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Quand l’histoire se répète (encore) : Allemagne nazie et États-Unis (2026)

Deuxième partie d’une série en trois articles

France Lamontagne · 2026-02-02 19:54 · 0 claps · 27.4 min read
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Quand l’histoire se répète (encore) : Allemagne nazie et États-Unis (2026)

Deuxième partie d’une série en trois articles

Photo de Emily Schultz sur Unsplash

Photo de Emily Schultz sur Unsplash

I. Allemagne 1933–1945

Pourquoi les Allemands ont-ils accepté Hitler?

En 1919, l’Allemagne avait signé le Traité de Versailles qui mettait fin à la Première Guerre mondiale et inscrivait à jamais leur défaite dans les livres d’Histoire. Les conditions imposées étaient humiliantes : le pays perdait 13% de son territoire, devait payer des réparations de guerre écrasantes, et voyait son armée limitée drastiquement. L’Allemagne devait aussi accepter la responsabilité entière de la guerre. Cette humiliation avait créé un ressentiment national profond qui ne s’éteindrait jamais complètement.

En 1929, la Grande Dépression frappe le monde. Le chômage atteint 24% en Allemagne en 1932 — 6 millions d’Allemands se retrouvent sans emploi. Les gens ont faim, sont en colère et cherchent désespérément un responsable. Après avoir été élu au Reichstag, Hitler se fait nommer chancelier par le président Hindenburg le 30 janvier 1933.

PROMESSES D’HITLER (1930–1933) Slogan:

  • “Rendre l’Allemagne grande à nouveau” Économie:
  • Éliminer chômage en 4 ans (6 millions chômeurs, 30%)
  • Travaux publics massifs (Autobahn, construction)
  • Autarky: autosuffisance, interdiction importations, tarifs drastiques Pouvoir:
  • Leader fort (Führer) seul capable résoudre crise
  • Remplacer gouvernement Weimar faible/paralysé Bouc émissaire:
  • Juifs et communistes responsables crise économique
  • Traité Versailles = injustice étrangère

1933 : La prise de pouvoir

Le 27 février 1933, le Reichstag — le parlement allemand — brûle. Personne ne sait vraiment qui a mis le feu, mais Hitler accuse immédiatement les communistes. Le lendemain, le “Décret de l’incendie du Reichstag” suspend toutes les libertés civiles : la liberté d’expression, la liberté de presse, la liberté de réunion disparaissent du jour au lendemain. Officiellement, ces mesures sont prises “pour protéger le peuple et l’État”.

Dans les semaines qui suivent, des arrestations massives commencent à travers tout le pays. Les supposés communistes sont arrêtés en premier, puis les présumés socialistes et les syndicalistes. Les camions arrivent la nuit, embarquent des hommes et repartent vers des destinations inconnues, sans autre forme de procès.

Le quotidien change

En mars 1933, les propriétaires juifs de magasins se réveillent pour voir des pancartes placardées dans leurs vitrines : “Deutsche! Wehrt Euch! Kauft nicht bei Juden!” (Allemands! Défendez-vous! N’achetez pas chez les Juifs!). Des hommes en chemises brunes — les SA, les Sections d’Assaut du parti nazi — se tiennent devant les portes toute la journée. Ils notent qui entre, qui achète, qui ose encore faire affaire avec des Juifs. La police passe devant eux sans intervenir.

En avril 1933, une loi exclut les Juifs de la fonction publique. Des milliers de fonctionnaires, de professeurs, de juges perdent leur emploi du jour au lendemain sans explication, sans compensation. Leurs collègues allemands récupèrent leurs postes, leurs bureaux, leurs responsabilités. Beaucoup ne disent rien, détournent le regard, continuent leur travail comme si de rien n’était.

1935 : Les lois de Nuremberg

En septembre 1935, le gouvernement promulgue les “Lois de Nuremberg”, qui redéfinissent juridiquement ce qu’est un citoyen allemand. Désormais, les Juifs ne sont plus des citoyens allemands — ils deviennent simplement des “sujets” sans droit. Les mariages entre Juifs et Aryens deviennent strictement interdits et les relations sexuelles entre Juifs et Aryens un crime passible de prison.

Les Juifs doivent désormais porter une étoile jaune bien visible sur leurs vêtements. Leurs passeports sont marqués d’un “J” rouge qui les identifie immédiatement. Ils sont encore là, vivant dans les mêmes quartiers, marchant dans les mêmes rues, mais juridiquement, ils n’existent plus. Ils sont devenus des fantômes civiques.

Juillet 1938 : Les grands de ce monde à la conférence d’Évian

Après l’annexion de l’Autriche en mars 1938 — événement qu’on appellera l’Anschluss — 185,000 Juifs autrichiens s’ajoutent aux 150,000 Juifs allemands qui tentent désespérément de fuir. Au total, 335,000 personnes cherchent un refuge quelque part dans le monde, où on acceptera de les accueillir.

En juillet 1938, 32 représentants de nations européennes et américaines (dont le Canada) se réunissent à Évian-les-Bains, une chic station balnéaire française, pour discuter de la crise des réfugiés juifs. Roosevelt convoque cette conférence, mais il n’envoie même pas un diplomate de haut rang pour représenter les États-Unis — il envoie Myron C. Taylor, homme d’affaires sans expérience diplomatique.

Les résultats de cette conférence sont dévastateurs. Les États-Unis offrent de “peut-être” remplir leur quota annuel de 30,000 immigrants — mais sans aucune augmentation malgré l’urgence de la crise. Le Canada refuse catégoriquement d’accepter le moindre réfugié juif malgré la grandeur de son territoire et sa faible population nationale. Les déclarations de McKenzie King ont de quoi faire frémir (We must seek to keep this part of the Continent free from unrest and from too great an intermixture of foreign strains of blood.). L’Australie déclare froidement qu’elle n’a “pas de problèmes raciaux et ne veut pas en créer”. La Grande-Bretagne invoque les conflits qui secouent déjà la Palestine (qu’elle contrôle). La France affirme avoir “déjà fait sa part” et ne peut en faire davantage (malgré ses nombreuses colonies).

