Semel tantum
En latin, c’est la formulation contraire de bis repetita, qui se traduirait — sous le contrôle des plus latinistes d’entre-vous — par «…
Semel tantum
En latin, c’est la formulation contraire de bis repetita, qui se traduirait par « une fois pour toutes. » Parce qu’en cette fin d’année 2025, j’ai envie de distinguer notre situation de celle de janvier 2023. Si le bilan comptable est très sembable, la structure sur laquelle la performance sportive a pu s’exprimer semble bien plus robuste.
Photo piquée au site Le Temps illustrant ce qu’est une vague scélérate
Revenons en arrière. Le 31 décembre 2022, le RC Lens est deuxième de Ligue 1 lorsqu’il entre dans sa nouvelle année. Le championnat a repris quelques jours plus tôt (0–0 à Nice), après la fameuse coupure qatarienne, et les hommes de Franck Haise s’apprêtent à corriger le Paris Saint-Germain à Bollaert-Delelis. Le mercato d’hiver, quelque peu perturbé par le départ de l’architecte Ghisolfi, accouche tardivement des arrivées de Thomasson et Fulgini. Si le premier cité est aujourd’hui, en tant que capitaine, un cadre aussi bien dans le vestiaire que sur le terrain, le second n’a jamais réellement répondu aux attentes placées en lui, malgré des buts importants en Ligue des Champions contre le FC Séville notamment, ne l’oublions pas.
Fort d’une organisation enfin compétente et stabilisée, le RC Lens a cette fois communiqué un « truc chelou » avant l’ouverture de la fenêtre des mutations hivernales : Amadou Haidara, expérimenté milieu malien, a été officialisé le 23 décembre 2025 (!!!), et débarque pour ajouter son expérience en Ligue des Champions à un effectif déjà bien pourvu en la matière. Et il se dit que le club pourrait ne pas en rester là lors de la fenêtre hivernale. Prépare-t-on déjà la saison prochaine ? La réponse est forcément dans la question.
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En fait, tous les voyants semblent actuellement au vert. Ce qui diffère de ce fameux mois de janvier 2023, quand on l’analyse a posteriori. Trois ans plus tard, le RC Lens a su étendre sa formidable entreprise de continuité, quand bien même il aura donné l’impression de se perdre complètement lors de la saison 2024–2025. Les recettes de grands-mères qui avaient permis d’emmener le Racing Club sur la Lune ont été soigneusement conservées dans les placards, et le duo Benjamin Parrot — Jean-Louis Leca n’a eu qu’à ressortir les cahiers à spirales à peine écornés par le peu de saisons qui nous sépare de ce fabuleux exercice.
Comment je vois Jean-Louis Lec’ et Ben Parrot (Photo Ouest-France)
La différence, c’est ça. Ce petit truc qui ne s’achète pas. « E que s’appellerio » expérience. À l’échelle du RC Lens, la recherche du « savoir-faire » se doit d’être une problématique perpétuelle. Remise en cause permanente et analyse fine de chacune des difficultés rencontrées, pour les transformer en retex et faire en sorte de minimiser l’impact des prochaines difficultés. J’aime souvent utiliser la métaphore du marin en haute mer. Un navire, un équipage, chacun à son poste, pour des missions opérationnelle et de navigation. A Lens, les deux loups de mer à la barre du navire Sang et Or sont jeunes certes, mais François Gabart et Charlie Dalin n’ont-ils pas survolé des Vendées Globes ?
Il y a trois ans jour pour jour, on ne le savait pas encore mais la coque du navire souffrait déjà de dommages sévères, sans que les réparations n’aient été suffisamment bien appliquées.
Sur le pont, je fixe attentivement le futur, ayant vu qu’une vague scélérate à l’écume violette pointait à l’horizon.
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