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Entre tes mains, mon silence

Prologue — Les échos du silence

Lyséa writes · 2025-06-06 14:51 · 0 claps · 11.5 min read
#romancepsychologique #fugue #mystère
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Wiki topics: 💑 · Relationships

Entre tes mains, mon silence

Prologue — Les échos du silence

Saint-Renan, 14 octobre 2012

Le vent hurlait ce soir-là, emportant avec lui le goût amer du sel et la promesse d’un secret enfoui depuis trop longtemps. Au bout de la jetée, sous un ciel lourd et chargé, une silhouette se tenait immobile, comme figée dans le temps. Le regard perdu vers l’horizon, le visage blotti contre le froid mordant, elle semblait attendre quelque chose que personne ne viendrait lui offrir.

Lina. Ou du moins, celle qu’elle était avant. Avant que tout ne bascule, avant que son nom ne devienne un poids trop lourd à porter. Ce soir-là, elle n’était plus que l’ombre d’elle-même, une enfant perdue dans les méandres d’un passé qui refusait de la lâcher.

Une voix avait brisé le silence, douce mais ferme, une voix qui aurait dû la rassurer, mais qui avait au contraire creusé le fossé entre ce qu’elle voulait croire et la réalité.

— Tu ne peux pas continuer à fuir, Lina.

Elle avait tourné la tête, les yeux embués, cherchant dans le visage de l’homme en face une raison, un espoir, quelque chose qui justifierait tous ces non-dits. Mais tout ce qu’elle avait trouvé, c’était une froideur glaciale, un détachement qui lui avait coupé le souffle.

— Tu dois affronter ce qui est arrivé. Tu dois le dire.

Un frisson lui parcourut l’échine. Elle secoua la tête, comme pour chasser un cauchemar.

— Je ne peux pas. Pas encore.

Mais la vérité était là, criante, inévitable. Elle savait qu’elle mentait, à lui, et surtout à elle-même.

Le silence s’était installé à nouveau, pesant, lourd de menaces non formulées. Les vagues se brisaient contre les rochers en contrebas, rythmes sourds d’une mer qui semblait vouloir laver les blessures du passé, mais qui ne faisait que les enfoncer un peu plus profondément.

L’homme s’était approché, tendant la main, comme pour lui offrir une dernière chance. Une invitation à sortir de l’ombre. Mais Lina reculait, les yeux fixés sur ses mains tremblantes, les souvenirs menaçant de l’engloutir.

— C’est fini, avait-il murmuré, la voix pleine d’une tristesse qu’elle ne pouvait pas comprendre. Mais c’est à toi de choisir si tu veux rester prisonnière de cette nuit, ou si tu veux enfin te libérer.

Elle avait regardé une dernière fois la mer, avant de s’éloigner, le cœur serré, consciente que ce choix la poursuivrait jusqu’à ce qu’elle trouve la force de revenir.

Ce soir-là, le vent emportait ses pas, et avec eux, une promesse muette : celle que le passé ne meurt jamais vraiment.

Chapitre 1 — Le sel dans mes veines

Saint-Renan, 7 ans plus tard — Automne 2019

Le vent marin soufflait doucement à travers la fenêtre entrouverte, faisant danser les rideaux légers comme des voiles effleurant la surface d’une mer paisible. Pourtant, à l’intérieur, l’atmosphère semblait lourde, saturée d’attentes et de silences pesants. Lina Costa restait figée face à la baie vitrée, ses doigts effleurant la surface froide du verre tandis que son regard se perdait dans l’immensité grise de l’océan.

Sept ans. Sept ans qu’elle avait quitté ce village au bord de la mer, cette pointe bretonne battue par les vents, où le passé l’avait happée plus fort qu’elle ne l’aurait cru possible. Sept années à tenter d’éloigner ses démons, à reconstruire une version d’elle-même qu’elle pouvait tolérer. Et pourtant, rien ne l’avait vraiment quittée. Rien ne s’était vraiment effacé.

