Quitter la France pour s’expatrier: mon expérience avec le Paraguay
Début 2025, je suis développeur full stack et ingénieur blockchain dans une boîte à Paris. En octobre, après pas mal de side projects et…
Quitter la France pour s’expatrier: mon expérience avec le Paraguay

Début 2025, je suis développeur full stack et ingénieur blockchain dans une boîte à Paris. En octobre, après pas mal de side projects et beaucoup de motivation, je décroche une offre dans une super boîte qui travaille avec les plus gros protocoles DeFi. Full remote, depuis n’importe où.
Je donne ma démission dans ma boîte a Paris.
À partir de ce moment-là, une question s’installe: est-ce que je reste en France ?
Quand tu bosses en full remote pour une boîte étrangère, c’est l’occasion rêvée de découvrir d’autres pays. Et plutôt que de rester en France, de payer des impôts élevés alors que je ne serais jamais là, autant me poser dans un pays avec une fiscalité plus basse. Avoir un chez-moi quelque part, une base, et être libre de voyager le reste de l’année.
Je commence à explorer les options. Et la première piste sérieuse, c’est le Paraguay.
Pourquoi le Paraguay
Pendant ma recherche d’emploi, j’avais sympathisé avec un recruteur à Miami, spécialisé dans le web3. Je l’appelle pour lui annoncer que j’ai trouvé et on discute. Il me parle d’une connaissance qui s’est installée au Paraguay. Fiscalité territoriale, zéro impôt sur les revenus étrangers.
Je fais mes recherches. Google, articles, forums. Je tombe sur une boîte qui accompagne les expatriés dans le process. Ils ont un interlocuteur français. Le week-end suivant, j’ai un call. On m’explique le deal:
- Résidence permanente
- Système fiscal territorial: seuls les revenus de source paraguayenne sont imposés
- Mes revenus viennent de l’étranger, donc: 0%
- Process en une semaine sur place
Sur le papier, c’est clair. Mais bon, un chiffre sur un papier ca dit pas tout.
Le process
Deux documents à obtenir avant de partir: un extrait de naissance et un casier judiciaire vierge, les deux apostillés. Ça prend deux à trois semaines.
En novembre, je commence mon nouveau poste. Le 3 décembre, je pars pour le Paraguay.
Première fois en Amérique du Sud. Le process est efficace. En une semaine, c’est bouclé: rendez-vous administratifs, photos, empreintes, tout le nécessaire pour la cédula (la carte d’identité paraguayenne). Fabrication en trois mois environ.
Jusque-là, tout roule.
Ce que j’ai appris sur la fiscalité territoriale
Le système fiscal territorial, sur le papier c’est parfait: tu ne paies d’impôts que sur les revenus générés dans le pays. Si tes revenus viennent d’ailleurs, tu ne dois rien.
Mais il y a un concept que beaucoup de gens découvrent trop tard: la substance fiscale.
La substance fiscale, c’est ce qui prouve que tu vis vraiment dans le pays. Pas juste un papier ou une adresse. Une vraie vie: un appart, des factures, du temps passé sur place.
Sans substance, ta résidence tient pas. Et le fisc français sait très bien faire la différence.
C’est un point que je recommande à tous les remote workers de comprendre avant de se lancer dans une démarche d’expatriation. Le taux d’imposition c’est un chiffre. La substance, c’est ce qui rend ce chiffre réel.
Les deux scénarios possibles
En creusant, je me suis rendu compte que le “0% d’impôts” du Paraguay cache en fait deux scénarios très différents:
Scénario A: vivre sur place. Tu factures depuis le Paraguay, mais tes revenus deviennent locaux, donc imposés à 10%. Plus les frais. Et si tu manges comme un Européen, le coût de la vie explose. Les légumes de variété européenne sont rares et chers, 2 à 3 fois le prix français. Au final, 10% d’impôts + un coût de vie gonflé, c’est comparable à certains pays européens avec une qualité de vie très différente.
Scénario B: la LLC américaine + vie nomade. Tu montes une structure aux US et tu vis en nomade, sans jamais rester plus de quelques mois au même endroit pour ne pas devenir résident fiscal ailleurs. Le 0% tient, mais tu dois bouger tous les 4–5 mois.
Les deux scénarios ont leurs avantages. Mais ils correspondent à des profils bien spécifiques. Le scénario A convient à quelqu’un qui veut vraiment vivre au Paraguay. Le scénario B, à quelqu’un qui assume le mode nomade à 100%.
Moi, je voulais ni l’un ni l’autre. Je voulais un chez-moi. Un appart avec un bail, un bureau installé, un endroit où poser mes affaires et vivre, pas juste passer.
Ce que le terrain m’a appris
Sur place, j’avais rencontré un autre Français, arrivé par le même chemin. On en est arrivés à la même conclusion séparément: vivre ici au quotidien, c’est pas pour tout le monde. Pas par rejet du pays, mais par incompatibilité concrète. Les habitudes alimentaires, par exemple. Je mange beaucoup de légumes, de produits naturels, peu de transformé. Au Paraguay, l’alimentation est à base de viande, de riz, de friture.
Ça a l’air d’un détail. Mais en vrai ça change tout: si tu ne peux pas te projeter au quotidien dans un pays, ta résidence là-bas manquera toujours de substance (et oui c’est complètement subjectif et chacun aura son propre avis évidemment).
Et c’est exactement le genre de choses qu’on ne voit pas dans un tableau comparatif de taux d’imposition.
Mes critères pour la suite
Cette expérience m’a aidé à poser les bons critères pour choisir un pays d’expatriation:
Le taux d’imposition ne suffit pas. 0% sur le papier, mais derrière il y a les frais d’infrastructure (comptabilité, adresse, maintenance de la structure). Le taux effectif est toujours plus élevé que le taux facial.
La substance, c’est pas optionnel. Si tu ne te vois pas vivre dans un pays au quotidien, ta résidence là-bas est fragile. Le fisc peut la requalifier.
Le coût réel, c’est pas que les impôts. C’est aussi la charge mentale, les frais d’infrastructure, et le stress d’un montage dont tu sais qu’il est limite. Un setup “gratuit” qui te coûte ton sommeil, ce n’est pas gratuit.
Va sur place avant de décider. Tout le monde te le dira. Tout le monde a raison. Un pays sur Youtube et un pays dans la vraie vie, c’est pas la même chose.
Avec ces critères en tête, j’ai continué à chercher d’autres options. Et j’ai fini par trouver un setup qui coche toutes mes cases. Mais ça, c’est pour un prochain article.
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Si tu es dans une situation similaire, remote worker ou freelance en train de regarder tes options: ton premier choix ne sera pas forcément le bon, et c’est OK. Le plus important c’est de savoir ce que toi tu veux vraiment. Pas juste le taux le plus bas, mais un endroit où tu te vois vivre. Et avant de signer quoi que ce soit, va sur place.
메타데이터
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