Un seul pays accepte d’ouvrir ses portes : la République Dominicaine offre 1,000 visas. Le dictateur Trujillo, qui venait tout juste de massacrer des milliers d’Haïtiens l’année précédente, espérait cyniquement que les Juifs “éclairciraient” la population dominicaine principalement noire en se mariant avec les locaux.

Les frontières mondiales se ferment hermétiquement. Les Juifs sont piégés en Europe, condamnés à rester dans un pays qui les déteste et planifie désormais en secret leur élimination.

Le gouvernement nazi commente cette conférence avec une satisfaction évidente. Il déclare qu’il est “stupéfiant” que les nations étrangères critiquent l’Allemagne pour son traitement des Juifs, mais qu’aucune d’entre elles ne veut les accueillir quand l’opportunité leur est offerte.

9–10 novembre 1938 : Kristallnacht (Nuit de Cristal)

Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938, une violence coordonnée et méthodique se déclenche simultanément à travers toute l’Allemagne. Plus de 1,000 synagogues sont incendiées, leurs toits s’effondrant dans des gerbes de flammes visibles à des kilomètres. Sept mille commerces juifs sont systématiquement saccagés, leurs vitrines fracassées, leurs marchandises détruites ou volées. Trente mille hommes juifs sont arrêtés en une seule nuit et envoyés immédiatement dans les camps de concentration de Dachau, Buchenwald et Sachsenhausen.

Le matin du 10 novembre, les rues de toutes les villes allemandes sont jonchées de verre brisé qui craque sous les pieds des passants. C’est la première fois qu’on voit des camions charger des hommes en masse — des voisins qu’on connaissait depuis des années, des commerçants qu’on saluait chaque matin, des professionnels respectés — pour les emmener vers des camps dont personne ne connaît vraiment la nature.

La plupart de ces hommes seront relâchés après quelques semaines de détention. Ils reviendront battus, brisés, terrorisés, avec un seul ordre : émigrer immédiatement, quitter l’Allemagne dans les plus brefs délais. Mais après le refus des 32 nations à Évian, les frontières sont fermées. Pourtant, environ 2 millions de Juifs réussiront à fuir grâce à des réseaux clandestins, des diplomates courageux délivrant des visas, des passeurs risquant leur vie, ou la fuite désespérée vers l’intérieur de l’URSS. Mais pour les 6 millions restants, piégés sans argent ni contacts, il n’y a nulle part où aller.

La guerre

Après la Nuit de Cristal et les arrestations massives de novembre 1938, l’Allemagne nazie intensifia son expansion territoriale. En mars 1939, Hitler viola les accords de Munich (qui forçaient la Tchécoslovaquie à céder une partie de son territoire aux Allemands) en occupant le reste de la Tchécoslovaquie. La France et le Royaume-Uni comprirent qu’aucune concession ne satisferait Hitler. Lorsque l’Allemagne signa un pacte de non-agression avec l’Union soviétique en août 1939 — incluant un protocole secret pour se partager la Pologne — la voie était libre pour l’invasion.

Le 1er septembre 1939, à l’aube, l’armée allemande franchit la frontière polonaise. Les tanks Panzer avançaient rapidement tandis que la Luftwaffe bombardait Varsovie. La France et le Royaume-Uni déclarèrent la guerre à l’Allemagne le 3 septembre, mais n’intervinrent pas militairement pour sauver la Pologne. Le 17 septembre, l’Armée rouge soviétique envahit la Pologne par l’Est. En quelques semaines, la Pologne fut écrasée et partagée entre les deux dictatures. La Seconde Guerre mondiale venait de commencer.

Les ghettos

En 1939–1940, après l’occupation de la Pologne, les autorités allemandes créent des ghettos — des quartiers entiers entourés de murs et de barbelés où la population juive est enfermée de force. Le ghetto de Varsovie enferme 400,000 personnes dans un espace minuscule (3,4 kilomètres carrés, densité de 140 000 personnes au km carré) où la vie devient rapidement insoutenable. Sept personnes s’entassent dans une seule pièce. La famine devient systématique, organisée, délibérée. 90% de la nourriture est entrée clandestinement dans le ghetto grâce à des tunnels et des liens dans les égouts avec l’extérieur du ghetto (les enfants sont majoritairement utilisés pour faire ce transport de denrées). Les maladies se propagent sans contrôle possible. Le taux de mortalité explose — des milliers meurent chaque mois de faim, de typhus, de désespoir.

À Łódź, le deuxième plus grand ghetto, les autorités allemandes établissent 96 usines et manufactures qui produisent des uniformes, des munitions, des biens pour l’effort de guerre allemand. Les Juifs travaillent seize heures par jour dans des conditions inhumaines jusqu’à ce que leurs corps s’effondrent littéralement.

1941–1945 : Les trains et les camps

À partir de 1941, les trains commencent à partir vers l’Est. Ce sont des wagons à bestiaux bondés où les gens sont entassés sans eau, sans nourriture, sans air. Les gens qui vivent près des gares les voient passer jour après jour, semaine après semaine. Leur destination : les camps d’extermination en Pologne occupée — Treblinka, Sobibor, Belzec, Auschwitz-Birkenau.

Les Allemands ordinaires savent-ils ce qui se passe? Ils voient les trains passer. Ils remarquent que les familles juives du quartier ont disparu du jour au lendemain et que leurs commerces sont fermés. Ils ne posent pas de questions à voix haute parce que poser des questions est devenu dangereux. Mais ils savent. Dans leur cœur, ils savent que quelque chose de terrible, d’inimaginable se passe à l’Est.

Les usines allemandes tournent à plein régime en utilisant massivement le travail forcé. Des centaines de milliers de prisonniers — Juifs, Slaves, prisonniers de guerre soviétiques — travaillent littéralement jusqu’à la mort dans les usines de Krupp, Thyssen, IG Farben, Siemens, et dans les filiales allemandes de compagnies américaines comme Ford (Ford-Werke à Cologne) et General Motors (Opel à Rüsselsheim).

