← Back to list

Amerma : expérimenter et structurer des modèles productifs utiles, sobres, et ancrés dans le…

À Marseille, une jeune association fait parler d’elle dans le champ de la transition écologique et sociale. Fondée il y a trois ans…

Umberto Casalegno · 2025-10-05 12:07 · 0 claps · 2.7 min read
#low-tech #ecologie #changement-climatique
Open on Medium ↗
Wiki topics: 🔒 · Cybersecurity 🔭 · Astronomy & Space

Amerma : expérimenter et structurer des modèles productifs utiles, sobres, et ancrés dans le territoire.

À Marseille, une jeune association fait parler d’elle dans le champ de la transition écologique et sociale. Fondée il y a trois ans, Amerma s’est donné pour mission d’explorer, d’expérimenter et de mettre en œuvre de nouvelles approches productives locales, utiles au territoire et respectueuses de l’environnement. Forte aujourd’hui d’une trentaine de membres, elle se distingue par sa volonté assumée de transformer la théorie de la sobriété et de la coopération en réalités tangibles pour le tissu économique local.

Trois champs d’action complémentaires

L’action d’Amerma s’articule autour de trois grands axes.

D’abord, la réalisation d’études prospectives pour identifier et évaluer les conditions de mise en œuvre de modèles alternatifs. En septembre 2023, l’association a ainsi publié pour l’ADEME une première étude intitulée « Étude d’opportunité de déploiement d’un écosystème low-tech en région PACA ». Ce travail pionnier a jeté les bases d’une réflexion collective sur l’adaptation des pratiques productives aux contraintes écologiques et sociales, notamment avec un fort accent mis sur la réutilisation des équipements de production, le réemploi, le rétrofit, et la maintenance et l’entretien.

Deuxième axe : l’accompagnement de structures productives régionales vers davantage de sobriété industrielle. Amerma agit comme un catalyseur, aidant artisans, entreprises et collectifs à réduire leur empreinte écologique tout en renforçant leur viabilité économique.

Enfin, l’association s’attache à initier et animer des dynamiques coopératives. L’idée est de rapprocher des acteurs d’un même secteur proposant des initiatives vertueuses, pour constituer des filières locales, solidaires et compétitives face aux pratiques conventionnelles.

CooTeRRE, un exemple concret et prometteur

Parmi les projets emblématiques d’Amerma figure CooTeRRE (Coopérative Technique de Rénovation et Réhabilitation Exemplaires). Lancée il y a un peu plus d’un an, cette initiative rassemble déjà plus de 60 structures (artisans, architectes, bureaux d’étude, fournisseurs de matériaux, maîtres d’ouvrage, organismes de formation) toutes engagées dans la rénovation écologique grâce à l’usage de matériaux bio- et géo-sourcés ou issus du réemploi.

À Marseille, la rénovation du bâti représente un triple enjeu : social, face à l’ampleur des immeubles insalubres qui aggravent la crise du logement ; culturel, car il s’agit de préserver un patrimoine architectural précieux ; et écologique, en privilégiant la réhabilitation, la réutilisation ou la surélévation plutôt que la construction neuve, gourmande en ressources, productrice de déchets et facteur d’étalement urbain destructeur pour les écosystèmes.

L’ambition de CooTeRRE est claire : donner à ces pratiques de rénovation et réhabilitation exemplaires une échelle plus industrielle qui permette leur démocratisation. Le projet doit franchir une étape décisive début 2026, avec l’implantation de la coopérative sur un foncier industriel dédié, identifié dans le cadre d’un Appel à Manifestation d’Intérêt lancé sur le périmètre d’Euroméditerranée. Une perspective qui pourrait changer la donne dans le secteur du bâtiment à Marseille et au-delà, et permettre la conservation du patrimoine bâti avec des matériaux sains, locaux, et durables.

Relocaliser une économie utile et non délocalisable

Avec l’ensemble de ces initiatives, Amerma porte une ambition transversale : créer les conditions d’une relocalisation de l’activité productive. L’association défend le développement d’une économie réelle (par opposition à une économie purement financière et à une société de services) qui soit à la fois utile au territoire, créatrice d’emplois non délocalisables, et vertueuse sur les plans environnemental, économique et social.

Cette orientation se traduit par un ciblage exclusif de secteurs stratégiques, où les besoins sont avérés et où les marges de progression vers des pratiques durables sont immenses : rénovation du bâtiment, mobilités et logistique urbaines décarbonées, économie circulaire des déchets textiles (en alternative à la fast fashion), transformation alimentaire durable, pour n’en citer que quelques-uns.

Une transition ancrée dans le territoire

À travers ces actions, Amerma affirme une vision de la transition écologique et sociale qui se veut territoriale, inclusive et humaine. L’association agit d’abord à l’échelle marseillaise, de plus en plus à l’échelle de la région PACA, et envisage dans le futur un essaimage aux niveaux méditerranéen ou national.

En trois ans, Amerma a su démontrer qu’une transition n’est pas qu’une affaire de discours, mais aussi et surtout de pratiques concrètes, construites avec et pour les acteurs du territoire. Dans un contexte d’urgence climatique et sociale, l’association marseillaise trace une voie singulière : celle d’une transformation qui conjugue sobriété, coopération et ancrage local.


메타데이터
post_id
e053defd1c06
slug
amerma-expérimenter-et-structurer-des-modèles-productifs-utiles-sobres-et-ancrés-dans-le-e053defd1c06
url
https://medium.com/@umberto.casalegno/amerma-exp%C3%A9rimenter-et-structurer-des-mod%C3%A8les-productifs-utiles-sobres-et-ancr%C3%A9s-dans-le-e053defd1c06
canonical_url
https://medium.com/@umberto.casalegno/amerma-exp%C3%A9rimenter-et-structurer-des-mod%C3%A8les-productifs-utiles-sobres-et-ancr%C3%A9s-dans-le-e053defd1c06
author_url
https://medium.com/@umberto.casalegno
status
ok
fetched_at
2026-07-07 05:22:03