L’appel de la forêt suite et fin
Je descends au restaurant de l’hôtel ou m’attendent Denis, Tanguy et un bon café noir. L’enquête continue!

L’appel de la forêt suite et fin
Je descends au restaurant de l’hôtel ou m’attendent Denis, Tanguy et un bon café noir. L’enquête continue!
Ce sont les scientifiques de l’étape qui m’ont généreusement proposé de m’emmener visiter des hauts lieux du pays de Bitche dont beaucoup inscrits dans l’histoire militaire du pays.
Différente ambiance aujourd’hui avec la pluie qui arrose le parking, nous partons en direction de la forêt et d’un étang et traversons à nouveau la fameuse ligne droite qui longe le camp militaire et la maison du gardien de l’eau.
Denis est un puits de science sur l’histoire militaire du coin, les vrai faux départ de l’armée, bien réel avec ses bâtiments du plein centre vidés, ou les nombreuses guerres qui ont déchiré les habitants entre les ducs de lorraine ou les allemands et les français. Nous arrivons dans un premier endroit ou je découvre les blessures de la guerre. De nombreux obstacles, aux chars allemands, sous forme d’étangs creusés matérialisent la ligne Maginot, aux soldats, sous forme de pointes de métal ou de barbelés nous entourent. Un des nombreux bunkers que l’on croise a fait l’objet d’un test par les soldats américains pour comprendre leur résistance au obus, son toit ressemble à du land art forestier. Certains sont régulièrement visités, entretenus ou parfois habités provisoirement. La mort revit dans les bois tel un patrimoine familial.
En point d’orgue nous visitons le fameux château du Falkenstein et bénéficions malgré la pluie d’une vue grandiose sur le couvert forestier. Le château est un lieu très visité et aimé par les habitants, parsemé d’escaliers mécaniques aménagés dans la roche qui nous mènent au sommet ouvert sur l’horizon.
Nous revenons à l’hôtel pour le déjeuner ou mes hôtes, en bon géographes partagent une cartographie du sentiment d’abandon local dont le dernier épisode s’apparente à la fausse création d’un lycée international chinois et au vrai tronçonnage de chênes à destination des usines du monde. Denis a un agenda bien (trop) chargé et doit repartir.
Avec Tanguy nous roulons en direction du Colorado, ou du moins son équivalent alsacien. Il me partage son projet de vie ancré dans les environs et entouré des forêts qu’il fréquente le plus possible. Il aime s’y perdre et prendre ses vivants en photo. Les Red rocks, rochers rouges de Roppeviller sont superbes, tout de grès vêtus aux milieu des hêtres.
Nous marchons sur les sentiers, la pluie s’est arrêtée, mais il pleut dorénavant des obus. Les militaires ont repris leurs entraînements et nous entendons le ballet de métal s’abattre à quelques kilomètres. Je motive Tanguy à préparer quelques questions en allemand que je ne parle pas au cas ou l’on croiserait des randonneurs frontaliers. Jour de chance nous croisons un retraité des Pays Bas que j’interroge finalement en anglais sur son rapport aux forêts des Vosges. Nous croisons aussi un groupe de collégiens encadrés par deux professeurs auquel j’essaye très difficilement de parler de mon enquête. Après quelques essais plus ou moins heureux nous essayons de rattraper un grand groupe de randonneurs en visite.
Nous courrons pour rattraper le groupe de touristes croisé lors de notre cours de science et vie de la terre involontaire.
La technique de l’entretien en marchant, je devrais dire en courant, s’avère cette fois très fructueuse. Tout le groupe est ok pour mettre des mots sur leurs sensations, attachements et même un rapport parfois mystique avec la forêt. Ces échanges sur les sentiers sont très fluides et les chemins nous mènent à une sorte de cathédrale de rochers mélangés aux bois. Magnifique!
Au moment où nous repartons une branche manque d’assommer quelqu’un à quelques secondes près. Le lendemain je mène l’interview sur canopée (et non canapé) en mode accrobranche avec un ex bucheron amateur de cimes et d’animations locales. Franz m’accompagne avec son ami pour un dernier entretien très riche à la maison du garde forestier non loin de Sturzelbronn, il m’aura ouvert gracieusement les portes d’un monde qui est ancré dans ma mémoire, un monde peuplé de la richesse des vivants.
La carte du voyage🗺
**https://www.openstreetmap.org/user/maximee/traces/11313217**





Crédit photos Tanguy Niederlander
메타데이터
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