L’Axe Rome-Berlin : un allié décevant

L’Allemagne nazie n’était pas seule. Benito Mussolini, dictateur fasciste de l’Italie depuis 1922, s’allia formellement à Hitler par le Pacte d’Acier en mai 1939. Sur le papier, l’Italie apportait une armée de plus de deux millions d’hommes et le contrôle stratégique de la Méditerranée. Dans les faits, l’alliance se révéla un fardeau. L’armée italienne, mal équipée et mal commandée, accumula les échecs : repoussée par la Grèce en 1940, écrasée en Afrique du Nord, anéantie à Stalingrad. À chaque défaite, l’Allemagne dut détourner des troupes pour sauver son allié. En 1943, l’Italie capitula et changea de camp. Politiquement et idéologiquement, l’Axe Rome-Berlin incarnait l’alliance des fascismes européens. Militairement, Hitler fut perdant dans ce deal.

Les architectes du système

Qui organise tout cela? Qui planifie cette machine de mort bureaucratique et efficace?

  • Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, crée le système des camps de concentration dès 1933 en établissant Dachau comme modèle. Il met en place les fichiers raciaux centralisés qui cataloguent chaque Juif, chaque “indésirable”, chaque ennemi du Reich. En janvier 1942, à la conférence de Wannsee, il supervise la planification finale de la “Solution finale” — l’extermination systématique et industrielle de tous les Juifs européens.
  • Les SS. Les Schutzstaffel, les “Sections de Protection” — étaient partout visibles dans les villes allemandes. Uniformes noirs impeccables, bottes lustrées, casquettes ornées d’une tête de mort. Ils effectuaient des raids nocturnes — frappaient aux portes à 3 heures du matin, embarquaient les gens sans explication. Les familles ne savaient jamais où leurs proches étaient emmenés. Les SS patrouillaient les rues, s’arrêtaient devant des commerces juifs pour intimider, vérifiaient les papiers d’identité de façon arbitraire. Ils battaient les gens en pleine rue sans que personne n’intervienne. La police ordinaire ne pouvait rien faire — les SS répondaient directement à Himmler, au-dessus de toutes les lois. Personne ne les questionnait ni n’osait les regarder trop longtemps. Leur simple présence dans une rue suffisait à vider les trottoirs.
  • Reinhard Heydrich, chef du RSHA (Office central de sécurité du Reich), est le cerveau opérationnel qui traduit l’idéologie en action concrète. C’est lui qui orchestre la Nuit de Cristal dans ses moindres détails. Il supervise les Einsatzgruppen — les escadrons de la mort mobiles qui suivent l’armée allemande en Union soviétique et massacrent les Juifs, village après village. Plus d’un million de personnes sont assassinées ainsi, souvent forcées à creuser leur propre fosse commune avant d’être abattues.
  • Adolf Eichmann, chef du Bureau des affaires juives au RSHA, est le logisticien méticuleux de la déportation. Il organise les trains avec une précision administrative effrayante — les horaires, les quotas, les destinations. Il transforme le génocide en une question de bureaucratie, de formulaires, de tampons officiels. Au pic des déportations, jusqu’à 70 trains partent chaque jour vers Auschwitz, chacun transportant entre 1,000 et 2,000 personnes vers leur mort.
  • Joseph Goebbels, ministre de la Propagande, déshumanise systématiquement les Juifs via tous les médias disponibles — films, affiches, journaux, émissions de radio. Les Juifs deviennent des “parasites” dans le discours officiel, des “bacilles” qui infectent le corps allemand, une “menace existentielle” qui doit être éliminée pour que l’Allemagne survive. Cette propagande constante, répétée jour après jour, crée le climat psychologique qui permet à des millions d’Allemands ordinaires de collaborer activement ou de regarder passivement ailleurs pendant que leurs voisins disparaissent.

Et en dessous de ces quatre hommes, il y a des milliers d’autres qui font fonctionner la machine. Des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur qui rédigent les lois raciales avec une précision juridique. Des juges qui les appliquent sans broncher. Des policiers qui arrêtent les gens sur ordre. Des chefs de gare qui organisent les convois de déportation. Des comptables qui gèrent méticuleusement les biens confisqués aux victimes. Ils ne sont pas tous des fanatiques idéologiques — beaucoup sont simplement des bureaucrates qui suivent les ordres et veulent garder leur poste pour nourrir leur famille.

II. États-Unis 2026 : Sur les traces nazies

Pourquoi les États-uniens élisent Trump

Pendant des décennies,sous les présidents Bush et Obama, les gens ont vu leurs villes dépérir sous leurs yeux. Les corporations ont délocalisé massivement — General Motors ferme ses usines à Detroit pour ouvrir des manufactures au Mexique où les ouvriers gagnent 3$ de l’heure. Ford et Chrysler déménagent leur production en Chine. Les usines d’acier de Pittsburgh ferment une par une. Les manufactures textiles de l’Ohio disparaissent.

Les emplois ne sont pas “disparus” — ils ont été transférés ailleurs pour que les PDG puissent maximiser leurs profits. Detroit passe de 1,8 million d’habitants en 1950 à 670,000 en 2016. Des quartiers entiers sont abandonnés. Des maisons se vendent pour un dollar parce que personne ne veut y vivre.

Pendant ce temps, chaque petite ville envoie ses ‘enfants’, enrolés dans les forces armées, en Irak et Afghanistan. Ils reviennent dans des cercueils recouverts de drapeaux. Ou ils reviennent sans jambes, sans bras, le visage brûlé, le cerveau endommagé par les explosions de bombes artisanales. Ou ils reviennent avec des cauchemars constants, incapables de dormir, violents, et finissent parfois par se suicider dans le garage familial. Nombre de vétérans sans-abri dorment sous les ponts avec des pancartes “Veteran — Please Help”.

En 2016, Donald Trump est élu président en promettant de “rendre sa grandeur à l’Amérique”. Il annonce la construction d’un mur à la frontière mexicaine que le Mexique devra payer. Il ramènera les emplois manufacturiers en punissant les compagnies qui délocalisent. Il abolira l’Obamacare pour le remplacer par quelque chose de meilleur et moins cher. Il mettra fin à la corruption à Washington. Il réglera tous ces conflits interminables au Moyen-Orient.

