MONUSCO en RDC : mission détournée, entre compromissions, scandales et collusion armée
Créée pour stabiliser l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et protéger les civils, la Mission des Nations Unies pour la…
MONUSCO en RDC : mission détournée, entre compromissions, scandales et collusion armée

Créée pour stabiliser l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et protéger les civils, la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en RDC (MONUSCO) s’est progressivement imposée comme un acteur controversé. Entachée par des accusations de collaboration avec des groupes armés, de trafic de minerais et d’abus sexuels, la mission onusienne semble aujourd’hui servir des intérêts éloignés de son mandat initial.
Face à la pression populaire croissante en RDC, sa cheffe, Bintou Keita, a adopté une stratégie de survie : s’aligner sur la rhétorique anti-rwandaise du président Félix Tshisekedi, assurant ainsi à la mission un sursis temporaire auprès du pouvoir congolais, au prix d’un abandon de toute neutralité.
Mais derrière cette manœuvre politique, la réalité est plus sombre encore : des Casques bleus facilitent les opérations des milices Wazalendo, protègent les FDLR, et entretiennent une culture d’impunité, déjà dénoncée à travers les scandales sexuels du passé.
Bintou Keita : un virage politique pour sauver la mission
De la contestation populaire à l’alignement stratégique
En 2022, l’Est de la RDC a été secoué par une vague de manifestations réclamant le retrait immédiat de la MONUSCO. À Goma et dans d’autres villes, des bases onusiennes ont été pillées, les manifestants criant leur colère après plus de vingt ans d’inefficacité :
« Bye-bye MONUSCO ! Vous avez échoué lamentablement ! »
Confrontée à cette hostilité, Bintou Keita a opéré un tournant stratégique :
- Adoption de la rhétorique anti-rwandaise du président Tshisekedi, qui fait de Kigali le bouc émissaire des échecs militaires et sécuritaires.
- Alignement sur le discours gouvernemental, présentant la MONUSCO comme un rempart contre le M23 plutôt que comme un acteur impuissant.
- Abandon de toute critique envers Kinshasa, ce qui a permis à la mission de regagner les faveurs du pouvoir et de freiner la demande de retrait.
Une posture qui profite au régime

Ce repositionnement opportuniste a permis au président Tshisekedi de :
- Renforcer sa posture victimaire, en évitant de rendre compte des défaillances de l’armée congolaise (FARDC).
- Préserver le flux financier onusien, dont une partie bénéficie à l’élite congolaise à travers des contrats opaques et des accords discrets.
Pour Thierry Vircoulon, expert à l’IFRI :
« La MONUSCO est dans une situation d’impuissance face aux groupes armés. Elle n’a jamais réussi à en neutraliser un seul. »
MONUSCO : complice des milices et refuge des FDLR
Des combattants génocidaires accueillis dans les camps onusiens
Des témoignages et rapports convergents révèlent que :
- Après leur défaite face au M23, des combattants des FDLR — milice génocidaire d’origine rwandaise — ont trouvé refuge dans les installations de la MONUSCO.
- Loin d’être désarmés comme l’exige leur mandat, ces éléments ont été protégés par les Casques bleus, dans une violation flagrante des principes de neutralité.
Des attaques coordonnées depuis les bases onusiennes
Plus grave encore, des sources locales affirment que :
- Les milices Wazalendo, appuyées par les FARDC et les FDLR, organisent des attaques depuis des positions situées dans des installations de la MONUSCO.
- Des équipements de communication onusiens sont utilisés pour planifier les opérations ciblant les populations congolaises.
- Certains soldats onusiens ferment les yeux, voire facilitent les mouvements de ces groupes armés.
Ainsi, la MONUSCO, censée garantir la paix, se transforme en sanctuaire logistique pour les milices responsables de violences contre les civils.
Héritage de violences sexuelles et impunité persistante
L’ère MONUC : réseau d’abus et exploitation
Entre 2000 et 2010, sous la bannière de la MONUC, prédécesseure de la MONUSCO, des révélations accablantes ont éclaté :
- Des Casques bleus impliqués dans des réseaux de prostitution, y compris avec des mineurs.
- Des camps de déplacés transformés en lieux de débauche, où les violences sexuelles étaient monnaie courante.
- Aucune sanction sérieuse : les auteurs présumés étaient simplement rapatriés, échappant à toute justice.
Une impunité toujours ancrée dans la mission
Malgré les promesses répétées de “tolérance zéro” de l’ONU, la situation ne s’est pas fondamentalement améliorée :
- Aucune réforme structurelle n’a été entreprise.
- Les abus prennent aujourd’hui d’autres formes, notamment par la complicité passive avec les groupes armés.
- Dans l’opinion publique, la mission reste synonyme de trahison. Elle est surnommée « Mo-nique » ou encore « NU », des termes qui traduisent le mépris et la défiance à l’égard de l’ONU.
Conclusion : une mission illégitime, un retrait inévitable
La MONUSCO n’est plus un acteur de paix. Elle est devenue :
- Un outil de propagande au service du pouvoir de Kinshasa.
- Un refuge pour les milices génocidaires telles que les FDLR.
- Une structure corrompue, marquée par un lourd héritage d’abus.
Le peuple congolais mérite mieux. Le retrait immédiat de la MONUSCO est une nécessité impérieuse pour Clore le chapitre de deux décennies d’échecs, de compromissions et de souffrances.
L’heure n’est plus aux réformes, mais au départ.
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