La maison était silencieuse, à l’exception du tic-tac régulier de l’horloge dans le couloir, ce son banal qui prenait pourtant une dimension presque inquiétante dans ce calme trop pesant. Lina sentait son cœur battre un peu trop fort, un rythme qu’elle ne pouvait ni contrôler ni ignorer. Ce retour, elle l’avait imaginé sous mille formes : une simple visite, un détour sans importance, une tentative timide de renouer. Mais maintenant qu’elle était là, tout semblait différent.

Elle quitta la fenêtre, lentement, comme si chaque pas la rapprochait d’un mur invisible dressé entre elle et la paix qu’elle cherchait. Son regard se posa sur le vieux bureau en bois, rongé par les années, où reposait un carnet noir, reliure usée et pages jaunies. Ce carnet n’était pas là par hasard. Il l’attendait, silencieux et patient, comme un coffre scellé rempli de souvenirs qu’elle avait refusé de regarder.

Lina s’assit, la main tremblante, et ouvrit la première page. Les mots, écrits d’une écriture fine et nerveuse, l’attiraient et la repoussait à la fois. Des fragments de son histoire, de ses doutes, de ses peurs. Des secrets qu’elle avait enfouis au plus profond d’elle-même, persuadée qu’ils ne pourraient que la détruire si jamais ils venaient à la surface.

Une voix résonna soudain dans l’entrée. Un léger froissement, le son familier de pas hésitants sur le parquet. Lina referma précipitamment le carnet, tentant de maîtriser les battements trop forts de son cœur. Elle ne voulait pas paraître vulnérable. Pas aujourd’hui.

Clara, sa cousine, entra dans la pièce, le visage illuminé d’un sourire à la fois chaleureux et inquiet.

— Lina… Tu es enfin là. Comment tu te sens ? demanda-t-elle doucement, comme si elle craignait de briser quelque chose de fragile.

Lina chercha ses mots, mais aucun ne semblait suffisant.

— Ça va, répondit-elle, un peu à contrecœur. C’est juste… beaucoup à prendre.

Clara hocha la tête, comprenant sans qu’il soit besoin d’en dire plus.

— Tu sais, on est tous là, avec toi. Tu n’es pas seule.

Le simple fait d’entendre ces mots fit vibrer une corde sensible en Lina, un mélange d’espoir et de peur. Elle n’avait jamais vraiment su si elle voulait ce soutien ou si elle voulait continuer à porter ce fardeau toute seule.

Les heures passèrent, lourdes de silences et de regards échappés. Lina erra dans la maison, chaque pièce réveillant un pan de son passé — les éclats de rires d’enfants, les disputes étouffées, les secrets murmurés à voix basse. Tout semblait chargé d’une tension sourde, prête à éclater à la moindre étincelle.

Elle ne pouvait s’empêcher de penser à l’homme qu’elle avait aperçu dans le village plus tôt ce jour-là. Un inconnu ? Pas vraiment. Quelqu’un qui, sans qu’elle comprenne encore pourquoi, semblait connecté à cette part d’elle-même qu’elle avait tant cherché à fuir. Chaque fois qu’elle croisait son regard, une onde électrique la traversait, mêlant peur et désir, attirance et méfiance.

Lina savait que ce retour n’était pas un hasard. Que les réponses qu’elle cherchait se cachaient là, au cœur de ce village, dans ces silences lourds de sens, dans ces regards à demi détournés. Mais elle ne savait pas encore jusqu’où elle serait prête à aller, ni ce qu’elle était prête à sacrifier. Ce soir-là, en regardant la mer se fondre dans la nuit, elle comprit une chose : le passé ne s’efface jamais vraiment. Il attend, tapis dans l’ombre, prêt à ressurgir pour réclamer ce qui lui appartient.

