S1E9: Zemmour peut-il physiquement aller jusqu’au bout?
On reproche parfois à certains journalistes, tels que Pascal Praud, de ne pas être des observateurs politiques tout à fait sérieux dans la…
Épique Zemmour • Saison 1: Avant la candidature | Épisode 9
S1E9: Zemmour peut-il physiquement aller jusqu’au bout?
On reproche parfois à certains journalistes, tels que Pascal Praud, de ne pas être des observateurs politiques tout à fait sérieux dans la mesure où ils viennent du journalisme sportif — en l’occurrence du football. Leur formation les inclinerait ainsi à ne commenter que l’écume de la politique (les performances, le style, etc.) au détriment du fond. Je le dis tout net: le reproche n’est pas seulement injuste mais aussi particulièrement stupide.

Car la politique électorale est un sport de haut niveau. Elle nécessite une condition et une endurance peu communes. L’intensité des meetings, d’un point de vue physique et mental, la multiplication des déplacements, courts ou longs, les conversations répétitives, les réunions interminables, c’est l’assurance pour les candidats de dépenser cinq mille calories par jour. Minimum. Et c’est pourquoi des individus fonctionnant “sur pile”, comme Macron ou Sarkozy, Tapie ou Le Pen, ont pu connaître un tel parcours. Et c’est aussi pourquoi d’autres, plus fragiles, ou en tous cas moins endurants, comme Balladur ou Chevènement, se sont effondrés avant la ligne d’arrivée… ou parfois même avant la ligne de départ comme Jacques Delors, empêché par la fatigue chronique dû à son mal de dos.
Dans *Loués soient nos seigneurs, l’écrivain Régis Debray a expliqué pourquoi, la fougue de sa jeunesse révolutionnaire passée, il n’a pas enchaîné par une carrière politique en France: les campagnes électorales, comme le ressassement permanent des mêmes phrases à destination des militants ou des médias, lui apparaissaient infiniment plus accablant pour son son organisme et son système nerveux que le crapahutage dans la jungle à vingt ans. Un autre intellectuel, pourtant solidement bâti, a lui aussi renoncé à passer de la réflexion à l’action politique pour les mêmes raisons: feu Jean-François Revel avouait en effet ne pas avoir “la résistance physique” requise et, surtout, “un besoin régulier de gros dodos”*.
Pour se lancer dans l’arène électorale, il faut donc à bien des égards être un athlète. Tous les esprits forts ne le sont pas, et tous ne cèdent pas au dopage — en l’espèce, et selon une rumeur tenace visant les politiques de premier plan, à la consommation d’amphétamine ou de cocaïne. L’origine de ce soupçon (jamais vérifié) est claire: l’opinion publique comprend instinctivement qu’un parcours politique jusqu’au sommet tient de l’exploit sportif.

Ce qui nous ramène à notre sujet, Éric Zemmour.
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