Il perd l’élection de 2020 mais refuse catégoriquement d’accepter le résultat. Le 6 janvier 2021, ses partisans envahissent le Capitole dans une violente tentative de renverser le résultat électoral.

Pour l’élection de 2024, Trump promet de ramener les emplois, de punir la Chine et le Mexique, de mettre fin (encore) aux guerres interminables, de sécuriser les frontières, de restaurer “l’ordre”. Et malgré ses promesses non tenues dans le passé, le 20 janvier 2025, il prête serment pour un second mandat, ayant été ré-élu pour un second mandat.

PROMESSES DE TRUMP (2016–2024) Slogan:

  • “Make America Great Again” (MAGA) Économie:
  • Créer milliers emplois, ramener emplois manufacturiers
  • Infrastructure massive, mur frontalier
  • “America First”: tarifs 10–25%+, “Buy American, Hire American” Pouvoir:
  • Leader fort seul capable résoudre problèmes
  • “Drainer marais,” remplacer démocratie faible/corrompue Bouc émissaire:
  • Immigrants illégaux volent jobs
  • Chine/Mexique trichent, élites mondialistes responsables crise

2025–2026 : Le quotidien change sous nos yeux

En janvier 2026, l’opération “Metro Surge” déploie 2,000 agents fédéraux à Minneapolis dans ce qui constitue la plus grande opération de répression dans toute l’histoire du Department of Homeland Security. L’objectif est explicite et quantifié : entre 1,200 et 1,500 arrestations par jour. Ce ne sont plus des interventions ponctuelles — ce sont des quotas de déportation, une chaîne de production bureaucratique de l’expulsion.

Les agents ICE portent des masques noirs qui cachent leur visage. Ils utilisent des véhicules banalisés pour ne pas être repérés. Ils effectuent des raids sans présenter de mandat, entrent dans les maisons par effraction. Ils pénètrent dans les écoles pendant les heures de classe, dans les hôpitaux où des gens sont en train de recevoir des soins, dans les églises pendant les offices, même dans les funérailles où des familles pleurent leurs morts. Ils utilisent du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc contre les manifestants qui protestent contre ces pratiques.

Le 7 janvier 2026, un agent ICE abat Renee Good, une femme de 37 ans qui est citoyenne américaine. Elle meurt de ses blessures. Le 24 janvier 2026, des agents du Border Patrol tirent dix fois sur Alex Pretti, un infirmier en soins intensifs de 37 ans, également citoyen américain. Les vidéos montrent clairement qu’il tenait seulement un téléphone dans sa main, pas d’arme.

Les chiffres

Le 7 janvier 2026, exactement 73,000 personnes sont détenues par ICE dans divers centres à travers le pays — le chiffre le plus élevé jamais enregistré dans toute l’histoire américaine. L’année précédente à la même date, ce chiffre était de 39,500. L’augmentation est de 84% en seulement 12 mois.

Voici ce qui devrait inquiéter profondément : 73,6% de ces détenus n’ont aucune condamnation criminelle à leur actif. Trois personnes sur quatre enfermées dans ces camps n’ont commis absolument aucun crime au-delà de violations administratives de l’immigration ou d’infractions routières mineures.

Entre le 26 janvier 2025 et le 7 janvier 2026, le nombre de détenus non-criminels arrêtés par ICE passe de 945 à 24,644. C’est une augmentation vertigineuse de 2,500% en moins d’un an.

Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, exige lors d’une réunion en mai un million de déportations durant la première année du mandat. Des quotas journaliers stricts sont imposés aux 25 bureaux régionaux d’ICE à travers le pays. Les agents qui n’atteignent pas leurs quotas font face à des réprimandes.

Les camps

À Fort Bliss, au Texas, des camps de tentes improvisées emprisonnent jusqu’à 5,000 personnes dans des structures qui n’ont jamais été conçues pour être des lieux d’habitation à long terme. La nourriture fournie est insuffisante en quantité et en qualité. Des inspections indépendantes documentent des violations d’au moins 60 normes fédérales de détention qui sont pourtant censées être respectées par la loi.

Il y a eu plus de morts en détention ICE durant l’année 2025 que durant les quatre années précédentes combinées. Les conditions se dégradent rapidement à mesure que le nombre de détenus explose sans augmentation proportionnelle des ressources.

Guantanamo — oui, le même Guantanamo tristement célèbre pour les tortures infligées aux prisonniers après le 11 septembre — est réactivé le 29 janvier 2025 pour accueillir jusqu’à 30,000 migrants. La majorité d’entre eux sont détenus dans des camps de tentes installés autour de la prison principale, dans la chaleur étouffante et l’humidité de Cuba.

Pour mettre ces chiffres en perspective : en 1938, avant le début de la Seconde Guerre mondiale, le camp de concentration de Dachau détenait environ 25,000 personnes. Les chiffres américains de 2026 dépassent déjà largement ceux de l’Allemagne nazie durant sa période pré-guerre.

Les enfants

La durée moyenne de détention des enfants migrants en avril 2025 atteint 170 jours — presque six mois d’enfermement. En décembre 2024, cette durée était de 67 jours. Elle a plus que doublé en seulement quatre mois. Environ 500 enfants migrants ont été retirés de force de leur foyer durant les 5 premiers mois de 2025.

Des milliers de parents sont séparés de leurs enfants durant une détention qui s’éternise indéfiniment. Des enfants aussi jeunes que 8 ans sont arrachés des bras de leurs parents qui hurlent et pleurent.

La séparation familiale n’est pas un effet secondaire regrettable de la politique — c’est une politique délibérée et assumée. L’administration l’a déclaré ouvertement et publiquement : la séparation des familles est un outil de “dissuasion”. C’est une arme psychologique, une forme de torture émotionnelle destinée à terroriser les autres pour qu’ils n’essaient même pas de venir.

Pas de procès

Pour chaque personne libérée de la détention ICE en novembre 2025, plus de quatorze ont été déportées directement sans jamais voir un juge. Un an plus tôt, en novembre 2024, le ratio était d’environ un pour deux.

