Chronique d’un Noël (presque) païen
Pas de doute, c’est Noël. Entre les décorations, l’ambiance feutrée qui s’installe, et surtout, les foies qui se préparent, nous y sommes !
Chronique d’un Noël (presque) païen
Pas de doute, c’est Noël. Entre les décorations, l’ambiance feutrée qui s’installe, et surtout, les foies qui se préparent, nous y sommes !
Alors pour fêter ça à la sauce EDP, je voulais vous partager des extraits d’un cadeau que j’ai reçu d’une bonne amie : le livre de contes de Noël de l’abbé Rey.
Pour ceux qui ne le connaissent pas, l’abbé Rey était le curé de Cabriès entre 1952 et la fin des années 80. Particulièrement investi auprès des jeunes de la commune, l’abbé est devenu un pilier culturel pour Cabriès. Nous lui devons par exemple la bénédiction des chevaux (dernièrement renommée fête du cheval), qui continue d’animer Calas chaque année.

En parcourant ce petit recueil, je m’attendais à trouver quelque chose de tout à fait chaleureux et grand public. Finalement, au bout de 7 pages, j’ai été sermonné :
NOËL SERAIT-IL DEVENU UNE FÊTE PAÏENNE ?
Certainement pas ! Qu’elle le soit pour un certain nombre de nos contemporains qui n’ont plus ni foi, ni loi, mais qui profitent de toutes les grandes occasions pour étaler un luxe qui est une véritable insulte pour tous les pauvres, victimes d’une injustice criarde, et vont se gaver, jusqu’à l’écœurement, pendant qu’un million d’enfants vont mourir de faim durant ce seul mois de décembre, de cette fin de XXe siècle.
Tout de suite, ça casse un peu l’ambiance. Je me surprendrais presque à bouder mon foie gras. Presque. Enfin, je ne vous partage pas cet extrait pour vous déprimer. Qu’on soit d’accord ou pas, on sent dans ces lignes de la ferveur, celle d’un curé âgé qui n’a rien perdu de ses convictions.
Pas seulement religieuses d’ailleurs. Un peu plus loin, on sent poindre un soupçon de politique :
Les traditions d’une province, surtout lorsqu’elle fut auparavant une importante nation, comme c’est le cas pour la Provence, expriment son génie propre, sa personnalité, en un mot, le meilleur d’elle-même. En voulant les détruire ou les supprimer, voire en les oubliant, on tue un peu l’âme de ce pays.
Tout cela peut paraître un peu austère, mais je ne peux m’empêcher de sourire en pensant à l’abbé. Comme si des thèmes que l’on pressent nouveaux avaient en réalité près de cinquante ans.
D’ailleurs, pour l’austérité, j’en viens à penser que c’était un running gag. Page 39 :
Puis on s’était régulièrement adonné aux délices du réveillon. Oh, pas un de ces réveillons somptueux qui sont une véritable insulte envers les pauvres, mais un honnête réveillon familial, dans la belle tradition provençale, avec son panier de coquillages de la Méditerranée, la dinde truffée du Mont-Ventoux, les tomates farcies des Pennes, les paupiettes de veau de Calas, les 13 desserts de Cabriès… Le tout harmonieusement arrosé d’un petit vin frais de Cassis, d’un châteauneuf-du-Pape de derrière les fagots et d’un baume de Venise à vous mettre « du baume au cœur ».
Voyez, vous avez un peu de marge avant d’insulter les pauvres. D’ailleurs en voyant cette liste, je crois que je devrais suivre la tradition provençale et acheter un meilleur vin. Ceci dit, j’ai trouvé là le cœur du livre. Tout ceci n’a qu’un but, partager un moment avec ceux que l’on aime.
Alors même s’il ne faudra pas oublier de mettre le petit Jésus en crèche le 25, ne vous inquiétez pas trop du jugement de l’abbé. Tant que les enfants sourient, il vous sourira lui aussi.
À condition DE NE PAS INSULTER LES PAUVRES !

메타데이터
- post_id
- db97e6de3418
- slug
- chronique-dun-noël-presque-païen-db97e6de3418
- url
- https://medium.com/@focus_89777/chronique-dun-no%C3%ABl-presque-pa%C3%AFen-db97e6de3418
- canonical_url
- https://medium.com/@focus_89777/chronique-dun-no%C3%ABl-presque-pa%C3%AFen-db97e6de3418
- author_url
- https://medium.com/@focus_89777
- status
- ok
- fetched_at
- 2026-06-23 03:48:11