Chapitre 2 — Les secrets sous la surface

Saint-Renan, quelques jours plus tard

Lina s’était levée tôt ce matin-là, avant même que la lumière ne s’infiltre à travers les volets de sa chambre. Le silence était profond, presque irréel, comme si le village retenait son souffle, suspendu entre passé et présent. Elle avait passé la nuit à rêver de visages flous, d’échos étouffés, de mots qu’elle avait voulu oublier mais qui revenaient la hanter avec une force nouvelle.

Descendant les escaliers avec précaution, elle croisa Clara dans la cuisine, déjà occupée à préparer le café. Leur échange se fit sans un mot, juste un regard chargé d’une compréhension tacite. Clara savait que Lina n’était pas encore prête à parler, qu’elle portait en elle une tempête prête à déferler.

Après un petit-déjeuner silencieux, Lina prit son sac et s’aventura dans les rues étroites de Saint-Renan. Chaque pavé, chaque façade, semblait murmurer des histoires anciennes, des secrets gardés jalousement par le temps et le vent. Le port, avec ses bateaux colorés et son odeur iodée, semblait à la fois familier et étranger.

Alors qu’elle marchait sans but précis, un nom s’imposa dans son esprit : celui d’Étienne. L’homme aperçu quelques jours plus tôt, dont la présence perturbait Lina d’une manière qu’elle refusait encore d’admettre. Étienne, avec ses yeux sombres et ses silences pesants, était comme une énigme vivante, une pièce manquante dans le puzzle de son passé.

Elle se surprit à penser à lui plus souvent qu’elle ne l’aurait voulu, à chercher dans ses gestes une vérité cachée, dans ses paroles un message secret. Pourtant, à chaque fois qu’ils croisaient leurs regards, un mélange d’attirance et de méfiance s’insinuait entre eux, comme un jeu dangereux où personne ne voulait vraiment perdre.

De retour à la maison, Lina trouva un mot glissé sous la porte, sans signature. « Parfois, les réponses ne se trouvent pas en regardant devant, mais en osant affronter ce qui se cache derrière. »

Un frisson la parcourut. Qui pouvait bien vouloir lui parler ainsi, jouer avec ses émotions et réveiller ses peurs ?

Elle passa le reste de la journée à rassembler des fragments d’informations, interrogeant discrètement les habitants, cherchant à comprendre ce qui s’était vraiment passé cette fameuse nuit de 2012. Mais les réponses étaient fragmentaires, embrouillées par le temps et la peur du jugement.

La tension monta lorsqu’elle réalisa que quelqu’un observait chacun de ses mouvements, que des regards furtifs la suivaient, lourds de sous-entendus. Lina sentait le poids du passé s’épaissir, l’enfermant dans un piège invisible dont elle ne savait comment sortir.

Pourtant, malgré la peur, une force nouvelle commençait à grandir en elle. Une volonté farouche de ne plus fuir, de briser le silence et d’affronter la vérité, même si celle-ci risquait de tout détruire.

Alors que le soleil se couchait derrière les falaises, teintant le ciel de nuances rouges et orangées, Lina comprit que sa vie ne serait plus jamais la même. Que la rencontre avec Étienne n’était pas un hasard, mais le début d’une histoire complexe, faite de passion, de mensonges, et de révélations qui pourraient changer leur destin à jamais.

Chapitre 3 — L’homme aux cicatrices invisibles

Saint-Renan — Le soir du même jour

La mer, ce soir-là, était d’un calme trompeur, une surface lisse comme un mensonge trop bien raconté. Lina Costa s’enfonçait dans ce paysage comme on glisse dans une histoire qu’on sait dangereuse, mais à laquelle on ne peut plus résister.

Elle était retournée au port. C’était plus fort qu’elle. Elle s’était persuadée que ce ne serait qu’une simple promenade. Rien de plus. Pourtant, au fond d’elle, elle savait. Quelque chose — ou quelqu’un — la tirait hors d’elle-même.

