Interview de Warda Dreifuss, nommée Partner mindrush Switzerland.
Warda Dreifuss : « En Suisse, la confiance précède toujours la mission »
Interview de Warda Dreifuss, nommée Partner mindrush Switzerland.

Warda Dreifuss — Partner Switzerland
Warda Dreifuss : « En Suisse, la confiance précède toujours la mission »
À l’occasion de l’ouverture du bureau de Zurich, mindrush franchit une nouvelle étape de son développement européen : https://www.mindrush.ch
Pour incarner cette ambition, le cabinet s’appuie sur une figure reconnue de la transformation digitale et du conseil en stratégie : Warda Dreifuss, nommée Partner Mindrush Switzerland. Rencontre avec un leader qui conjugue exigence stratégique, empathie managériale et obsession du résultat.
Vice-championne suisse de Kick Boxing et de Full Contact en 2017 et 2eme en Coupe du monde 2018, Warda Dreifuss incarne une culture de la discipline, de l’engagement et de la performance qu’elle transpose naturellement dans le monde du conseil. Basée à Zurich depuis 10 ans, elle cumule plus de 15 ans d’expérience à l’intersection de la stratégie, du digital et de l’exécution, forgée au sein de grands environnements internationaux.
Elle a occupé des rôles clés chez ADIA (Head of Product), eBay Europe, Publicis (pour L’Oréal et Capgemini) et Dailymotion, avant d’être Global Head of Digital chez Alpex Pharma puis Head of Digital Service Delivery chez Sunrise UPC.
Nicolas Jambin — Warda, tu ouvres un chapitre structurant pour mindrush avec le lancement du bureau de Zurich. Avant d’entrer dans le vif du sujet, j’aimerais revenir sur ton parcours. Quand tu regardes ta trajectoire, quels ont été les moments décisifs qui t’ont conduite là où tu es aujourd’hui ?
Warda Dreifuss — Si je devais résumer, je dirais que tout est affaire d’équilibre. L’équilibre entre les rencontres, les opportunités… et le courage. On sous-estime souvent ce dernier point. Oser déménager de Paris pour prendre un poste de SEO Product Manager chez eBay à Zurich il y a 10 ans, quasiment sans filet, c’est une décision qui engage. Mais ce sont précisément ces moments-là qui façonnent une trajectoire.
Il y a aussi les rencontres clés. Certaines créent des inflexions durables. La nôtre, par exemple, quand on a travaillé ensemble il y a plusieurs années dans le conseil chez Publicis, a été structurante. Tu te souviens quand on a lancé la campagne Capgemini « Make it real » en 2013 ? Elle vient de ressortir il y a 1 mois ! On a appris à se faire confiance dans des contextes exigeants, avec des clients internationaux, des environnements complexes. Cette confiance professionnelle, puis humaine, a tout changé.

La vue depuis la terrasse du 133, chez Publicis à Paris.
« À un moment de sa carrière, on ne cherche plus un simple rôle, on cherche un alignement. »
Du luxe à la tech, du SaaS aux grands groupes : une lecture transversale de la transformation
Nicolas Jambin — Tu as un parcours très international et très transversal : luxe, télécoms, SaaS, B2B, B2C, grands groupes, structures plus agiles… Qu’est-ce que ces expériences t’ont appris sur la transformation réelle des organisations, au-delà des discours ?
Warda Dreifuss — Une chose revient systématiquement, quel que soit le secteur : l’humain. On peut parler de data, d’IA, de cloud, de modernisation IT, mais à la fin, la transformation se joue toujours dans les comportements, les émotions, les résistances.
Que tu sois chez un acteur du luxe, une banque systémique, une scale-up SaaS ou un groupe industriel, les mécanismes humains sont les mêmes. Il y a la peur du changement, surtout quand on n’en est pas l’initiateur. Il y a le besoin de sens, de cohérence, de clarté.
Pour qu’une transformation fonctionne, il faut plusieurs ingrédients non négociables : — une stratégie claire et partagée, — une exécution alignée avec cette stratégie (et pas un grand écart permanent), — un leadership visible et responsable, — des rôles légitimes et assumés, — une communication inclusive, — un pilotage rigoureux par les résultats.
Et par-dessus tout : l’empathie.
« L’empathie professionnelle, ce n’est pas de la faiblesse. C’est une compétence stratégique. »
C’est probablement ma signature. Comprendre ce que vivent réellement les équipes permet d’identifier les blocages invisibles et de construire des solutions qui tiennent dans la durée.
Le marché suisse : maturité, exigence et rejet du “bullshit consulting”
Nicolas Jambin — Parlons du marché suisse, au cœur de l’actualité mindrush. Comment perçois-tu aujourd’hui le marché du conseil en stratégie et en transformation digitale en Suisse ?
Warda Dreifuss — C’est un marché très mature. Les grands cabinets internationaux — McKinsey, BCG, Bain, Accenture, Deloitte — sont évidemment présents et performants. L’offre est dense, parfois même saturée sur les propositions génériques.
Mais paradoxalement, c’est ce qui crée de l’espace pour des acteurs différenciés. Les entreprises suisses ne cherchent plus des slides, elles cherchent des résultats. La transformation digitale n’est plus un “programme” ou une “initiative” : c’est un impératif structurel.
On parle beaucoup d’IA, de data, de modernisation des systèmes legacy. Dans la finance, l’assurance, les télécoms, le poids des systèmes historiques est colossal. La transformation doit être continue, maîtrisée, sécurisée.
« En Suisse, ce qui compte, ce n’est pas la promesse, c’est la preuve. »

La culture mindrush — exigeante mais responsable, orientée impact.
Nicolas Jambin — Justement, qu’est-ce qui différencie le plus les dirigeants suisses dans leur rapport au conseil par rapport à la France ou à d’autres marchés européens ?
Warda Dreifuss — En une phrase : la confiance précède la mission.
En Suisse, on privilégie la discrétion, la stabilité des équipes, les relations de long terme. On ne veut pas se tromper. Les dirigeants suisses préfèrent travailler avec des partenaires qu’ils connaissent, ou avec lesquels ils ont déjà expérimenté une collaboration réussie.
Il y a aussi une grande humilité dans les échanges. Moins d’extraversion, moins de storytelling excessif. Ce qui compte, ce sont les faits, la rigueur du diagnostic, la précision de l’exécution. Le “bullshit consulting” ne passe pas ici.