Les libérations discrétionnaires — quand un agent décide qu’une personne ne représente pas de danger et peut être relâchée en attendant son audience — ont chuté de 87% entre janvier et novembre 2025.

Le système est délibérément conçu pour pousser les gens à abandonner leur cas plutôt que de permettre un processus judiciaire équitable. L’épuisement mental, le désespoir, les conditions insoutenables — tout cela mène à la capitulation. Les gens finissent par signer volontairement leur propre déportation juste pour échapper aux camps.

2026 : Où vont-ils?

Comme en 1938 après la conférence d’Évian qui avait fermé toutes les portes aux Juifs, la même question se pose maintenant : où vont les détenus quand on essaie de les déporter?

Le Venezuela, dont le président a été capturé par une opération militaire américaine spectaculaire le 3 janvier 2026, refuse catégoriquement de reprendre les déportés. Le Nicaragua refuse également. Cuba maintient des relations extrêmement compliquées avec les États-Unis. Haïti est en état d’effondrement gouvernemental total, incapable d’absorber même une fraction des dizaines de milliers de personnes que les États-Unis veulent y renvoyer.

Alors ils restent dans les camps. Indéfiniment. Le nombre continue d’augmenter chaque jour. Les conditions continuent de se dégrader à mesure que les camps deviennent de plus en plus surpeuplés. La durée moyenne de détention explose parce qu’il n’y a nulle part où envoyer les gens.

Pendant ce temps, dans l’Amérique “ordinaire”

Les licenciements massifs dans le secteur privé ont augmenté de 54% par rapport à l’année précédente. Le chômage officiel reste à 4,6% — un chiffre qui semble raisonnable sur le papier. Mais ces statistiques ne montrent pas les familles qui commencent à rationner la nourriture, qui perdent leur assurance santé et évitent d’aller chez le médecin même quand c’est urgent, qui retardent les soins dentaires de leurs enfants faute de moyens.

L’économie américaine affiche pourtant une croissance impressionnante de 4,3% au troisième trimestre 2025. Les chiffres sont forts, robustes, apparemment en bonne santé. Mais c’est ce qu’on appelle une économie “en forme de K” : les riches deviennent exponentiellement plus riches pendant que la classe moyenne s’appauvrit progressivement et que les pauvres sombrent dans la misère.

Les gens ordinaires sont en colère, frustrés, apeurés. Ils cherchent désespérément un bouc émissaire pour expliquer leur situation qui se dégrade. On leur dit constamment que ce sont les migrants qui volent les jobs américains, qui profitent du système, qui détruisent le pays. Pas les PDG qui délocalisent les usines pour maximiser leurs profits. Pas les tarifs douaniers stupides qui font monter les prix. Les migrants. Toujours les migrants.

États-Unis et Israël : une alliance plus solide

Les États-Unis entretiennent avec Israël une alliance d’une tout autre nature. Depuis sa création en 1948, Israël reçoit un soutien militaire, financier et diplomatique massif de Washington : 3,8 milliards de dollars d’aide militaire annuelle, accès aux armes les plus avancées, et protection systématique au Conseil de sécurité de l’ONU par le veto américain. En retour, Israël sert de base avancée américaine au Moyen-Orient, de laboratoire pour tester les armes américaines en conditions réelles, et de source de renseignement via le Mossad. Contrairement à l’Italie mussolinienne, Israël dispose d’une armée redoutable, d’une technologie de pointe, et d’armes nucléaires non déclarées mais largement reconnues. En juin 2025, Israël frappa avec succès trois sites nucléaires iraniens aux côtés des États-Unis. Cette alliance dépasse largement l’opportunisme de l’Axe : les intérêts stratégiques convergent, et Israël ne se contente pas de suivre — il pousse activement Washington vers une confrontation avec l’Iran, ennemi commun des deux pays. Pour l’instant, les États-Unis semblent gagnants dans ce partenariat. L’avenir reste à écrire.

Les architectes du système

  • Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, est l’architecte principal et l’idéologue central de la politique de déportation de masse. Son idéologie raciale est fanatique et assumée. Il croit dans la supériorité de la race blanche. Il parle ouvertement de son désir de réaliser une “restructuration démographique” fondamentale des États-Unis pour restaurer une majorité blanche dominante. C’est lui qui rédige les mémos détaillés, qui planifie les quotas mathématiques, qui construit méthodiquement l’infrastructure bureaucratique nécessaire à la déportation de millions de personnes.
  • Pete Hegseth, secrétaire à la Défense, prône activement l’élimination complète des règles d’engagement qui protègent les civils durant les opérations militaires. Son militarisme est extrême et sans nuances. Il croit profondément que la violence est la solution à tous les problèmes géopolitiques. Il affiche un mépris ouvert pour le droit international et les conventions qui sont censées limiter la brutalité de la guerre.
  • Le Department of Homeland Security dans son ensemble publie les documents officiels qui reprennent la théorie du Grand Remplacement et planifie activement l’expansion massive du système de camps de détention à travers tout le pays.

Et en dessous d’eux, il y a des milliers d’autres qui font fonctionner la machine quotidiennement. Des agents ICE qui effectuent les raids maison par maison. Des juges de l’immigration qui refusent systématiquement les demandes de libération. Des fonctionnaires qui gèrent les camps et organisent la logistique. Des entrepreneurs privés qui construisent de nouvelles installations et font des profits obscènes sur la souffrance humaine. Ils ne sont pas tous des fanatiques idéologiques — beaucoup font simplement leur travail, suivent les ordres, veulent garder leur emploi et payer leur hypothèque.

III. L’appétit plus grand que la panse : ce pourquoi l’Allemagne a perdu et ce pourquoi les USA s’effondreront

L’Allemagne : Manque de ressources, surextension fatale

En 1939, au moment où elle déclenche la guerre qui va dévaster l’Europe, l’Allemagne était un pays de taille moyenne coincé au centre d’un continent hostile. Sa population totale atteignait 69 millions d’habitants. Le pays ne possédait pratiquement pas de pétrole sur son territoire. Il manquait cruellement d’acier pour ses besoins militaires. Il n’avait pas assez d’aluminium pour construire tous les avions dont il rêvait. Il ne produisait pas assez de nourriture pour soutenir une guerre longue qui mobiliserait des millions d’hommes.