Au bout du vieux muret qui surplombait la crique, un homme était là, accoudé, immobile comme un gardien silencieux. Sa veste sombre se confondait presque avec l’obscurité. Il fumait, laissant la fumée s’élever en volutes lentes, comme une promesse muette. Ses traits se dessinaient à contre-jour, sculptés par les ombres et les derniers rayons d’un soleil couchant.

Elle le reconnut aussitôt. Lui.

Elle aurait pu rebrousser chemin. Elle aurait dû. Mais ses jambes avançaient malgré elle, comme guidées par une force irrésistible. Comme s’il l’avait appelée sans un mot, comme s’il savait qu’elle viendrait.

— Tu me suis ou c’est le hasard qui insiste ? lança-t-il sans se retourner, la voix grave, râpeuse, un secret chuchoté à une oreille interdite.

— Le hasard n’insiste jamais, répondit-elle simplement, s’arrêtant à un mètre de lui.

Un silence dense s’installa, chargé d’une émotion qu’elle ne savait pas encore nommer. Il tourna lentement la tête vers elle. Leurs regards se croisèrent.

Ses yeux n’étaient pas seulement sombres. Ils étaient chargés. De colère, peut-être. De douleur. Ou d’un passé qu’il gardait enfermé à double tour.

— Je m’appelle Ezra, dit-il.

— Je sais.

— Bien sûr que tu sais, répondit-il avec un sourire froid. Dans ce village, les fantômes ont tous un nom.

Elle ne répondit pas. Il écrasa sa cigarette dans le vide.

— Tu poses trop de questions. Ça se remarque. Les gens commencent à parler.

— Laisse-les parler, murmura-t-elle.

Il la fixa longuement.

— Tu n’as pas l’air d’être revenue pour la paix.

— Et toi ? T’as l’air d’être quelqu’un qui cache la guerre.

Un rictus fendit son visage, et pour la première fois, Lina vit une faille. Une brèche dans son masque. Il rit doucement, un rire qui sonnait comme une défense, une douleur qu’il refusait d’affronter.

— Tu ferais mieux de ne pas me chercher, Lina Costa.

Elle fit un pas vers lui, lentement, provocante, curieuse, inconsciente.

— Et si je te disais que je suis déjà en train de te trouver ?

Leurs regards s’accrochèrent, se heurtaient, se cherchaient. Dans cet échange tendu, électrique, quelque chose naissait. Pas une attirance simple, mais une obsession qui commençait à s’enraciner.

Ezra détourna les yeux.

— Ce que tu cherches ici… tu ne pourras pas le supporter, lâcha-t-il. Certains souvenirs ne s’ouvrent pas sans conséquences.

— Tant mieux, dit-elle. J’en ai assez de vivre sans conséquences.

Elle sentit alors quelque chose changer en lui. Pas une confiance, plutôt une alerte. Un instinct qui hurlait. Mais au lieu de fuir, il hocha la tête, imperceptiblement.

— Alors prépare-toi, Lina.

Et il disparut dans la ruelle, sans un mot de plus.

Seule, elle sentit son cœur s’emballer. Pas de peur. Quelque chose de pire. Une vérité qu’elle n’avait pas encore comprise, mais qui lui serrait déjà la gorge.

Chapitre 4 — La faille dans les fondations

Saint-Renan — Deux jours plus tard

Lina avait toujours eu cette capacité étrange à sentir le frémissement des choses avant qu’elles n’arrivent. Une intuition floue, un battement sourd dans la poitrine, annonciateur d’un changement imminent. Elle n’avait jamais osé en parler, craignant que ses proches la jugent rêveuse ou trop sensible. Mais cette fois, elle savait. Quelque chose avait basculé cette nuit-là, sur le port. Comme si une corde invisible jusque-là détendue venait d’être tirée à son maximum.

Et elle était prête à suivre le son du claquement.

