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Au bout du silence

Vous n’avez jamais ressenti une présence ? Dans le noir, un visage ou un corps qui serait dans le coin de votre chambre ?..

Gael · 2025-11-17 22:36 · 0 claps · 6.6 min read
#silence #french #angoisse #sombre #gore
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Au bout du silence

Le silence. Voila, le silence. C’est la chose la plus effrayante qui n’a jamais existé. J’étais là, dans ma chambre, envahis par les ténèbres. Et le silence. Cette forme si brutale, si pure, si sensible du vide, de ce qui n’existe pas. C’est presque de la matière palpable, pas à travers mes doigts ni mes yeux mais dans tout mon corps. C’est comme l’eau d’un ruisseau que l’on essaie de capturer dans la paume de sa main, elle filera toujours entre nos doigts mais on ressent son vide, son manque dans tout notre corps. Alors voilà, j’étais là recroquevillé en boule dans mon lit, les yeux grands ouverts et les mains s’accrochant à mes jambes; enseveli sous le silence. J’étais bien conscient, ça oui, plus que jamais, je faisais en sorte d’écouter les quelques sons rares qui arrivaient à s’échapper de la prison brut de la négation du bruit. D’ailleurs, le silence c’est surtout la négation du calme. On confond souvent ces deux notions à tort mais le calme apporte de la sérénité, un certain apaisement et elle renforce la concentration, la réflexion et même parfois l’introspection. Le silence; le silence c’est la traduction pure de l’effroi. Il n’y a rien de plus angoissant que le silence, le vide sonore et aucun bruit ou sons sur lequel s’accrocher. Les quelques prises qui apparaissent deviennent glissantes en plein milieu du silence.

C’est alors que, sorti de nul part, me tirant de mon insomnie névrosée, un son; un son régulier. Qu’est ce que c’est ? Une respiration ? Non beaucoup trop net. Des bruits de pas ? Un grattement ? L’ignorance me paraissait sans doute trop insoutenable à ce moment-là pour que je décide de me lever et d’aller coller mon oreille à la porte pour éclaircir le mystère. C’était un battement; comme un cœur qui battait dans le couloir. Je ne sais pas pour quelle raison étrange, l’idée d’allumer la lumière ne m’a même pas traversé l’esprit à ce moment. Après une bonne heure d’écoute intensive, ma conviction s’était renforcée, j’ai immédiatement pensé à un cœur qui bat. Mais, je voulais en être sûr. Nous sommes d’accord qu’à ce stade, tout être normalement constitué, moi compris, ce serait terré dans le coin de la chambre le plus à l’écart de la porte et composé le numéro de la police. Cependant, mon esprit en avait autre chose à faire, j’ouvris la porte.

Bien. Me voila désormais en plein milieu du couloir, sombre, seul (à priori), sans rien pour appuyer mon hypothèse. Évidemment la réflexion qu’un intrus puisse se trouver chez moi ne m’atteint pas de la même façon que tout autre raisonnement sensé n’ai même pas touché la surface de mon cerveau. Mais voilà, les battements était toujours là eux et ils s’accélèrent. Il y avait chez moi quelque chose qui bat et qui ne s’arrête pas. A la sortie de ma chambre, il y avait un couloir qui traversait l’étage de part en part avec des fenêtres des deux bouts et des pièces sur les murs du couloir. Au milieu du mur opposé à celui de ma chambre, une grande entrée, sans porte, qui cachait un salon où j’avais pour habitude d’écrire. Il y avait ensuite un escalier qui menait à l’étage du bas à l’opposé de ma chambre, sur le même mur cette fois. Je fis un pas en direction de ces escaliers et il m’a fallu l’instant d’un clignement pour ressentir ces battements qui venait de derrière moi. Pris de panique, je fis demi-tour d’un bond en arrière, mais rien. Et à nouveau les battements devenaient de plus en plus fort mais cette fois ci ils venaient du salon à l’étage qui était désormais dos à moi. A ce moment, c’est tout mon corps qui se mit à trembler frénétiquement. Je n’ai pas peur. Pourquoi aurais-je peur ? Mes yeux étaient grands ouverts, j’étais bien conscient. D’un geste d’angoisse et peut-être un peu alimenté de frustration, je m’écroula au sol sur les genoux et frappa, d’une force que je ne soupçonnais pas, sur le sol froid de mon couloir. Un geste de rage accompagné d’un cri plus effroyable encore que celui du chat noir emmuré par Mr. Edgar Allan Poe lui-même.

Mais là plus rien. Plus un seul bruit et le retour du silence qui m’avait tant manqué. Je dois avouer que quelques larmes n’ont pus s’empêcher de couler sur mes joues, ne serait-ce que par soulagement. Alors que je me relevais essuyant les quelques gouttelettes déjà en train de sécher en dessous de mes yeux, je m’approchais de la porte de ma chambre, toujours dans le noir complet et dans une solitude maintenant vérifié, mais quelque chose semblait é

étrange. Je m’arrêta une seconde pour écouter, en espérant ne pas découvrir ces terribles pulsations qui fit frissonner l’entièreté de ma personne jusqu’à mon âme, et effectivement, ils avaient disparu.