Hitler voulait conquérir toute l’Europe occidentale, envahir l’immense Union soviétique, combattre simultanément la Grande-Bretagne qui refusait obstinément de se rendre, et affronter les États-Unis qui disposaient d’une capacité industrielle écrasante. C’était une guerre menée sur deux fronts géographiques, puis trois, puis quatre. Chaque nouveau front nécessitait des ressources que l’Allemagne n’avait tout simplement pas.

L’invasion de l’Union soviétique en juin 1941 — qu’Hitler baptisa pompeusement Opération Barbarossa — était une erreur stratégique monumentale qui allait sceller le destin du Reich. Hitler sous-estimait complètement les Soviétiques, guidé par son idéologie raciste délirante qui les considérait comme des “sous-humains slaves” incapables de monter une défense efficace. La réalité était tout autre : les Soviétiques disposaient du double de la main-d’œuvre allemande et possédaient une économie centralisée qui pouvait diriger absolument toutes ses ressources vers l’effort de guerre sans se soucier de rentabilité ou de marché.

Un retard fatal de six semaines — causé par la nécessité humiliante de sauver l’Italie de ses désastres militaires catastrophiques en Grèce — signifiait que l’hiver russe arrivait avant que l’armée allemande puisse atteindre ses objectifs stratégiques. À Stalingrad, en janvier 1943, la 6e armée allemande fut littéralement anéantie. Elle ne fut pas principalement détruite par les combats directs, mais par le manque total de ravitaillement. Il n’y avait plus d’essence pour faire avancer les tanks. Il n’y avait plus de munitions pour les fusils. Il n’y avait plus de nourriture pour nourrir les soldats affamés qui mouraient de froid.

Le 11 décembre 1941, dans une décision qui reste absolument incompréhensible pour tous les historiens militaires, Hitler déclara volontairement la guerre aux États-Unis. Il n’y était absolument pas obligé — le pacte avec le Japon ne l’exigeait pas du tout. Cette décision ajouta la puissance industrielle américaine écrasante, virtuellement illimitée, contre une Allemagne qui manquait déjà de tout.

L’Allemagne manquait fondamentalement des ressources nécessaires pour maintenir tous les territoires immenses qu’elle avait conquis par la force. Elle s’est lentement, inexorablement, étranglée elle-même.

Les États-Unis 2026 : Mêmes erreurs, à une échelle encore plus catastrophique

Les États-Unis en 2026 font exactement les mêmes erreurs stratégiques fatales que l’Allemagne nazie, mais dans un contexte géopolitique qui rend l’effondrement potentiellement global et terminal pour l’ordre mondial actuel.

Surextension militaire absolument catastrophique : Les chiffres varient selon la façon dont on compte, mais le Congrès reconnaît officiellement 128 bases militaires majeures à l’étranger, tandis que des comptages plus larges qui incluent toutes les installations arrivent à 750 sites militaires répartis dans plus de 80 pays à travers le monde. Vingt années interminables de guerre en Afghanistan ont englouti 2,3 trillions de dollars sans rien accomplir de durable. L’invasion de l’Irak a coûté 2 trillions de dollars supplémentaires. Le budget militaire annuel pour 2026 dépasse les 900 milliards de dollars — un montant supérieur aux budgets militaires des dix pays suivants combinés.

Dette nationale absolument insoutenable : Le 7 janvier 2026, la dette nationale américaine atteint exactement 38,43 trillions de dollars. Elle a augmenté de 2,25 trillions en une seule année. Les paiements d’intérêts annuels sur cette dette astronomique dépassent maintenant 1 trillion de dollars chaque année — un montant supérieur aux dépenses totales de Medicare ou même aux dépenses de défense nationale.

Effondrement social domestique malgré richesse nationale : Malgré un PIB de 28 trillions de dollars, 13.5% des ménages américains (18 millions, incluant 13.8 millions d’enfants) vivent en insécurité alimentaire en 2023, une augmentation continue depuis l’expiration des aides COVID. 42 millions d’Américains dépendent des food stamps (SNAP) pour se nourrir, avec des bénéfices réduits de 25% en termes réels depuis 2023. Pendant ce temps, les trois Américains les plus riches possèdent plus de richesse que les 50% les plus pauvres de la population combinés. Cette paupérisation accélérée d’un pays du G7 — où le système agricole produit massivement mais affame sa propre population — reproduit exactement les conditions qui poussèrent l’Allemagne nazie à chercher le Lebensraum : un déséquilibre structurel entre capacité productive théorique et réalité sociale catastrophique, créant une pression irrésistible vers l’expansion territoriale pour “résoudre” des contradictions internes.

Guerre menée simultanément sur de multiples fronts : En 2026, les États-Unis ont simultanément : capturé le président du Venezuela par une opération militaire le 3 janvier 2026 et déclaré ouvertement vouloir contrôler ses réserves pétrolières qui représentent 17% de toutes les réserves mondiales connues. Menacé le Danemark, pourtant allié membre de l’OTAN, d’une taxe punitive de 25% s’il ne cède pas le Groenland aux États-Unis. Menace la Norvège de tarifs parce qu’elle ne lui a pas accordé le prix Nobel de la Paix. Qualifie publiquement le Premier ministre canadien Justin Trudeau de “Gouverneur du Grand État du Canada” et fait des menaces à peine voilée d’annexion pure et simple, Trump réitère la même déclaration à l’endroit du nouveau premier ministre canadien élu Mark Carney. Maintenu une confrontation militaire et économique continue et croissante avec la Chine. Imposé des sanctions massives contre la Russie qui ne fonctionnent manifestement pas et poussent Moscou vers Pékin. Maintenu une présence militaire coûteuse et permanente au Moyen-Orient, en Afrique, partout en Asie.

