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« Tout ce qui prête à sourire devrait donner à réfléchir »

Issu de la vie réelle, apparenté à l’art. Le comique n’existe pas en dehors de ce qui est proprement humain : un paysage pourra être beau…

Maram Benyoussef · 2026-04-24 10:03 · 0 claps · 2.2 min read
#comique #sociéte #vies #philosophy #réalité
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Pablo Picasso, « Paul en Arlequin », 1924.

Pablo Picasso, « Paul en Arlequin », 1924.

« Tout ce qui prête à sourire devrait donner à réfléchir »

Issu de la vie réelle, apparenté à l’art. Le comique n’existe pas en dehors de ce qui est proprement humain : un paysage pourra être beau, gracieux, sublime, insignifiant ou laid mais il ne sera jamais risible. On rira d’un animal, mais seulement parce qu’on aura surpris chez lui une attitude d’homme. Comment un fait aussi important dans sa simplicité n’a-t-il pas fixé davantage l’attention des philosophes ? Plusieurs on définit l’homme « un animal qui sait rire » ou parfois comme celui qui fait rire.

Il semble que le comique ne puisse produire son ébranlement qu’à la condition de tomber sur une surface d’âme bien calme et unie. L’indifférence est son milieu naturel : le rire n’a pas de plus grand ennemi que l’émotion. Nous ne puissions rire d’une personne qui nous inspire de la pitié, il faut oublier cette affection, faire taire cette pitié.

Dans une société touchée par une maladie celle de la de superficialité et un manque d’essence, on ne pleurerait probablement plus, mais on rirait peut-être encore.

Essayez un moment de vous intéresser à tout ce que se dit et à tout ce que se fait. Agissez avec imagination avec ceux qui agissent, sentez avec ceux qui sentent, donnez enfin à votre sympathie son plus large épanouissement : comme sous un coup de baguette magique, vous verrez les objets les plus légers prendre du poids, et une coloration sévère passer sur toutes choses.

Détachez-vous maintenant, assistez à la vie en spectateur indifférent : bien des drames tourneront à la comédie.

Un homme qui court dans la rue, trébuche et tombe : les passants rient. On ne rirait pas de lui si l’on pouvait supposer que la fantaisie lui est venue tout à coup de s’assoir par terre.

« Nous devons entendre par esprit une réalité capable de tirer d’elle-même plus qu’elle ne contient » Prenons l’exemple d’un texte intitulé « Quand je serais grand » : l’enfant qui a pensé à son avenir en tant que clown et son père, choqué, considère le clown comme un pitre ! un guignol ! en le ridiculisant à une simple objet de dérision. Cependant l’enfant revendique sa volonté d’apporter de la joie en disant « Je les ferai rire » bien déterminé et aussi courageux faisant preuve de courage dans une forme de rébellion face au minimalisme.

De même, le texte « Monsieur ou Mondamoiseau » qui propose une inversion des rôles qui parait insolite et risible mais pour une noble cause, la cause de la femme.

Le personnage d’Arlequin, avec son célèbre habit formé de losanges multicolores, né de la pauvreté, il incarne l’espoir vital : « l’habit ne fait pas le moine ». Le comique devient alors une réponse à la dureté du monde.

Le comique parait un simple genre littéraire banal et prosaïque mais en réalité c’est un univers vaste qui s’intéresse à l’essence et poursuit un objectif bien précis.

Ainsi, la vie n’est pas une béatitude éternelle. Le plus sage est celui qui sait tirer de son malheur le meilleur profit : le rire, la détente puis l’oubli.

Maram — Le 24 Avril 2026.


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