Ce matin-là, le ciel était bas, gris, une toile uniforme et menaçante. L’humidité s’accrochait aux vitres, à ses cils, à ses pensées. Elle avait veillé tard, tournant en boucle la rencontre, analysant chaque mot, chaque regard. Ezra n’était pas un simple homme mystérieux. Non. Il était une clé. Une charnière. Et elle sentait qu’en tournant cette clé, elle risquait de faire sauter des verrous oubliés depuis trop longtemps.

Mais il avait disparu.

Depuis deux jours, pas une trace. Elle arpentait les ruelles, interrogeait des visages connus, lançait des noms au hasard. Personne ne voulait parler. Ou alors, tout le monde en disait trop peu.

Elle en était arrivée à se demander si elle ne l’avait pas rêvé.

Et puis, sous sa porte, elle trouva une enveloppe.

Même format que la première, mais cette fois, pas de mots. Juste une photo ancienne, froissée, jaunie par le temps. Un cliché en noir et blanc où deux enfants étaient assis sur un quai. Elle reconnut aussitôt la petite fille : c’était elle.

Mais l’autre visage… Un garçon, un peu plus âgé, cheveux en bataille, regard intense, trop mature pour son âge.

Elle avait oublié cette photo. Complètement.

Au verso, griffonnée à la main, une date : 15 août 2009.

Elle était censée s’en souvenir. Se souvenir de lui.

Mais son esprit refusait. Une amnésie sélective, un verrouillage qu’elle ne maîtrisait pas.

C’était ça, son retour ici : le réveil brutal de souvenirs enterrés, soi-disant morts.

Elle enfila son manteau, sortit comme poussée par une force irrépressible.

Le vent hurlait ce jour-là. La mer s’agitait. Les mouettes criaient plus fort que d’habitude, comme pour porter un message secret.

Elle marcha longtemps. Le long du rivage, à travers la forêt basse, jusqu’aux falaises. Puis, dans une crique oubliée, elle le vit.

Ezra.

Assis sur une pierre, capuche rabattue, les yeux fixés vers l’horizon, comme s’il cherchait dans l’infini une vérité perdue.

Il ne se retourna pas quand elle s’approcha.

— Tu voulais cette photo ? lança-t-elle sans détour.

Il se leva lentement, comme quelqu’un qui a appris à ne jamais se presser.

— Ce n’est pas moi qui l’ai envoyée.

— Tu mens.

Il la fixa longuement.

— Tu te souviens de moi ?

— Je devrais ?

— On jouait ensemble, tous les étés. Tu as oublié. Tout oublié.

Une douleur sourde monta derrière ses tempes.

— Pourquoi maintenant ? Pourquoi cette photo ? Pourquoi toi ?

— Parce que ce que tu as oublié n’est pas qu’une amitié d’enfance. C’est ce qui t’a brisée. Et ce que tu as laissé derrière toi… ça ne s’est jamais vraiment refermé.

Elle recula d’un pas. Une partie d’elle voulait fuir, l’autre voulait se jeter dans ses bras et hurler.

— Tu deviens flou quand je te regarde trop longtemps, Ezra.

Il esquissa un sourire amer.

— Peut-être parce que je ne suis pas tout à fait là.

Et ce fut là que tout bascula.

Elle s’approcha, trop près. Il ne recula pas. Leurs souffles se mêlèrent. Leurs cœurs cognèrent l’un contre l’autre sans même se toucher.

Mais au lieu d’un baiser, ce fut un aveu.

— J’étais là cette nuit-là, murmura-t-il. En 2012.

Lina sentit ses jambes fléchir. Elle ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit.

— Ce que tu cherches, Lina… c’est moi qui l’ai vu. Ce que tu as oublié… c’est moi qui l’ai vécu.

Silence.

— Et je te jure… tu n’étais pas seule dans cette maison.

Le monde vacilla autour d’elle. Le sable sous ses pieds devint mouvant. Tout ce qu’elle avait cru reconstruire — toutes ces années loin d’ici — s’effondra en une phrase.

Elle n’avait jamais vraiment quitté Saint-Renan. Et Saint-Renan, lui, ne l’avait jamais quittée.


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