Zurich, un écosystème économique et technologique exigeant au coeur de l’Europe.
Finance, pharma, retail : là où la transformation s’accélère
Nicolas Jambin — Quels sont aujourd’hui les secteurs les plus en mouvement sur le marché suisse ?
Warda Dreifuss — Les services financiers restent un énorme chantier. Les banques et assurances avancent prudemment, avec une tolérance zéro pour l’erreur. C’est complexe, long, mais stratégique.
La pharma, la biotech, la medtech bougent énormément, notamment autour de l’IA appliquée à la R&D. Zurich, Bâle, Zoug sont des hubs majeurs, en lien direct avec des institutions comme l’ETH Zurich.
Le retail, le luxe, les marques premium travaillent sur l’omnicanalité, la personnalisation, l’expérience client augmentée par la technologie. Le secteur public aussi est en mouvement, même si les cycles sont plus longs.

mindrush opens in Zurich.
Pourquoi mindrush, pourquoi maintenant ?
Nicolas Jambin — À quel moment as-tu senti que mindrush était le bon projet au bon moment ?
Warda Dreifuss — Très honnêtement, mindrush s’est imposé comme une évidence. J’étais à un moment de ma carrière où je voulais faire du conseil, mais du conseil incarné. Un cabinet où je peux opérer avec mon identité, mes valeurs, mon exigence.
Quand on regarde la culture mindrush — exigeante mais responsable, orientée impact, valorisant l’individu — tout s’aligne. Et puis il y a les échanges avec toi, avec William. Cette capacité à se challenger, à se dire les choses, à apprendre les uns des autres.
« Si j’avais créé un cabinet, il aurait fortement ressemblé à mindrush. »
Nicolas Jambin — Comment expliquerais-tu mindrush à un dirigeant suisse ?
Warda Dreifuss — Je lui dirais que mindrush, c’est avant tout une équipe. Un réseau d’experts engagés de bout en bout. Peu d’interlocuteurs, des décisions rapides, une vraie proximité.
On considère que les problèmes du client sont nos problèmes. Et notre obsession, c’est de tenir la promesse. Simplement, rigoureusement, efficacement.
Zurich, hub européen et plateforme d’impact
Nicolas Jambin — Pourquoi Zurich s’est-elle imposée comme une évidence pour cette expansion internationale ?
Warda Dreifuss — Zurich est un hub décisionnel international. Les décisions prises ici ont souvent un impact multi-pays. C’est un signal fort de rigueur, de stabilité, de crédibilité.
L’écosystème est unique : finance, industrie, tech, IA, proximité avec Zoug, excellence académique avec l’ETH Zurich. C’est un point d’ancrage naturel pour rayonner en Europe.

Nouveau bureau de mindrush à Zurich
Day One impact : une promesse qui résonne particulièrement en Suisse
Nicolas Jambin — Chez mindrush, on parle beaucoup d’impact dès le Day One. Qu’est-ce que cela change concrètement pour un client suisse ?
Warda Dreifuss — Tout. Parce que le Day One permet de construire la confiance immédiatement. Les premiers jours montrent si le partenaire est à la hauteur.
Chez mindrush, ce n’est pas un slogan. C’est une posture. Les résultats sont mesurables, l’exécution est rigoureuse, les engagements sont tenus. Et c’est exactement ce qu’attendent les dirigeants suisses.
IA, legacy, RH : les préoccupations majeures des dirigeants suisses
Nicolas Jambin — Quelles sont aujourd’hui les préoccupations les plus récurrentes des dirigeants que tu rencontres ?
Warda Dreifuss — L’industrialisation de l’IA, clairement. Il y a une profusion d’offres, de solutions, de promesses. Le défi, c’est de faire les bons choix, alignés avec le business, et soutenables dans le temps.
Il y a aussi la transformation des systèmes legacy, et surtout la dépendance à des savoirs tacites détenus par des collaborateurs présents depuis 20 ou 30 ans. La documentation, la transmission, l’accompagnement humain sont critiques.
Enfin, la dimension RH est centrale : faire évoluer les compétences sans perdre l’ADN, accompagner sans brutaliser.

Zurich est un hub décisionnel international.
Projection : mindrush Switzerland à horizon 2030
Nicolas Jambin — Dans deux ou trois ans, à quoi aimerais-tu que mindrush Switzerland ressemble ?
Warda Dreifuss — À un acteur local, profondément intégré dans l’écosystème suisse, avec des antennes là où ça fait sens. Une relation de confiance durable avec nos clients. Et une reconnaissance claire de notre capacité à délivrer de l’impact.
Nicolas Jambin — Pour conclure, quel message aimerais-tu adresser aux dirigeants suisses qui sentent que leur modèle doit évoluer mais qui hésitent encore ?
Warda Dreifuss — Vous n’avez pas besoin d’aller plus vite que vos concurrents. Vous avez besoin d’aller plus loin. Sans perdre ce qui fait votre fiabilité, votre identité.
Commencer petit, mais commencer maintenant. Avec le bon partenaire. C’est souvent la décision la plus responsable.
Propos recueillis par Nicolas Jambin
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