:41 · 0 claps · 1.8 min read
#tchad #afrique #niger #somalie #ae
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Sale temps pour les États-Unis en Afrique

Alors que le voyage de J-M Bockel a surtout démontré que le logiciel français en Afrique n’a pas changé, les États-Unis, qui ne semblent pas plus avoir appris les leçons du retrait de la France du Sahel, subissent à leur tour une campagne similaire.

Après des mois de tentatives d’apaisement des putschistes, ils sont poussés vers la sortie au Niger, suivant une séquence similaire à celle que les Français ont connu au Mali, au Burkina Faso, puis au Niger. La stratégie américaine visant à maintenir le dialogue a donc échoué pour le moment.

Encore faut-il, lors d’un dialogue, plaider pour une ligne défendable. L’incompatibilité des présences américaine et française avec celle de Wagner / Africa Corps, les difficultés et réticences évidentes à faire monter les enchères entre les offres occidentales et russe ont abouti à leur conclusion logique.

Il est par ailleurs indéniable que non seulement les juntes, mais une frange importante des populations trouvent leur compte à une rupture avec l’occident et un rapprochement avec la Russie. Les campagnes de désinformation jouent leur rôle, mais pas uniquement.

L’attitude souvent cavalière des occidentaux vis-à-vis de l’histoire commune et l’obsession de combattre les groupes armés terroristes sur le sol africain envers et contre tout — y compris malgré les leçons de plusieurs échecs stratégiques et malgré les gouvernements des nations concernées, sont deux erreurs fondamentales.

La volonté de rester présents pour une durée indéterminée est une autre faiblesse évidente. Barkhane a moins été chassée du Mali pour son inefficacité militaire que pour la posture du gouvernement qui l’avait conçue — stratégique, diplomatique, morale.

Les commentaires de Bockel sur “l’évidence” d’un maintien des forces françaises au Tchad prouvent que cette leçon n’a pas été apprise. Le voyage de Mahamat Idriss Déby à Moscou, le rapprochement du Tchad avec l’AES, le soutien tchadien aux FSR au Soudan, l’opportunité enfin des élections présidentielles qui approchent auraient dû provoquer dans les chancelleries occidentales une alarme que ni le retrait français du Mali, ni celui au Burkina Faso, n’avaient su provoquer à propos du Niger.

Le bras de fer américano-tchadien ressemble étrangement aux prémices des retraits français et américain des pays de l’AES. La possibilité reste d’un rééquilibrage du partenariat et donc d’un maintien d’une forme de présence pour les États-Unis comme pour la France, sauf arrivée de l’Africa Corps.

Moins en danger en Somalie, à cause de la stratégie avouée de son président, le risque n’y est pas nul, soit en raison de la concurrence entre partenaires, soit en raison de l’attrait déjà exprimé pour une option russe. Moscou avait alors insisté pour l’envoi de l’Africa Corps. L’affaire de corruption autour des forces d’élite Danab financées par l’Amérique est une faiblesse que chacun doit donc prendre au sérieux.


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