L’appétit démesuré dépasse catastrophiquement la capacité réelle. Les ressources sont dramatiquement insuffisantes pour maintenir simultanément tous ces engagements impériaux. La Rome antique l’a appris dans la douleur. L’Empire ottoman l’a appris après des siècles d’agonie. L’Empire britannique l’a compris après deux guerres mondiales dévastatrices. L’Allemagne nazie l’a appris brutalement en moins de douze ans.

Les États-Unis sont en train de l’apprendre maintenant, sous nos yeux.

IV. Les empires tombent mais l’argent surnage toujours

1933–1945 : Les corporations américaines en Allemagne nazie

En décembre 1941, au moment précis où les États-Unis entrent officiellement en guerre contre l’Allemagne nazie, 250 compagnies américaines majeures possèdent collectivement plus de 450 millions de dollars d’actifs directement en Allemagne. Cette liste comprend certains des noms les plus prestigieux du capitalisme américain : Ford, General Motors, IBM, Kodak, Standard Oil, Coca-Cola, Chase Manhattan Bank, J.P. Morgan, General Electric, Alcoa, Dow Chemical.

  • Ford Motor Company : L’usine Ford-Werke située à Cologne produisait méthodiquement des camions militaires pour la Wehrmacht en utilisant massivement du travail forcé de prisonniers affamés et terrorisés. Henry Ford lui-même avait personnellement reçu la Grand-Croix de l’Aigle allemand — la plus haute décoration que le régime nazi accordait aux étrangers — en juillet 1938, exactement quatre mois avant la Nuit de Cristal. Hitler gardait un portrait de Ford bien en vue dans son bureau personnel et le citait abondamment dans Mein Kampf comme une inspiration majeure.
  • General Motors : La filiale allemande Opel, établie à Rüsselsheim, produisait continuellement des camions militaires et des composants essentiels d’avions pour l’armée allemande qui envahissait l’Europe. En 1934, la publication corporative officielle General Motors World déclarait fièrement : “Hitler est un homme fort, parfaitement adapté pour sortir le peuple allemand de sa terrible détresse économique.” Après Pearl Harbor, quand l’Amérique entrait officiellement en guerre, ces usines allemandes continuaient tranquillement à produire tout l’équipement militaire qui tuait des soldats américains sur les champs de bataille européens.
  • IBM : Les machines sophistiquées à cartes perforées d’IBM organisaient absolument tout dans l’Allemagne nazie avec une efficacité terrifiante — la logistique militaire complexe, le catalogage méthodique de chaque Juif, la gestion administrative des déportations massives, l’administration des camps de concentration. L’Allemagne nazie était le 2e plus grand marché commercial d’IBM dans le monde entier, juste après les États-Unis. Même après Pearl Harbor en décembre 1941, des employés de haut rang d’IBM falsifiaient délibérément les données internes et utilisaient des filiales européennes neutres et des réseaux de contrebande sophistiqués pour continuer à fournir fidèlement l’Allemagne nazie en équipement. IBM fut brièvement enquêtée après la guerre, mais jamais formellement accusée criminellement. À ce jour, IBM n’a jamais présenté la moindre excuse publique pour sa complicité directe et lucrative dans l’Holocauste.
  • Kodak : La filiale allemande Kodak AG produisait régulièrement du film photographique, mais aussi des fusibles militaires, des détonateurs pour bombes et autre matériel de guerre essentiel. Du travail forcé de prisonniers était systématiquement employé dans les usines de Stuttgart et Berlin-Kopenick. Kodak continuait habilement à importer des biens achetés directement en Allemagne nazie via des nations officiellement neutres comme la Suisse durant toute la guerre.
  • Chase Manhattan Bank : La succursale parisienne collaborait étroitement et sans scrupules avec les autorités d’occupation allemandes. Cinq mois après Pearl Harbor, en mai 1942, quand l’Amérique combattait officiellement le nazisme, le directeur Carlos Niedermann écrivait tranquillement à son superviseur à New York que sa succursale parisienne jouissait maintenant de “l’estime très spéciale” des hauts fonctionnaires allemands, ce qui causait “une expansion rapide et profitable des dépôts”. La banque saisit méthodiquement les actifs financiers d’au moins cent comptes bancaires juifs que la Gestapo considérait particulièrement intéressants et les remit docilement aux occupants nazis.
  • Alcoa : Par ses accords de cartel avec IG Farben et le transfert de technologie à l’Allemagne, Alcoa permit aux nazis de devenir en 1942 le plus grand producteur d’aluminium au monde (211,300 tonnes vs 187,100 pour les USA en 1940). Simultanément, son monopole américain restreignait délibérément la production domestique pour maintenir les prix élevés. En juin 1941, Harold Ickes, secrétaire de l’Intérieur, déclara : “Si l’Amérique perd cette guerre, elle pourra remercier l’Aluminum Corporation of America.”
  • Dow Chemical : Cette compagnie vendait d’énormes quantités de magnésium aux nazis spécifiquement pour la fabrication de bombes incendiaires dévastatrices et leur fournissait des instructions techniques détaillées sur toutes les innovations les plus récentes dans le raffinage du pétrole.
  • General Electric : GE travaillait en étroite et profitable collaboration avec Krupp, la gigantesque entreprise manufacturière allemande. Des travailleurs forcés juifs affamés et terrorisés étaient systématiquement exploités pour construire les chambres à gaz industrielles qu’on retrouvait dans les camps de concentration. GE aurait réalisé environ 1,5 million de dollars de profits en travaillant continuellement avec Krupp durant toute la Seconde Guerre mondiale.

Le gouvernement américain l’a explicitement autorisé

Le gouvernement américain savait parfaitement tout cela. Un décret présidentiel signé le 13 décembre 1941 — exactement six jours seulement après Pearl Harbor — établissait formellement toute la législation nécessaire permettant explicitement des “arrangements de licence commerciale” pour continuer légalement à commercer avec l’ennemi officiel.

ITT (International Telephone & Telegraph) fut officiellement autorisée par le gouvernement à continuer tranquillement toutes ses relations commerciales profitables avec l’Axe et même le Japon jusqu’en 1945, même si cette compagnie était simultanément considérée comme un instrument officiel du renseignement américain.