J’aimerais que l’histoire se finisse ainsi. Mais une fois rentré dans ma chambre pour essayer de trouver le sommeil malgré ce silence déjà devenu insupportable, des pulsations. Des pulsations, des pulsations encore et encore et encore. Partout autour de moi. Pris de panique je décide de faire le plus de bruit possible pour cesser cela une bonne fois pour toute, comme cela avait déjà fonctionné. Je me trouvais en train de fracasser mon bureau, renverser mon précieux lit, éventrer ma bibliothèque et lancer au sol tout ce que je pouvais lancer de lourd et de bruyant. Mais quand la fatigue me prit de court, le silence vint remplacer le bruit et je les entendis à nouveau. Ces maudits sons de pulsations sortis des enfers provoquèrent en moi une rage qui m’est impossible de communiquer et surtout complètement irrationnelle. Je décidais alors de jeter tout ce qui n’était pas déjà au sol mais surtout la verrerie. J’ai essentiellement cassé les vitres qui donnaient sur la rue d’en bas ce qui a valu de sortir du sommeil bon nombre de mes voisins.

Mais cela avait un aspect positif, le bruit du vent et de la ville en action même nocturne apportait des sons. Des sons qui couvraient désormais ces maudites pulsations. Mais voila que celles ci n’en avait pas fini de me rendre fou à lier. Elles s’intensifient, s’accélèrent, se multiplient. Mais où est ce ? OU ?.. Où se trouve le corps infâme qui produit ce bruit surnaturel… QU’IL SE MONTRE… Qu’est ce que… Pourquoi ?.. Qu’ai je fais ?… Je me suis mis à sauter sur le plancher de ma chambre et à tâtonner avec mon pied et mes mains dans l’espoir de trouver, dans une pièce désormais seulement éclairée par la lune, un individu quelque part. N’importe quoi… Pourvu que cette chose atroce CESSE. Pitié. Dans un soupir d’agacement et de désespoir, je m’écroule de nouveau à genoux, sanglotant. Peut être que j’ai peur.

Attendez une minute. Ces pulsations sont celles d’un cœur. Elles sont le battement net, précis et mécanique d’un cœur. C’est sûr ! Mais oui j’en suis persuadé. Ces pulsions sortis de la bouche du Tartare trouvent leur origine dans un cœur ! Je sortis de ma chambre en hâte, dégringola les escaliers d’une vitesse encore jamais atteinte et me précipita vers la cuisine pour y chercher un couteau. Je le brandis fièrement au-dessus de ma tête, attendis un peu, le silence ambiant rendait l’air pesant et angoissant mais il rendait clair mon impression, ces battements étaient toujours là. J’étais ainsi persuadé de moi. Ces horribles pulsations n’étaient autre que celles de mon propre cœur ! Il me fallait m’en débarrasser au plus vite car ses battements incessant me rendaient fou. Désormais plus que convaincu de mon acte salvateur, je transperce ma poitrine de part en part avec le couteau le plus aiguisé en ma possession. Je me suis instantanément noyé dans un sentiment presque impalpable, un sentiment de satisfaction passionnel mais aussi une douleur atroce qui transperça l’entièreté de mon être à ce moment. Une fois l’acte achevé, je sortis le couteau avec délicatesse et calme, en souriant. Quelques gouttelettes s’étaient écrasées sur le sol et j’ai décidé de me débarrasser du couteau en le jetant à son tour sur le sol de ma cuisine. J’insère alors soigneusement ma main droite dans la faille créée dans la partie gauche de ma poitrine (celle qui avait été transpercé) et je dois avouer que le trou que j’étais en train de créer à l’aide de ma simple force me procurait une douleur effroyable, mais étonnamment, j’esquissais un léger sourire. A vrai dire, je me mis à rigoler légèrement. Je concentrais toute ma force dans le seul but de sortit mon cœur de sa cage thoracique. Étonnamment, j’y arriva et ce en un temps stupéfiant mais avec une douleur d’une horreur indescriptible qui me procure encore des frissonnements d’épouvante. En regardant attentivement le cœur qui se trouvait maintenant dans ma main, je vis là toute la beauté de la vie humaine; de l’existence humaine. Des litres de sang me paraissaient couler de tout mon corps et des artères coupées avec barbarie de mon cœur. Effectivement, je suis toujours autant surpris de la force que j’ai trouvé pour accomplir un tel acte et surtout de mon incroyable endurance à la torture dont je n’avais certainement pas conscience.

Je l’ai contemplé juste assez pour voir la vie disparaître en lui. Même si ses battements étaient plus faibles depuis sa petite excursion, il a définitivement cessé de battre dans ma main. Je sentais ses pathétiques petites pulsations frémir dans la paume de ma main droite. Je sentais la mort prendre le dessus et je me sentais basculer dans les enfers les plus sombres accompagné par mon propre cœur maintenant vide et détruit. Je sentais le sang gluant, visqueux couler le long de mon bras et mes veines explosés. Je voyais les litres de sang couler tel une cascade de ma poitrine. Quel tableau ! En fermant les yeux, soulagé et enfin libéré de mon tourment affreux, le silence reprit le dessus. Un silence si apaisant et confortable qui m’accueillie à bras ouvert comme un support de ma damnation.

Ce silence fit bien vite déchiré par un son incessant, net et mécanique. Celui de ces horribles pulsations


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