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Daniel Rondeau avait pris au pied de la lettre les discours extrêmes de l’après 68, au point d’aller travailler en usine, plus près de la…
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Daniel Rondeau avait pris au pied de la lettre les discours extrêmes de l’après 68, au point d’aller travailler en usine, plus près de la classe ouvrière. Aujourd’hui, ce 26 octobre 2017, il obtient le prix du roman de l’Académie française pour Mécaniques du chaos sur le terrorisme islamiste. Entre temps, en trente-cinq ans, il a écrit L’âge-déraison (1982) où il imagine une jeunesse à un certain Johnny H., puis publié Trans Europe Express (84), recueil de ses grands reportages littéraires pour Libération, puis signé Mitterrand et nous (89), sans concession, puis s’est consacré à une œuvre romanesque de plus en plus dense avec, notamment Les tambours du monde (89) et Dans la marche du temps (2004), impressionnant « pavé », avant de d’être nommé diplomate à Malte et de revenir, sa mission accomplie, à l’écriture.
En 1994, il a raconté sa brève expérience d’ouvrier dans L’Enthousiasme, dont la lecture impose le respect d’un choix assumé, pourtant si incompréhensible à l’époque où cette conversion prolétarienne touchait tant de militants de l’ultra-gauche, si absurde, si proche de l’imposture…
Fort heureusement, le discernement l’avait emporté, quelque temps plus tard, chez Rondeau qui, sinon, nous aurait privé de son parcours de journaliste, d’écrivain, d’observateur politique, témoin d’un monde accouchant d’un monde différent. Parcours d’une plume dont le style fait penser à l’homme, sorte de dandy engagé…
Heure d’hiver, la nuit prochaine. Qu’en faire ? Que faire d’une heure de plus ? Surtout entre à 3h du matin…
Il n’est pas interdit, cela dit, d’avancer sa montre dès cette fin d’après-midi du samedi…
Alors, donc, qu’en faire, maintenant qu’Isabelle est intervenue sur les horloges de la maison ?
L’amour avec elle ?
Lui demander de me relire du Michel Cournot ?
Ou de me relire ces « carnets » depuis le début ?
Ou de poursuivre la lecture du nouveau roman de Yannick Haenel ?
Ou bien…
Fermer les yeux, sans dormir ?
Appeler mes filles ?
Réécouter les Chaussettes Noires ?
Tenter de ne penser à rien ?
Me préparer à mon 71e anniversaire, l’âge où mon père est mort trois jours après ?
Profiter du soleil d’automne , dans le jardin ?
Chercher une plage, sous mes pavés ?
Écrire sur l’heure d’hiver…
Jacques Sauvageot est mort, ce samedi 28 octobre, à 74 ans, des suites d’un accident de la circulation. Il restera le beau gosse du trio leader de Mai 68, avec Cohn-Bendit et Geismar. Qui, par la suite, avait pris ses distances avec cette image, homme discret préférant retomber dans une sorte d’anonymat.
Il est tombé quelques mois avant le cinquantenaire de Mai. La fête commence mal. Mais, peut-être, n’aurait-il pas voulu de ce retour dans la lumière ?

Mais 68… sera disponible bientôt chez Cent Mille Milliards !
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