Le Reichsbank et le puissant ministère de l’Économie nazis avaient fait des promesses explicites et rassurantes à certains dirigeants corporatifs américains bien connectés que toutes leurs propriétés européennes ne seraient absolument pas endommagées après la victoire finale supposée du Führer.

Après-guerre : Aucune punition réelle

Après la guerre, une fois l’Allemagne vaincue et occupée, la plupart des propriétés corporatives américaines furent tranquillement retournées à leurs propriétaires légitimes américains par les forces d’occupation américaines elles-mêmes. Certaines compagnies particulièrement bien connectées reçurent même des compensations financières généreuses du gouvernement américain pour les “dommages de guerre” causés par les bombardements alliés à leurs usines allemandes qui produisaient pour l’ennemi.

Aucun dirigeant corporatif américain ne fut jamais poursuivi criminellement pour avoir directement et lucrativement aidé l’Allemagne nazie pendant qu’elle massacrait des millions de personnes.

Un cas vraiment intéressant: Prescott Bush

Prescott Bush était directeur influent et actionnaire important de Union Banking Corporation (UBC). UBC finançait directement Fritz Thyssen, le puissant magnat de l’acier allemand qui fut l’un des tout principaux financiers personnels d’Hitler dans les années 1930 cruciales. Les actifs américains de UBC furent officiellement saisis en octobre 1942 sous le Trading with the Enemy Act qui interdisait formellement le commerce avec l’ennemi.

Prescott Bush ne fut jamais poursuivi criminellement. Il devint tranquillement sénateur respecté du Connecticut de 1952 à 1963. Son fils, George H.W. Bush, devint président des États-Unis pour un mandat complet (1989–1993). Son petit-fils, George W. Bush, devint également président pour deux mandats complets (2001–2009).

La prestigieuse dynastie politique américaine Bush commence directement avec la collaboration financière profitable avec le régime nazi.

2022–2026 : Corporations américaines en Russie

Le 24 février 2022, la Russie envahit l’Ukraine. McDonald’s, Starbucks, Ford et GM annoncent publiquement leur retrait du marché russe. Mais selon le professeur Jeffrey Sonnenfeld (Yale), plus de 300 compagnies américaines majeures restent en Russie : Procter & Gamble, PepsiCo, Mondelez, Hard Rock Cafe. Justification officielle : “raisons humanitaires” pour la population civile russe. Réalité : profits. Les entreprises américaines de biens de consommation comptent parmi les plus rentables sur l’immense marché russe.

En février 2025, sous Trump, Kirill Dmitriev (Fonds d’investissement russe, envoyé de Poutine) annonce que “plusieurs compagnies américaines majeures pourraient reprendre pleinement leurs opérations en Russie dès mi-2025”. Poutine ordonne de faciliter le retour des entreprises étrangères. En 2024, McDonald’s et Coca-Cola déposent des demandes d’enregistrement de marques auprès de Rospatent (office russe), interprété comme préparation de leur retour. Trump négocie directement avec Poutine, sans l’Ukraine ni les alliés européens. Les sanctions occidentales s’assouplissent.

Le pattern historique : Business as usual, toujours

Pour l’élite capitaliste transnationale qui possède et contrôle ces corporations géantes, les nations et l’idéologie ne comptent absolument pas. Seul le profit compte réellement et ultimement.

La logique froide et calculée d’un dirigeant corporatif de Ford ou GM durant 1941–1945 : “Mon usine allemande produit efficacement pour la Wehrmacht qui tue des Américains? Oui, elle produit. Mon usine américaine produit simultanément pour l’armée américaine qui tue des Allemands? Oui, elle produit également. Les deux armées s’entretuent brutalement sur les champs de bataille ensanglantés? Oui, elles s’entretuent. Je fais personnellement des profits substantiels des deux côtés simultanément? Oui, absolument.”

Peu importe finalement qui gagne la guerre sanglante — la corporation gagne toujours dans tous les cas. Si l’Allemagne nazie gagne miraculeusement, les usines allemandes prospèrent immédiatement et le Reichsbank a déjà promis formellement de protéger toutes les propriétés corporatives américaines. Si les États-Unis gagnent comme prévu, la corporation récupère automatiquement tous ses actifs allemands confisqués avec en plus une généreuse compensation gouvernementale américaine pour tous les dommages de guerre subis.

La même logique cynique et immorale opère exactement en 2026. Les corporations américaines géantes font tranquillement des affaires lucratives en Russie pendant que l’armée russe tue quotidiennement des civils ukrainiens avec des armes financées en partie significative par les taxes considérables que ces mêmes corporations américaines paient fidèlement au gouvernement russe.

Les soldats américains ordinaires de la Seconde Guerre mondiale mouraient courageusement en combattant une armée allemande qui était directement équipée, approvisionnée et financée par des corporations américaines qui faisaient des profits énormes. Les contribuables américains ordinaires d’aujourd’hui financent lourdement une armée américaine gigantesque qui est censée protéger un système économique mondial dans lequel les corporations américaines font ouvertement des affaires profitables avec tous les adversaires géopolitiques déclarés de l’Amérique.

L’argent n’a pas de drapeau national. Il n’a pas de morale humaine. Il n’a pas de loyauté patriotique. Il n’a que des opportunités infinies de profit à maximiser.

Les élites qui collaborent activement et lucrativement avec les régimes les plus brutaux ne sont jamais punies sérieusement. Elles prospèrent confortablement. Leurs enfants privilégiés deviennent présidents respectés.

À suivre : Partie 3 — Comment les riches se préparent à survivre l’effondrement qu’ils ont causé

Sources

United States Holocaust Memorial Museum National Archives (German Administration of American Companies 1940–1945) Yale University, Jeffrey Sonnenfeld (Corporate presence in Russia) Richard J. Evans, Why Did Germany Lose the Second World War? American Immigration Council, ACLU, Human Rights First ICE detention statistics (Department of Homeland Security) Congressional reports on US military bases (2024) Gun Violence Archive (mass shootings data) Southern Poverty Law Center (militia tracking)


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