Amener de la matière grise dans le milieu rural pour réfléchir ensemble à son devenir.
Début septembre, à l’occasion de leur semaine d’intégration, douze étudiant.es de l’école Boulle (DSAA Design de produit), ont été reçu.es…
Amener de la matière grise dans le milieu rural pour réfléchir ensemble à son devenir.

Début septembre, à l’occasion de leur semaine d’intégration, douze étudiant.es de l’école Boulle (DSAA Design de produit), ont été reçu.es à la Martinière pour participer à un workshop créatif, alliant travail et temps de vie ensemble.
Pensée sous la forme d’ateliers co-créatifs et nourrie de conférences variées, cette semaine était pour nous, membres du Collectif Lafarme, l’occasion d’alimenter nos réflexions à propos des premières problématiques auxquelles la ferme fera face durant sa transformation en Tiers lieu paysan.
Passée la découverte des différents espaces et jardins, nous avons invité les apprenti.es designers à réfléchir à trois thématiques prioritaires : Les bâtiments et les communs, le Fablab rural et un projet d’université populaire autour des jardins partagés.
Voici les propositions que je retiens de cette semaine foisonnante :
En termes d’espaces, de nouvelles circulations ont été envisagées, ainsi que des objets de signalétiques, qui permettraient de mieux distinguer les espaces privés qui doivent le rester, de ceux que les habitant.es à plus court terme auront loisir de s’approprier. La grande grange pourrait également dans un futur proche, s’ouvrir des deux côtés, afin de créer un “tunnel et couloir de rencontre” entre une place centrale et les potagers nourriciers. Ce premier groupe, questionnant les bâtiments et les communs, a étroitement collaboré avec les autres équipes et leurs problématiques et nous a confirmé la nécessité de penser les transformations à venir en interdépendance. Ainsi, organiser les futures pratiques de ce lieu de vie et de travail en simultané, évitera de créer des usages contradictoires.
Le jardin Mandala de Françoise et ses connaissances en permaculture, étaient au cœur de la réflexion concernant l’université populaire. En mettant directement les mains à la terre, les étudiant.es ont ainsi pu comprendre ce que ces potagers avaient à transmettre, en termes de connaissances à des habitants et à des potentielles écoles alentours. Des ateliers de jardinage et d’expérimentation maraîchères, comme des événements culinaires et saisonniers, pourraient par exemple, selon les étudiant.es boullistes, voir le jour à cet endroit.
Enfin, le Fablab, comprendre ici laboratoire de fabrication, est associé au mot rural et aurait pour destination privilégiée les agriculteur.ices, les associations et coopératives ainsi que les créateur.ices, ingénieur.es et designers, qui placent la ruralité au cœur de leurs questionnements. Les élèves ont intégré ces différents profils dans les scénarios d’usage de l’atelier partagé. Des outils et machines-outils seront mis à disposition pour aider les visiteur.ses du fablab à concevoir des pièces et objets, propres à leurs besoins spécifiques, sous les conseils de Tom Hébrard, Fabmanager de l’espace, qui pourra les aider à leur fabrication.



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Cette collaboration confirme l’intérêt de ramener de la pensée de praticien.es de différents domaines à la Ferme de la Martinière et que d’autres regards seront encore intéressants de convier à l’avenir.
Pour ma part, en tant qu’ancienne étudiante de Design, diplômée d’une école similaire à la leur, j’ai été agréablement surprise de découvrir que les changements de climats et de modes de productions étaient aujourd’hui autant pris en compte dans leurs problématiques de création. L’urgence écologique est visible et véritable. J’espère qu’en l’ayant vue de près à la ferme, les étudiant.es garderont en eux cette conscience élargie.
C’est en tout cas cet aspect immersif qui est le plus ressorti, lorsque j’ai récolté leurs ressentis sur cette semaine de travail. Approcher de plus près les sujets traités, en prenant part à la vie du lieu. Les repas collectifs semblent également avoir marqué tout le monde par les liens et les partages importants qu’ils créent entre humains attablés et les discussions qui ont émergé à propos des futurs mondes à construire ensemble.
Un grand merci aux étudiant.es du DSAA Design de produit de l’école Boulle, à leur professeur Vincent Rossin, ainsi qu’aux intervenant.es qui ont nourri et accompagné leurs réflexions théoriques au long de la semaine :
Samuel Chabré, François et Françoise Chabré, Tom Hébrard, Olivia Lockhart, Paul Marchesseau, Thomas Thibault, Clément Gaillard, Manon Lefébure et Claire Roso.
Article rédigé par Manon Lefébure, designer et membre du collectif La farme.
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