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La violence policière au service de la communication politique de l’Etat.

Comment expliquer que les forces de l’ordre ont chargé et gazé des manifestantes pacifistes, dont des familles avec enfants, aujourd’hui à…

Julien Brunel · 2025-09-11 08:46 · 0 claps · 3.6 min read
#politique #ecologie #violences-policières #françois-bayrou #pau
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La violence policière au service de la communication politique de l’Etat.

Comment expliquer que les forces de l’ordre ont chargé et gazé des manifestantes pacifistes, dont des familles avec enfants, aujourd’hui à Pau ?

Pour l’expliquer, il faut comprendre que ce phénomène n’est pas un cas à part ou une « bavure », comme on pourrait nous le suggérer. Il s’agit d’une stratégie délibérée de l’Etat, clairement ordonnée par les préfets et savamment mise en œuvre par la police et la gendarmerie.

Depuis des années, j’ai marché, campé, résisté aux côtés de celles et ceux qui refusent un modèle de société destructeur. À Notre-Dame-des-Landes, à Bure, à Sainte-Soline, contre l’A69, mais aussi contre les réformes injustes et anti-démocratiques comme celle des retraites en 2023 et 2024, et tant d’autres luttes. Toujours pour protéger la terre, l’eau, le vivant et lutter contre les injustices et l’accroissement des inégalités, terreaux du fascisme et de la guerre. A chaque fois, un même scénario se répète : lorsque l’Etat risque de perdre la bataille de l’opinion, il choisit la confrontation et crée lui-même les conditions de la violence, il attaque, littéralement. Sans discernement, il brutalise des manifestants pacifistes et des familles.

L’an dernier, j’ai été convoqué à la gendarmerie de Pau pour témoigner dans une enquête de l’IGGN (l’Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale — « le gendarme des gendarmes ») qui menait une enquête pour « Violences volontaires en réunion commises par une personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions » et « non-assistance à personne en danger », ouverte le procureur de la République à l’encontre de la chaîne de commandement, y compris de l’Etat, et en particulier du préfet de l’époque qui est aujourd’hui le préfet des Pyrénées-Atlantiques.

Car ce n’est pas un hasard. Créer les conditions de la violence est devenu un outil de communication politique, un savoir-faire. Les manifestations portent sur des enjeux majeurs : climat, biodiversité, justice sociale. Elles obligent la société à se positionner : pour ou contre un projet qui bouleverse nos vies. Tant que le débat reste sur ces sujets, et que les arguments sont relayés dans les médias, grâce aux manifestations pacifistes, le risque pour l’État est grand : l’opinion pourrait basculer du côté des manifestants.

Alors, la stratégie est simple : 1.provoquer, 2.réprimer, 3.militariser.

Quand les grenades pleuvent et que les images de heurts tournent en boucle, l’attention se déplace. On ne parle plus d’écologie, d’accaparement de l’eau, d’autoroute inutile ou de saccage social. Au lieu de parler du fond et des enjeux, on parle seulement de la “violence”.

Les moyens utilisés pour provoquer la violences sont toujours les mêmes : Gestion de l’espace et de l’itinéraire, usage précoce et massif de la force, Provocations et intimidations, communication et anticipation de la perception médiatique, stratégie de l’usure (mettre sous tension et laisser pourrir).

L’opinion doit alors de choisir : Pour ou contre la violence. Or, en démocratie, l’Etat a « le monopole de la violence légitime », et même s’il crée lui-même délibérément les conditions de la violence, celle-ci est de fait reprochée aux manifestants. Alors le « pour ou contre la violence » posé à l’opinion, revient à un « pour ou contre les manifestations ».

Comme la société dans son immense majorité, se positionne contre la violence, elle se positionne naturellement contre les manifestants et leur cause.

Le pouvoir provoque, puis se présente en garant de l’ordre. C’est une inversion des rôles : celles et ceux qui défendent la vie et la démocratie sont désignés comme les fauteurs de troubles. Je ne compte plus les fois ou, comme des milliers de camarades, j’ai été qualifié « d’écoterroriste », par ceux qui ont donné l’ordre de “défendre la bassine coûte que coûte”, c’est à dire de tuer plutôt que de laisser de gens accéder à un trou dans un champ.

Mais il ne faut pas s’y tromper. Ce n’est pas la violence momentanée qui menace la République, c’est bien la violence structurelle d’un État qui refuse le débat, qui criminalise la contestation et qui préfère la matraque au dialogue.

Face à cela, notre force reste intacte : la détermination, la solidarité, la vérité des causes que nous portons. Car derrière chaque forêt, chaque espace naturel, chaque réserve d’eau, chaque acquis social, chaque forme de progrès que nous défendons, c’est l’avenir commun qui est en jeu.

Julien Brunel


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